‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 288 sur 444 · C. Méthode par écrasement direct · texte numérisé non relu

C. Méthode par écrasement direct

1833. Celte méthode est celle qui compte le moins de procédés; mais c’est elle aussi qui parait obtenir les plus beaux et les plus prompts résultats. Dans l’exposé de cette méthode il est une remarque curieuse pour l’histoire de l’esprit humain. La lithotripsie , une fois inventée, a éprouvé un moment d’arrêt, parce qu’on ne savait comment faire pénétrer un instrument droit à travers le canal courbe de l’urèthre. A r, iussat vient montrer que les instrumens droits pénètrent parfaitement

8° Procédé de Benvënuti.

Dans le procédé de Benvenuti l’instrument litholriteur est disposé de telle sorie que la paroi supérieure de la canule se recourbe légèrement en haut à son extrémité vésicale, et que les trois branches du litholabe, venant s'appliquer contre cette partie recourbée, donnent à l'instrument une forme plus favorable à son introduction dans la vessie. Celle courbure des branches du litholabe disparaît lorqu’on les déploie, et un perforateur droit peut facilement aller attaquer le calcul qu’elles ont saisi.

On voit que, quelle que soit la pince dont on se sert, ou peut faire agir un des perforateurs quelconques dont nous avons parlé. Outre le foret simple de Civiale, les perforateurs divisés ou fenestrés de Leroy, nous en trouvons encore plusieurs autres : telle est la fraise fendue de Civiale , dans laquelle une barre transversale vient se placer, par l’action d’une vis , entre les deux divisions latérales ; le foret incliné de Pecchioli , les forets à double écartement d’AMcssAT, Greiling et Coarrière ; enfin plusieurs autres dont nous ne nous occuperons pas ici. Nous ferons remarquer que les perforateurs articulés, malgré tout le soin apporté à leur construction , sont moins solides que les simples; que les calculs volumineux et à peu près sphériques sont les seuls contre lesquels on puisse aisément les employer; qu’ils sont exposés à se briser soit contre la substance même du calcul , soit en allant heurter, après avoir perforé quelque point de sa circonférence, contre les branches du litholabe. Il est important que la tête de ces forets fasse corps avec ).a lige qui la su| porte; car nous connaissons des cas dans lesquels la tête s’est dévissée , et d’autres dans lesquels , étant mal soudée , elle s’est détachée , et est restée dans la vessie jusqu’au moment ou on a été assez heureux pour pouvoir la saisir et la retirer avec le Iroisbranches.

DE LA LITHOTRIPSIE,

bien dans la vessie; et, dès que ce fait est bien établi , on abandonne les inslrumens droits pour en inventer d^ courbes. Parmi les procédés appartenons à cette méthode , un seul s’exécute avec un instrument droit, c’est celui d’AsicssAT; les deux autres emploient des instrumens courbes , et ce sont ces deux qui sont appelés à remplacer tous les autres.

1° Procédé d’Aiuussat.

(Mai 1822.)

L’instrument dont il est ici question (voyez fig. 6) se compose d'une canule d’acier très-solide,

/ large de quatre lignes, longue de quatorze pouces, recevant, dans sa cavité, deux tiges d'acie’r, terminées, du côté de la vessie, par une extrémité aplatie , convexe en dehors, creusée en dedans par de profondes cannelures , et portées à s’écarter par leur élasticité lorsqu’on les pousse hors de la canule qui les rassemblait. Au dehors ces liges offrent, à leurs extrémités, deux mortaises, et, à leur surface externe, des crans destinés à recevoir des cliquets fixés aux parties latérales de la canule commune. Une lige d’acier, libre, carrée, propre à être introduite dans les mortaises, et une autre tige devant être placée entre les parties extérieures des branches afin de les maintenir écartées, complètent cet appareil. — Introduit dans la vessie, on pousse en avant les branches mobiles, qui s’écartent, et laissent entre elles un intervalle assez grand pour recevoir le calcul ; lorsqu’il est saisi , on retire les branches dans la canule ; on le fixe en laissant tomber les cliquets sur les branches; on passe ensuite la tige d'acier dans les mortaises, et on place entre les branches la barre d’acier qui doit les tenir écartées. En rentrant par gradation dans la canule les branches serrent de plus près, par leur extrémité vésicale, le calcul saisi, et finissent par l’écraser entre elles.

Sir Henry (1830), modifiant cet instrument, en fit un trois-branches dont chaque partie, étant plus forte , paraissait jouir d’une puissance telle qu’il semblait que peu de calculs dussent résister; cependant l'instrument se brisa dans l’essai que l’inventeur en fit à I llôtel-Dieu.

Six ans plus lard , Heurtelotjp , apportant plusieurs modifications au brise-pierre d’AsiussAT, fit construire son brise-coque (voyez fig. 7).

Le brise-pierre était d’un volume énorme j il fut réduit : la disposition des mors, formés de deux arêtes en regard , s’opposait à ce que les pierres pussent être saisies ; la forme en fut changée ; on donna aux branches , parle moyen de deux mamelons, plus d’écartement quelles n’en avaient: la disposition du levier fut aussi changée, et l’encliquetage, qui fut renfermé dans une enveloppe métallique , servit de poignée. Malgré ces modifications importantes , cet instrument offre de grands

inconvéniens : ses mouvemens, ne s’exécutant que par un frottement considérable , n’ont pas assez de liberté, et le chirurgien n’est pas suffisamment averti de la présence du corps étranger entre les mors de ia pince, et la longueur des branches peut faire craindre une rupture. Cependant, à l’époque où il parut, cet instrument était un progrès; car son action sur les petites pierres et les fragmens est beaucoup plus rapide que celle de la pince à trois-branches.

2° Procédé de Jacobson.

Son instrument (voyez fig. 8), employé souvent avec succès , représente une sonde courbe du volume, de la forme et de la longueur des algalies ordinaires. 11 se compose d’une canule extérieure a en argent, et d’une tige en acier dont la canule enveloppe les deux tiers. La lige est divisée, dans toute sa longueur, en deux branches b et c c c, qui s’unissent entre elles, à leur extrémité * vésicale , par une charnière à goupille qui forme le bec de la sonde. Celle b de ces deux branches qui forme la concavité de la sonde est formée d’une seule pièce , et s’étend jusqu’à l’extrémité extérieure f de la canule, sur laquelle elle se fixe en formant un renflement. L’autre branche c c c, qui forme la convexité de la sonde , est divisée , à son extrémité vésicale , en deux pièces mobiles articulées ensemble à l’aide de fortes goupilles. Arrivée dans la canule, cette branche se compose d’une tige droite, mais , au lieu de se terminer, comme l’autre branche, à sa sortie de la canule, par un renflement, elle se prolonge au delà, sous forme d’unxylindre taraudé e, en un pas de vis simple pourvu d’un écrou d. Toute la partie de celte tige qui sort de la canule présente une échelle graduée. Lorsqu’on introduit celte sonde dans la vessie, on exerce une légère pression sur l’écrou vissé à l’extrémité de la longue branche qui glisse dans la canule ; son extrémité se déploie dans la vessie en formant , à l’aide de ses articulations, une espèce d'anneau dans lequel la pierre s’engage au moyen de quelques mouvemens latéraux. On s’assure qu’elle est engagée en diminuant l'étendue du cercle par quelques mouvemens de l’écrou. Si elle est saisie, il suffit, pour l’écraser, quelque dure qu’elle soit , de continuer à faire mouvoir l’écrou de gauche à droite jusqu’à ce qu’il ait parcouru toute la longueur du pas de vis. — Afin de rendre les angles de cet instrument moins saillans , et de lui permettre de saisir des calculs plus volumineux , Depeytren (1831) a augmenté les brisures, et cette modification n’a affaibli eu rien l’instrument.

3° Procédé de Heerteloep.

Son instrument ( percuteur ) (voyez fig. 9) , qui est de la plus grande simplicité , ressemble au

Page 1