DANS LE LARYNX ET LA TRACHÉE
3ger dans les ventricules du larynx : dans ce cas } bs accidents primitifs sont légers ; mais , le corps tranger continuantà irriter les parties, il peutoccaionner des accidents menaçants. Lorsque le corps (ranger est libre dans la trachée-artère, il remonte ans l’expiration , et s’abaisse dans l'inspiration; s es symptômes sont limités dans l’espace qu’il parourl ; la douleur est vive , change de place; la oux est fréquente et convulsive; quelquefois le ■ orps étranger est rejeté au dehorsdans les efforts i o la toux ; mais ces cas sont rares : la suffocation st iramiuente chaque fois que le corps étranger emonte vers la glotte. — Rarement il s’engage lans les bronches. — Les corps anguleux et pointus onnentlieu à des accidents plus graves; autour 'eux la muqueuse se tuméfie, s’enflamme ; le canal st rétréci ; le corps étranger est solidement fixé. —
Lesmêmes phénomènes ont lieu lorsque le corps tranger est susceptible de se gonfler par l’humilité.— Lorsqu’un corps étranger est demeuré longemps dans la trachée, il détermine tous les sympômes de la phthisie laryngée , et alors il est rare qu’il puisse être retiré avec succès.
1571. Un corps étranger arrêté dans l’œsophage beut donner lieu aux mêmes accidents que celui qui est introduit dans la trachée ; aussi est-il de la plus haute importance d’explorer toujours l’œsophage à l’aide d’une sonde armée d’une éponge. — Un vomitif administré dans l’intention de faire sortir un corps étranger introduit dans les voies aériennes ne peut avoir que de funestes résultats; il en est de même de la toux et des éternuements provoqués dans le même but.
Le seul moyen que l’on puisse employer avec confiance c’est la trachéotomie ou la laryngotomie. Celle opération doit toujours être faite le plus tôt possible , parce que, pour peu qu’elle soit différée, il survient une violente inflammation du poumon ou de la trachée, de l’emphysème pulmonaire, etc., complications graves qui peuvent faire périr l’individu alors même que le corps étranger serait retiré. L’opération est indiquée toutes les fois que la suffocation est imminente , toutes les fois qu’un état d'asphyxie s’est déclaré , enfin toutes les fois que les accidents apparaissent à certains intervalles, que le corpsétrangerse déplace, et qu’une douleur fixe indique sa véritable position. On ne doit la différer que dans les cas où le malade n’éprouve aucun accident, et où rien n’indique la véritable position du corps étranger ; il faut alors attendre que ce dernier change de place, et qu’on soit sûr de pouvoir l’extraire.
1572. L’ouverture du larynx ou de la trachée est en outre indiquée pour faciliter l’entrée de l’air dans les poumons toutes les fois qu’elle lui est interdite par une cause quelconque. Les cas qui peuvent la réclamer sont : la tuméfaction ou toute autre dégénérescence des organes respiratoires ; un gonflement considérable de l’épiglotte , une tuméfaction considérable de la langue lorsque les saignées, les scarifications , etc. , n'ont pu éloigner les accidents de suffocation, la fracture des cartilages du
larynx lorsque les fragments ne peuvent être remis en place par aucun autre moyen ; l’angine laryngée ; certains cas de corps étrangers dans le pharynx lorsque la suffocation est imminente ; la compression de la trachée par certaines tumeurs ; la tuméfaction qui accompagne les plaies par arme à feu de la région cervicale , et qui donne lieu à des symptômes d’asphyxie ; l’asphyxie par immersion ou par suspension ; l’angine membraneuse lorsqu’une certaine quantité de fausses membranes est détachée , mobile , et ne peut être expulsée.
Desault (pag. 266) pense que , dans la majeure partie des cas que nous venons de passer en revue , la trachéotomie pourrait être remplacée par l’introduction dans les voies aériennes d’une sonde en gomme élastique ; mais, à l’exception de quelques observations rapportées par ce praticien , aucun fait ne vient à l’appui de cette opinion. S. Cooper (l) pense que, dans les cas de submersion, l’ouverture delà trachée est préférable à l’introduction d’une sonde. Cependant nous devons dire que l’utilité de la trachéotomie, dans ces cas-là, n’est pas autorisée par des faits authentiques.
Dans l’angine laryngée, lorsque la respiration est trèspénible, que la suffocation est imminente, alors même qu’il n’y a dans la gorge aucune rougeur, aucune tuméfaction, il ne faut pas trop différer l’opération lorsque les émissions sanguines locales et générales et les vésicatoires n’ont pas rapidement amélioré la position du malade (2). Dans l’angine membraneuse la laryngotomie et la trachéotomie ne sont le plus souvent d’aucune utilité, parce que les fausses membranes qui s’opposent au passage de l’air tapissent non-seulement le larynx, mais encore tonte la trachée et quelquefois les bronches (3).
Bretonneau (4) pense que la trachéotomie ne peut avoir d’heureux résultats que dans les cas où l’ouverture faite à la trachée est très-grande : cette ouverture, qui s’étend , selon lui , de la glande thyroïde au sternum, doit être maintenue béante à l’aide d’une canule qui permet à l’air de circuler facilement. En même temps il porte dans la trachée du calomel sec ou légèrement humecté d’eau pure. Dans un cas où Bretonneau a agi de la sorte le succès a été complet.
1573. Le procédé que l’on emploie pour faire la trachéotomie et la laryngotomie varie suivant qu’on
(1) First lines of surgery, vol. I, page. 541.
(2) Consultez à ce sujet :
Farre , Médico-chirurgical Transactions, vol. III, pag. 84.
Percival, Même journal, vol. IV, pag. 29.
Wilson , Même journal, vol. V, pag. 156.
Arnold, Même journal, vol. IX, pag. 31.
Marschall-Ball , Même journal', vol. X, pag. 166.
Porter , Même journal, vol. XI, pag. 1 14.
Nouveau Cliiron de Textor , cah. I.
Wedemeyer, Dans le journal de Gracie et Walther . vol. IX, pag. 107.
(3) 6’ac7wc, Ueber die haeutige firaeune , vol. II, pag. 277
(4) De la diphtéritc. Paris, 1826, pag. 217, planch. I, «S- 2-
y oyez aussi :
Cullen, tdinburgh medical and surgical Journal , janvier 1828, pag. 75,
CORfS ÉTRANGERS DANS LE LARYNX.
a pour but 1’cxlraclion d’un corps étranger ou simplement l’accès de l’air dans les poumons.
1574. Si , eu faisant la laryngotomie, on n’a pour but que l’introduction de l’air dans les poumons , on place la tête du malade dans la position qui le gêne le moins , pourvu toutefois que la partie antérieure du cou soit parfaitement libre ; les doigts de la main gauche servent à tendre le peau , et à fixer le larynx pendant que l’on fait une incision d’un pouce d’étendue, dont la partie moyenne correspond au ligament crico-lbyroïdien. Une seconde incision divise le tissu cellulaire qui se trouve entre les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-lhyi oïdiens : par là on met à nu le ligament crico-lhyroïdien. L'écoulement de sang étant arrêté par des aspersions d’eau froide , on fixe le larynx à l’aide des doigts de la main gauche placés de chaque côté. L’indicateur de la même main étant placé sur le tiers supérieur du ligament que nous avons indiqué, on y fait avec une lancette une ponction que l’on agrandit longitudinalement d’une manière convenable. On cherche à maintenir écartées les lèvres de la plaie en plaçant entre elles une mèche de charpie, et en faisant fléchir la tête sur la poitrine.
Ce procédé paraît être préférable à l’emploi dutrachéotoine et à l’introduction d'une canule dans la plaie faite au ligament crico-thyroïdien, car la canule du trachéotome détermine une irritation toujours nuisible et souvent intolérable ; souvent elle se bouche , et on peut rarement l’assujettir d’unemanière convenable. Les cas qui nécessitent la trachéotomie sont ordinairement urgents ; on n’a pas un instant à perdre, et on n’a pas toujours un trachéotome sous la main. — Si l’ouverture pratiquée dans le ligament crico- thyroïdien n’était pas suffisante, on l’agrandirait en divisant le cartilage cricoïde. Afin de prévenir l’accumulation des mucosités dans la trachée il faut de temps en temps écarter avec les doigts les lèvres de la plaie, et faire aussitôt tousser le malade. Si on se sert d’une canule , il faut toujours qu’elle soit assez volumineuse.
Afin d’éviter une artère qui quelquefois est assez volumineuse, et qui rampe sur la membrane crico-thyroïdienne, on doit, lorsqu’on est parvenu sur cette membrane, introduire le doigt dans la plaie pour chercher l’artère; et, si on ta rencontre, on la ménage en divisant transversalement au niveau du bord supérieur du cartilage cricoïde.
1575. Si la laryngotomie est pratiquée poui l’extraction d’un corps étranger , il faut mettre à un , de la manière indiquée plus haut (§ 1574), le ligament crico-lhyroïdien, faire cesser tout écoulement de sang, et inciser ce ligament dans toute sa longueur depuis le cartilage thyroïde jusqu’au cartilage cricoïde ; et, si celte ouverture ne suffisait pas pour laisser sortir ou pour extraire le corps étranger , on prolongerait l’incision autant qu’on le jugerait convenabieavec unbislouri boulonné , soit en haut à travers le cartilage thyroïde , soit en bas à travers le cartilage cricoïde et la partie supérieure de la trachée, sur la ligne médiane.
1576. Une fois l’ouverture du larynx achevée, des aides écartent les lèvres de la plaie avec des crochets mousses, el on aperçoit ordinairement le
corps étranger, qui souvent est expulsé par la toux ; si ce moyen ne suffisait pas pour amener son expulsion , il faudrait aller à sa recherche avec précaution, et l’extraire avec une pince courbe , ou , suivant le cas, avec une pince droite. Après que le corps étranger a été relire , on soumet la plaie au traitement que nous avons indiqué § 421.
1577. Lorsque la trachéotomie a simplement pour but l’introduction libre de l’air dans les poumons , on fait, sur la ligne médiane de la trachée, une incision qui, divisant la peau et les muscles, s’étend de la partie inférieure du cartilage cricoïde à la partie supérieure du sternum. Les lèvres de la plaie sont maintenues écartéespar desaides armés de crochets mousses ; le sang est abstergé par des éponges ; le chirurgien divise alors la couche de tissu cellulaire etleréseau vasculaire qui se trouvent au-devant du troisième et du quatrième cerceau de la trachée , qu’il met ainsi à découvert. L’écoulement du sang est arrêté à l aide d’eau froide , ou de la ligature lorsque cela est possible ; l’opérateur refoule de chaque côté les lobes du corps thyroïde qui viennent faire saillie dans la plaie, et divise verticalement deux ou trois cerceaux de la trachée. — Le traitement ultérieur est le même que nous avons indiqué pour l’ouverture du larynx.
Ce que nou9 avons dit plus haut (§ 1574) de l’emploi du trachéotome et de l’introduction d’une canule s’applique également ici. — Wardrop (pag. 49) conseille d’emporter un morceau circulaire des cartilages de la trachée et des parties molles qui les recouvrent pour laisser constamment libre le passage de l’air dans le cas où la canule ne pourrait être supportée.
1578. Lorsque la trachéotomie a pour but l’extraction d’un corps étranger, elle se fait de la manière que nous venons d’indiquer ; seulement l’ouverture de la trachée doit être en rapport avec le volume du corps élranger; quant à son extraction elle se fait delà même manière que dans la laryngotomie.
1579. Si maintenant nous examinons la bronchotomie sous le rapport des trois points différents où elle peut être pratiquée, savoir : à travers le cartilage thyroïde , à travers le cartilage cricolhyroïdien et à travers la trachée elle-même , nous verrons que , si le cartilage thyroïde est ossifié , la section est difficile et même impossible ; que les ligaments de la glotte peuvent être intéressés ; que l’entrée de l’air n’est pas assez libre, lorsque l’opération est faite dans ce point, pour remédier aux inconvénients qui résultent de la tuméfaction et de l’épaississement de la muqueuse du larynx; qu’enfin , pour longtemps el quelquefois pour toujours, la voix est rendue excessivement rauque ;
Que l'incisioh de la trachée depuis le cartilage cricoïde jusqu’au sternum est toujours dangereuse; que la seclion rencontre toujours les anastomoses de l’artère thyroïdienne d’un côté avec celle du côté opposé; que l'on divise le plexus des veines