‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 27 sur 444 · DE L'ANTHRAX · texte numérisé non relu

DE L'ANTHRAX

109. L’anlhrax de bonne nature se déclare souvent sans cause connue chez des personnes parfaitement bien portantes ; fréquemment chez les sujets pauvres ; chez ceux qui habitent des lieux malsains, qui font usage de mauvais alimens, qui sont affaiblis par quelque maladie antérieure , et qui sont soumis à une affection du tube digestif. Dans le plus grand nombre des cas l’anthrax est la suite de la métastase d’un produit délétère. Il n’épargne aucun âge, aucun sexe, et se rencontre souvent au printemps, mais plus fréquemment au milieu des chaleurs de l’été. Le développement de l’anthrax malin n’est subordonné à aucune période de la fièvre qui le précède.

110. Les dangers du charbon dépendent de son volume, de son siège , de sa multiplicité , de la constitution du sujet, et de la nature de l’affection générale qui lui est concomitante.

1 1 1. Le traitement interne de l’anthrax de bonne nature doit être subordonné au caractère de la fièvre et aux causes qui l’ont déterminée. Rarement on a besoin d’avoir recours à des antiphlogistiques énergiques; de légers sudorifiques, des purgatifs , les acides minéraux étendus doivent être préférés. Lorsque les forces du malade s’affaiblissent , ce qui arrive toujours lorsque la gangrène se déclare , il convient d’avoir recours aux toniques.

112. Le traitement local consiste dans une incision cruciale faite sur la tumeur ; et, dès son début,

elle a pour but de lever l’étranglement du tissu cellulaire ; des applications irritantes doivent être faites sur la plaie; il faut avoir grand soin d’enlever les lambeaux de tissu cellulaire qui se détachent, et s’efforcer d’obtenir une suppuration de bonne nature. Lorsque déjà il s’est formé des eschares , il convient de faire immédiatement de profondes incisions , ou d’agrandir les ouvertures qui pourraient s’être formées , d’enlever les eschares , soit avec le cautère actuel, ou tout autre caustique, afin de donner issue au pus qui se serait amassé au-dessous, et prévenir parla l’influence délélère qu’il pourrait exercer sur l’économie. Le reste du traitement est conforme à celui que nous avons prescrit contre la gangrène. — On a tort de prétendre que les cataplasmes émolliens seuls sont nuisibles , et favorisent les progrès du mal : des expériences nombreuses m’ont démontré que, lorsque l’anthrax a été suffisamment ouvert, l’emploi continu des cataplasmes émolliens amène une prompte guérison. C’est aussi le traitement qu’a constamment employé Dcpüyïren.

113. Dans l’anthrax malin il faut, avant tout, combattre la fièvre qui y est jointe; il faut aussi employer des cataplasmes irritans; et , si la tumeur ne s’élève pas, il faut avoir recours au cautère actuel, à la potasse caustique, etc. Du reste le traitement est le même que celui indiqué plus haut.

DE L’iNFEAMMATION

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