‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 22 sur 444 · CONGÉLATION · texte numérisé non relu

CONGÉLATION

liquide. Tous les autres moyens, tels que eau blanche, etc., qui ont été recommandés , n’agissent que par le froid. S’il existe delà fièvre, on emploie avec ce traitement local les adoucissans à l’intérieur et une diète modérée. S’il s’est formé des phlyctènes, on doit les ouvrir avec une lancette fine, mais ne point enlever l’épiderme, et seulement faire sortir le liquide contenu. Si elles sont petites, par l’application du froid elles s’affaissent et se dessèchent. Lorsque la partie affectée a été dépouillée de son épiderme, les applications froides ne peuvent souvent pas être supportées : alors il faut avoir recours aux applicationsdouces, tellesqu’un Uniment d’huile et de jaune d’œuf, du beurre frais, etc., étendus sur du linge, et que l’on renouvelle souvent. Sur le pourtour de la partie dépouillée de son épiderme on continue l’emploi du froid. Dés que la suppuration se déclare, si la partie malade a perdu de sa grande sensibilité, on passe pardegrésauxastringensetaux dessiccalifs, tels que huile de lin, eau de chaux, préparations de zinc, etc. — Les préparations de plomb déterminent, suivant quelques praticiens, des cicatrices informes et hideuses, ce que je n’ai jamais observé. — S’il survient des excroissances, il faut les comprimer et les toucher souvent avec le nitrate d’argent. — Si la gangrène s’est emparée de la partie au moment même de la brûlure , il suffit d’employer le froid, ou, si la partie est sensible , les applications douces et émollientes jusqu’à ce que la suppuration survienne , et que l’escarre se détache. Alors on doit employer les moyens indiqués plus haut. La gangrène fait rarement des progrès, à moins qu’il n’existe quelque affection générale. Du reste son traitement peut être le même que celui que nous avons donné pour la gangrène en général.

Lisfranc a, dans ces derniers temps, beaucoup vante les chlorures de calcium et surtout de sodium. Sur les brûlures du 1er et du 2e degré ils ont produit, dit-il, en 24 heures, des pellicules de nouvelle formation; à des degrés plus avancés ils préviennent une abondance trop grande de la suppuration, et détruisent la mauvaise odeur qui souvent infecte le malade et ceux qui l’entourent. 11 faut , pour être utiles, qu’ils excitent un léger prurit qui ne se fasse pas sentir au delà de dix minutes. On atteint ordinairement ce but quand la solution dont on arrose plusieurs fois par jour le pansement marque 3° au chloromètre de Gay-Lussac.

( Note du traducteur .)

91. La médication interne doit être subordonnée à la constitution du malade et à l’intensité des symptômes. Lorsque l’inflammation est vive , on doit observer un régime antiphlogistique sévère ; c’est par là seulement qu’on peut arrêter l’inflammalion, et prévenir la gangrène. Les douleurs très-vives et les accidens nerveux qui surviennent si souvent à la suite de brûlures très-larges réclament en même temps l’emploi des opiacés à l’intérieur et à l’extérieur. S’il existe une affection générale ou une faiblesse très-grande , on doit en tenir compte dans le cours du traitement.

92. Lorsque la cicatrisation s’opère, il faut chercher à prévenir les difformités. On doit pour cela

maintenir les parties fixes dans leur position normale : empêcher, à l’aide de compresses ou de charpie , le contact entre elles des parties malades, des doigts , des orteils, par exemple. A l’époque de la cicatrisation des brûlures il n’est pas rare de voir survenir des embarras gastriques, ou line diarrhée abondante, qu’il faut se garder de vouloir supprimer.

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