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1372. Les veines sont susceptibles de fc dilater considérablement, ce qui tient à la grande extensibilité de leurs parois. Ces dilatations forment dey. tumeurs que l’on désigne sous le nom de varices.
1373. Les varices se développent ordinairement avec lenteur, et, dans le commencement, elles ne causent aucune incommodité; elles s’accroissent peu à peu ; les veines décrivent sur leur trajet des courbures plus ou moinsgrandes; on voit qu’elles forment çà et là ces saillies irrégulières, circonscrites, bleuâtres ou noirâtres, qui s’effacent sous la pression du doigt, mais reparaissent promptement dès que la pression cesse ; elles déterminent, dans la partie où elles ont leur siège , un sentiment de pesanteur , et souvent aussi de vives douleurs. Quelquefois des tumeurs volumineuses résultent du rapprochement de veines variqueuses : les tuniques de la veine affectée s’épaississent, contractent des adhérences avec les parties voisines; la peau qui les recouvre s’enflamme; il se forme des abcès qui al laquent la peau et le tissu cellulaire , et se convertissent en ulcères [ulcères variqueux) qui ont une liaison intime avec l’état variqueux des veines ; souvent ces ulcères , amenant la perforation des vaisseaux , déterminent des hémorrhagies abondantes, et ils persistent tant
que cet état variqueux dure ; quelquefois les veines s’ouvrent , et le sang s’épanche dans le tissu cellulaire. —D’autres fois le sang se coagule dans les vaisseaux dilatés, et alors les tumeurs variqueuses sont dures, résistantes, et ne se laissent pas déprimer. Ordinairement les varices ont leur siège dans les veines profondes, et, dans beaucoup de cas , les petites ramifications veineuses sont aussi affectées, quelquefois même elles sont le siège unique du mal, et forment çà et là des tumeurs plus ou moins volumineuses.
1374. Les causes des varices sont tous les obstacles qui s’opposent au retour du sang dans les veines, telles que la compression etla constriction de ces vaisseaux, la circulation artérielle continuant à se faire; la compression exercée par l’utérus dans la grossesse, l’amas des matières fécales dans les intestins ; certaines positions du corps, telles que la station longtemps prolongée, etc. Souvent on voit cette affection survenir sur plusieurs points sans aucun obstacle appréciable de la circulation, et elle parait alors tenir à une faiblesse des tuniques du système veineux. Les varices se rencontrent le plus souvent dans les parties où déjà dans l’état normal la circulation se fait avec une certaine difficulté : c’est pourquoi on les voit survenir le plus ordinairement aux jambes, au rectum, au cordon spermatique.
1375. Le traitement des varices réclame avant tout l’éloignement de l'obstacle à la circulation veineuse ; la cause cessant, la maladie disparaît souvent d’elle-mème. On doit avoir soin de tenir le ventre libre, de mener un genre de vie régulier, d’éviter de se tenir longtemps debout, etc. Lorsque la cause cesse d’agir, et que les varices ne guérissent pas, ou bien lorsqu’elles sont le résultat d’une atonie locale , la compression de toute la partie, unie aux astringens et aux toniques, est, de tous les moyens proposés , celui qui convient le mieux. Mais la guérison radicale est rarement obtenue par ce moyen ; car, dès qu’on lève la compression , la tuméfaction des veines, l’œdème et les ulcères variqueux reparaissent immédiatement.
1376. Lorsque les tumeurs variqueuses sont remplies de sang coagulé, il faut les vider d’un coup de bistouri avant d’exercer la compression : c’est aussi ce qu’on doit faire dans le cas de varices très-douloureuses , enflammées et remplies de sang ; après les avoir ouvertes, on fait des applications froides, et on place le membre dans la position horizontale.
1377. On a proposé différens moyens contre les tumeurs qui sont le résultat de l’agglomération de veines variqueuses. Les uns extirpent toute la tumeur , font la ligature des bouts inférieur et supérieur de la veine, ou, lorsque la position du mal le permet, la compression suffit pour arrêter l’hémorrhagie (1). D’autres, lorsque les varices ont lieu aux extrémités inférieures , font la ligature du tronc de la saphène au-dessus des points variqueux , placent le membre dans une position ho-
(1 ) Soyez', Traité des maladies chirurgicales, 1831, tom il, l>ag. 368.
VARICOCÈLE.
rizonlale, et exercent une compression permanente (1). D'autres, glissant au-dessous de la peau un bistouri pointu, très-étroit et courbe, divisent transversalement la veine sans faire à la peau d’autre incision que celle qui est nécessaire pour 1 introduction du bistouri (2). D’autres enfin divisent, audessus de la varice la plus saillante, la peau et la veine dans une étendue de deux pouces, introduisent dans la cavité de la veine de 1 éponge préparée ou un tampon de charpie , et appliquent un appareil compressif. Si la dilatation variqueuse a seulement son siège à la jambe, une seule incision suifit; si elle s’étend jusqu’à la partie moyenne de la cuisse, on fait une seconde incision au-dessus du genou, et, si les varices s’étendent à toute la cuisse, on lait une troisième incision à la partie supérieure de la veine affectée; on enveloppe le membre d’un bandage roulé, et on fait, pendant quelques jours, des applications froides. Par ce mode de traitement les varices principales sont prises d une inflammation qui, s’étendant aux varices moins volumineuses, en détermine l’oblitération (3). Ce dernier procédé doit être préféré aux autres ; car il est très-difficile d’isoler une veine sans intéresser ses parois ; et il ne faut pas perdre de vue que, dans les trois autres procédés opératoires, l’inflammation peut s’étendre très-loin , et déterminer des accidens très-graves et môme mortels.
Davat (4) a proposé un traitement qui consiste à irriter très-légèrement deux points opposés de la membrane interne de la veine malade, et en même temps à maintenir en contact ces deux points opposés de la surface interne. Une simple aiguille à coudre, recourbée ou non, aplatie ou non, satisfait à toutes les conditions voulues pour obtenir une prompte oblitération : il suffit, pour cela, de faire un point sur la veine, c’est à-dire de traverser perpendiculairement sa paroi antérieure, puis sa paroi postérieure, avec la pointe de l’aiguille, que l'on incline, et que l'on ramène plus haut à traverser encore sa paroi postérieure, puis sa paroi antérieure : on assujettit l’aiguille dans cette position à l’aide d'un fil tortillé en co . Les aiguilles doivent rester en place jusqn'à ce qu’une inflammation éliminatoire se soit développée; l’aiguille tombe alors elle-même, laissant une ligne fistuleuse qui se guérit en très-peu de temps. L’inflammation adhésive et peu intense, ne s’étend pas au delà de la tumeur, et se déclare avant l’inflammation éliminatoire : cette dernière n’est point à craindre ; elle ne saurait se propager, la veine étant déjà oblitérée. La guérison radicale se ferait, d’après l’auteur, eu quinze jours.