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V. Calculs dans le canal de l’ur'ethre

1915. Les calculs qui, venant de la vessie, arrivent dans le canal de l’urèthre, de même que les corps étrangers introduits du dehors dans ce canal, peuvent s'arrêter à des hauteurs variées, mettre un obstacle plus ou moins grand à l'écoulement de l’urine, ou même l’empêcher complètement, déterminer l’inflammation de l’urèthre, et quelquefois de toute la verge, des ulcérations, la gangrène du canal, des infiltrations d’urine, des fistules, etc. ; et ces accidens seront d'autant plus fréquens cl [dus graves que le calcul ou le corps étranger sera plus irrégulier, plus anguleux.

1916. Lorsqu’un calcul est arrêté au col de la vessie, ü ne détermrneraque les accidens ordinaires dos calculs vésicaux, pourvu qu’il soit petit; mais, s’il est volumineux, il y aura rétention plus ou moins complète d’urine ; et, s’il est anguleux et situé au col de la vessie, il pourra y avoir incontinence. Ordinairement le malade éprouve une douleur poignante, un sentiment de douleur et de pression au périnée et au rectum, et une démangeaison brûlante le long de l’urèthre , et surtout au gland. Si le calcul est un peu volumineux, le doigt introduit dans le rectum pourra reconnaître sa présence ; mais les signes les plus positifs seront fournis par la sonde, qui sera arrêtée par le corps étranger, ou qui frottera contre lui en pénétrant dans la vessie.

Il est assez facile. , comme nous l'avons vu plus haut (S 1 817), de déterminer la grosseur d'un calcul qui est libre dans la vessie; mais il est à peu près impossible, dans la grande majorité des cas, d’apprécier son volume quand il est engagé dans le canal : la sâude , à mesure qu’on la pousse dans la vessie, frotte conu e lui , el ce frottement détermine toujours la meme sensation , soit qu’on imprime à l’instrument des mouvemensde rotation ou des motivemens d’avant en arrière, et ne peut par conséquent fournir aucune donnée sur le volume que l'on cherche ; mais en revanche ee frottement continu est un indice certain que le calcul est dans i’urèthre , car nous avons vu plus haut avec quelle facilité la sonde pouvait abandonner un calcul qui est dans la vessie. (Note du traducteur.)

1917. Lorsqu’il est impossible de saisir la pierre, et de l’extraire avec un des instrumeus indiqués § 1837 (que l’ou introduit après une dilatation

DE LA CYSTOTOMIE.

préalable du canal, et dont on favorise l’action par un ou deux doigts introduits dans le rectum), il faut chercher à l’extraire à l’aide d’une incision. — Si un cathéter cannelé peut passer entre le calcul et le canal , et arriver dans la vessie, on agit comme dans la taille latérale : une incision est faite à travers la partie membraneuse et une partie du col; on s’assure, avec le doigt introduit dans la plaie, de la position et du volume du calcul ; et, si cela est nécessaire, on agrandit la plaie. On retire le cathéter; un doigt introduit dans le rectum repousse le calcul en avant, et l’empêche de rentrer dans la vessie, et on en fait l'extraction avec les teneltes ou une curette. — Si on ne peut introduire le cathéter dans la vessie, on le porte dans le canal jusque sur le calcul; on ouvre la partie membraneuse, et on tâche de pénétrer dans la ves ie avec une sonde cannelée, qui sert à diviser le col dans une étendue convenable. Si celle sonde ne peut arriver jusque dans la vessie, on refoule la pierre à l’aide du doigt introduit dans le ' rectum, et on incise sur elle comme dans la taille par le petit appareil. — La pierre étant retirée , on introduit dans la vessie un doigt ou un explorateur afin de s’assurer s’il n'existe aucun autre calcul dans cet organe.

Lorsqu’un calcul est engagé dans te col de ta vessie , et que la sonde exploratrice le refoule dans la cavité de cet organe, il faut agir comme dans les cas de calculs peu volumineux (§ 1820). ”

1918. Si la pierre est arrêtée dans la partie membraneuse de l’urèthre, l’élasticité de cette région lui permet de prendre un plus grand développement; sa présence détermine facilement une ulcération et une perforation qui reste fistuleuse. Lorsque les bains, la dilatation graduée, une pression modérée, ne peuvent permetlre son extraction, et que l'usage des instrumens appropriés reste sans résultat , on pratique une incision oblique du raphé vers la tubérosité de l'ischion, pendant qu’un doigt dans le reclum ou dans son voisinage refoule le corps étranger en avant. Le calcul élant retiré, on place une sonde élastique volumineuse à demeure, et on réunit la plaie avec du diachylon.

1919. Un calcul engagé dans la partie spongieuse du canal peut ordinairement être extrait par la pression d’arrière en avant, avec des pinces ou une anse de fil métallique dont l’action est préparée par des bains émolliens et la dilatation. Mais, si, par ces moyens, on ne pouvait atteindre le but qu’on se propose, et si les accidens devenaient menaçans, on fixerait le calcul entre les doigts de la main gauche , on inciserait sur lui, et on le relirerail. — S’il y a longtemps que le calcul est arrêté au même point, les parois de l’urèthre qui lui correspondent sont très-dildtées ou altérées, et il survient une fistule quiest incurable. — Lorsque l’on est obligé de faire porter l’incision dans le voisinage du scrotum, on a à craindre des infiltrations nrineuses : aussi il faut avoir bien soin de ne pas

trop tendre la peau, de faire l’Incision très-en arrière , et de procurer à l’urine une issue facile et permanente à l’aide d’une sonde à demeure.

1920. Enfin, dans les cas où le calcul est arrêlé dans la fosse naviculaire, et où il ne peut être retiré à cause de l’étroitesse du méat urinaire, on incise ce dernier dans une étendue convenable et dans la direction du frein.

Dans quelques cas, très-rares, on a vu le canal de l’urèthre tellement rempli de calculs dans toute son étendue que le stylet ie plus fin ne pouvait y pénétrer. Il faut alors faire, en plusieurs points du canal de l’urèthre, des incisions convenables, extraire les calculs, et pratiquer eu outre la cystotomie dans les cas où il y aurait aussi un calcul vésical.

Klein , Neu Chiron , vol. I, pag 78.

YI. Calculs situés hors des voies urinaires.

1921. Les calculs qui se rencontrent hors des voies urinaires, dans le tissu cellulaire voisin, dans le scrotum, sont des calculs qui, engagés d’abord dans le canal de l’urèthre, ont ulcéré ses parois, se sont frayé une route dans le tissu cellulaire, où ils ont acquis du volume par suitede la déposition successive de différens sels ; d’autres fois ils se sont développés par suite de l’accumulation de l’urine dans des lacunes, des fissures , des fistules et des plaies du canal. Dans les cas où l’urine a formé plusieurs dépôls de celte nature on rencontre plusieurs calculs. On les reconnaît par la présence d’une tumeur dure, presque indolente, et quelquefois très-volumineuse ; souvent ils font saillie dans le canal de l’urèthre , et la sonde peut les reconnaître. Us déterminent assez souvent de la suppuration et des trajets fistuleux dans lesquels la sonde peut s’introduire , et attester la présence du corps étranger. — Il n’est pas rare de les voir entraînés au dehors par la suppuration ; et si, dans ces cas, les parois de l’urèthre ont tété altérées dans une large étendue, il s’établit une fistule incurable.

On a vu îles calculs qui , après avoir perforé ie vagin chez la femme, et le rectum chez l’homme, sont restés un certain temps dans ces cavités, et ont été plus tàrd expulsés.

1922. Ces calculs peuvent être extraits par l’incision du réservoir qui les contient, ce qui se pratique en les fixant avec le doigt introduit dans lo rectum dans les cas où ils sont situés profondément dans le périnée. Lorsque la cellule qui les renferme est considérable, et ses parois épaissies, il peut être utile d’en exciser une partie. — Le traitement ultérieur est le même que nous avon9 indiqué pour les fistules urinaires.

Louis , Mémoires de l’Académie de chirurgie , vol, III , pag. 332.

Isie, Medical Observations and lnquiries,vol. V, pag. 336.

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