I. Du torticolis
DKiuchart, Diss. sistens capul obsüpum. Tiibing, 1737. Rcltiy, Diss. sistens capur. obstipum. Budæ, 1783.
Gruve? üiss. de capite obstipo. Traj. ad lihenum, 1786. Clossius , Ueber die Krankheitcn der Knochea. Tübing , 1798, page 254.
Richter, Anrangsgriinde vol. IV, page 256.
Joerg , Deber die Verkrünimungen, etc. Leipzig, 1816.
liü TORTICOLIS.
1210. Lo torticolis ( caput obstipum , obstipas , torticolis ) , consiste dans une torsion du cou par suite de laquelle la tête est inclinée en avant , sur le côté et en bas , et quelquefois jusque sur l’épaule; la face regarde du côté opposé ; elle est dirigée en bas et en avant ; le menton est plus ou moins élevé suivant que la tête est plus ou moins abaissée. Le malade ne peut souvent mouvoir la tête en aucune manière , et souvent ne le peut que jusqu’à un certain degré ; à l’aide d'une main étrangère sa tête peut quelquefois se relever ; mais d’autres fois cela lui est absolument impossible. Cette affection peut reconnaître pour cause une augmentation d’énergie dans les muscles d’un des côtés du cou , et surtout du sterno-cléido-mastoïdien ; elle peut être due aussi à une large cicatrice informe , enfin à une distorsion de la colonne cervicale. Lorsque le torticolis existe depuis longtemps, il y a toujours une grande inégalité entre les deux moitiés de la face.
Nous avons déjà parlé ( § 227 ) de la déviation du cou , suite de l’inflammation et de la suppuration des vertèbres cervicales.
1211. La cause la plus fréquente du torticolis est la contraction musculaire augmentée par l’habitude de porter toujours la tête du même côté , habitude qui est surtout très-grande chez les enfans que l’on a coutume de porter toujours sur le même bras. Cette affection est encore déterminée par une douleur très-vive qui force à incliner le cou d’une manière permanente vers un seul côté (1), par des contractions spasmodiques du sterno-mastoïdien et par une altération organique de ce muscle. Lorsque le torticolis est le résultat de l’action des muscles , on trouve , du côté vers lequel la tête penche, qu’il forme une corde dure, tendue , inflexible, et dont la tension et la saillie augmentent encore dans les tentatives que l’on fait pour relever la tête. Quelquefois il arrive que le sterno-cléido-mastoïdien d’un côté est paralysé, et alors celui du côté opposé, se contractant normalement, entraîne la tête de son côté. On reconnaît que la cause de celte affection repose dans les os en ce qu’il est impossible de reconnaître aucune altération dans le système musculaire , et qu’il existe des signes du ramollissement des os; on le reconnaît encore en ce que, quand la cause est dans le système osseux, la tête est ordinairement plus mobile que dans les cas où l’affection dépend du système musculaire.
1212. Le pronostic repose principalement sur la cause et l’ancienneté du mal : chez les individus jeunes , lorsque la cause se trouve dans les muscles, le pronostic est toujours favorable; il en est de même lorsque le mal se trouve dans les os , qu’il est récent et que le sujet est jeune ; mais . si au contraire le mal est ancien , si les vertèbres cervicales ont subi quelque altération dans leur forme, ou si déjà elles ont contracté des adhérences entre
(1) J’ai eu occasion d’observer un enfant chez lequel l’application d’un vésicato rc derrière l’oreille détermina un torticolis qui, en fort peu de temps, devint très-considérable.
elles , ce qu’on peut reconnaîtra à l’aide du toucher et à l’aide de mouvemens imprimés au cou , le mal est incurable.
1213. Le traitement du torticolis varie suivant sa cause : s’il est dû à une activité anormale des muscles , on doit chercher , à l’aide de frictions et d’applications émollientes , à vaincre la résistance du sterno-cléido-mastoïdien, qui est tendu , et, par des frictions toniques et irritantes , telles que les aromatiques , etc. , et même l’électricité ou le galvanisme, à fortifier et faire entrer en contraction celui du côté opposé. A chaque friction on doit essayer d’étendre ce muscle , et de porter la tête dans sa direction normale ; ces tentatives , qui doivent durer un quart d’heure ou une demi-heure , seront répétées plusieurs fois pàr jour jusqu’à ce que la tête ait atteint la rectitude normale , et même qu’elle soit portée un peu du côté opposé. Il faut aussi , à chaque friction , faire exécuter à la tête des mouvemens latéraux. Pour maintenir la tête dans sa position naturelle on a proposé plusieurs appareils , tels que celui de Levacher modifié par Delacroix fl) , la calotte de Koehler, etc. ; mais celui qui remplit toutes les indications avec le plus d’avantage me paraît être l’appareil de Joerg (2) : il se compose d’un couvre-chef et d’un bandage de corps à la partie antérieure duquel se trouve fixée une tige à redressement de laquelle partent des courroies qui , remontant vers le cou , vont se fixer a la calotte dans la région mastoïdienne, en arrière de l’oreille; cet appareil, qui doit être porté jour et nuit , ne doit point empêcher de faire toujours les tentatives de redressement indiquées plus haut ; car , bien que la tête ait acquis sa rectitude normale , elle n’en est pas moins un peu inclinée en avant. Vers la fin du traitement la courroie qui passe au-dessous du bras opposé au côté du torticolis est détachée , et fixée , à l’aide d’un anneau , dans la région mastoïdienne. Cet appareil doit être porté constamment jusqu’à ce que l’antagonisme le plus parfait entre les muscles de la tête ait été rétabli ; vers la fin du traitement on peut se contenter de le porter quelques heures seulement par jour. Delpech (3) recommande un appareil à extension et à torsion pour le redressement du cou , que l’on obtient à l’aide d’un barrillet à ressort spiral, que l’on tend au moyen d’une clef.
1214. Si cette affection reconnaît pour cause un spasme permanent , le malade accuse des douleurs plus ou moins vives , qui le plus souvent sont rémittentes. Si on ne découvre aucune cause interne à ces crampes , on doit les combattre par des antispasmodiques locaux et généraux.
1215. Dans les cas où le mal existe depuis longtemps, où déjà une altération organique s’est em.
(1) Gercly , Traité des bandages. Taris, 1828, page 499, plauch. XX.
Froriep, Cbirurg. Kupfertafeln, planche CLXIX.
(2) Ouvrage cité plus haut, planch. II.
(3) Orthomorphie. Paris, 1828, Page 101, piancb.LXX
COERBÜRES DE LA COLOIVNE VERTÉBRALE.
parée du muscle sterno-cléido-mastoïdien , et où il est impossible d’espérer son alongement par l’emploi de l’un des moyens sus-indiqués, on a proposé la section de ce muscle. Joerg condamne cette opération dans tous les cas et sans exception aucune ; mais les raisons qu’il donne pour soutenir sa manière de voir ne sont nullement d’accord avec l’expérience, car cette opération a réussi à guérir des malades qui, depuis douze ou quinze ans , étaient affectés de ce mal.
Voyez au sujet de cette opération :
Roonhuysen , Heilcuren. Nùremb., 1G74, vol. 1, n" 22
Blasius , Cbserv. medic. rarior. Amsterdam, 1 677, part. II , n° 1.
Ten Tiaaf , Abh.indlungrn ans der Naturgeschichte . etc.
1 eips., 1775, vol. I , page 262.
1216. On opère la section du muscle sterno-cléidomastoïdien de la manière suivante : on fait , à un pouce environ au-dessus du sternum , une incision transversale , qui , divisant les tégumens , pénètre jusqu’au muscle que l'on cherche à relâcher en fléchissant la tête du côté malade ; au-dessous du muscle on passe une sonde cannelée , et on le divise avec un bistouri ; on panse la plaie avec des plymasseaux de charpie , et on fixe la tête dans sa position normale à l’aide d’un des appareils indiqués plus haut jusqu’à ce qu’il se soit formé une large cicatrice.
1217. Si des cicatrices larges et profondes sont la cause du torticolis, une simple section de ces brides , loin d’être de quelque utilité , ne fait le plus souvent qu’augmenter le mal. Il faut, dans ces cas , enlever toute la cicatrice et le tissu cellulaire devenu fibreux , et , lorsque cela est possible, chercher à obtenir la réunion par première intention. Pendant le cours du traitement , et même quelque temps après , on doit maintenir la tête dans sa direction naturelle. Souvent ce n’est que dans les cicatrices légères et superficielles qu’on peut rendre à la tête sa rectitude normale; il faut que l’action du traitement soit secondée par des émoiliens et par des bandages appropriés.
1218. Si le torticolis reconnaît pour cause une courbure de la colonne cervicale , et s’il n’existe encore aucune ankylosé , on cherche à redresser la tête par une extension lente et graduée , que l'on fait à l’aide des appareils que nous avons indiqués.