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I. Les dissolvant

1819. Les dissolvans (remedia lithontriptica) , qui autrefois étaient extrêmement nombreux, mais que les médecins employaient sans aucun discernement, ne pouvaient recevoir une bonne et salutaire application que par suite des progrès de la chimie, qui, faisant connaître les éleraens constitQansdu calcul , indiquaient à côté les moyens de les détruire. Nous renvoyons à ce que nous avons dit plus haut (§ 1809—181 1) sur le traitement de

DES CALCULS URINAIRES

la gravelle ; nous nous bornons ici à rappeler , d’une manière générale, que les calculs formés d’acide urique doivent être attaqués par des alcalins, et ceux composés de phosphates doivent l’être par les acides combinés avec un régime convenable.

L’action de ces moyens a été trop vantée par quelques praticiens, et trop rabaissée par d'autres. — Si nous ne pouvons espérer de dissoudre complètement, par leur usage, des calculs volumineux, du moins nous pouvons arrêter leur développement, et diminuer les accidens que détermine leur présence. Nous pensons qu’on peut retirer quelque avantage de leur emploi dans les cas où une opération est formellement contre-indiquée, dans les cas aussi où, après une opération , on veut combattre la diathèse calculeuse existante.

Chevallier (l) a fait de nombreuses recherches sur les lilhontripliques ; il ne s’est pas borné à raisonner sur les faits , mais il a expérimenté lui-même. l es résultats qu’il a obtenus, et sur lesquels il a appelé l’attention de tous les praticiens , sont que :

1° L’action des substances qui peuvent réagir sur la gravelle et sur les pierres de la vessie n’ont pas été le sujet d’applications assez nombreuses , et il importe défaire de nouvelles recherches qui, d’après les faits consignes dans la science, peuvent fournir des résultats de la plus haute importance ;

2° L’eau simple , prise en grande quantité par les premières voies , ou bien par injections , jouit d’une action dissolvante suffisamment constatée;

3° Pn grand nombre d’eaux minérales peuvent être considérées comme étant convenables pour combattre les affections calcuiouses; mais il faut regarder l’action de ces eaux sur les calculs comme pouvant être expliquée , pour les unes , par la grande quantité de liquide dont le malade fait lisage; pour les autres, par la réaction des principes qu’elles contiennent sur la gravelle et les calculs ;

4° La chaux, en solution dans l’eau , peut être employée avec avantage ‘

6° L’action efficace du remède de MHC Stephens parait démontrée par un grand nombre d’observations ; son action doit être assimilée à celle qu’on a reconnue à la chaux et aux sels alcalins ;

6° Les expériences de Home et Brandi semblent démontrer le bon effet de la magnésie , qui peut être prise sous toutes les formes, deouis 10 grains jusqu’à 1 once et plus, en vingt-quatre heures ;

7° L'action des acides étendus d’eau parait être démontrée ; mais celle médication , qui ne peul avoir de bons résultats qu’entre les mains des praticiens habiles et pru-. dens, mérite un examen d’autant plus attenlif que les acides doivent jouer un grand rôle dans îles moyens de combattre certaines espèces de calculs ;

8° L’action de la potasse et de la soude pure , dissoutes dans l’eau est depuis longtemps démontrée ; mais la causticité de ces oxydes alcalins doit leur faire préférer les carbonates, et surtout les bicarbonates alcalins;

9° On ne peut pas douter des résultats qu’on est en droit d’oblenir de l’emploi des carbonates de potasse ;

10° les succès répétés obtenus avec le bicarbonate de soude démontrent qu’on doit placer ce sel en première ligne parmi ceux qui doivent être employés pour combattre l’affection qui nous occupe ;

(1 ) Essai sur la dissolution de la gravelle, 1827, pag. -3.

11° Les eaux de Vichy paraissent le moyen le plus efficace , sans que le malade soit incommodé de leur us3ge ;

12» L’eau de Vichy , qui , étant prise en boissons et en bains, donne lien à des résultats qui ont été regardés comme inexplicables en raison de la promptitude avec laquelle on les obtient , donnera sans doute des résultats plus prompts encore lorsqu’à l’eau prise en boissons et en bains, on joindra les injections avec la sonde à double courant ;

13° L’eau de Vichy est un médicament qui se trouve dans les conditions demandées par Fourcroy (1) , et, malgré la quantité de sel alcalin qu’elle contient, elle peut cependant être facilement supportée par la bouche, et même être prisa en très-grande quantité ;

14° Bien que la rapidité du passage des boissons de l'estomac dans la vessie soit très-grande, la voie des injections parait devoir être la meilleure ;

15° Il est probable que l’eau de Vichy doit être utile, même après des opérations , puisque son usage peut s’opposer efficacement à la lithogénèse.

[Note du traducteur empruntée à. Chevallier.')

Sur l'emploi de l’eau pure ,

Litlre, Mémoires de l’Académie des sciences, année 1720, pag. 436.

Sur l’emploi du remède de Stephens ,

Morand , Mémoires de l’Académie des sciences , 1740.

Baumé , Elémens de pharmacie , pag. 290.

Sur l’emptoi de l’eau de chaux ,

Whill , Essay on the virtues of lime in the cure of stboue. Edimb. , 1755.

Burlet , Recueil de l’Académie des sciences pour 1700.

Ségatas , Essai sur la gravelle , pag. 59.

Laugier , Mémoires de l’Académie de médecine , T. I , pag. 405.

Sur l’emploi de la magnésie ,

Brande , Philosophical Transactions, 1810, pag. 136.

Hoffmann , Journal de Hufeland , août 1819.

Sur l’emploi du carbonate de soude ,

Mascagni , Memoria délia Sozieta italiana, 1804, vol. XI, n° 34.

Lorsque, sous l’influence des alcalins, les accidens que déterminait un calcul diminuent, on ne dois pas, d'après Howship , en conclure que le corps étranger est dissous. Les alcalins ont la propriété de relâcher les fibres de la vessie , et la pierre s’enfonce par son propre poids à travers la membrane muqueuse, où elle se creuse un kyste. Plus lard , si l’aclion des alcalins sur l'estomac nécessite l’emploi des Ioniques, l’activité musculaire de la vessie se relève, et la pierre se trouve bientôt complètement enebatonnée.

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