C. DU SPINA VENTOSA
Boetlcher , Abhand. von den Krankhviten der Knochen. Leips;, 1 793, p. 121 .
Augustin, De spinà ventosâ. Halle, 1797.
Vandenzande , Diss. sur le spina ventosê. Paris, 1805.
Schuchardt, Annotât, quædam de spinâ ventosâ, Marbg.,
1987. Le spina ventosa est une tumeur assez uniforme, assez régulière, qui occupe tantôt une partie , et tantôt la totalité de la circonférence d’un os; le tissu osseux subit diverses modifications; quelquefois cette tumeur est constituée par une coque osseuse, compacte et régulière , percée de plusieurs ouvertures à certains endroits ; dans sa cavilé on rencontre une masse cartilagineuse traversée par des fragmens osseux irréguliers , isolés ou adhérens. Dans d’autres cas la paroi externe de la tumeur est formée uniquement par le périoste , et son intérieur est rempli par une masse analogue à la précédente. — Quelquefois la cavité de la tumeur est divisée en plusieurs cellules remplies par des liquides diversement colorés, plus ou moins fétides, par des masses rougeàlres , gélatineuses, ou par du sang en caillot; dans l’intérieur de ces cavités on rencontre des masses cartilagineuses , lardacées, et des fragmens osseux nécrosés ou cariés ; ces fragmens osseux sont lanlôt des restes de 1 os ancien, et tantôt des fragmens de formation nouvelle.
Delpech , Précis élémentaire, vol. lit, p. 583.
1983. Cette maladie se déclare toujours, «n certain temps avant que la tumeur n’apparaisse,
par des douleurs sonrdes , profondes , qui surviennent quelquefois d’emblée, sans causes connues, et quelquefois à la suite d’une violence extérieure. La tumeur se manifeste par une saillie conique ou sphérique, et souvent par une tuméfaction régulièrement répandue sur toute la circonférence de l’os. Les douleurs sont très-vives, rémittentes, et parviennent quelquefois à un degré d’intensité remarquable ; les parties molles qui environnent l’os affecté se tuméfient; la peau qui les recouvre devient rouge et douloureuse , s’amincit à sa partie la plus élevée , s’ouvre , et donne issue à un liquide ichoreux ; les bords de l’ouverture qui restent fistuleux s’amincissent, se renversent en dedans; le reste de la lumeur conserve tout son volume et toute sa consistance. Une sonde métallique , introduite dans le trajet fistuleux , peut facilement être introduite à une grande profondeur et dans toutes les directions; elle traverse , en la déchirant, la substance cartilagineuse que contient la lumeur ; elle n’est que légèrement arrêtée par les fragmens osseux qu’elle rencontre , mais qui , étant très-fragiljes , se brisent facilement. Les pertes que la suppuration fait subir au malade, et la résorption du liquide ichoreux sécrété , déterminent tôt ou tard des accidens hectiques ; des fongosités s’élèvent souvent des bords de l’ouverture ; elles sont extraordinairement sensibles, saignent avec facilité, et augmentent notablement les douleurs , qui déjà sont très-vives.
1989. La cause du spina ventosa est une inflammation avec ulcération de la membrane médullaire des os. Celte altération s’étend par conséquent de dedans au dehors. — Les scrofules en soDt la cause laplus ordinaire: cependantlasyphilis, lagoutte, le rachitisme, le scorbut, les violences extérieures, etc., et principalement les contusions des os, ne sont pas étrangères à sa production. — Les os longs, et surtout ceux du métacarpe , du métatarse et des doigts en sont le plus souvent le siège ; les os spongieux , et surtout ceux du carpe et du tarse , en sont quelquefois atteints, mais très-rarement. — L’altération des extrémités articulaires des os , que nous avons signalées § 198, peuvent être regardées comme analogues au spina ventosa de la partie compacte des os longs. — Dans le plusgrand nombre des cas, principalement lorsque la maladie a son siège dans les os longs de la main ou du pied , chez des individus scrofuleux , le spina ventosa débute par la formation d’un tubercule qui se ramollit peu à peu, et détermine la nature delà matière contenue dans la tumeur. — Dans ces cas il ne se forme ordinairement aucune production osseuse nouvelle, ce qui lient probablement à ce que la membrane médullaire et le périoste sont simultanément affectés. C'est aussi ce qui fait que, après la guérison du mal , les os ont subi un raccourcissement notable.
1990. Les symptômes que nous avons indiqués, el qui précédent ou suivent le développement du spina ventosa, ne sont pas tellement tranchés qu’on ne puisse confondre cette affection avec l’exostos»,