‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 221 sur 444 · VI. Varice anévrysmale et anévrysme variqueux · texte numérisé non relu

VI. Varice anévrysmale et anévrysme variqueux

Hunter , Medical Obs. And Inquirlcs, vol. I, page 340; — vol. II , page 390.

Guattani , collection de Lauth, page 203.

Scarpa , Iteilex. sur l’anCvrysme , trad. par Delpech. Paris , 1809, page 410.

Hodgson, Traduct. de Breschet , T. Il, page 360.

Adelmann,' Tract, de anevrysmate spurio vnricoso. vvirbeb. , 1821.

1350. Lorsqu’une veine et l’artère qui lui est unie ont subi une solution de continuité telle que , par suite des adhérences des lèvres de la plaie faite à la veine avec les lèvres de la plaie faite à l’artère , il s’est établi une communication immédiate entre ces deux vaisseaux , il y a varice anévrysmale. Le plus souvent on rencontre celte affection au pli du bras, où elle est ordinairement le résultat d’un coup do lancette ; cependant on l’a rencontrée dans d’autres régions.

1351. La varice anévrysmale est caractérisée par une tumeur circonscrite , de peu d’étendue , d’une couleur bleuâtre, et formée par la veine dilatée ; elle est le siège d’une espèce de tremblotement et d’une légère sibillation, qui sont déterminés par le passage du sang de l’artère dans la veine. En général la tumeur n’est pas plus volumineuse qu'une noisette; les veines qui l’entourent sont variqueuses; elle disparait complètement par la pression ; ses pulsations sont faibles lorsque la partie dont elle est le siégo est élevée ; elles deviennent plus fortes lorsque cette même partie est abaissée, ou lorsqu’on exerce une pression sur la veine au-dessous de la tumeur. Lorsque l’on comprime l’artère au-dessus de la tumeur, les pulsations cessent immédiatement, mais reparaissent dès que la compression est levée. Le tronc de l’artère au-dessus de la tumeur est plus volumineux que celui du côté opposé; les pulsations sont aussi plus fortes; au-dessous de la tumeur l’artère est plus petite que celle du côté opposé, et les pulsations y sont plus faibles. Le volume de la tumeur dépend de la grandeur de l’ouverture de communication entre la veine et l’artère : cependant la tumeur diminue ordinairement un peu lorsque les veines voisines sont variqueuses ; et , une fois qu’elle a diminué , elle ne prend pas de nouveaux accroissemens.

1352. La guérison de la varice anévrysmale peut, dans certains cas s’opérer sous l’influence d’une compression permanente qui détermine l’oblitération de l’artère ; on met les parois de la veine dans un contacttel que l’ouverture de l’artère en est oblitérée. Mais comme, ce traitement expose le malade à un anévrysme dans les cas où les parois de l’artère et celles de la veine ne sont pas en contact, on ne doit le mettre en usage que dans les cas récens et chez les sujets jeunes ou maigres , chez lesquels il est plus facile de comprimer exactement les parois des vaisseaux ; il faut, pendant ce traitement, recommander au malade de ne faire aucune espèce d’ef-

anévrysme variqueux.

forts, et d’éviter de tenir le membre pendant le long du corps (Scarpa, pag. 419). Dans les cas seuls où l’ouverture de communication entre l’artère et la veine est très-large, le sang artériel passant en majeure partie dans la veine, la nutrition du membre souffre, et il s’atrophie au-dessous de la tumeur ('1).

1353. Lorsqu’une artère et une veine ont été simultanément ouvertes, mais de manière à ce que les lèvres de leurs plaies ne soient pas en contact rigoureux, ou lorsque, par suite de l’obliquité de la plaie ou de la compression mise en usage , le sang ne passe pas immédiatement de l’artère dans la veine, le tissu cellulaire qui unit ces deux vaisseaux se distend sous la forme d’un sac anévrysmal , qui fait communiquer la veine à l'artère. La veine est alors à une certaine distance de l’artère , et le sang ne lui arrive que par l’intermédiaire du sac : c’est là ce que nous appelons anévrysme variqueux. Dans ce cas la tumeur prend de jour en jour de nouveaux accroissemens, et on doit craindre qu’elle ne perce. Scarpa ( page 424) et Hodgson (page 381 ) pensent qu’il suffit , pour obtenir la guérison , de faire la ligature au-dessus du sac. Dans deux cas (2) on a fait la ligature au-dessus et au-dessous du sac, et ce dernier traitement doit, d’après Richerand, avoir la préférence toutes les fois que l’anévrysme est volumineux , ou que l’ouverture de communication est très-large.

Après avoir appliqué le tourniquet , ouvert la tumeur dans toute sa longueur, bien épongé le sang , on trouve, au fond de celte cavité, à la paroi postérieure de la veine, une ouverture semblable à celle que l’on fait dans l’opération de la saignée ; une sonde que l’on introduit dans celte ouverture conduit dans un second sac , et non dans l’artère , ce que l’on reconnait à la facilité avec laquelle on peut la diriger en tous sens eomme dans une cavité, et à l’impossibilité où l’on est de lui donner la direction du canal de l’artère. En agrandissant celte ouverture dans la direction de la sonde on arrive dans le second sac, que l’on ouvre dans toute son étendue , et qui contient du sang coagulé par couches. Après avoir vidé et nettoyé ce sac , on aperçoit au fond la plaie de l’artère. Ce vaisseau étant mis à déconvert, on place une ligature au-dessus et au-dessous de la solution de continuité.

Page 1