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FLEXION PERMANENTE DES DOIGTS

phalanges sont droites et mobiles ; la première seule est fléchie à angle plus ou moins droit; elle est encore mobile dans son articulation avec le métacarpe ; mais , dans quelques cas , la force la plus grande ne peut la porter dans l’extension. Lorsque la flexion de ce doigt est très-grande , la peau du creux de la main forme un pîi dont la concavité regarde le doigt , et dont la convexité est tournée vers l’articulation carpi-radiale. Lorsque l’on presse sur la face palmaire du doigt fléchi , on sent une corde dont la pointe s’étend vers le doigt , et que l’on peut suivre jusque près de l’articulation de la main avec l’avant-bras. Lorsque l’on fléchit le doigt, la tension de cette corde disparaît, et, lorsque l’on tâche d’étendre le doigt, on voit que le tendon du muscle long palmaire se tend , et que , ce mouvement s’étendant à la partie supérieure de l’aponévrose, la corde reparaît avec toute sa tension.

1404. Dupeytren a démontré par des recherches anatomiques exactes , et par la section de l’aponévrose couronnée de succès, que la cause de la rétraction des doigts lient souvent à la tension de l’aponévrose palmaire ; qu’elle est due à une pression et une contusion fréquentes, et qu’elle affecte plus particulièrement ceux qui se livrent à des travaux manuels pénibles. Les frictions , les bains , les appareils mécaniques , etc. , n’ont en général aucun bon résultat ; et , s’ils procurent quelque amélioration, elle n’est que passagère , ainsi que j’ai pu l’observer. Dans un cas de flexion considérable de l’annulaire je prescrivis des frictions mercurielles et des bains gélatineux ; le doigt reprit sa direction normale, et recouvra sa mobilité; mais , peu de temps après qu’on eut cessé le traitement, le doigt se rétracta aussi fortement qu’auparavant.

Le traitement qui agit avec le plus d’efficacité est la division de l’aponévrose palmaire. La main du malade étant solidement fixée , on fait une iucision transversale de dix lignes d’étendue , vis-àvis l’articulation métacarpo-phalangienne du doigt qu’on veut redresser ; on divise d’abord la peau , puis l’aponévrose ; la section de celte dernière détermine un craquement sensible à l’oreille. Celte incision achevée , si on ne peut redresser complètement le doigt, on fait une deuxième incision au niveau de l’articulation de la première avec la seconde phalange ou au milieu de la première phalange. Lorsque tous les doigts sont rétractés , on fait une incision d’un pouce un quart au-dessous des articulations métacarpo-phalangiennes afin de diviser l'aponévrose au commencement de toutes ses radiations. Les plaies sont ensuite couvertes de charpie, et les doigts portés dans l’extension sont assujettis à une planchette fixée à la face dorsale de la main ; les doigts sont maintenus dans cette position jusqu à cicatrisation complète. Les accidents inflammatoires qui peuvent survenir doivent , suivant leur intensité , être combattus par des applications froides, des émissions sanguines , etc.

Diagnostic différentiel ( 1). — Maladie de l’aponévrose. — Les doigts dont l’aponévrose est affeetée sont plus ou moins fléchis; il est impossible de les redresser, quelle que soit la force que l’on emploie; deux cordes saillantes et dures vont du milieu de la paume de la main jusqu’à la base des doigts rétractés. Lorsqu’on fait des efforts pour étendre ces doigts, ces cordes deviennent plus saillantes , et on voit se tendre , tout le long de la partie inférieure de l’avant-bras, le tendon du palmaire grêle. Si on fléchit la main sur l’avant-bras, l’extension des doigts est également impossible, et les cordes également apparentes; mais la tension du palmaire grêle diminue ; les articulations sont mobiles.

Maladie des fléchisseurs. — Les doigts sont dans la même flexion que dans la maladie de l’aponévrose ; lorsqu’on veut étendre les doigts affectés, on sent, dans la profondeur de la face palmaire de la main, une corde volumineuse bien au-dessous de l’aponévrose ; le palmaire grêle reste immobile ; mais les fléchisseurs sont tendus à l’avant-bras; et, si l’affection dépend d’une cicatrice adhérente à ces muscles , les mouvements d’extension y déterminent de la douleur. En fléchissant la main sur l’aVantbras le malade peut étendre les doigts à volonté.

Maladie des extenseurs. — Si les tendons des extenseurs ont été coupés, les fléchisseurs, n’ayant plus d’antagonistes, maintiennent les doigts constamment appliqués à la paume de la main ; mais il est facile de les étendre: aucune corde n’existe; toutes les articulations sont libres; ce n’est pas une rétraction à proprement parler , c’est une flexion passive.

Maladie des articulations. — Les doigts sont plus ou moins courbés ; les phalanges ankylosées ne peuvent se mouvoir les unes sur les autres ; celles qui ne le sont pas peuvent être redressées ; mais aucune corde ne se dessine dans la main. Certaines professions peuvent déterminer une déformation des articulations sans ankylosé et avec flexion permanente : c’est ainsi qu’on voit souvent le petit doigt fléchi chez les tricoteuses et les fileuses; l’annulaire, et quelquefois plusieurs doigts de la main droite, chez les tailleurs ; les quatre derniers doigts de l’une et de l’autre main chez les ouvriers en dentelle, etc.; mais il est impossible de méconnaître l’affection, la cause est connue: c’est une flexion par habitude ; on ne sent aucune corde dans la main ; il y a encore quelquefois un certain degré d’extension.

Maladie de la peau. — Lorsque la peau de la main a été détruite par suite d’une inflammation, d’une brûlure, etc., et que la guérison s’est faite par rapprochement des bords de la plaie , il survient une cicatrice étroite qui empêche le redressement d’un ou de plusieurs doigts. Dans ces cas il est difficile de ne pas reconnaître l’affection. La présence de la cicatrice, et la tension tout à fait superficielle dont elle est le siège quand on veut redresser les doigts, en disent assez pour que nous ne nous y arrêtions pas davantage. ( Note du traducteur .)

1405. Si la flexion des doigts lient à une cicatrice vicieuse, il faut se conduire suivant les préceptes que nous avons donnés ? 1399. Dans la contracture des muscles fléchisseurs il faut avoir recours à des frictions émollientes sur l’avant-bras du côté de la flexion, et à des frictions irritantes, à des vésicatoires, etc., du côté de l’extension. Les flexions des doigts dues aune altération des tendons ou à une maladie organique des surfaces articulaires soûl incurables.

(1) Dupvgtren , Leçons orales, png. 518.

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