‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 198 sur 444 · CHANGEMENT DE DIRECTION DE LA MATRICE · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE DIRECTION DE LA MATRICE

«1er celui qui consiste a opérer par le vagin comme étant préférable , parce que l'expérience nous apprend qu’il compte un plus grand nombre de bons résultats que celui qui consiste à opérer par le rectum. Ce dernier à toujours besoin d’une force considérable, et n’a souvent aucun résultat, alors même qu’on introduit toute la main dans le rectum. Quant à ce qui a trait aux moyens plus héroïques proposés pour cette réduction , aucun , si ce n’est la ponction, ne peut être admissible; car, dans les cas où on n’a obtenu aucun amendement des symptômes en vidant la vessie et le rectum , et où l’un des procédés indiqués plus haut ne suffît pas, les adhérences que l’utérus a contractées dans sa position anormale rendent sa réduction absolument impossible, ainsi que l’a démontré Hunter (1) par la dissection d'une femme morte de cette affection.

1197. Quant à la rétroversion de l’utérus hors l’époque de la grossesse, nous renvoyons auxpréceptes que nous avons donnés pour faire cesser les accidens qui dépendent de l’accumulation des liquides dans la vessie, et des matières fécales dans le rectum. Schweighaeuser croit que la réduction est inutile; Schmitt partage aussi cette opinion parce qu’il suffît,

j dans ces cas, de vider la vessie par le cathétérisme,

; et le canal intestinal par des lavemens laxatifs et des boissons délayantes ; de prescrire à la malade de rester soigneusement couchée sut le côté, le bassin élevé et le tronc abaissé : par cès moyens l’utérus reprend peu à peu sa position normale , et sa tuméfaction diminue graduellement. On peut encore seconder l’action de ces moyens en introduisant tous les jours dans le vagin deux doigts, à l’aide desquels on cherche , par une légère compression , à repousser en haut le fond de l’utérus. S’il se manifeste quelques symptômes inflammatoires, on ne doit les combattre que par des moyens très-doux : les émulsions d’huile de lin ou d’amandes, l’huile de ricin, les bains tièdes, les bains de vapeur appliqués localement en avant des parties génitales à l’aide d’une éponge, des applications émollientes sur l’abdomen, tels sont les moyens qu’on doit mettre en usage ; mais, si ces accidens devenaient menaçans, il faudrait avoir recours aux antiphlogistiques locaux et i généraux. En général on ne doit songer à la réduction que lorsque les accidens les plus graves sont dissipés ; il n’est permis d opérer de suite que dans les 1 cas où il n’existe aucun signe d’une inflammation aiguë ; seulement les tentatives de réduction ne doivent pas être portées trop loin. Quant au manuel opératoire , nous renvoyons à ce qui a été dit plus haut.

1198. Lorsque l’utérus a été remis en place, rarement il a de la tendance à se déplacer de nouveau, et cette tendance , lorsqu’elle existe , est avantageusement combattue par le décubitus latéral longtemps prolongé. Pendant la grossesse l’utérus se développe peu à peu, et rend l’obliquité absolument impossible; mais, sil'utérus avait une tendance par-

(l) Medical, chlrurg. Beobacht. von Kuhn Ge.samnielt. Leips., 1784, T. 1.

ticulière à se déplacer (1), elle serait utilement vaincue par l’emploi d’un pessaire rond ou ovale ; mais il faudrait que son ouverture centrale fût assez grande. Un pessaire de ce genre devrait encore être en usage lorsque l’utérus est dans l’état de vacuité : — Dans tous les cas la malade doit éviter de se coucher sur le dos.

1199. h' antéversion est plus rare que la rétroversion. Elle donne lieu à de fréquentes envies d’uriner , à des douleurs dans la vessie qui augmentent par la pression de l’abdomen au-dessus des pubis; elle est un obstacle à la conception. Lorsque cette affection commence , la malade croit avoir un corps étranger dur, qui comprime la vessie, et qui se déplace lonequ’elle se couche sur le dos : de là la possibilité de confondre l’antéversion avec un calcul vésical (2). Quelquefois cette affection se complique d’hémorrhoïdes , de douleurs vives dans l’abdomen; le flux menstruel est supprimé, et, dansquelquescas au contraire, il reparaît plus souvent que d’habitude. Par le toucher on sent le fond de l’utérus en avant . sur les pubis; l’orifice du museau de tanche eu arrière, contre le sacrum, et quelquefois il est si élevé que le doigt peut à peine l’atteindre. Sikbold ("&) a vu la portion vaginale de l’utérus contracter des adhérences avec le rectum.

1200. L’antéversion de l’utérus peut être déterminée par une forte inclinaison du bassin, de légères adhérences celluleuses entre l’utérus et la vessie , l’élévation du repli de Douglass, la marche immédiatement après l’accouchement, une constipation permanente, enfin une altération organique du fond de l’utérus.

1201. Dans cette affection il est ordinairement facile de rendre à l’utérus sa position normale : ii faut introduire deux doigts dans le vagin, attirer en bas son orifice pendant que , de l’autre main , on cherche, à travers les parois de l’abdomen , à porter son fond en haut et en arrière. La malade doit rester longtemps couchée sur le dos ; il fauten outre lui passer autour de l’abdomen, au-dessus des pubis, un bandage de corps; et, lorsque ces moyens ne suffisent pas pour maintenir l’utérus en place, on introduit un pessaire annulaire. Si la portion vaginale de cet organe a contracté des adhérences, il faut les couper avec le bistouri, et maintenir la réduction , pendant un certain temps , avec une éponge introduite dans le vagin.

Outre les ouvrages cités plus haut, Consultez :

Meissncr , Die Dislocationen der Gebaermutter. Leips., 1821 — 1822.

— Forschungen im Gebiete der Geburtshiilfe. Leips., 1826. vol. II, page 158.

(1) Hunier , Medical Observ. and Inqniries, vol. IV.

(2) Journal de médecine, T. XI, page 269.

(3) llaudbuch znr Erkenntniss der Frauenziiumer Kraukbeiteu. Fraucf., 1821, part. 1, page 737.

ru

Page 1