V. Adhérences de la langue
Petit, Mémoires de l’Académie des sciences, 1742
Louis, Tumeurs sublinguales. Mém. de l’Acad. de chirurgie, vol. V, pag. 410.
Oehme , De rnorbis recens natorum chirurgicis. Lins. , 1773. r
Lang, De frænulo linguæ ejusque incisione. Ienæ,1785.
1420. Ladhérenco anormale de la langue met obstacle à 1 allaitement, aux mouvements delà langue , à 1 articulation des sons ; elle peut être produite l°par une lumeursolide, charnue, de couleur lu u nôtre, qui atteint souvent le volume de la langue, au-dessous de laquelle elle est placée; 2° par le filet, qui est trop long , et qui quelquefois s’étend
jusqu’à la poiule de la langue ; 3° par un tissu membraneux, qui retient l'organe d’un seul côté ou des deux côtés à la fois ; 4» par accotement de la face inférieure de la langue à la surface de la bouche à laquelle elle correspond. On reconnaît ces états pathologiques par l’inspection avec le doigt. Pour faire cet examen, la tête de l'enfantétant fixée, on tient le nez fermé afin de le forcer à ouvrir la bouche; poison contourne avec un doigt la langue dans tous les sens, et, la saisissantavec deux doigts par sa pointe , on la porte en haut contre le palais, cet examen doit être fait avec d’autant plus de soin que, dans beaucoup de cas, si l’enfantne peut têter, cela tient à une cause étrangère à ce vice de conformation, bien que la mère ou la nourrice le mette sur son compte.
1421. Lorsque la succion ne peut se faire à cause de l’adhérence de la langue , ou que plus tard le même vice de conformation gêne la prononciation, il faut diviser les adhérences de manière à rendre à la langue toute la liberté de ses mouvements.
1422. Lorsque la tumeur que nous avons signalée plus haut existe sous la langue, il est indispensable d’y faire une incision. Pour pratiquer cette opération, tandis qu’un aide tient le nez du malade fermé, le chirurgien soulève la langue avec le pouce et l’indicateur de la main gauche, placée de manière à ce que sa face palmaire regarde en haut ; la langue étant soulevée, les adhérences charnues se trouvent tendues; on incise alors avec des ciseaux à pointes mousses. La plaie guérit ordinairement en peu de jours : la salive et le lait rendent inuliie toute espèce de topique. On doit, plusieurs fois par jour, passer le doigt sous la langue afin d’empêcher les adhérences de s’établir. Dans quelques cas des scarifications faites avec la lancette sur la lumuer suffisent pour la faire diminuer, et pour rendre à la langue tous ses mouvements. Si J’artère ou la veine linguale a été intéressée, on doit se comporter d’après les règles que nous indiquerons plus bas (§ 1425).
1423. La section du filet, quand il est trop long ou qu'il s’étend jusqu’au bout de la langue, se fait delà manière suivante : la langue étant soulevée, comme dans le cas précédent, avec les deux doigts de la main gauche, ou avec une spatule qui laisse passer le filet dans son échancrure, on incise ce dernier dans une étendue convenable, et d’un seul coup, avec les ciseaux à filet de Schmitt, dont la convexité est tournée en haut. Les ciseaux doivent être portés aussi bas que possible contre le plancher de la bouche afin d’éviter l’artère ranine.
Petit (1) fait remarquer que , bien que le filet paraisse se rapprocher beaucoup trop de lu pointe de la langue, on ne doit point le couper si l’enfant peut porter sa langue sur le bord des lèvres, parce qu’alors il peut permettre les mouvements naturels de la langue , dont l’enfant a un besoin actuel. A l’égard des autres mouvements, ajoute
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IVr CbinirSle traduite per Bosuuillok. Paris £ 1798 , 1 IV, pag. 50, pl. XLIII. .
(1) Maladies chirurgicales. Paris, 1740, T. 111, pag. 235.
{Noie du traducteur.)
ÎMI'ERFORATION DE L ORIFICE BUCCAL.
ce praticien , quand même ils seraient gênés en quelque eliose, il faut différer l’opéra tion, parce que, assez souvent, cette gêne ne dure pas : la langue s’j habitue , ou le filet s’alonge avec le temps. 11 ne faut pas non plus faire l’opération si l’enfant peut porter le bout de la langue au palais, et encore moins s’il suce le doigt, et qu’il le presse comme s’il tétait.
Quant aux instruments pour cette section, consultez:
Petit, Ouvrage cité, pag. 249.
Bell, Traduct. de Bosquillon, t. IY, pag. 198, pl.LXII,
ifig. 3.
Schmitt , Loder's Journ , vol. IV , cah. II , planch. Y , fig. 1,2.
1 424. Lorsque la face inférieure de la langue est adhérente à la paroi buccale qui lui correspond, on maintient ouverte la bouche de l’enfant à l’aide d’un morceau de liège placé entre les deux mâchoires ; puis, avec l’indicateur et le doigt médian de la main gauche, on soulève la pointe de la langue, et, avec un bistouri, on divise l’adhérence dans une étendue convenable.
1425. Les accidents à redouter à la suite de ces diverses opérations sont : l’hénaorrhagie, et, si la langue a été détachée dans une grande étendue, l’asphyxie par suite de l’avalemeut de la langue. — L’hémorrhagie provenant de la lésion de l’artère ranine doit être combattue pardes tampons de charpie imbibée d'eau de Théden ou d’une solution d’alun, et que l’on presse avec le doigt contre la surface de la plaie; ou bien encore on touche avec le cautère actuel le point qui fournit du sang : ce dernier moyen est préférable à l’emploi des compresseurs proposés par Petit, Jourdain et Lampe. L’hémorrhagie peut aussi être déterminée parla succion de l’enfant, et, dans ces cas, le sang est avalé : aussi, dans les premiers jours qui suivent l’opération, l’enfant doit être couché sur le ventre dès qu’il se réveille. Mais, si la langue se renverse, que l’enfant l’avale, ce qui donne lieu à une asphyxie imminente, un doigt introduit dans la bouche la reporte en avant, et la remet dans sa position normale ; on l’y maintient au moyen d’une épaisse compresse, que l’on place entre la langue et la voûte, et d’un bandage, qui, passant sur la tête et sous la mâchoire inférieure, tient la bouche fermée. Chaque fois que l’enfant doit boire, l’appareil doit être retiré ( Petit).
1426. Les adhérences membraneuses de la langue avec la partie correspondante des gencives peuvent fixer la langue des deux côtés à la lois, ou seulement d’un seul ; et , dans ce cas, la langue est attirée du côté de l’adhérence ; il est toujours facile de couper cel,te adhérence d’un simple coup de ciseaux.
tion, de l’abus du mercure et de la salivation qui en est la suite ; elle survient surtout lorsque, à la suite de ces affections, les lèvres et les joues sont tenues immobiles. Cette adhérence peut occuper une étendue plus ou moins grande, et gêner plus ou moins la mastication et l’articulation des sons. On peut prévenir celte affection, vers la fin des maladies que nous avons signalées, en se gargarisant souvent avec des liquides mucilagineux, en plaçant entre les surfaces ulcérées un petit morceau de linge, en mettanf souvent ces parties en mouvement, et en introduisant entre elles le doigt plusieurs fois par jour. Ces précautions suffisent souvent pour détruire des adhérences commençantes ; mais, lorsqu’elles sont anciennes ou solides , il faut les couper avec le bistouri, et veiller à ce quelles ne se reproduisent pas.