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II. Adhérences des doigts entre eux

Earle, Médico-chirurgical Transactions, vol. Y,pag. 96; — vol . VII, pag. 4( 1 .

Beck , Ueber die angeborne Verwacbsmig der Finger. Frib.,1819.

Seerig, Ueber die angeborne Vervrachsung der Finger. Breslau.

1408. L'adhérence des doigts entre eux offre différents degrés: elle peut être congénitale ou acquise ; on la voit survenir surtout à la suite de brûlures. L’adhérence des doigts se fait 1° à l’aide de brides cutanées ; 2° à l’aide d’un tissu cutané et charnu; 31’ à l’aide de substance osseuse. La première espèce d’adhérences est la plus fréquente. La forme des doigts peut en être diversement modifiée.

1407. Le seul moyen de remédier à cette difformité estla section de l’adhérence, et celle opération n’est contreindiquée que dans les cas où les parties molles de la main sont réunies en un moignon informe (1), et où les os des doigts sont tellement fondus en un seule masse qu’il est impossible d’y distinguer aucune articulation. Un état maladif des téguments de la main déformée, une constitution scrofuleuse très-prononcée, une inflammation déjà existante et 1 âge du sujet sont autant de raisons qui doivent faire différer l’opération. Ordinairement on regarde comme étant l’époque la plus favorable pour celte opération la fin de la première période de la vie , et on ne doit pas , sans motifs graves, la différer au-delà de celle époque. Cependant il ne faut pas perdre de vue que , la plaie de l’opération étant complètement cicatrisée, des adhérences nouvelles peuvent encore réunir les doigts, soit parce que la peau ne peut, à cause de sa cicatrice , se développer aussi vite que les doigts , soit parce que l’adhérence marche de la hase des doigts vers leur pointe à mesure qu’ils acquièrent plus de longueur. Cette circonstance est de la plus haute importance , et doit , lorsque les adhérences ne sont pas un obstacle au développement des doigts, faire remettre l’opération à l’époque où ces organes auront fini de croître (Seebig). La douleur de l’opération et l'intensité do la réaction inflammatoire qui en est le résultat, dépendent du degré et de l’étendue des adhérences ; aussi doit-on n’opérer qu’une seule main d'abord , attendre la guérison, et opérer l'autre main plus tard seulement.

Leroux, Journal de médecine, T. XIV, pag. 275, G45.

(1) Dans un cas où les deux mains d’un enfant étaient réduites chacune à un moignon charnu, et n’offraient qu’un ongle étendu , on forma cinq doigts, taillés aux dépens de la peau et du cartilage qui lui servait de base. Ces cinq doigts pouvaient se mouvoir séparément.

1408. Les suites de l'opération ne sont pas toujours heureuses ; car on voit souvent les parties qu’on a divisées se réunir de nouveau. Cette réunion nouvelle est surtout à craindre à l’époque où des granulations s’élèvent de l’angle de la plaie , car c’est alors que s’opère le rapprochement des bords de l’incision. Divers procédés opératoires ont été proposés pour détruire ces adhérences.

1409. Lorsque la réunion est simple et membraneuse, on fixe solidement la main ; puis, un peu au-dessus de l’endroit où , dans l’état normal , se trouve l’angle des doigts, ou plonge perpendiculairement, à travers la peau de réunion, la pointe d’un bistouri dont le tranchant est tourné du côté de l’opérateur ; la peau étant traversée de part en part à l’aide de cette ponction, on ramène le bistouri de la base des doigts vers leur extrémité. On peut encore faire l’incision de bas en haut , c'est-à-dire de la pointe des doigts vers la base. Les inégalités qui se trouvent à la surface de la plaie sont enlevées avec des ciseaux.

Lorsque les os sont adhe'rents entre eux, ou divise d’abord les parties molles avecuu bistouri, puis l’adhérence osseuse est sciée sur la ligne médiane avec un ressort de montre.

Le pansement se fait de la manière suivante : on prend une bandelette dont les extrémités seulement sont enduites d’un emplâtre agglulinalif ; sa partie moyenne est appliquée sur l’angle de la solution de continuité, et ses extrémités sont ramenées, l’une sur la face palmaire, et l’autre sur la face dorsale de la main , où elles se collent. Par-dessus cette bandelette on place une compresse longuette trèsétroite ; la surface de la plaie est recouverte de cérat troué; on enveloppe chaque doigt séparément dans un bandage roulé, et, à l’aide d’un morceau de carton ou d’une planchette en bois, on fixe la main, les doigts étant tenus redressés autant que possible. Plusieurs appareils ont été inventés pour redresser insensiblement les doigts une fois qu’ils ont été séparés (1). L’appareil doit être renouvelé une fois ou deux fois par jour , suivant les indications; il doit l’être avec soin , et il faut toujours avoir pour but de déprimer par la compression les granulations qui s’élèvent de l’angle de la plaie : vers la fin du traitement, on doitles loucher souvent avec du nitrate d’argent.

La cicatrice qui part de l’angle que forment les doigts en se séparant a une telle tendance à opérer la réunion des doigts de leur base vers leur extrémité que l’appareil compressif de Dupuijtren (2), qui agit d’une manière bien autrement énergique que celui dont nous venons de parler, ne peut pas toujours s’y opposer. Le pansement que re commande Dupui/fren est le suivant : une compresse longue et étroite est appliquée par la partie moyenne sur l’angle que forment les doigts ; les chefs en sont ramenés de bas en haut, l’un devant, l’autre derrière l’avant-bras , où on les fixe à un bracelet. Le reste du pansement sc fait

(1) Zang , Darstellung, etc., vol. IV, planche III.

(2) Leçons orales, T. 11, pag. 36.

{Note du traducteur ).

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