RÉTRÉCISSEMENTS DU CANAL DE LERÊTRE
altération de structure de la muqueuse) , à une sensibilité plus grande de la surlace de la muqueuse ou des parties qui environnent l’urètre. L’étranglement spasmodique de l’urètre et du col de la vessie ne doit pas être confondu avec le rétrécissement, ordinairement passager, qui a lieu , sans inflammation et sans altération de structure, par suite d’une augmentation très-grande de la sensibilité de la vessie et de l’urètre (1) ; il ne faut pas oublier aussi qu’un état spasmodique peut venir compliquer toute inflammation chronique de ces organes. Du reste , si, après la mort, on ne trouve aucune trace du rétrécissement dont les symptômes ont été, sur le vivant, des plus manifestes, on ne doit pas en conclure que le rétrécissement était purement spasmodique ; car , si on ne trouve aucune trace d’altération , cela tient le plus souvent à la manière dont on fait l’ouverture du canal : la section du rétrécissement le fait quelquefois disparaître presque complètement (2).
1496. Les maladies que l'on peut confondre avec le rétrécissement sont : l'inflammation de l’urètre, la blennorrhagie , un élat spasmodique des muscles qui environnent le canal, des abcès ou des (limeurs développés dans son voisinage , des calculs et certaines maladies de la prostale : un examen approfondi de la marche de la maladie , l'introduction très-attentive d’une sonde , et les caractères suivants peuvent éclairer le diagnostic. — Dans le rétrécissement l’écoulement est toujours survenu promptement après le coït, et a disparu ordinairement an bout d’une semaine ; lorsqu’il y a simplement blennorrhagie, l’écoulement se manifeste rarement avant le troisième jour; l’inflammation et les douleurs en urinant sont plusintenses. L’obstruction de l’urètre par des calculs a été précédée des signes qui caractérisent la présence des calculs dans la vessie ( § 1819 ) , la suppression subite du jet de l’urine, et la rencontre du calcul par la sonde. On reconnaît la tuméfaction de la prostale par l’introduction du doigt dans le rectum ; lorsque cette glande est malade , la sonde , arrivée à son niveau-, réveille les plus vives douleurs, et le plus souvent on ne peut arriver dans la vessiequ’avec une sonde de gomme élastique.
1497. Le pronostic des rétrécissements de l’urètre varie suivant leur siège et suivant leur nature. Plus l’obstacle est près de l’orifice du canal, plus il est récent et extensible, moins il est étendu, moins il est saillant, et plus il sera facile à détruire. Si déjà les altérations que nous avons indiquées (§ 1493) existent, le pronostic sera plus grave; mais l’état de la maladie s’améliorera presque toujours dès que l’obstacle sera levé , quoique cependant on ne puisse pas savoir d'une manière positive si ces accidents disparaîtront ou même diminueront quand le rétrécissement sera guéri. Dans beaucoup de cas le traitement est très-long et les récidives fréquentes. Si des fistules urinaires se sont établies, il faut se conformer aux préceptes donnés §893.
1498. Pour le traitement de celle alfeclion nous
(1) Soemmeriny , Loc. cit , pag. 2 1 6 . — Lis franc , Loco citato , pag. 28.
(2) Amussat.