XI. Rétrécissements et imperforations du canal de l'urètre
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1490. Les rétrécissements qui résultent d’une altération delà muqueuse sont beaucoup plus fréquents dans le canal de l’urètre (strictura urethræ) que dans lout autre canal. Seulement ils sont rares chez les femmes à cause de la brièveté de leur canal de l’urètre.
Nous parlerons plus bas, à l’article Rétention d urine, des rétrécissements de l’urètre dus à d’autres causes qu’a celle dont nous venons de parler.
1491. Le développement de cette maladie est toujours extrêmement lent, et, à son début, el.e n’est pas ordinairement remarquée des malades : ils éprouvent d’abord en urinant une légère douleur ; quelquefois il s’écoule par l’urètre un peu de mucosité , qui tache la chemise; peu à peu les envies d’uriner deviennent plus fréquentes, et lemissiou des urines ne peut se faire qu’avec des efforts plus grands. Le jet du liquide commence à diminuer de grosseur ; tantôt il est divisé en deux, et tantôt il forme une spirale ; d’autres fois il sort en jet , et , après qu’il a cessé de couler, il en tombe
encore une certainequaulité verticalement et goutte par goutte. Souvent toute l’urine n’est pas évacuée en entier d’une seule fois; l’envie d’uriner se fait bientôt sentir de nouveau , et il s’en écoule une plus grande quantité que la première fois. Lorsque la vessie est complètement vidée, il reste, en arrière du rétrécissement, une petite quantité d’urine, qui s’échappe goûte à goutte par son propre poids dès que la verge est abandonnée à elle-même. S’il existe plusieurs rétrécissements , le jet de l’urine perd toute sa force, et elle s’écoule perpendiculairement et goutte à goutte. Le malade peut rester dans cet état pendant un temps plus ou moins long avec les alternatives de mieux et de pire. L’affection s’aggrave toujours lorsque le malade se livre à des mouvements violents , qu’il prend des boissons et des aliments échauffants, qu’il se livre au coït , qu’il se refroidit , etc. Sous l’influence de ces causes il peutsurvenir une suppression complète de l’urine.
1492. Enfin la maladie arrive à sa dernière période : l’urine ne peut plus être rejetée qu’en trèspetite quantité et avec la plus grande peine; son émission est quelquefois complètement suspendue. Les efforts de l’urine contre l’obstacle déterminent une dilatation de i’urèlre en arrière du rétrécissement ; celte dilatation est quelquefois telle que les parois du canal sont déchirées ou prises de gangrène, et l’urine se panche dans le tissu cellulaire des parties voisines. Lorsque l’épanchement est peu considérable, il forme une tumeur dure, circonscrite, qui se termine par un abcès. Si l’épanchement est plus considérable , il se forme une tumeur non circonscrite , qui , commençant au périnée, envahit le scrotum , la verge , les aines , etc. Dans ces différentes parties la peau devient d’un rouge foncé, tendue, luisante; la gangrène s’en empare rapidement , la chute des eschares donne lieu à des trajets fistuleux par lesquels s’écoule l’urine : dans ces circonstances les forces diminuent rapidement, et le malade succombe.
1493. Alors même que telle n’est par l’issue de cette affection , il survient, dans la muqueuse du canal , en arrière de l’obstacle , lorsque la maladie est ancienne , des altérations telles que des accidents graves peuvent en être le résultat. L’irritation permanente déterminée derrière le rétrécissement par l’accumulation de l’urine rend la muqueuse tuméfiée et fongueuse. Cette altération s’étend à la muqueuse de la prostate ; celte glande prend elle-même un développement considérable. Le malade éprouve dans le rectum un sentiment de pesanteur, un besoin fréquent d’aller à la selle, sans qu’il puisse le satisfaire; le jet de l’urine est précédé d’un écoulement muqueux , quelquefois purulent. L’urine, qui est épaisse , dépose, au fond du vase qui la reçoit , une matière essentiellement visqueuse ; enfin la partie postérieure de l’urètre et le col delà vessie sont tellement dilatés que l’urine ne peut plus être retenue que par l’obstacle pathologique, et s’écoule involontairement et goutte à goutte.
La maladie de la muquçuse, faisant toujours des