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1939. On désigne sous le nom de goitre ( struma , bronchocèle) une tumeur chronique, indolente, se développant, tantôt lentement, tantôt plus rapidement, à la partie antérieure et inférieure du cou ; il est le résultat d’une hypertrophie du corps thyroïde ; son volume, sa forme et sa dureté sont très-variables. Celle affection attaque tantôt un seul lobe de la glande , et tantôt les deux à la fois ; sa grosseur est quelquefois énorme ; ordinairement elle est comme pendante. — Dans le principe la peau qui recouvre la glande ne subit aucune altération ; mais plus tard, à mesure que cet organe augmente , les veines du cou et celles qui rampent à sa surface se dilatent et deviennent variqueuses. Lorsque l’affection est récente , la tumeur est ordinairement molle , élastique , régulière ; lorsqu’elle est ancienne , elle devient inégale , et offre des points plus durs les uns que les autres. Quelquefois elle contracte avec les parties environnantes des adhérences telles qu’on ne peut la faire mouvoir en aucun sens. Abandonné à lui-même le goitre prend constamment de jour en jour un volume plus considérable. Dans quelques cas très-rares cependant il s’enflamme, et la suppuration s’en empare ; on le voit alors diminuer et même disparaître complètement.
Ce que nous venons de dire nous force de rejeter la division qu’on a voulu établir de goitres vrais et de goitres faux; ces derniers en effet ne sont autre chose que des . tumeurs qui se développent au cou dans des parties étrangères au corps thyroïde.
1940. Tant que le goitre est peu volumineux, il ne détermine que peu ou point d’accidens ; mais, à mesure qu’il prend plus de développement, la voix devient de plus en plus rauque, la déglutition et la respiration plus pénibles , et il survient de violens accès de toux. Ces accidens augmentent dans la même proportion que la tumeur, jusqu’à ce qu’enfin le malade soit menacé de suffocation ; par l’effet de l’obstacle apporté dans la circulation cervicale les vaisseaux s’engorgent dans les vaisseaux de la tête ; la face se boufüt , devient bleuâtre; le malade est souvent pris de céphalalgie , et peut succomber à des accidens apoplectiques.
Les mouvemens de la respiration nes'accomplissentqu’imparfaitement ; et, la dilatation de la poitrine étant moindre , la circulation est embarrassée dans les poumons ; la résistance que les artères opposent à l’impulsion donnée au sang par le
DU~GOITRE
cœur s'accroît ; les cavités de ce viscère sont augmentées ; sa contractilité s’use par les elïoris répétés qu’il est obligé de faire pour surmonter une résistance inaccoutumée ; sa dilatation devient plus grande en raison même de la diminution de sa contractilité : de là l'hypertrophie du cœur qu’on a rencontrée dans celte affection (1).
(JSole du traducteur.')
1941. Le parenchyme du corps thyroïde peut, dans cette affection, subir diverses modifications : aussi est-il important de dislinguer plusieurs espèces de goitres. Nous admettrons donc 1° un goilre vasculaire ; 2° un goitre lymphatique ; 3° un goitre squirrheux. — Nous ne saurions admettre le goitre inflammatoire que quelques auteurs ont donné à la tuméfaction inflammatoire ( cynancho t/njroidea) du corps thyroïde.
l’inflammation du corps thyroïde, qui est le résultat d'un refroidissement, d’une violence extérieure, etc. , détermine une tuméfaction rapide avec une gêne très-grande dans la respiration et la déglutition, des céphalalgies, des Lintcmens d’oreilles , des épistaxis , etc. Ordinairement elle est accompagnée de fièvre. Lorsqu’elle se termine par suppuration, l’abcès forme peu de saillie ; mais , à mesure qu’il se développe, ou voit augmenter les accidens que nous avons signalés, — Le traitement de cette affection réclame des saignées, des sangsues en grand nombre sur lescotés du cou ;à l’intérieur, le calomel, ele. Dès que l’abcès est rormé, il faut l’ouvrir aussitôt qu’on a constaté sa présence.
1942. Le goitre vasculaire ( struma vasculosa , anevrg smatica) est caractérisé par un développement considérable des artères et des veines thyroïdiennes et des vaisseaux capillaires qui concourent à la formation du parenchyme de la glande , et qui l’unissent au tissu cellulaire ambiant. Un de ses caractères est de croître rapidement, et d’acquérir un volume énorme. La tumeur est chaude, dure , tendue ; le malade y éprouve des ballemens violeus; la main appliquée sur la tumeur sent le choc des artères sur presque tous les points de sa surface , et cette sensation est surtout très-marquée sur le trajet des gros vaisseaux qui parcourent son intérieur ; les ramifications et plexus vasculaires qui rampent à sa surface sont tellement dilatés qu’on les voit à travers la peau, et qu’il est extrêmement facile d’en apercevoir les ballcmeus. On sent batlreavec violence l’artère thyroïdienne au dessus du point où elle pénètre dans la glande , dans les cas où la tumeur n’est pas assez considérable pour recouvrir son trajet. — Le goitre vasculaire détermine plus rapidement que tout autre de la gêne dans la respiration et dans la déglutition ;p!us souvent aussi il donne lieu à des épistaxis, à des étourdissemens, à des baltemeus de tête ; jamais il ne s’arrête dans son développement.
1943. Le goitre lymphatique {struma lymphatica ) est le plus fréquent; c’est lui qui est endémique dans certains pays. Les cellules du paren-
(1 ) Luitier- Winslow , Journ»! généralilenjédecinc‘,1816,
T. LV1I, pag. 414.
chyme de la glande thyroïde se remplissent d’une matière visqueuse, transparente, quelquefois d’une matière plus consistante , muqueuse , brunâtre; il n’est pas rare de les voir remplies d’une subslance lardacée ou caséeuse, et même de concrétions et de noyaux osseux. Les parois de ces cellules s’épaississent d’une manière extraordinaire , et prennent même une consistance cartilagineuse; elles adhèrent et se confondent même avec la matière qu’elles contiennent, au point que les cellules disparaissent plus ou moins complètement, et que toute la glande ne constitue plus qu’une masse informe. — Dans cette affection les vasiseaux sont aussi dilatés, mais à un degré moindre que dans le goîlre vasculaire. Le goitre lymphatique se développe plus lentement que le précédent ; il est aussi plus inégal à sa surface.
1944. Dans le goîlre squirrheux ( struma scirrhosa) la glande thyroïde offre moins de volume que dans les précédens , mais elle est extraordinairement dure, inégale, bosselée à sa surface;
“le tissu cellulaire ambiant est atrophié ; dès le début de la maladie la douleur est vive , térébrante , et s'étend en haut le long du cou ; la gène du côté de la respiration et de la déglutition estlrès-grande ; l’une de ces fonctions se fait ordinairement moins bien que l’autre , suivant la partie de la glande qui est plus particulièrement affectée. La tumeur squirrheuse contracte bientôt des adhérences avec la trachée-artère et les muscles du cou ; dans une période plus avancée les légumens se froncent et se rident. Une sérosité fétide s’amasse quelquefois dans les cellules qui sont à la superficie de la glande, et alors la tumeur est refoulée en arrière , ce qui augmente notablement les accidens ; enfin le goitre se convertit en carcinome, en véritable ulcère cancéreux-, et les glandes cervicales voisines s’engorgent.
1945. On est dans la plus grande incertitude sur la cause du goitre. Dans certaines contrées, dans les vallées profondes surtout , on le rencontre comme endémique , sans qu’on puisse attribuer son développement à la nature de l’air, à l’usage de certaines eaux qui contiennent des sels peu solubles, ou d’eau de neige, comme on l’a prétendu. Le crétinisme et le goîlre ne sont pas essentiellement liés à la même cause. Les crétins, à leur naissance, ont l’intelligence faible; chez beaucoup même les facultés cérébrales sont complètement obtuses , sans que l'onuremarque chez eux de goitres , ou du moins de goitres donnant lieu à des accidens. L’expérience cependant démontre que , dans la majeure partie des cas , les crétins ont une conformation vicieuse du crâne, par suite de laquelle la circulation des carotides éprouve plus ou moins d’obstacle , et le sang , se portant avec plus d’impétuosité dans les artères thyroïdiennes , peut très-bien augmenter le développement de la glande. — Les femmes sont plus sujettes au goitre que les hommes; c’est, le plus souvent, à l’époque de la puberté qu’il commence à se développer. Les sujets scrofuleux sont ceux
BU GOITKÏi.
qui y sont le plus prédisposés. J'ai eu deux fois occasion d’observer un goîlre congénital. SI est souvent déterminé par les efforts violens que fait la femme eu couche , par le poids de fardeaux sur la tète, par les cris, etc., et quelquefois, dans ces cas, il prend un accroissement rapide. Waltber pense que , dans les cas de goitres vasculaires , le système artériel est toujours affecté d’une diathèse anévrismale, portée à un degré plus ou moins avancé.
Dans ces derniers temps on a regardé comme cause du goitre l’oblitération des canaux trachOo- thyroïdiens qu’avait admis Bordeu.
Gibson, Journal de Philadelphie , vol, 1, pag. 44.
1946. Pour porter un pronostic sur le goitre il faut tenir compte de son volume, de son ancienneté , de sa nature, et de l’âge du malade. Le goitre lymphatique , chez les individus qui n'ont pas encore vingt-quatre ans , guérit ordinairement avec facilité quand il est peu volumineux ; mais, si, chez une personne âgée , il a atteint un grand volume , et s’il est consistant , il est difficile de le faire disparaître. Dans les goitres volumineux les inédicamens interneset externes sont souvent sans effet, et, pour les faire disparaître complètement, ou seulement pour diminuer leur volume afin de soulager les malades , il faut avoir recours à certains moyens opératoires. — La dégénérescence carcinomateuse de la glande thyroïde est incurable. — Dans quelques cas très-rares, à la suite d’une violence extérieure, etc., un goîlre peut être pris d’une inflammation plus ou moins vive ( thyreophyma acutum , d’après (1) Franck); la tumeur devient alors douloureuse ; elle est prise de chaleur et quelquefois de rougeur; elle augmente rapidement de tension et de volume ; les artères du cou battent avec violence ; les veines se gonflent ; la déglutition et la respiration sont pénibles; la céphalalgie est intense; la face devient rouge et bouffie , et quelquefois la fièvre est trèsforle (2). Cette inflammation peut se terminer par une suppuration qui entraîne le goitre en partie ou en totalité; mais si l’abcès qui se forme alors n’est pas ouvert de bonne heure, le pus détruit rapidement les parties environnantes , corrode la trachée-artère , et se vide dans son intérieur (3),
(l ) De curandis hominum morbis Epitome, lib. VI, part . U, pag. 80. -
Hüpeden , De affeetionibus inflammatoriis giandulæ.
thyroidcæ. Ileidelb. , 1823.
Conradi , De cynanche thyroideâ et strumâ inflammatoriâ. Gœ:t., 1824.
(2) Carron , Journal general de médecine , janv. 1824. T. SLIX, pag. 21. lia rencontré trois fois cette complication chez des femmes qui étaient dans l’âge de retour, et une fois chez un individu âgé de cinquante ans , et sujet au flux hémorrhoïdal.
(3) Baillie, A sérié of engravings, with cxplanations etc. bond., 1812, fasc. II.
1947. Le traitement du goitre doit varier suivant la nature de la tumeur ; car tel remède qui réussit très-bien dans telle variété échoue complètement dans telle autre.
1948. Dans le goîlre vasculaire on ne peut enrayer la marche delà tumeur ou la faire diminuer que lorsqu'on l'attaque à son début par des émissions sanguines locales et géuérales , par le repos, les applications froides, et la digitale à l’intérieur; il faut , pendant le traitement , avoir soin de mettre lesmalades à l’abri de tout effort. Dans deux cas ce mode de traitement m’a parfaitement réussi.
— Lorsque le goîlre vasculaire a déjà atteint un certain degré de développement, ces moyens ne sauraient apporter aucune amélioration , et le traitement qui réussit le mieux à faire cesser les accidcns par la diminution ou même la disparition complète de la tumeur, c’est la ligature des artères thyroïdiennes supérieures.
Celle opération fut proposée d’abord par Lange (1), et plus tard par Jones. Spangenberq limita son emploi aux goitres vasculaires , et Dlizard (2) fut le premier qui la pratiqua; la tumeur avait déjà subi une diminution notable lorsqu’il mourut de pourriture d’hôpital. Elle fut faite avec un succès parfait par Walther (3), CoAtes (4), Wedemeyer (5), Jameson (6), Earle (7) :
— elle détermina au contraire des hémorrhagies et des inflammations mortelles dans les cas où elle fut pratiquée par Fritze (8) , Zang (9) et Langenbeck (10). Le sucrés ne se maintint pas chez un opéré par Graefe (11) , et chez un autre auquel je pratiquai l’opération (12).
1949. La ligature de l’artère thyroïdienne supérieure se pratique de la manière suivante : le malade est assis sur une chaise un peu élevée , en face de la lumière : la tête, inclinée du côlé qui ne doit pas êlie opéré, est appuyée sur la poitrine d’un aide. À l’endroit où on sent les pulsations de l’artère on fait une incision , la peau étant tendue ( et non soulevée en pli). Cette incision commence un peu
(1) Diss.de strumis et scrophulis, Vilemb., 1787, pag. 16.
(2) Burns , loco cila/o , pag. 189.
S. Cooper , biclionary of practical surgery. I.ond. ,
1713, pag. 1^6.
(3) Journal ftir Chirurgie und Augenheiikunde , vol. II pag. 584.
(4) Médico-chirurgical Transactions, vol. X, part. II, pag. 312.
(5) LangefibecVs Neue llibliotek , vol. III, cah. II, pag.
(6) American medical Recorder vol. v, 1822, pag. 116.
Froriep’s Rotizcn, 1 822, n° 52.
(7) London medical and surgical Journal, sept., 1826.
Froriep’.s Notizen, Vol. XV, n° 17.
(8) Hcdenuf , loco cilalo, pag. 255.
(9) Rust’s Magazin, vol. vil, pag. 315.
(10) Neue Bibliotek, vol. iv , cah. ni, pag. 658.
(11) lfedcnus} loco cilalo t 255.
(12) Weissfiog , De strumâ aneurymaticâ et de arteriis ligandis. Ueidelb., 1823. ,
Cheliut, Ueidelberge Klinische Annale, vol. I, p, 208.
DU GOITRE
au-dessous du menton , et un peu en dehors de la ligne médiane ; elle s’étend en bas jusqu’au bord interne du muscle sterno-mastoïdien. Une seconde incision divise le muscle peaucier dans la même direction. Le sang qui s'épanche entre les lèvres de la plaie doit être aspergé par un aide. La pulpe ✓ de l’indicateur gauche est portée dans la plaie afin de pouvoir s’assurer exactement de la position du vaisseau ; on glisse une sonde cannelée sous le tissu cellulaire qui la recouvre, et on l’incise avec le bistouri ; on cherche alors à isoler l’artère avec l’extrémité mousse de la sonde cannelée , le manche du bistouri, ou la pointe du doigt. Cela fait, on la contourne avec l’aiguille de Descbamps , qui conduit une ligature simple, et on fait deux nœuds. Les extrémités du fil sont retenues au dehors, et enveloppées dans un morceau de diachylon; les lèvres de la plaie sont rapprochées avec des bandelettes agglutinalives ; un plumasseau, une compresse et quelques tours de bandes composent tout l’appareil.
la ligature de cette artère est en général assez facile, parce qu’elle est souvent soulevée par le bord supérieur du goitre. — Lorsque le muscle omoplal-hyoïdien, qui croise la direction de l’artère , s’oppose à spn isolement parfait , ou peut, sans inconvénient, le couper en travers. — La ligature de ce vaisseau est plus facile entre ce muscle et le point où elle pénètre dans la glande qu’au-dessus de cet intervalle. Dans un cas cependant où je l’ai pratiquée au .dessus de ce muscle, j’ai trouvé le manuel opératoire loin aussi facile que dans le point indiqué, il faut avoir soin d’éviler et de rejeter eu dehors une branche du nerf glosso- pharyngien, qui eotoie J’artère thyroïdienne supérieure; il en est de même de la veine thyroïdienne et de la branche laryngienne de Tarière thyroïdienne ; c’est au-delà du point de départ de celte dernière que doit être appliquée la ligature. Ou doit lier, â mesure qu'ils paraissent, tous les vaisseaux qui fournissent du sang pendant l’operation.
1950. L’opéré est apporté dans son lit dans une position telle que sa tète soit un peu élevée et inclinée sur le côté; il doit garder le repos le plus absolu , et être soumis au traitement indiqué à l’article Ligatures des artères. — 11 ne faut pas oublier qu’il est souvent indiqué de faire une assez forte saignée immédiatement après l’opération afin de prévenir un afflux de sang trop considérable au cerveau. — S’il survient des accidens inflammatoires, des douleurs de télé , de la gêne dans la respiration et dans la déglutition , les antiphlogistiques locaux et généraux seront employés avec de grands avantages. — S’il y avait de la toux, on la combattrait par l’extrait dejusquiame combiné avec les anîiphiogistiques. — Dans les cas où on devrait pratiquer les ligatures des artères thyroïdiennes des deux côtés , on doit les faire l’une après l’autre , et la deuxième opération ne doit être entreprise que lorsque la plaie résultant de la première est entièrement cicatrisée. — Après la ligature la tumeur perd de sa tension ; les pulsations perdent de leur intensité; la chaleur diminue ; enûu la tumeur devient de jour en jour petite , et finit par 6’effacer.
Consultez , au sujet do cette opération :
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Hoering , ftusl's Hagazin, 1820, T. Vit.
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Chenus, Heidelberg Klinische Annale, 1825. Langenbeck , Keue Eiblioteli der Chirurgie, 1827, T. IV, pag. 558.
1951. Si on compare celte opération avec le traitement ancien du goitre par l’extirpation de la tumeur , ou par le séton , ou par les exutoires, on verra qu’elle mérite incontestablement la préférence parla facilité de son exécution et par ses résultats toutes les fois qu’on a affaire à un goitre vasculaiie, c'est-à-dire lorsque la tumeur est le résultat d’une dilatation des vaisseaux plutôt que d’une hypertrophie du parenchyme , d’une déposition de lymphe ou d'une dégénérescence; et c’est à elle qu'on doit avoir recours lorsqu’on a employé sans résultat tous les autres moyens , que les accidens deviennent menaçâns , et que l’on sent battre les artères thyroïdiennes supérieures. Une affection générale du système vasculaire n’est pas une contre indication à cette opération , pourvu que cette affection ne soit encore que peu exprimée ; mais il n’en est pas de même de la diathèse anévrysmale portée à un haut degré, et qui affecte simultanément le cœur et le système artériel ( Y/alther , Journ. , p. 284). Si l’on lient bien compte de cette circonstance avant l’opération , et , si on se conduit avec prudence , le résultat de cette opération répondra, dans le plus grand nombre des cas, à l’attente du chirurgien. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les caractères du goitre vasculaire , tels que nous les avons exposés ( § 1942 ) , sont quelquefois trompeurs ; car la tumeur vasculaire , bien caractérisée en apparence , contient cependant, dans son intérieur, des noyaux plus ou moins indurés, des cellules, des cavités pleines de sérosité ou de liquide brunâtre , et que des goitres de ce genre guériraient très-bien par le séion. Dans ce cas néanmoins l utililé de la ligature ne saurait être contestée. — Waltiier regarde comme impossible l’accroissement de la tumeur après la ligature, et pense que toujours une partie des vaisseaux dilatés est oblitérée par l’opération. J’ai cependant eu occasion d’observer lé contraire, et cela se concevra facilement si on réfléchit que les artères thyroïdiennes inférieures ont de nombreuses anastomoses avec les supérieures , qu’elles peuvent suffire à la nutrition de la glande et faire les frais de son augmentation de volume. En général cela n’arrive pas ; peut-être même ceia ne peut-il avoir lieu que dans les cas où ces thyroïdiennes inférieures sont elles-mêmes anormalement dilatées. — Dans l’examen des indications qui peuvent réclamer la ligature des thyroïdiennes supérieures il ne faut pas oublier que ces vaisseaux peuvent être altérés au point
DU GOITRB.
d'empêcher leur oblitération, et qu’il peut alors survenir une hémorrhagie , qui daus plusieurs cas, a été une cause d’insuccès.
1952. Le goitre lymphatique , lorsqu’il n’est point très-volumineux. , et qu’il n’existe pas depuis très-longtemps , peut toujours, à l’aide d’une médication interne et externe, guérir, ou du moins diminuer au point de mettre le malade à l’abri de tout accident.
1953. De tous les inédicamens employés contre le goitre , celui qui est mis le plus souvent en usage est la cendre d’éponge. Elle est administrée sous diverses formes , et unie à une foule d’autres substances ; d’après les faits de ma pratique , la meilleure combinaison de celte cendre est celle qui consiste à l’unir à la digitale pourprée. L’iode que l’on rencontre dans la cendre d’éponge a paru être le principe actif de cette substance , et les recherches de Coindet sont venues mettre l’iode en honneur. On fait dissoudre quarante-huit grains d’iode dans une once d’alcool à 35°, et, trois fois par jour , on prend dix gouttes de cette solution dans un verre d’eau sucrée. Au bout de huit jours de traitement on porte cfiaque dose à quinze gouttes, et qnelques jours après à vingt gouttes. Dans les premiers huit jours de l’emploi de ce médicament on remarque que la peau qui recouvre le goitre est moins tendue, que la tumeur se ramollit , que ses diverses parties s’isolent, et qu’elles se fondent graduellement. Huit ou dix semaines suffisent pour faire disparaître les goitres peu volumineux , et pour faire notablement diminuer les aulres. Sous l’influence de cette médication , et en môme temps que le goitre se ramollit et diminue, le pouls augmente ordinairement de fréquence , et il survient quelques accidens généraux ; dès qu'ils se déclarent , on doit suspendre l’administration de l’iode , et attendre, pour l’employer de nouveau, que huit ou dix jours 6e soient écoulés , c’est-à-dire que ces accidens se soient dissipés. L’iode administré à trop hautes doses ou pendant longtemps détermine des palpitations, une toux sèche et fréquente, de l’insomnie , de la maigreur , un affaissement général des forces , une infiltration des extrémités inférieures , un tremblement général , un durcissement douloureux du goitre, et quelquefois une atrophie des mamelles et un appétit dévorant et continu. Ces accidens peuvent toujours être victorieusement combattus par des bains chauds, de la valériane , du quinquina, de l'ammoniaque et divers autres antispasmodiques ; quant à la dureté accidentelle du goitre, elle cède aux sangsues et aux applications émollientes. — Il ressort de ce que nous avons dit sur l’iode qu’il faut toujours l'employer avec prudence , et en ayant bien soin de tenir compte de la constitution du sujet et de la nature du goitre. Il ne saurait être supporté dans les goitres tendus, douloureux, et lorsqu'il existe nue complication spasmodique ou bilieuse ; dans ces cas il faut faire précéder son emploi d’applications de sangsues, de fomentations émollientes , de médicamens an-
tispasmodiques , antibilieux. L’iode est formellement cootre-indiqué chez les femmes enceintes, chez celles qui sont sujettes aux hémorrhagies utérines, dans les affections commençantes de la mamelle, et chez les personnes qui ont une constitution nerveuse très-irritable. L’action de l’iode contre le goitre est surtout très-favorable chez les hommes âgés, ou du moins qui ont dépassé l’âge de la puberté , pourvu toutefois qu’ils ne soient affeciés d’aucune autre maladie. Si , malgré l’emploi de l’iode , il survient des accidens graves ou même mortels , c’est qu'on n’à pas tenu compte des circonstances que nous avons indiquées.
L'iode forme un acide lorsqu’on le combine soit avec l’oxygène, soit avec l'hydrogène : les sels qui résultent de sa combinaison avec l'oxygène , étant peu solubles dans l’eau, Coindet (l) n’a pas cherché a en faire usage; il a préféré ceux qu’on obtient par l’hydrogène, avec lequel l'iode a une affinité telle qu’il s’eu empare partout où il le trouve. Il en résulte l'acide hydriodique , il salure toutes les bases, et forme des sels neutres, parmi lesquels on choisit pour médicament l’hydriodate de potasse , qui est un sel déliquescent dont quarante-huit grains dans une once d’eau distillée représentent appl-oximativernent trente-six grains d’iode. Celte préparation à cette dose est une de celles quo Coindet a employées le'plus fréquemment. — La- solution de ce sel dans une suffisante quantité d'eau peu dissoudre encore de l’iode, et former ainsi un hydriodale de potasse îodurê , préparation dont Coindet s’est servi pour augmenter la force du remède dans les cas de goitres durs, volumineux ou anciens qui résistaient â l’action de la solution saline simple, el par ce moyen il a souvent obtenu de beaux résultats. — Quant à la teinture d’iode dont nous avons parlé (quarante-huit grains d’iode dans une once d’esprit de vin â 35°), il lui donne la préférence, parce qu’elle est plus facile à préparer que les hydriodates salins purs. — Cette teinture ne doit pas être préparée trop à l’avance, parce qu’elle ne peut se conserver longtemps sans déposer des cristaux d’iode ; d'ailleurs la grande quantité d’hydrogène que l’alcool contient, et l’extrême affinité de celte première substance avec l’iodè, sont cause que la teinture est bienlùt convertie en acide hydriodique ioduré ; remède sans doute très-actif, mais qui, n’étant point celui que le médecin désire, le met dans l’impossibilité de diriger sûrement le traite» tuent, et d’en tirer des conséquences justes.
[Note du traducteur.)
Les autres substances qui ont été recommandées contro le goilre, telles que les cendres de coquilles d’œuf, les sels de soude, le savon, la scille , le kermès minéral , la digitale, la belladone, etc., sont ou peu employées, ou combinées avec la cendre d'éponge.
1954. Parmi la foule innombrable de moyens externes que l’on emploie seuls ou combinés avec
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Brasseno , Bépert. méd.-chlrurg. Turin, 1822.
BU GOITRE
des médicamens internes, nous ne citerons que ceux qui sont réputés les plus actifs , et qui sont le plus employés: les frictions répétées avec de la flanelle , les frictions camphrées, l’ammoniaque étendu, le savon uni à l’ammoniaque, l’onguent de digitale pourprée, le mercure uni à la teinture de' canlharides, les emplâtres fondans, etc. — L'emploi interne de l’iode, même administré avec prudence, détermine quelquefois des accidens : aussi Coindet en a-t-il préconisé l’usage externe, et de nombreuses expériences ont démontré l'efficacité de ce mode d’administration dans le goitre tout aussi bien que dans les autres engorgemens glandulaires. Soir et matin on fait sur le goitre une friction avec gros comme une noisette du mélange suivant: axonge, demi-once; hydriodalede potasse, demi-drachme. Le plus souvent quatre à six semaines suffisent pour le traitement complet; dans quelques cas il faut à ce traitement externe joindre l’administration de l’iode à l’intérieur. Si le goitre devient dur et douloureux, on suspend le traitement pour employer des sangsues et des applicacations, chaudes. — L’emploi de l’iode à l’extérieur doit aussi être fait avec prudence.
Sur l’emploi «le l’iode à l’extérieur, dans les cas de scrofules et de quelques autres maladies, consultez :
Froriep’s Notizen, 1821, cah. IH, pag. 65.
Journal fur Chirurgie de Graefe et Walther, vol. lit, pag. 273.
Biehler, Même journal, pag. 277.
ISaup, Journal de Hufeland , avril 1822 , pag. 57.
Lugol, Trois mémoires sur l’emploi de l’iode, Paris, 1829, 1830,1832.
Gimelle, Revue médicale , 1821, T. yi, pag. 81.
Zink, Journal complémentaire, 1824, T. XVIII, p. 234.
Delflz, Journal de physiologie de Magendie, 1826, T. y, pag. 393.
Day, Lancette française, 1828, T. i, pag. 304.
Clendinng , Gazette médicale de Paris. 1835, T. lit, pag. 613.
Muller, Revue médicale, 1837, T. il, pag. 395.
1955. Parmi tous les remèdes internes et externes qu’on a recommandés contre le goitre, celui auquel je donne la préférence est la cendre d'éponge unie à la racine de gingembre. J’y ajoute quelquefois la digitale ; quelquefois aussi je fais faire de fréquentes frictions avec un liniment volatil camphré. Dans ma pratique je n'ai jamais obtenu pur l’iode de plus beaux résultats que par le traitement que j'indique ici, lequel ne nuit jamais, et jouit de toutes les propriétés de celui par l’iode.
1956. Lorsque, dans un goitre lymphatique, il est survenu des altérations notables , des dégénérescences cartilagineuses, que les moyens internes et externes que nous avons indiqués ont été vainement employés, et que les accidens deviennent menaçans , la ligature des artères thyroïdiennes supérieures, si elles sont très dilatées, pourra amener la diminution de la tumeur. Dans ces cas ce qu’il y aurait de mieux à faire serait de passer un
séton à travers la tumeur, et de solliciter par là une inflammation qui amènerait l’oblitération des vaisseaux, et une suppuration qui entraînerait la fonte du goitre.
1957. A l'aide d’une aiguille on passe, de haut en bas ou d’un côté à l’antre, un séton à travers la substance du corps thyroïde hypertrophié ; il faut avoir soin, pendant celte opération, d’éviter les veines dilatées qui sillonnent sa surface, et de ne pas enfoncer l’aiguille trop profondément. Ordinairement il s’écoule un liquide épais brunâtre, et au bout de quelques jours on passe le séton. L’inflammation qui survient est peu de chose pour le malade. — Si le séton simple ne suffit pas pour déterminer un degré convenable d’inflammation, on l'enduit d’une pommade irritante, ou on le saupoudre avec la poudre de racine d’ellébore. Le séton doit être entretenu pendant longtemps pour que l’inflammation se soutienne jusqu’à guérison complète, et pour prévenir la résorption purulente. Il est rare de voir l’inflammation envahir toute l’étendue de la tumeur; elle n'attaque ordinairement que la partie qui est en contact avec le séton. — Si des fongosités s’élèvent autour des ouvertures qui livrent passage au séton, il faut les exciser. — Alors même que la suppuration s’arrête, et que les plaies sont complètement guéries, la tumeur n’en diminue pas moins jusqu’à ce qu’elle ait disparu. La peau qui la recouvrait conserve , pendant nn certain temps , des rides qui s’effacent peu à peu. Les cicatrices adhérant d'abofd au cartilage thyroïde; mais, avec le temps, elles deviennent parfaitement mobiles. Les observations heureuses publiées par Quadri ont démontré que l’on pouvait, sans aucun inconvénient , passer successivement, et en divers sens , plusieurs sétons ; le nombre en a été porté jusqu’à seize. Dans un cas où Quadri voulut passer un séton à travers un reste de goitre qui avait diminuépar l'emploi de ce moyen, il trouva une résistance très-grande à l’endroit où déjà un séton était resté à demeure ; d’où il conclut qu’iL est peu probable que le goitre se reproduit après avoir diminué sous l’influence des sétons. — Néanmoins le séton n’est pas un moyen si inoffensif qu’on a bien voulu le dire. J’ai vu, dans ma pratique et dans la pratique d’autrui, des cas où l’emploi de ce traitement a été suivi de morl;et celle terminaison m’a paru déterminée par l’abondance et la mauvaise nalurede la suppuration qui survient lorsque le corps étranger alra versé une des grandes cavités que contiennent souvent ces tumeurs, surtout lorsque ces cavités sont limitées par des parois épaissescartilagineuses qui ne reviennent par sur elles-mêmes : dans ces cas la cavité se remplit, pendant le temps qui s’écoule d’un pansement à l'autre, d’un pus fétide qui réagit sur toute l’économie (1).
(1) Four prévenir cette accumulation du pus dans la cavité de ccstumeurs, pourquoi ne mettrait-onpas à demeure une canule en gomme élastique qui procurerait au pus une issue constamment libre, et qui servirait à faire dans le kyste des injections émollientes ou légèrement stimulantes, selon
DU GOITRE
Voyez à sujet :
Ileisler, De tumore cistico singulari , ftelmst., 1744.
Sleegmann , Diss.de strumô. Jena, 1795.
K le n} J'/eDo.'d'jSaininlungchirurg. Beobachtungen, vol. I, Pag. 1 1 .
Quadri, Médico-chirurgical Transactions, vol. x, part. I,
Cnpe/and Hutchinson , Même journal , vol. XI , part. Il , pag. 235.
CMliut, Loco cilalo, pag. 238.
1958. Il n’est pas rare de trouver dans les auteurs des observalions de goitres volumineux qui se sont convertis en une collection de liquides séreux , sanguin ou purulent , d’une consistance et d’une coloration variables ; mais il est une affection que l’on a souvent confondue avec le goitre, parce qu’elle présente, à peu de chose près , les mêmes signes extérieurs, bien qu’elle en diffère essentiellement sous le rapport de sa nature: c’est l'accumulation de liquide à la partie antérieure du cou, que Maunoir (1) a décrite sous le nom d 'hydrocèle du cou, et que d’autres ont désignée sous le nom de bronchocèle aqueux, hydrobronchocèle.
Celte tumeur se développe à la partie antérieure du cou, tantôt à droite , tantôt à gauche , quelquefois sur les deux côtés à la fois ; dans ce dernier cas elle paraît ordinairement bilobée sur la ligne médiane par une dépression verticale très-prononcée, quoique cependant elle soit assez souvent unilobulaire, en apparence du moins; elle offre une fluctuation très-marquée dans tous les sens, tantôt sans transparence, et tantôt avec une transparence qui, dans un cas rapporté par Pelletan, était telle que, à travers les tégumens, le kyste et le liquide, on pouvait découvrir les vaisseaux sanguins situés au fond. Son volume est très-variable; il peut devenir tel que les fonctions des organes respirateurs soient notablement gênées et même complètement suspendues; sa cavité est quelquefois séparée en deux, sur la ligne médiane, par une cloison qui assez souvent est perforée par un point; en sorte que les deux portions de la tumeur communiquent entre elles. Le kyste, qui presque toujours est trèsépais , très-résistant, peu rétractile, contient habituellement un liquide de couleur bistre, mais du reste assez variable ; dans tous les cas il se coagule par la chaleur et les acides. Quant au siège réel de la tumeur, les opinions ne sont point d’accord : quelques auteurs l’ont vue développée aux dépens de la glande elle même, et d’autres dans le tissu cellulaire qui enveloppe cet organe ; dans ce dernier cas la glande , ratatinée contre la trachée ,
les cas, ainsi que Dûpuylren le pratiquait , et que nous l’a- Vons vu pratiquer à Sanson dans les cas d ’ hydrocèle du cou (S I960)? Cette affection a trop d’analogie avec le goitre pour que nous ne lui consacrions pas ici ( g 1958 ) un chapitre. Nous le devons d’autant mieux que Chélius parait 1 avoir complètement confondue avec la maladie qui nous occupe. ( Noie du traducteur ,)
(l) Mêmoircsurles amputations, etc. Genève , 1825, pag. 93.
estcommeatrophiée, recouverte d’une fausse membrane plus ou moins épaissel et elle est située à la partie postérieure et supérieure du kyste : lorsque la tumeur s'est développée dans la glande, il est rare qu’on trouve encore quelques traces de sou parenchyme : les vaisseaux seuls sont restés intacts, complètement baignés par le liquide, qui alors est presque toujours couleur de lie de vin. Sa surface lisse, sans bosselures : sa fluctuation très-appai eule dans tous ses points ; l’absence de douleurs à la pression, sont autant de caractères qui peuvent la faire distinguer du goitre, et la transparence, lorsqu’elle existe, sufûl pourlever tous les doutes que l’on pourrait conserver ; ajoutons à ces caractères que les battemens des artères y sont le plus souvent beaucoup moins sensibles que dansle goitre, et surtout que dans le goitre lymphatique, qu'il est plus facile de confondre avec elle; dans un cas cependant observé par Bupuytren (1), les ballemens étaient prononcés; mais les mouvemens qu’en éprouvait la tumeur étaientreux d’un soulèvement en masse, et non ceux d’expansion ; le contraire a lieu dans certainsgoîtres, le vasculaire par exemple.
Celte affection a été observée quelquefois par les anciens; mais ils la considéraient eamme un objet de curiosité plutôt que comme une altération offrant un véritable intérêt pratique ; elle aurait été connue des Arabes , et aurait reçu d 'Albucasis le nom de bronchocèle d’eau ; longtemps avant Albucasis , Cetse en avait fait une mention spéciale ; vers le commencement du siècle dernier Hchviij en a publié une observation intéressante; Hcisler a fait aussi une thèse sur un fait de ce genre , et PLouquet en a cité trois exemples. Maunoir , qui en a observé un grand nombre, n’en cite que trois, et encore laissent-ils beaucoup à désirer sous le rapport du développement et du diagnostic différentiel. Sanson en a observé douze ou quinze cas; et c’est à leur sujet qu’il nous a fait récemment une leçon A laquelle nous avons emprunté en partie les deux § 1958 et 1959.
1059. L’expérience a démontré que, pour l’hydrocèle du cou, comme pour celle des autres parties du corps, la ponction simple, sans traitement consécutif, n'a qu'un effet palliatif, et ne produit qu’une guérison de très-courte durée; une sécrétion de liquide très-abondante a bientôt rendu à la tumeur un volume plus considérable que celui qu’elle offrait d’abord. Dans l’observation de Dupuytren dont nous avons déjà parlé, quelques heures ont suffl pour que la reproduction du liquide fût complète. — Guidé par l’analogie qui existe entre l’hydrocèle du cou et l’hydrocèle de la tunique vaginale, Maunoir a essayé les injections; mais l’expérience n’a pas été d’accord avec ses prévisions, et il devait en être ainsi. Dans l’hydrocèle du cou , le kyste étant beaucoup plus deDse que la tunique vaginale, il est beaucoup plus difficile d’y développer uneinflammationadhésive. L'injection, si elle n’est pas très-stimulante, ne produit aucun résultat, et si elle est très-active, peut donner lieu
(1) Observation que j’ai trouvée dans les papiers de Dupuyben.