I. INFLAMMATION DES AMYGDALES
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114. L’inflammation d’une amygdale ou des deux à la fois (angina tonsillaris ) empêche, lorsqu’elle est unie à un gonflement considérable, la déglutition et la respiration. Les malades parlent du nez , et éprouvent une gène considérable de l’amas des mucosités dans l’arrière-bouche. Assez souvent des bourdonnemens et des douleurs d’oreilles se font sentir par suite de l’occlusion des trompes d’Eustachi. Au-dessous de la mâchoire on sent les amygdales gonflées, et on les aperçoit aisément au fond de la gorge lorsque , ayant fait ouvrir la bouche au malade , on déprime la langue. Souvent leur
gonflement est tel qu’il ferme complètement l’entrée du pharynx et du larynx. Suivant le degré de l’inflammation , un mouvement fébrile plus ou moins inlense se manifeste.
115. Cette inflammation se déclare le plus souvent, à la suite d’une vive irritation de la gorge, chez les individus faibles peu accoutumés à un air vif; elle peut aussi être déterminée par l’inflammation qui, d’un organe voisin, s’étend aux amygdales, par la syphilis, les exanthèmes cutanés, etc.
116. Dans le plus grand nombre des cas cette angine se termine par la résolution , assez souvent aussi par la suppuration; mais celle dernière terminaison est plus rarement le résultat de l’intensité de la maladie que d’une tendance particulière qu’ont, chez certains individus, les inflammations delà gorge à passer à l’état de suppuration, ce qui surtout arrive lorsqu’une inflammation de celte partie s’est déjà une fois terminée par suppuration. On doit s’attendre à celte terminaison lorsque l’angine dure depuis plusieurs jours avec une égale intensité, que le sentiment de pesanteur qu’elle détermine dans la gorge devient plus grand , et qu’il s’amasse, dans cette partie, une quantité plus considérable de mucosités. La terminaison par induration ne survient jamais à la suite d’une inflammation vive, et qui parcourt rapidement ces diverses périodes, mais seulement dans celles qui marchent lentement, et qui se reproduisent souvent; et alors c’est plutôt un développement du parenchyme de la glande qu’une véritable induration qui survient. La gangrène de l’amygdale est toujours déterminée par une fièvre de mauvaise nature; et cette terminaison est extrêmement funeste.
117. Le traitement varie suivant l’intensité de l’inflammation et de la fièvre qui s’y joint. Dans les inflammations légères les sudorifiques , le sureau, le tilleul, la liqueur de Minderf.r, etc., suffisent. Si l’inflammation est plus vive, les saignées, les sangsues, le nitre dans des émulsions, le mercure, etc., doivent être mis en usage. Des gargarismes ou des injections de liquides émoiliens doivent encore être employés ; ces dernières doivent être préférées comme enlevant plus aisément et sans danger les mucosités qui s’amassent au niveau des organes enflammés ; on peut aussi les remplacer par de la vapeur chaude et émolliente que l’on fait inspirer au malade.
118. Lorsque les amygdales sont très-gonflées, on peut avoir recours à des scarifications , qu’on pratique soit avèc une lancette faite exprès , ou avec un bistouri dont la lame est enveloppée d’un linge à peu de distance de sa pointe , ou enfin avec le pharyngolome. — Pour cette opération on fait asseoir le malade de manière à ce que la lumière