‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 260 sur 444 · II. Rétention de la bile · texte numérisé non relu

II. Rétention de la bile

Petit , Mémoires de l’Académie de chirurgie , vol. I , pag. 155.

Morand, Même recueil, vol. III.

Bloch , Medicinische Bemerkungen. Berlin, 1774 , vol. IV.

Sébastian, De hydrope vesiculæ felleæ. Heidelb., 1827.

1585. La rétention de la bile et la dilatation de la vésicule du foie, qui en est le résultat lorsque le canal cholédoque est obstrué, surviennent toujours lentement. L’appétit est altéré ; le malade éprouve, au bout d’un temps plus ou moins long, au-dessous des fausses côtes du côté droit, une douleur sourde qui s’étend quelquefois aux régions épigastrique et lombaire. Plus tard , et souvent après la perte de l’appétit, le malade est pris tout àcoupd’un trouble dans les lonctions digeslives, de constipation, de douleur dans 1 hypocondre droit, d’un ictère plus ou moins prononcé, de coliques dont le siège principal est au niveau de l’extrémité de la neuvième côte: ces douleurs sont quelquefois accompagnées de vomissements, de fièvre, etc. Si, pendant ces crises, on examine la partie douloureuse de l’hypochondre droit, on y découvre une tumeur arrondie plus ou moins volumineuse, qui fait saillie au-

dessous du bord antérieur du foie ; en haut elle se confond avec cet organe, et elle est plus ou moins évidente suivant la position du malade ; quelquefois celte tumeur devient plus petite et moins tendue, soit spontanément, soit sous l’influence de la pression qu’on exerce, et alors les accidents disparaissent, et il survient une selle de matières bilieuses. Lorsque la dilatation de la vésicule est considérable, et lorsqu’elle existe depuis longtemps, la tumeur perd sa mobilité; elle contracte des adhérences avec la paroi antérieure de l’abdomen, et dans ce cas, elle parait tout aussi bien dépendre delà paroi abdominale que du foie.

1586. Celle affection ne paraît pas le plus souvent empêcher complètement la bile d’arriver dans le canal intestinal, car le malade a tous les jours des 6ellesd’une couleur naturelle. — La maladie peut se terminer par une fistule biliaire (§ 854); la vésicule distendue par le liquide qu’elle contient contracte des adhérences avec les parois abdominales ; ses membranes s’enflamment , s’ulcèrent, et la bile se fraie un chemin au dehors. La vésicule peut encore contracter des adhérences avec le colon ou toute autre partie de l’intestin où elle se vide ; dans d’autres cas des adhérences ne se sont formées avec aucun organe au moment où la vésicule se rompt, et alors la bile s’épanche dans la cavité du péritoine, où elle détermine des accidents mortels.

J’ai eu occasion d’observer (1) un cas de perforation de la vésicule biliaire dans lequel aucun signe local n’avait pu faire soupçonner la maladie ; à l’autopsie je trouvai libres, dans la cavité du péritoine, un verre de bile et quarante-deux calculs ; il n’y avait aucune trace de péritonite ; la vésicule biliaire était ulcérée dans un point qui correspondait à la fosse cystique , à laquelle elle n’adhérait plus que par un bord ; au centre de cette ulcération était une perforation de quatre lignes de diamètre.

( Note du traducteur).

1587. Pour le traitement de cette maladie il faut dans le principe se borner aux moyens qui peuvent diminuer ou faire cesser l’inflammation ou l’irritation des parties; on doit en même temps chercher, par de légères pressions sur la région du foie, à faire passer dans le duodénum une partie du liquide contenu dans la vésicule. On peut présumer, sans cependant en être jamais sûr , que la vésicule a contracté des adhérences avec les parois de l’abdomen lorsque le malade a souvent eu des accir dents inflammatoires, etque latumeura cessé d’être mobile. Tant qu’on n’est pas sûr que ces adhérences se soient formées il ne faut pas songer à vider la vésicule par une ponction , parce qu’on déterminerait certainement un épanchement qui serait mortel. C’est pour cette raison que nous pensons qu’on ne doit jamaisouvrirla tumeur avant que l’inflammation ne se soit emparée des parois abdominales et

(1) Bulletins de la Société anatomique, n J 15 (3e série), pag. 266. 1836.

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