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DE L’HYDROCÈLE

1750. Le traitement consécutif est basé sur le degré de l'inflammation qui se manifeste : si elle n’est pas trop intense , on la laisse marcher; dans le cas contraire on la modère par des applications émollientes et par des antiphlogistiques, ou en enlevant la charpie qui se trouve dans la tunique vaginale. — Le troisième ou quatrième jour on renouvelle l’appareil; mais on n’enlève la compresse qui contient la charpie qu’à l’époque où elle est totalement imbibée de pus. L’espace qui sépare le testicule de la tunique vaginale sera de nouveau rempli de charpie; seulement on en diminuera la quantité à mesure que cet espace deviendra moindre. S’il survient de la suppuration, il faut prévenir toute espèce de foyer; s’il se déclarait une hémorrhagie , il faudrait la combattre par la ligature ou, suivant les circonstances, par des applications d’eau froide.

1751. Lorsque, par l’opération seulement, on reconnaît que le testicule est complètement dégénéré , il faut , sans désemparer , procéder à son extirpation. Si on trouve , à la surface du testicule, des hydatides, on les soulève avec une pince, et on les enlève avec les ciseaux de Ccoper.

1752. L 'injection se fait de la manière suivante : on fait d’abord une ponction avec le trocart ( comme il est dit § 1742 ) ; le liquide écoulé, on examine si le testicule n’a subi aucune dégénérescence (1); on fait verser dans une seringue le liquide de l’injection ( une partie de vin rouge et deux parties d’eau ) modérément chaud ; l’extrémité de la canule de la seringue étant insinuée dans- la canule du trocart, un aide pousse l’injection pendant que le chirurgien fixe lui-même cette dernière canule. On doit injecter assez de liquide pour donner à toute la tumeur le volume quelle avait avant la ponction , ou mieux un volume un peu moindre. — [ Ensuite on relire la canule de la seringue avec précauliou , de peur d’entraîner la canule du trocart avec elle , et de la faire sortir hors de la tunique vaginale. ] — Le chirurgien place le doigt sur le pavilltin du trocart de manière à retenir le liquide dans la tumeur pendaut cinq minutes environ. La sensibilité du malade doit servir de mesure pour la quantité de l’injection, et pour le temps pendant lequel le liquide restera dans la tunique vaginale. Chez les personnes irritables , ou lorsque l’injection détermine de vives douleurs , on ne laissera le liquide séjourner que deux minutes ou deux minutes et demie. Chez les sujets peu irritables, lorsque l’hydrocèle est ancienne, ou que la tunique vaginale est épaissie , on injectera du vin pur, le liquide séjournera plus longtemps, et on renouvellera l’injection plusieurs

(1) Dupuylren a souvent appelé l’attention sur les engorgemens du testicule qui compliquent une hydrocèle, et qui souvent même en sont la cause. 11 pense que , lorsque cet engorgement a peu de volume, qu’il u’est pas dur et bosselé , on a des raisons de croire qu’il est dû à une Inflammation chronique , et dans ces cas l'inflammation aiguë qui est la suite de l'opération de l'hydrocèle en amène le plus souvent la résolution. ( Note du traducteur.)

fois, jusqu’à ce que l’on pensera que l’inflammation qui doit survenir sera assez vive. [ Düpdytren recommande de procéder de la manière suivante : dans une pinte de gros vin rouge faites bouillir deux onces de roses de Provins, dont vous augmenterez la force , suivant les individus , par l’addition de quelques cuilierées d’eau-de-vie camphrée, et faites successivement trois injections, de trois minutes de durée chacune. ]

Lorsque le liquide de l’injeclion a séjourné assez longtemps, on le laisse s’écouler au dehors en totalité, ou on l’aspire avec la seringue afin de n’en point laisser dans la tunique vaginale. Dès que le stylet du trocart est retiré , il faut avoir grand soin de porter la canule plus avant, de la maintenir fixement enfoncée, et même de tenir avec les doigts le scrotum et la tunique vaginale contre la canule, parce que ces parties glissent facilement sur l’instrument : sans ces précautions on courrait le risque de faire l’injeclion dans le tissu cellulaire. [ Lorsqu’une injection ne suffit pas , il faut encore s'assurer , avant d’en faire une nouvelle , que l’extrémité de la canule n’a pas abandonné la cavité de la tunique vaginale. Si 'es mouvements latéraux imprimés au pavillon sont exécutés librement par l’extrémité opposée, on peut injecter sans crainte; s’il en est autrement, il est probable que la canule se trouve placée dans le tissu cellulaire, et il faut s’abstenir de faire\ l’injection tant qu’elle n’est pas replacée convenablement. ]

1753. L’opération terminée, on applique un morceau de diachylon sur le point de la ponction , et on place un suspensoir. Le lendemain déjà il s’est ordinairement manifesté-de la rougeur, de la douleur et de la tuméfaction. On se borne à faire des applications tièdes , et on laisse marcher l’inflammation , pourvu toutefois qu’elle ne soit pas trop intense ; car , dans ce cas , il faudrait avoir recours aux antiphlogistiques.

1754. Chez les individus d’une grande sensibilité il suffira d’injections très-peu irritantes, telles que l’injection de la sérosité qu’on vient de retirer : une insufflation d’air doit se faire par la canule du trocart , de manière à ce que la tunique vaginale ait acquis le degré de distension qu’elle avait avant l’opération. L’air ainsi insufflé doit rester dans la séreuse environ douze minutes , après quoi on le laisse s’échapper pour renouveler l’insuffla lion ; on place une petite mèche dans la plaie faite par le trocart afin de recommencer l’insufflation , et de faire une injection s’il ne se développait pas un degré suffisant d’inflammation (1).

On a varié beaucoup sur la nature du liquide à injecter dans la tunique vaginale : nous ne ferons qu’indiquer en peu de mots quelles sont les substances qui , à diverses époques, ont été proposées:

Celse (2) employait une solution de nitrate de potasse;

(1) Schreger’s Chirurglsehe Versuehe. Nuremberg, 1 81 1 ,

part. I, pag. 132.

(2) Liv. VII, pag. 313 , T. Il . trad. de N.mein.

DE L’HÏDROCELE.

Lembert , de l'eau de chaux chargée île sublimé corrosif; F.arle (1), le vin de Porto coupé avec une décoction de roses ; Juncker , le vin de Médoc, auquel ilajoutait de l'eau ; I.erret (2), une solution de potasse caustique, de sulfate de zinc ; Boyer (3) , le vin rouge , soit simple , soit avec un peu d’alcool , ou dans lequel on avait fait bouillir des roses de Provins; Pupuylren (4) , le vin de Roussillon, dans lequel on faisait aussi bouillir des roses de Provins, et auquel il ajoutait un peu d’eau-de-vie camphrée. C'est cette dernière injection qui a prévalu aujourd’hui, Velpeau (5) a fait depuis peu l’essai de l’iode ( un à deux gros de teinture par once d'eau) ; il cite trente-huit cas : dans lous il y a eu guérison. 11 trouve â cette préparation les avantages suivans : on n’est pas obligé de remplir en entier la tunique vaginale , pourvu que toute sa surface soit mise en cantactavec le liquide ; on n’a besoin ni de réchaud , ni d’aucuns préparatifs; son infiltration ne semble pas exposer aux inflammations gangréneuses comme celle du vin ; les malades souffrent très-peu ; ils peuvent, dès le lendemain de l'opération , se lever et marcher sans de graves inconvéniens. — Si ces avantages sont constans , et si la guérison était plus prompte et tout aussi solide que par les injections vineuses, comme le croit Velpeau , il est incontestable que ce procédé devrait avoir et obtiendrait la préférence ; le temps seul peut faire sanctionner ou rejeter cette méthode.

{Note du traducteur.)

1755. Pour passer un séton on fait la ponction comme dans le cas précédent ; dans la canule du trocart on porte une seconde canule plus longue (jue la première , et on l’enfonce jusqu'à ce qu’on la sente, à travers les légumens, à la partie supérieure et antérieure du scrotum. ' Dans celte dernière canule on passe une sonde poinlue munie, à sa partie poslérieure, d'une ouverture dans laquelle on a engagé plusieurs fils de soie. On plonge la pointe de celte sonde à travers la peau du scrotum , ou la relire par l’ouverture qu’elle vient de faire , et, avec elle , on entraîne les fils de soie ; on retire les canules ; les extrémités du séton sont nouées lâchement entre elles ; les deux ou vertnres faites au scrotum sont recouvertes d’un morceau de diachylun , et on applique un suspensoir. L’in- Üammalion et la suppuration qui doivent survenir seront surveillées tomme dans l’opération précédente. Vers le douzième ou quinzième jour on attire , à chaque pansement , un morceau du séton jusqu’à ce qu’enfin on le retire tout-à-fait.

Holbrook (6) évacue le liquide d’après la méthode ordinaire ; puis , soulevant avec deux doigts le scrotum et la tunique vaginale , il en forme un pli qu’il traverse de haut en bas avec une aiguille ordinaire, cl passe un fll simple ou double , qu’il retire le troisième jour.

Onsenoort ( 7) porte , de haut en bas ou de bas en haut , à l’aide d une aiguille courbe supportée par un manche, une ligature â travers le tiers moyen de la tumeur. Lorsque

(1) On the bydrocel. , Lond. , 1791 .

(2) Bertrandi , Mém. de l’Acad. , T. III.

(3) Maladies chirurg. , T. x , pag. 1 73.

(4) Leçons orales, T. IV, pag. 461.

(6) Dict. déjà cité, pag 480,

(6) Obs. on hydrocele , etc. London , 1825.

(7) Journal de Graefee t iValther , vol. xtll, pag. 626,

tout le liquide est sorti , la ligature est nouée , fortement serrée ; deux fois par jour on la serre davantage. Vers lo quatrième ou le cinquième jour la section de toute la partie comprise dans la ligature est complète; la plaie est pansée tout simplement jusqu’à sa cicatrisation. — Lorsque la tumeur est très-volumineuse , Omenoort enfonce l’aiguille à la partie moyenne de la tumeur; la fait sortir à la partie supérieure; dégage une des extrémiiés de la ligature ; désenfile l’aiguille , et l’enfile avec l’extrémité de la ligature qui se trouve dans la première piqûre; enfonce l’aiguille par ce même point, et la fait sortir â la partie inférieure de la tumeur ; cela fait, on a un bout de fit à la partie supérieure de la tumeur , un autre â la partie inférieure , et , par l’ouverture moyenne , on a une anse que l’on coupe en deux parties, et on noue chacune d’elles avec l’extrémité de fll qui lui correspond: ce qui fait deux ligatures, que l’on serre comme dans le cas précédent,

1756. Le procédé de la tente consiste à faire une ponction à la tumeur, et à porter dans la tunique vaginale une tente de charpie ou une sonde de façon à enflammer ces parties.

1757. Les caustiques ( potasse caustique délayée dans de l’eau ) s’appliquent à la manière ordinaire sur la partie antérieure de la tumeur ; on les laisse appliqués sept à huit heures. Lorsque l’eschare est tombée , ou plonge une lancelie sur le lieu quelle occupait , et on panse simplement avec un plumasseau.

D’après Hesselbach (1) , on place un morceau de diachylon fenestré sur la tumeur; dans son ouverture on applique une couche de potasse caustique en poudre ; par-dessus , un petit plumasseau, un morceau de diai-hylon et une compresse; on maintient le tout A l’aide d’un suspensoir. Au bout de huit heures on enlève le tout ; on lave la tumeur ; on pause avec un onguent digestif. A la chute de l’eschare la tunique vaginale , qui est A nu , forme , à travers la solution de continuité , une saillie conique , que l’on coupe avec des ciseaux , et le liquide s’écoule. Tcus les jours on lave la partie avec de l’eau simple ou avec une infusion de camomille, et on panse avec de la charpie sèche, A chaque pansement il se détache des lambeaux de la tunique vaginale ; la solution de continuilé se ferme peu A peu , la suppuration cesse, et la plaie se cicatrise.

[D’autres, tels que Paul-d’Eij'ne (2) , Guy-de-Chauliac (3), Salicet (4), Thevcnin (5), Severin (6), Dionis (7), ont employé le cautère actuel (8). Suivant Bertrandi, le moxa aurait aussi , dans certains cas , eu de bons résultats.]

(J Vote du traducteur.)

1758. Pour faire l 'excision de la tunique vaginale ou pratique une incision , à travers les enveloppes du testicule , jusque dans la cavité de la sé-

(1) Jabrbiieher der philos, méd. Gesellschaft zti Wtirzb. , vol. I , cah. 1 .

(2) Pelil-Radel, Encyclopédie méthod. , part, chirurg., T. I , pag. 666.

(3) Grande chirurg. , édit, de Rouen , pag. 197.

(4) Premier traité , chap. U.

(5) OEuvres compl. , pag. 53.

(6) Exopyrie, ch. l.XXVI, Méd. effic., part. II, chap. XIV.

(7) Opérât, pag. 370.

(8) Velpeau , loco citato , pag. 464.

DE L’iIYDROCÈLE.

reuse ; on attire cette dernière au dehors à l’aide des doigts , on l’excise dans toute son étendue , et on panse comme dans l'opération par incision.

Textor ( I ) cherche à obtenir la guérison par première intention (à l’exemple de Douglas.? , 1755) ; Balling (2), qui vante beaucoup l’excision , en circonscrit , par une incision, elliptique , une étendue de quelques pouces , et l'enlève; puis il fait des applications froides jusqu’à ce que toute exsudation lymphatique ait cessé , et réunit exactement avec des bandelettes de diachylon.

[ Boyer (3) recommande de faire une incision sur toute la longueur de l’hydrocèle , puis de disséquer la tunique vaginale, aussi loin que possible, du côté du testicule, avant de donner issue au liquide ; d’ouvrir ensuite le kyste , et d’en exciser les lambeaux. Dupuytren trouve plus simple d’embrasser en dessous toute la tumeur avec la main gauche afin d’en distendre, autant que possible la paroi antérieure ; d’inciser , comme Douylass ou comme Boyer , suivant les circonstances , et d'énucléer , en quelque sorte , la tunique ■vaginale en la repoussant d’arrière en avant ; d’ouvrir le kyste , et de l’exciser.] ( Noie du traducteur.)

Les médications générales et les topiques ont été employés contre l’hydrocèle , et tous les moyens mis en usage , ayant obtenu des succès, ont trouvé des prôneurs : c’est ainsi que l’on a employé certains cataplasmes, certaines lotions: la teinture de scille et de digitale (4), etc. ; les sangsues et les dérivatifs (5) ; les vésicatoires sur la tumeur (6) ; une solution de muriate d’ammoniaque dans l’alcool ou le vinaigre scillitique (7 ) ; les cataplasmes astringens et les frictions mercurielles (8) ; mais , aihsi que le fait remarquer Velpeau (loco citalo) , ccs succès exceptionnels ne se rencontrent guère que dans l’hydrocèle peu ancienne, peu volumineuse, et qui est due à une cause externe , ou à une irritation dont on peut détruire le principe.

( Note du traducteur.)

1759. Pour pouvoir apprécier les avanlages et les inconvéniens de ces diverses méthodes nous ferons remarquer qu’on devrait éviter d’irriter le testicule avec la même énergie que la luuique vaginale ; que , par l’incision,, on évite plus sûrement les accidens primitifs , l’on peut traiter en même temps une hernie s’il en existe, et amener un degré d’inflammation suffisant pour opérer la cure radicale. L’hémorrhagie qui peut survenir pendant cette opération est facilement arrêtée ; les accidents formidables qui ont été signalés sont le plus souvent dus à ce que l’opération a été mal faite; dans le plus grand nombre des cas il suffit , pour amener une inflammation convenable , de placer entre les lèvres de la plaie une bandelette de linge à demi effilée. — Les injections agissent d’une manière incertaine ; on ne peut pas juger d avance quel est le degré d’inflammasion que pourra supporter l’individu ; elles agissent avec la même

(1) nouveau Chiron , voi. I , cah. III , pag 416.

(2) Heidelberg klinische Annale , vol, VII, pag. 130.

(3) Maladies chirurg. , T. X, pag. 209.

(4) Coudray , Bulletin de thérapeutique, T. XII, pag. 79.

(5) Le sueur , 1829, thèses de Paris , n° 58.

(6) Dupuytren , Leçons orales, T. IV, pas. 461.

(?) Graefe , Archlv. gén. de méd. , T. XVIII . pag. 207.

Keate ( Sprcngel , T. vu, pag. 206). 1788.

(8) Velpeau t Dlcl. en XXV, T. XV, pag. 463.

énergie sur le testicule que sur la tunique pariétale; lorsqu’une partie de l injeclion s’infiltre dans le tissu cellulaire, ce que l’on ne peut pas toujours éviter, quelque soin que l’on prenne, il survient des accidens terribles; lorsque le testicule est malade , ce qu’on ne peut pas toujours savoir d’avance, les injections sont nécessairement nuisibles : si, dans quelques cas, ce procédé procure une guérison plus rapide , et ne nécessite pas un repos au lit aussi prolongé, il est vrai de dire que souvenl aussi la guérison se fait attendre plus longtemps encore. — Les mêmes objections peuvent être faites à l’emploi du séton et des tentes; de plus la guérison radicale est moins sûre par ces procédés. — Outre que l’action des caustiques est très-incertaine, elle est plus lente et plus douloureuse. — L’incision est donc le procédé le plus sûr. L’excision de la tunique vaginale ne doit être faite que dans les cas où cette membrane est ossifiée ou profondément dégénérée.

Voyez à ce sujet :

Klein , Heidelb. klinische Annale, vol. II, cah. I.pag. 109.

Spangenberg , Journal de Graefe et IValther , vol. IX, cah. I.

1760. L’hydrocèle congénitale consiste dans une accumulation de sérosité dans la cavité du canal de la tunique vaginale, lequel est resté ouvert dans toute sa longueur ou seulement dans quelques-unes de ses parties. Nous diviserons cette hydrocèle en quatre espèces , suivant le siège qu’elle occupera : 1° le canal de la tunique vaginale peut être ouvert dans toute son étendue , et être rempli de liquide ; 2° ce canal est fermé audessus du testicule , et ouvert seulement à sa partie supérieure ; 3° la partie supérieure est oblitérée , et le liquide s’est amassé à la partie inférieure de la tunique vaginale du testicule; 4° enfin le canal s’est oblitéré à sa partie supérieure et à sa partie inférieure ; en sorte que la sérosité s’est rassemblée à sa partie moyenne.

1761. Lorsque tout le canal de la tunique vaginale est resté ouvert dans toute sa longueur , et que du liquide s'amasse dans son intérieur , il forme une tumeur qui s’étend de l’anneau inguinal au testicule. Cet organe ne peut être reconnu , ou du moins il ne l’est que très-difficilement , parce qu’il est de toute part environné de liquide; le cordon des vaisseaux spermatiques au contraire est facile à trouver : il est situé le long de la face postérieure de la tumeur ; le plus souvent cependant un peu en dehors. La facilité avec laquelle le liquide peut rentrer dans l’abdomen et. en sortir de nouveau explique la diminution ou la disparition complète de la tumeur lorsque le malade reste longtemps couché , ou qu’il presse sur elle , et sa réapparition dès qu’il se lève, tousse, fait un effort, etc. Cette diminution ou celle disparition de la tumeur n’a pas lieu dans tous les cas avec la même facilité : lorsque , par exemple , la partie supérieure du canal est déjà un peu rétrécie, il

DE l’hïDROCELE.

faut une certaine pression de bas en haut sur la tumeur pour la faire diminuer; dans d’autres cas il faut , pour obienir ce résultat , porler la tumeur un peu en dedans afinque son axe soit parallèle avec celui du canal inguinal; dans ces cas le liquide ne rentre que lentement dans l'abdomen , et en sort avec la même lenteur. Dans cette affection la guérison par les seuls efforts de la nature 11'est pas rare; si elle persiste au delà du premier mois après la naissance , elle augmente ordinairement, et acquiert, au bout d’un temps plus ou moins court, un volume considérable. La fin de la première période de la vie, la troisième et la septième année, ainsi que la puberté, paraissent avoir une grande influence soit sur le développement , soit sur la disparition du mal.

A celle espèce d'hydrocèle répond exactement l'hydrocèle congénitale chez ta femme, formée par du liquide qui s’est accumulé dans l'appendice péritonéal qui environne le ligament rond ; cellç tumeur, qui s’étend du canal inguinal jusqu’à la partie supérieure de la grande lèvre , est tantôt réductible et tantôt irréductible.

Sacchi , Annali universali di medicina, mars 1831.

1762. Celte hydrocèle peut exister déjà chez le fœtus , et prendre du développement après la naissance ; elle peut aussi se former quelque temps après la naissance, car le canal de la tunique vaginale reste souvent ouvert un certain temps. Si ce canal est resté ouvert, et s’il ne s’est amassé aucune sérosité, cela prouve non-seulement qu’il ne passe de l’abdomen dans la tunique vaginale aucun liquide , mais encore qu’il existe une harmonie parfaite entre la sécrétion et l’absorption. Cette affection est très commune; mais dans beaucoup de cas elle reste inaperçue , soit à cause de sou peu de volume et du décubilus constant des enfants, soit parce qu’elle guérit souvent d’ellemême. 11 n’est pas rare de voir qu’elle est compliquée d’une hernie de l’intestin onde l’épiploon.

1763. Le traitement consiste à faire disparaître le liquide, et à amener l’oblitération du canal vaginal par l’adhérence de ses parois. — Yiguerin obtenait ce double résullat en refoulant le liquide dans le ventre, et appliquant un bandage herniaire. — Desault (1), après avoir refoulé les viscères qui quelquefois font hernie , et avoir iermé exactement, par la compression , l’ouverture du canal , faisait une ponction , évacuait le liquide , et faisait une injection de vin rouge. Tout le scrotum était enveloppé de compresses trempées dans le vin rouge, et on appliquait un bandage.

1764. Le traitement de l’hydrocèle congénilale par les injections est daus beaucoup de cas celui qui réussit le mieux ; cependant il ne faut pas oublier qu’il doit être considéré comme un moyen toujours violent chez les enfants, et qu’il peut occasionner des accidents inflammatoires très-

(l) OEuvres posthumes , vol, il.

graves. Le procédé de Viguerin doit donc être toujours préféré , et il amènera peut-être encore plus sûrement la guérison si on a soin que la compression soit constante, qu’elle porte exactement sur la partie supérieure du canal , que le malade porte toujours un suspensoir humecté par un mélange d'alcool , de vinaigre et d’ammoniaque , ou par tout autre liquide astringent.

1765. Lorsque le canal de la tur.ique vaginale est oblitéré seulement au-dessus du testicule, et qu’il est resté ouvert depuis cet endroit jusque dans la cavité abdominale , le liquide, amassé dans toule celte étendue , forme une tumeur vésiculaire qui s’étend jusque dans le canal inguinal ; le liquide peut être refoulé , mais lentement, dans l’abdomen. Le traitement est le même que dans le cas précédent.

1766. Si l’onverlure abdominale du canal de la tunique vaginale est seule oblitérée, le liquide s accumule dans lout le reste de la séreuse , et il est tout-à-fait impossible de le refouler dans l’abdomen,

1767. Si le canal de la tunique vaginale s'oblitère en haut et en bas, le liquide amassé est comme renfermé dans un kyste. La tumeur est oblongue ; son extrémité supérieure est la plus mince, et s’élève jusqu'à l'anneau inguinal ; son extrémité inférieure, qui est plus large, descend jusqu’au testicule. Peudant le décubilus dorsal prolongé la tumeur devient moins tendue, et pendant la station elle est plus dure et plus élastique. Si on la comprime, elle diminue un peu, mais reprend bien vile son volume normal. Le cordon des vaisseaux spermatiques est situé en bas et en arrière.

1768. Le traitement de ces deux dernières variétés de l’hydrocèle ne réclame , dans le plus grand nombre des cas, que l’emploi des résolutifs ; chez les enfants ils réussissent presque toujours. Parmi cej résolutifs nous comptons surtout : les frictions mercurielles ou spirilueuses ; la vapeur de vinaigre ; les fumigations de mastic , de sucre ; les applications d’alcool, de vin rouge, d’une solation d’ammoniaque et de vinaigre , d’alun dissous dans l’eau , avec addition d’ammoniaque étendu ; les emplâtres résolutifs , etc. Si ces moyens sont insuffisans, le liquide sera évacué par une ponction, et , si on veut obtenir la cure radicale , on fera une injeclion ou une insufflatior* d'air. — Dans l'hydrocèle enkystée des enfans il suffit ordinairement de faire une ponction avec la lancette; chez les adultes, au contraire, il faut quelquefois mettre le kyste à nu par une incision , et l’enlever avec les ciseaux de Cooper.

Sur L'hydrocèle congénilale consultez :

Schreger , Chirurgische Versunhe , vol. I, pag. 1.

Wall , de diversâ hydroc, congeniiæ naturâ. Berlin, 1820.

1769. Lorsqu’une hernie existe avec une hydrocèle, c'est-à-dire lorsque le sac d’une hernie congénitale ou d’une hernie acquise forme le kyste commun au liquide accumulé et aux viscères dé-

CE L’HYDROCELE.

placés, l’hydrocèle survient ordinairement après la hernie, et rarement avant. Dans le plus grand nombre des cas de hernie compliquée d’hydrocèle il y a des adhérences , et la sécrétion anormale du liquide n’est que le résultat de l’inflammation qui lésa déterminées. Cette inflammation peut être due à la pression d'un bandage appliqué mal à propos, à un refroidissement, à une violence extérieure , elc. ; souvent enfin , à la suite de l’étranglement d’une hernie, il se forme très-rapidement un amas de liquide.

1770. Les symptômes déterminés par une hernie compliquée d’hydrocèle varient beaucoup , suivant le volume de la première de ces affections.

1° Si les viscères herniés obturent exactement la partie supérieure du sac , et s’il s'accumule de la sérosité , la forme de la tumeur est primitivement conique , et sa base dirigée vers l’anneau ‘inguinal : c'est ce qui arrive dans les cas où une hernie inguinale succèdeà une hydrocèle congénitale, où une hydrocèle succède à une hernie congénitale aussi; dans les cas enfin pù une hydrocèle survient à la suite d’adhérences de l’épiploon ou d’un intestin hernié. A mesure que l’hydrocèle augmente, la partie supérieure de la tumeur diminue de volume. Si la hernie ou l’hydrocèle est congénitale, la tumeur descend jusqu'au fond de la tunique, et le testicule, étant de toute part enveloppé par le liquide , ne peut être reconnu , ou ne peut l’être qu’imparfaitement. Dans les cas contraires la tumeur est limitée au niveau du testicule, qui alors est situé à la partie inférieure et postérieure.

2° Si les viscères herniés remplissent tout le sac, et si le liquide épanché se répand à leur surface ou pénètre entre leurs circonvolutions, la tumeur se développe davantage dans le sens de sa largeur , et affecte le plus souvent une forme ovale : c’est ce qu’on voit dans les cas d'hydrocèle compliquant une hernie mobile qui prend parfois un grand volume, ou une hernie ancienne qui a contracté des adhérences à la partie inférieure du sac.

3° Dans une hernie congénitale , lorsque la partie supérieure du canal est étroite et peu extensible, le liquide peut remplir toule la tunique vaginale et le canal du cordon; dans ces cas il n’y a souvent qu’une très-petite portion d’intestin ou d’épiploon de déplacée , et complètement entouré^ de liquide.

4° Enfin , lorsqu’une petite hernie survient après une hydrocèle , elle peut s’arrêter dans le canal inguinal , entre son ouverture abdominale et les piliers du canal , sans pouvoir dépasser ces limites à cause du peu de dilatation du canal.

1771. Le diagnostic de ces différentes formes de hernies compliquées d’hydrocèle peut, dans quelques cas , offrir de grandes difficultés ; cependant il peut être facilité par les considérations suivantes : dans le premier cas ( § 1770 ) la partiesupérieure de la tumeur est dure , rénitente , élastique , si elle est formée par une anse intestinale ; pâteuse, si elle contient de l’épiploon; la partie

inférieure qui contient la sérosité est élastique , plus dépressible, quelquefois parfaitement fluctuante. Lorsque la hernie est réductible, et qu’on l’a fait rentrer , le sac herniaire reste encore plein à sa partie inférieure , mais la tumeur ne peut plus être confondue avec une hernie, parce qu’elle ne communique plus avec l’anneau inguinal; lorsqu'on la soulève, le liquide passe dans l’abdomen , mais retombe bientôt après : lorsque la hernie est ancienne et irréductible , un examen attentif peut faire reconnaîlre la présence des viscères , et faire découvrir que la tumeur n’augmente pas par l’issue d’une nouvelle portion d’intestin. — Dans le second cas la tumeur ne présente pas l’élasticité pure qui est propre aux hernies intestinales; elle n’est pas non plus uniformément distendue comme daDS l’hydrocèle; à l’endroit où sont "les intestins elle est plus rénitente qu’ailleurs ; la fluctuation est limitée, elle est presque inappréciable dans certains points. Un fait particulier aux deux cas précédents , lorsque le collet du sac n’est pas complètement obture par la hernie , c’est que , dans la supination prolongée , le volume de la tumeur diminue par le passage d’une partie du liquide dans l’abdomen , et qu’elle augmente de nouveau pendant la station, parce que le liquide redescend alors dans le sac. — Dans le troisième et le quatrième cas l’histoire de la maladie , et une certaine tension du canal inguinal immédiatement au-dessus de l’anneau externe, peuvent aider le diagnostic , ainsi que la rentrée, quoique difficile , du liquide dans l’abdomen, et sa sortie spontanée lorsque l’on cesse les tentatives de réduction.

1772. Le traitement de l’hydrocèle compliquée de hernie varie suivant que cette dernière est réductible ou irréductible.

1773. Lorsque la hernie est réductible , il faut faire à travers la peau une incision d’un demipouce , ou faire rentrer les viscères, soulever le sac avec une pince, y pratiquer une incision avec des ciseaux, introduire la caDule à injection , et pousser le liquide en maintenant le canal fermé par une pression convenable ; une inflammation adhésive survient, et une légère compression favorise les adhérences entre les surfaces du sac. Lorsque la réduction est faite , le même résultat peut être obtenu par l’incision ou par des bourdonnets. Il faut toujours avoir soin de laisser un bandage herniaire appliqué jusqu’à ce que les adhérences du sac soient complètes ; il serait mémo bon que le malade ne le quittât jamais.

Desau/t (1) retire d’abord le liquide par line ponction faite avec le trocart , fait Ja réduction tout eu laissant la canule en place , et Tait ensuite les injections de vin rouge.

1774. Lorsque la hernie est irréductible , et que les adhérences sont solides détendues , le traitement de l’hydrocèle n’est que palliatif si la hernie

(1) OEnvrcs chirurgicales publiées par Bichat . 1801. T. II, pas. 440.

DES CALCULS URINAIRES

est intestinale ; on fait une petite incision et une ponction pour évacuer le liquide, ou bien on ouvre largement le sac, comme dans l'opération de la hernie étranglée, et on place un suspensolr. La cure radicale est plus facile dans la hernie épiploïque, parce que ce viscère peut, sans autant de dangers , être exposé à une inflammation adhésive. Si les adhérences sont peu considérables , ce dont on peut juger par la possibilité de réduire la majeure partie de la hernie, il faut ouvrir le sac comme dans le traitement de l’hjdrocèle par incision , détruire les adhérences , exercer le taxis, et mettre de la charpie dans le sac afin d’en déterminer l'oblitération par une inflammation suffisante.

Voyez Schreger , loco cilato , pag. 80.

1775. L’hydrocèle de la tunique vaginale commune ( du cordon ) peut être constituée par un engorgement œdémateux du tissu cellulaire qui enveloppe le cordon, par l’accumulation du liquide dans une ou plusieurs cellules du cordon , ou par des hydalides (1).

1776. Dans l’hydrocèle œdémateuse , ou par infiltration , la tumeur qui est répandue le long du cordon n’occasionne dans le principeaucune gêne ; le scrotum n’a subi aucune modification ; seulement, lorsque ses plis se sont effacés, il paraît plus volumineux d’un côté que de l'autre. Le testicule, situé au-dessous de l’engorgement, est dans son état normal. La tumeur est plus large en bas qu en haut , et semble diminuer sous une pression modérée et continue ; mais elle reprend bien vite son volume dès qu’on cesse la compression , que le malade se tienne debout ou couché. Lorsqu’il se manifeste de la fluctuation , elle n’est apparente qu à la base de la tumeur, parce que le liquide prend celle direction par son propre poids, que quelques cellules se déchirent, et qu’il se forme une véritable cavité : aussi la ponction ne donne issue à une certaine quantité de liquide que lorsqu elle est pratiquée en bas. Si on comprime la base de la tumeur , le liquide se porte rapidement à la partie supérieure, qui se distend. Si l’engorgement a lieu dans le canal inguinal , on voit quïl est distendu; lorsqu'il a pris un certain degré de développement, le malade éprouve souvent un sentiment de pesanteur et de tiraillement dans la légion lombaire. — Cette affection peut être confondue avec un varicocèle ou avec une hernie épiploïque ; ce qui surtout peut la faire distinguer de «elle dernière affection, c’est que, dans l’hydrocele , la tumeur est moins consistante et plus régulière [ que le varicocèle augmente de volume par la pression sur l’anneau inguinal ] , et que dans la hernie la base est ordinairement moins large que le sommet.

(1) Larrey , Mémoires de chirurgie militaire, vol. III , P»g. 419.

Scarpa , Traité des hernies, traduit par Capot , 1812', pag. 84.

1777. Tant que la tumeur par infiltration du ■ cordon est petite, on se borne à l’emploi d’un suspensoir; mais, dès qu’il survient des accidens, on fait une incision dans la tumeur , en ayant soin d’éviter les vaisseaux du cordon ; on place de la charpie dans la plaie, et on la laisse se cicatriser par granulations.

1778. L’hydrocèle enkystée a ordinairement son siège à la partie moyenne du cordon. La tumeur qu’elle forme est si tendue qu’on ne peut y sentir aucune fluctuation; elle est circonscrite, indolente, transparente; elle ne diminue de volume par aucune pression ; lorsqu’elle est située près de l’anneau inguinal , on peut souvent l’engager en partie dans le canal ; la position du cordon des vaisseaux et du testicule est très-facile à trouver ; lorsque la tumeur s’est développée trèsprès du testicule , ce dernier est situé en arrière. Cette espèce d’hydrocèle est plus fréquente chez les enfants et les jeunes gens que chez les adultes. Il est très-probable qu’elle se forme dans le tissu cellulaire , vestige du canal des vaisseaux , qui a complètement disparu en haut et en bas ( § 1767. )

Fronep , Chirurgtsche Kupfertafcln , planches Cil , CIII.

1779. Chez les enfans cette hydrocèle est le plus sou vent guérie par les moyens indiqués § 1768. Elle est plus rebelle chez les adultes. Lorsqu’elle réclame une opération, on met, à l’aide d’une incision , le kyste à nu , et l’on en enlève avec les ciseaux autant qu’on peut sans intéresser le cor don. On place de la charpie dans la plaie ; la suppuration détruit le reste du kyste , et la cicatrice s’obtient par granulations.

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