CUANGEMENS DE DIRECTION DE LA MATRICE
malade éprouvé des douleurs sourdes dans la profondeur du bassin , de la pesanteur , des douleurs pendant le loucher, quelquefois de la difficulté à uriner et à aller à la selle, et peu à peu l’utérus s’altère dans son organisation. A un degré plus avancé de la rétroversion, l’utérus se tuméfie en entier, et surtout par sa partie postérieure; sa sensibilité est très-vive ; la pesanteur augmente ; la locomotion devient plus pénible; la malade éprouve le sentiment d un poids très-lourd sur le rectum ; l’émission des urines et des matières fécales devient de plus en plus difficile. Dès que la rétroversion est complète , les douleurs sont poignantes ; la tuméfaction, la pesanteur, l’immobilité de l’utérus, la douleur et la difficulté dans l’émission des urines et des matières fécales, sont portées à leur plus haut degré d’intensité; le flux menstruel est supprimé, et quelquefois l’inflammation s’empare de l’utérus. Lorsque la rétroversion survient pendant la grossesse, elle peut déterminer une perte de sang abondante et très-dangereuse (Brünninghaüsen.) Il est inutile de dire que ces accidens peuvent être modifiés par l'altération de structure que l’utérus peut avoir subi, et que la position du col et du fond de cet organe dépend du dégré de rétroversion. Lorsque l’utérus a formé des adhérences qui le maintiennent dans sa position anormale, la rétroversion peut devenir mortelle (Schweighaeüser, p. 253) par suite de l’inflammation des viscères renfermés dans le bassin.
1192. Quant au pronostic, nous avons déjà parlé des accidens fâcheux que la rétroversion entraîne après elle. Chez une femme qui n’est pas enceinte on doit surtout rechercher si l’altération organique de l’utérus a précédé et causé la rétroversion, ou si l’altération est due au déplacement ; car , dans le premier cas, il suffit, pour faire cesser ces accidens, de remettre l’utérus en place ; dans le second cas ce moyen ne procure aucun soulagement.
1193. Le traitement de la rétroversion consisteà tenir vides la vessie et le rectum, et à remettre l’ulérusen place.
1194. On vide la vessie à l’aide du cathéter; on facilite son introduction en portant, dans le vagin , deux doigts qui servent à déprimer le col de l’utérus, qui est dirigé contre la symphyse des pubis, ou simplement à le pousser en arrière si on ne peut l’abaisser à cause de sa trop grande élévation. Ce procédé aura toujours quelque avantage lorsque le méat urinaire sera tellement enfoncé qu’on ne pourra l’apercevoir, ou qu’il existera un obstacle quelconque au cathétérisme (Naegele et Schmitt.) Danslescas où il est impossible de vider la vessie à l’aide du cathéter on a proposé et pratiqué la ponction de la vessie au-dessus de la symphyse des pubis (1).
On cherche à vider le rectum à l’aide de lavemens faits avec décoction d orge et un sel quelconque : ces lavemens ne peuvent souvent être administrés qu’avec la plus grande difficulté. L’expérience prouve que, dans beaucoup de cas la rétroversion guérit par
(1) Cheslon, Medical communications, vol. il.
ce seul traitement préparatoire (1). Aussi plusieurs praticiens regardent la réduction comme inutile , et pensent que l’amas de l’urine et des matières fécales est la seule cause de cette affection. S’il existe en même temps des accidens inflammatoires, il faut les combattre par des antiphlogistiques appropriés.
1195. Les procédés mis en usage pour la réduction de la matrice renversée en arrière sont trèsvariés : la malade étant appuyée sur ses genoux et ses coudes, il faut introduire dans le rectum deux doigts, qui servent à repousser le fond de l’utérus en haut et en avant contre l’ombilic (Henter, Saxtorph, Richter, etc.); ce procédé peut encore être facilité par l’introduction dans le vagin de deux doigts, qui déprimeront le musean de tanche. Lohmeiu, Naegele, etc., conseillent de faire la réduction en introduisant seulement deux doigts dans le vagin , et la main toute entière dans quelques cas difficiles. La difficulté que l’on a rencontré plusieurs fois a fait proposer certains instrumensen forme de levier (2); la ponction de la matrice par dessus les pubis (3) à travers la paroi postérieure du vagin (4), ou bien à travers le rectum (5); la symphyséotomie (6), et même l’opération césarienne (7).
Lorsque le col de l’utérus est porté tellement haut et en avant que les doigt introduits dans le vagin ne peuveut l’atteindre , Bellanger (8) conseille d’introduire dans la vessie une sonde légèrement aplatie, avec laquelle on abaissera le col de l’utérus , pendant que les doigts introduits dans le rectum porteront son fond en haut et en avant. Ce procédé a réussi dans un cas où plusieurs autres procédés avaient échoué.
[ Dussaussoy (9) a réussi en portant toute !a main dans l’anus. Cap«ïW!(10)conseille de repousser la matrice en inclinant son col vers la cavité cotyloïde gauche , et son fond vers la symphyse sacro-iliaque droite, afin de donner à cet organe une situation diagonale, qui ferait cesser le contact immédiat de ses extrémités avec les os du bassin , et le placerait selon un diamètre plus grand que celui dans lequel il est comme enclavé; par ce moyen aussi on éviterait le rectum, qui pourrait offrir quelque résistance. ]
( Add . du traduct ).
I J 96. Si maintenant nous comparons entre eux ces divers procédés de réduction nous devons regar-
(1) Vermandois } Journal de médecine, T. LXXXV1II.
Croft , London médical Journal, vol. XI.
Demmann , Introduct. à la pratique des accouchemeits. Lond. , 1789.
(2) Salzb., med. chirurg. Zeitung, 1791, vol. 1, n° 1.
Richter , Synopsis praxeos medico-obstetriciæ. Mosq. ,
1810, page 69.
(3 ) Clieston, Medical communications, vol. Il , art. 1 ,
(4) Lynne, Medical. Observ. and Inquiries, T. IV.
(5) Baynham , Edinb. med. and surgical. Journal , vol. XXXIII, page 256.
(6) Richter, Chirurgische Biblioteck , vol. VII, page 729.
(7) Catlisen, Systema chirurg. hodiern, vol. il, page 670
Piedler, Magasin de Rust, vol. II, page 243.
(8) Revue médicale, fév. 1824, page 229.
(9) Ancien Journal de me'decine, Tom. LXV1I, page 289,
(10) Traité des maladies des femmes, page 290.