RÉTENTION D’URINE
peu de temps le maîade acquiert la faculté de l'introduire lui-même. Lorsque la faiblesse de la vessie est très-grande, il arrive souvent que l’urine ne peut sortir par la sonde que sous l’influence d’une pression exercée sur la région hypogastrique. Si on ne connaissait pas celle circonstance , on pourrait être induit en erreur, et croire qu’on n’est pas arrivé dans la vessie ( Oesterlen, pag. 4'20 ). 11 faut avoir recours à la sonde jusqu’à ce que l’urine s’échappe d’elle-même à travers la sonde et entre la sonde et les parois du canal, par un jet fort et continu, ou jusqu’à ce que le malade urine sans sonde, et qu’après avoir uriné il ne reste plus de liquide dans la vessie, ce dont on s’assure par l’introduction de la sonde.
1604. Les moyens propres à remplir la seconde indication sont : des fomentations froides et des applications de même nature sur les régions inguinales et sur le périnée, des injections froides dans le rectum, des frictions stimulantes sur le périnée et sur la région hypogastrique. A l’intérieur on prescrit l’arnica; la poudre de cantharides, à la dose d’un grain par jour, unie au camphre et à la gomme arabique ; ou bien la teinture de cantharides à la dose de 15 ou 20 gouttes dans une émulsion. A ces movens on peut joindre les bains toniques, le galvanisme, l’électricité elles vésicatoires sur le sacrum. — Lorsque le malade est parvenu à retenir ses urines, il doit toujours satisfaire le besoin de les rendre dès qu’il se manifeste,
1605. Lorsque, à la suite de la goutte ou du rhumatisme, il survient subitement une ischurie paralytique, on peut obtenir de bons résultats en employant les bains chauds soufrés, les fomentations aromatiques de vin et de vinaigre, les frictions faites avec l’huile de genièvre surtout à la partie interne des cuisses, les ventouses et de légers purgatifs. L’introduction delà sonde, qui doit être faite toutes les fois que la vessie se distend, est ordinairement difficile, à cause de la contraction spasmodique du col vésical.
1606. Lorsque l’ischurie paralytique existe depuis longtemps, s’il se manifeste des accidents inflammatoires, il faut soumettre le malade à un traitement antiphlogistique qui soit en rapport avec l’intensité du mal ; des saignées locales ou générales, des lavements, des boissons légèrement astringentes, etc. Lorsque la maladie est incurable, comme cela n’a que trop souvent lieu chez les personnes âgées, et qu’elle existe depuis un certain temps, on doitse borner à viderla vessie aussi souvent que cela devient nécessaire.
Il existe une affection qui est jusqu’à un certain point 1 opposé de celle que nous examinons ici : c’est un état morbide caractérisé par une diminution de la cavité vésicale telle qu’elle ne peut plus contenir qu’une très-faible quantité d’urine ; cette maladie est le résultat de la mauvaise habitude qu’ont certaines personnes d’uriner à chaque instant. Une fois l’affection déclarée , les malades éprouvent à chaque minute un besoin douloureux de lâcher leurs urines. On arrive au diagnostic de cette maladie ar la connaissance de son mode de développement et par
l’examen des voies urinaires; la sonde en effet ne rencontre aucun rétrécissement, aucun obstacle dans le calcul, aucun canal ou corps étranger dans la vessie, et le bec de la sonde arrivé dans la cavité de la vessie ne peut y être mu librement parce que les parois de cet organe sont trop rapprochées.
Le traitement de celte affection doit avoir pour but de dilater la vessie jusqu’à ce qu’elle ait acquis sa capacité normale. Pour remplir cette seule indication on engage le malade à retenir plus longtemps ses urines , ou , s’il ne peut le faire , à placer à demeure une sonde qu’on ouvre de temps en temps , et à des intervalles de plus en plus éloignés (1). La sensibilité excessive de la vessie est combattue par la nécessité qu’on lui impose de supporter une irritation plus longtemps prolongée ; de plus la présence de la sonde a pour effet d’augmenter la contractilité du sphincter de la vessie. Lorsque cette sensibilité excessive de la vessie n’est pas due à une affection locale des voies urinaires , elle est le plus souvent le résultat d’un trouble dans les fonctions digestives et d’une vie déréglée : dans ces cas elle réclame l’emploi de légers purgatifs d’abord , plus tard des toniques , des bains tièdes ou des fomentations tièdes sur le périnée, de lavements opiacés, de dérivatifs et d’un régime très-régulier.
1607. L’ischurte inflammatoire se manifeste par des accidents graves et violents. Outre le besoin d'uriner, le malade éprouve une douleur profonde dans la vessie et dans les parties environnantes. Il existe de la fièvre ; la région de la vessie est trèsdouloureuse au toucher, et quelquefois très-rouge.
— L’inflammation peut se propager aux organes voisins; il survient des rapports et des vomissements : si ces accidents existent depuis plus de six jours , le malade est dans le plus grand danger ; la mort peut même être regardée comme inévitable.
— Quelquefois cependant l’affection suit une marche moins aiguë, une sécrétion purulente s’établit, et lamuqueuse vésicale s’épaissit considérablement.
1608. Dans cette espèce de rétention d’urine l’inflammation peut avoir son siège dans tout le canal de l’urètre, dans la prostate, au col de la vessie ou dans la vessie. Les causes qui peuvent la déterminer sont : des chocs extérieurs qui rencontrent le périnée ou la région épigastrique , des calculs vésicaux , une inflammation du rectum qui s’étend à la vessie , des hémorrhoïdes enflammées, des fistules stercorales, etc., une blennorrhagie intense, une affection arthritique ou un exanthème répercutés, un refroidissement, etc.
1609. Dans l’ischurie inflammatoire il faut employer les antiphlogistiques et combattre la cause. Les saignées, les sangsues au périnée , à l’intérieur des boissons mucilagineuses , mais en aussi petite quantité que possible de peur d’augmenter la sécrétion de l’urine : tels sont les moyens à employer; mais, comme l’ischurie inflammatoire est toujours compliquée d’accidents spasmodiques du col de la vessie , il faut aussi avoir recours à des applications chaudes anodynes sur la région épigastri-
(1) W inter , Journal de Graefe et Walther , vol. I, pag. 309.
Hyslop., Médico-chirurgical Transactions, vol. VI
BÉTENÏION D URINE.
que et 6ur le périnée, aux bains chauds, aux fumigations chaudes de camomille, aux frictions émolientes, aux lavements opiacés, etc. Les lavements le tabac sont beaucoup préconisés ; les vésicants lloivent être rejetés ; à l’intérieur on donne avec [avantage l’opium uni au calomel.
1610. Lorqu’il y a une blennorrhagie intense, on
fait en outre des applications émollientes sur toute a verge ; on fait rester le malade couché sur le los, et on soutient les lesticulesavec un suspensoir. S’il y a des hémorrhoïdes enflammées, on applique des sangsues à la marge de l’anus, et on prescrit ja l’intérieur de la crème de tartre unie à la fleur lie soufre.
! 1611. Quoique l'évacuation de l’urine soitiudis-
. pensable, parce que sa présence ne fait qu'augmenter l'inflammation, on ne doit cependant procédera cette opération que lorsque les moyens que nous veinons d’indiquer ont été administrés. L’introduction de la sonde est toujours douloureuse et difûcile. On
( doit se servir de préférence d’une sonde en gomme élastique , et il faut avoir soin de ne pas trop l’enfoncer dans la vessie de peur que son bec n’en [blesse les parois. Lorsque lasonde ne peut pénétrer par aucun moyen, et que l’on crainlla gangrène de la vessie, il faut, sans retard, pratiquer la ponction.
1612. Dans l'ischurie spasmodique le col de la vessie et peut-être aussi l’urètre sont rétrécis en plusieurs points par suite de la contraction des muscles du périnée. Cette affection survient plus «particulièrement chez les sujets très-irritables, hypochondriaques , chez ceux qui sont affectés d’hémorrhoïdes; dans ce derniercas il y a aussi contraction spasmodique des sphincters de l'anus; elle reconnaît pour causes déterminantes un refroidissement, l’abus de boissons alcooliques, la préseuce de vers dans le tube digestif, des efforts trop longtemps prolongés pour retenir les urines, etc. Cette espèce de rétention d'urine a cela de particulier que quelquefois elle disparaît tout à coup complètement pour revenir après un temps plus ou moins long; les signes d’intlammalion manquent; du moins dans le principe il n’y en a pas, mais ils peuvent se déclarer plus tard.
1613. En général on emploie contre celte rétention d’urine les antispasmodiques ; les applications chaudes de camomille , de jusquiame, etc., sur le périnée et la région hypogastrique ; les frictions de laudanum, de teinture de jusquiame, etc.; des lavements de tabac (1), ou de camomille à laquelle on joint de l'opium et de l’assa fœlida, des bains
Ide siège chauds faits avec une décoction de camomille. A l’intérieur on prescrit la poudre de Dover, l’opium dans des mucilagineux, la poudre de lycopode, etc. Suivant la cause déterminante, on prescrit , dans les cas d’hémorrhoïdes, le soufre et la crème de tartre ; dans les refroidissements, les diaphoniques, et surtout le camphre ; s’il y a des vers dans les voies digestives , des vermifuges ;
(1) Earle, Médico-chirurgical Transactions , vol. VI, P*S. 82.
enfin , si le malade a fait abus des boissons alcooliques, la magnésie calcinée unie aux aromatiques, et on fait souvent plonger le gland dans de l’eau froide.
1614. Lorsque, sous l’influence de ce traitement, l’émission de l’urine n’a pas lieu spontanément, il faut avoir recours au cathétérisme ; mais l’introduction de la sonde rencontre de puissants obstacles au col de la vessie, et quelquefois aussi dans le canal de l’urètre. Si des accidents inflammatoires venaient se joindre aux accidents spasmodiques, on combinerait les antiphlogistiques avec les antispasmodiques. Lorsque cette rétention d’urine tient a ce que le malade avait l’habitude de retenir trop longtemps ses urines, les accidents augmentent par l’accumulation du liquide dans la vessie : dans ces cas le traitement doit commencer par le cathétérisme.
1615. La rétention d’urine qui est due à l’obstruction du canal de l’urètre peut être déterminée par la présence d’un calcul qui vient se placer devant son ouverture interne , ou bien qui , s’il est peu volumineux, s’est engagé dans ce canal; elle peut encore être produite par un caillot de sang , ou pardes mucositésépaissies qui ont été entraînées par les urines, ou enfin par des corps étrangers qui, venant du dehors, se sont arrêtés dans l’urèlre. Dans tous ces cas le cours de l’urine peut être complètement intercepté soit par le corps étranger lui-même, soit par l’irritation, la tuméfaction et les contractions spasmodiques qu’occasionne sa présence.
1616. Lorsqu’un calcul s’est engagé dans le col de la vessie , et détermine une rétention d’urine , il faut soumettre le malade au traitement antiphlogistique, le faire coucher sur le dos, le bassin étant élevé ; et, si cela ne suffit pas pour faire changer le calcul de place, on le repousse dans la vessie avec une sonde. Les caillots, mucosités , etc., qui peuvent obstruer l’urètre sont détruits ou poussés dans la vessie à l’aide d’une sonde.
Lorsqu’un petit calcul ou un autre corps étranger est arrêté dans le canal de l’urètre , on doit employer lesantiphlogistiques et les antispasmodiques, et tâcher de l’extraire p’eu à peu , soit avec la pince de Hunier, soit avec celle de Cooper. Après avoir dilaté , avec des bougies ou de l’éponge préparée, la partie de l’urètre qui se trouve en avant de l’obstacle, si on ne peut atteindre le but qu’on se propose , on doit faire une incision au niveau du corps étranger, l’extraire , placer une soude a demeure , et solliciter une réunion par première intention.
La rétention d’urine due à un calcul qui siège à l’orifice interne du canal de l’urètre ou à sa partie membraneuse est probablement plus fréquente qu’on ne le pense généralement ; car son diagnostic est douteux ; le calcul , s’il est petit, n’est pas rencontré par lasonde, et on traite le malade pour une ischurie inflammatoire ou spasmodique. Pour le diagnostic d’une iscliurie calcu/euse il ne faut pas oublier qu’elle peut survenir à la suite d’efforts viplents, et qu’elle peut disparaître à la suite de mouvements brusques. Lorsque ces petits calculs ne peuvent être extraits à cause d’un rétrécissement coexistant ’àu peut employer avec avantage des injections faites avec une
RÉTENTION d'lüINF.
certaine force et des frictions sur le périnée ; mais pour cela il ne faut pas que la vessie soit déjà distendue par une trop grande quantité d’urine , ou que le canal de l’urètre soit trop enflammé.
Schreger , Chirurgische Yersuclie, part. I, pag. 187.
Cloqiiet , Journal de médecine, T. Il , 1818, pag. 19.
1617. Dans la rétention d'urine due àla pression de l'utérus pendant la grossesse ou de tout autre viscère, on ne peut qu’employer le cathétérisme et un traitement palliatif. Dans le premier cas l’ischurie ne peut guérir que par l'accouchement, et, dans le second cas, on doit chercher à guérir les viscères malades, à résoudre les engorgements, ou à faire disparaître les tumeurs qui compriment l’urètre. Quanta la rétention d’urine due aux déplacements de la matrice, voyez le § 1194.
1618. L'ischurie due aux développements d’excroissances au col de la vessie est rare, et le diagnostic toujours incertain. Quelquefois il n’existe qu’une seule excroissance d’un certain volume; d’autres fois il en existe plusieurs. Tantôt ces tumeurs sont pédiculées, et tantôt elles sont assises sur une large base ; le cathétérisme est le seul moyen qu’on puisse employer, et il n’est jamais que palliatif. De semblables excroissances ont été rencontrées pendant l’opération de la taille, et arrachéesavec les tenetles (Desault, pag. 228).
1619. Les tumeurs de la prostate sont de natures très-variées ; elles peuvent s’opposer complètement, ou en partie seulement, à l'excrétion des urines. La tuméfaction de la prostate peut être déterminée par l’inflammation, des varices, des indurations et des calculs.
1620. L’inflammation de la prostate peut être déterminée par une blennorrhagie, un choc extérieur, etc. Son développement est ordinairement rapide. Le malade éprouve un sentiment de chaleur et de pesanteur à l’anus et au périnée , une douleur pulsative au col de la vessie. Cette douleur augmente par la pression sur le périnée, et surtout dans les efforts pour aller àla selle; et c’est un besoin que le malade éprouve à chaque instant ; un doigt introduit dans le rectum sent la prostate tuméfiée; suivant l’intensité de l'inflammation , il survient de la fièvre , etc. Si l’inflammation de la prostate ne se résout pas, elle passeà l'étal de suppuration. Dans ce dernier cas, lorsque les accidents inflammatoires durent depuis plus de huit jours, le malade éprouve une douleur pulsative, de la fièvre le soir, des frissons, et les accidents de la rétention d’urine, qui avaient diminué, reparaissent avec nne nouvelle intensité. La suppuration paraît s’établir rarement dans le parenchyme même de la glande ; elle a surtout son siège dans le tissu cellulaire qui unit les différents lobes de l’organe ; quelquefois il se forme plusieurs foyers , et alors la maladie est très-grave; plusieurs abcès s’ouvrent dans le canal de l’urètre, d’autres se fout jour au périnée ; il se fait une résorption purulente ; des trajets fistuleux s’établissent, et le malade est épuisé par l’abondance de la suppuration,
1621. Le traitement qu’on doit employer contre
la rétention d’urine due à l’inflammation de la prostate est le même que celui indiqué contre l’ischurie inflammatoire (§ 1609) : des saignées , des saugsuesà la margede l’anus, dès bains, des cataplasmes sur le périnée , des lavements émollients, etc. Si Je cours de l’urine ne peut être rétabli par ce moyen, on pratique le cathétérisme , ce qui ne se fait pas sans difficultés et sans douleurs , à cause du changement de direction imprimé au canal par la glande tuméfiée : aussi doit-on choisir toujours une sonde à bec très-long et dont la courbure soit plus prononcée. — Si déjà un abcès s’est formé dans la prostate, l’introduction de la sonde est le seul moyen qu’on puisse employer ; quelquefois l’abcès s'ouvre spontanément , et le pus s’écoule avec l’urine ; mais, si l’abcès est ouvert par le beo de la sonde, le cathétérisme doit être pratiqué avec beaucoup de précaution de peur de faire une fausse route. La sonde devra rester à demeure jusqu’à ce qu’on ne rencontre plus de pus dans l’urine (et qu'il n’en sorte plus entre la sonde et les parois du canal). Desaplt (pag. 285) conseille les injections d’eau d’orge.
1622. La tuméfaction de la prostate due à une dilatation de ses vaisseaux survient ordinairement avec lenteur chez les individus âgés qui ont eu des hémorrhoïdes ou des engorgements abdominaux; comme cause de celte tuméfaction on reconnaît encore une vie déréglée, des blennorrhagies fréquentes, une vie sédentaire, l'usage habituel d’une nourriture trop substantielle, l'abus des boissons alcooliques , des efforts violents et trop répétés pour aller à la selle ou pour rendre les urines, L’émission des urines devient plus difficile à la suite des mouvements violents , ou après l’action d’une des causes sus-indiquées. Le doigt introduit dans le rectum sent la prostate tuméfiée ; elle n’est le siège d’aucune douleur ; et , lorsque de l'urine s’échappe par le canal, le malade n’éprouve aucune souffrance. Cet état variqueux a pour siège principal les environs de la prostate; la substance même de la glande est ordinairement intacte, quelquefois plus molle et plus spongieuse que dans l'état normal, d’autres fois au contraire plus dure et plus tendue.
1623. Si on connaît la véritable cause de celle affection, c’est elle que le traitement doit d’abord attaquer. En général on retire de bons effets d'émissions sanguines au périnée , de lavements d'eau froide, ou faits avec une décoction de chêne et d’alun, le cathétérisme offre toujours de grandes difficultés, et doit toujours être fait avec les précautions indiquées § 1621 ; il n’est pas rare que le bec de la sonde déchire un vaisseau variqueux , ce qui donne lieu à une hémorrhagie considérable. — II est indispensable de laisser une sonde à demeure afin que, par sa pression, elle fasse diminuer les vaisseaux dilatés , et que, par l’irritation qu’elle détermine , elle puisse ranimer l’activité contractile des tissus : le traitement est toujours long; on ne doit espérer aucune amélioration avant sept pu huit semaines,
EÉTENTIOîI DCRINK.
162Î. L'indnration est l'altération qui affecte le plus souvent la prosiale ; elle est la suite d’une inflammation chronique , et survient ordinairement après la quarantième année (avant cette époque c’est le canal lui-même qui est le plus souvent malade) ; elle attaque plus particulièrement les individus scrofuleux; ceux qui, peudapt leurjeunesse, ont été atteints du mal vénérien ; à la suite de la répercussion d’un exanthème , de la goutte, etc. La maladie se développe toujours lentement; l’émission del’urine est difficile, etquelquefois complètement impossible. La liqueur prostatique devient assez souvent très-abondante et très-visqueuse. Le canal ; de l’urètre change de direction suivant que lo ! lobe moyen , le lobe droit ou le lobe gauche delà glande est affecté. L’examen par le rectum fait reconnaître la tuméfaction et l’induration de l’organe; Il le malade a de la peine à aller à la selle , rend une i certaine quantité de matières comme muqueuses ,
Iet , quand il a fini , il éprouve , dans la région de l’anus , un sentiment particulier qui lui fait croire qu’il n’a pas achevé. Presque tous les accidents qui accompagnent le rétrécissement de l’urètre (§ 1493) se rencontre souvent dans l’engorgement de la prostate,
Vi-C,-, Jnv/'e. ! - . ; ■
Sous le rapport du diagnostic que l’on peut tirer de l’inspection des matières entraînées par les urines, nous ferons remarquer qu’un dépôt muqueux, épais, puriforme , laissé par l’urine, et flottant au fond du rase, indique une inflammation catarrhale de la muqueuse vésicale; qu’un dépôt muqueux, visqueux, élastique comme l'albumine, et adhérent au fond du vase, appartient aux maladies de la * prostate; qu’un dépôt puriforme formé dans l’urine d’un individu dont la prostate est petite, ramollie, aplatie , indique la destruction de cette glande par la suppuration ; mais que ce dépôt, s’il se forme la prostate étant saine, provient vraisemblablement des reins. (Lallemand, pag. 152).
I La mucosité qui vient de la prostate n’est pas ammoniacale; celle qui vient de la vessie est rarement abondante sans contenir quelques parties terreuses.
1625. Le pronostic de cette affection est toujours défavorable; seulement, à son début, on peut espérer d’arrêter sa marche et de faire résoudre l’induration. Les sondes à demeure peuvent, dans quelquesc.as fort heureux, diminuerle mal, et, dans tous les cas, elles le rendent supportable. Au commencement de la maladie il fautl'allaquerparlesantiphlogistiques; plus lard on placera des vésicatoires sur Je périnée ou bien on y passera un séton ; on fera des frictions spirilueuses camphrées ou mercurielles; on placera des suppositoires de ciguë et d’opium. A l’intérieur on prescrira la ciguë , le mercure, une décoction de daphné mezereum, etc., et surtout on insistera sur l’ammoniaque à doses progressives (1). Si l’induration reconnaît une cause spécifique, il faudra l’attaquer par un traitement approprié. Pour l’introduction du cathéter on
(1) Fischer , Rusl’s Magazin , vol. XI, pag. 284. Cramer , Hufeland's Journal , décemb. 1824 , pag. 35.
se conformera aux préceptes établis § 1621 . Quand on se sert de cathéters élastiques, il arrive quelquefois que , lorsqu’on retire le mandrin , ils ne conservent plus une courbure convenable, etl’urine s’écoule avec peine. Dans ces cas on emploie avec avantage les sondes élastiques courbes.
Consultez :
E . Home, Pract. Observations on the diseases of prostat gland, vol. I, Lond. 1811 ; — vol. II, 1818.
1626. Lorsque, dans les rétrécissements de l’urètre , il survient une rétention complète d’urine par suite d’abus de boissons alcooliques ou de tout autre excès , ou même par suite des progrès de la maladie , le traitement le plus convenable consiste dans l’introduction d’une bougie en cire dont l’extrémité est très-fine ; dès qu’elle est engagée dans l’obstacle, on ne cherche pas à la faire pénétrer de force , mais on la laisse à demeure jusqu’au moment où le besoin d’uriner se fait sentir ; onia retire alors, et on voit ordinairement s’échapper un léger filet d'urine. Immédiatement après on réintroduit la bougie , qui le plus souvent pénètre plus avant. Dès que l’envie d’uriner se manifeste , on se conduit comme ci-dessus. Pendant ce temps on emploie, suivant les circonstances, une saignée , des sangsues au périnée ou à l’anus , des bains, des lavements émollients et opiacés, etc. Lorsque la bougie a été introduite plusieurs fois , on peut ordinairement faire pénétrer un petit eathéler. Lorsque , par ce moyen , les dangers do la rétention d’urine sont éloignés , on traite lo rétrécissement d’après les principes établis plus, haut.
Amussat (1) recommande les injections forcées contre la rétention d'urine due à un rétrécissement : le malade étant convenablement assis, et soutenu en travers de son lit, Amussat introduit dans l’urètre jusqu’au rétrécissement, une sonde en gomme élastique , ouverte à ses deux extrémités. Dans celte sonde est porté le sypbon trèsdélié d’une bouteille en caoutchouc remplie d’eau tiède; et, la verge étant serrée sur la sonde avec une main, pendant que , de l’autre , on presse la bouteille élastique , le liquide pénètre dans l’urètre. Mais, ne pouvant en sortir à cause de la pression exercée par la main gauche , il agit sur l’ouverture du rétrécissement, qu’il désobstrue, en repoussant le bouchon des mucosités qui s’y trouvent; et, si l’on engage le malade à faire des efforts pour uriner, à mesure que l’eau agit, il est rare qu’il n’éprouve du soulagement. L’obstacle étant déplacé , l’urine coule goutte à goutte , et forme graduellement un petit jet. — Si cet effet n’avait pas lieu d’abord, ou si la sortie du liquide était de nouveau suspendue , l’injection serait reprise , et réitérée aussi souvent qu’on le jugerait convenable.
Lallemand et Bégin (2) pensent qu’on ne saurait mé-
(1) Archives générales de médecine, oct. 1825, pag. 294.
Magendie , Journal de physiologie, avril 1826 ,
pag. 97.
Amussat, Lithotripsie, etc. Paris, 1832.
(2) Dict.de médecine et de chirurgie pratiques, t.XIV, pag. 344,