‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 318 sur 444 · TUBERCULES DES OS · texte numérisé non relu

TUBERCULES DES OS

demi-ligne de diamètre , d’une couleur blanche opaline; plusieurs de ces granulations, surtout celles qui sont placées à la périphérie , sont entourées par une petite coque osseuse d’une ténuité et d'une transparence très-grandes. Il n'est pas rare de trouver quelques-unes de ces granulations qui présentent , dans leur centre , un point jaune , opaque, indice d’une transformation commençante; dans les interstices qui les séparent rampent quelques vaisseaux extrêmement déliés, qui vont s'aboucher avec1 ceux du tissu osseux ambiant, sur lesquels on observe une injection très apparente. La surface de l'os , dans le point le plus voisin de ce dépôt tuberculeux, est souvent doublée par une couche osseuse de nouvelle formation. — Ces granulations présentent une identité parfaite avec celles que l’on regarde généralement comme le rudiment des tubercules pulmonaires ; on en rencontre assez souvent sur les os qui , dans d’autres points de leur étendue, présentent des tubercules bien développés ; et les poumons des individus chez lesquels on les rencontre contiennent ordinairement des tubercules. — Les cloisons osseuses, qui séparent chacune de ces granulations, ne tardent pas à être absorbées et à disparaître complètement, et alors a lieu la deuxième période.

2° Tubercules crus, enkystés. — Ces granulations, étant réunies en une seule masse, perdent leur couleur et leur aspect primitifs; les vaisseaux et les cloisons qui les séparaient ont disparu ; ce n’est plus bientôt qu’une masse d’un blanc opaque, tirant sur le jaune , semblable à du mastic de vitrier, n’étant douée d’aucune élasticité , et conservant l’impression du doigt ; elle est homogène , ne contient aucune parcelle osseuse, et présente quelquefois de légères marbrures plus blanches ou légèrement grises. — Cette matière est renfermée dans un kyste qui tapisse toutes les anfractuosités que présente la cavité tuberculeuse. Ce kyste, de peu d’épaisseur, est d’abord gélatineux , transparent , mais finit par acquérir une grande force de résistance, et contient des vaisseaux d’autant plus nombreux que le tubercule est plus ramolli. — La cavité osseuse est plus ou moins régulièrement arrondie, quelquefois anfractueuse, offrant plusieurs arrière-cavités qui viennent s’ouvrir dans le foyer central. Sa surface, bien qu’en général lisse, présente quelquefois une foule de petites aiguilles osseuses extrêmement déliées, presque toutes parallèles, et dirigées vers le centre de la cavité. D’autres fois, au lieu d’être entièrement osseuses, ces parois sont formées de tissus osseux , fibreux , cartilagineux: c’est lorsque, parsuite de son développement , le tubercule est parvenu à la surface de i’os; lorsqu il est sous-jacent au périoste , que ce dernier s hypertrophie , et adhère fortement au kyste. Du reste le tissu osseux qui limite l’excavation a conservé sa densité et sa texture normales ; toutes les parties envahies par le tubercule , au lieu d'être refoulées par lui , sont détruites comme par un emporte-pièce. — Ces collections tuberculeuses ont une étendue qui varie de deux à trois lignes de dia-

mètre jusqu’à quinze et vingt lignes ; elles ne sont pas en général très-nombreuses, et il est plus commun d’en trouver une seule assez vaste que plusieurs d’une petite dimension. — Lorsqu’un tubercule se développe dans un os, son périoste devient plus vasculaire, ainsi que l’os dans le point le plus rapproché de la production accidentelle. Cette vascularité est bientôt suivie de la déposition de couches osseuses de fondation nouvelle ; aussi les tubercules développés près de l’extrémité d’un os s’ouvrent plus facilement dans la cavité articulaire qu’à la surface de l’os , et cela se conçoit, puisque, après avoir traversé tout le tisu osseux primitif, le tubercule a encore à traverser toutes les couches osseuses de formation nouvelle, tandis que, du côté de l’articulation, aucun obstacle analogue ne se rencontre.

3° Tubercules ramollis. — Plus tard la matière contenue dans le kyste se ramollit, et tantôt ce ramollissement s’opère régulièrement du centre à la circonférence, tantôt il procède d’un point de la périphérie pour se propager à toute la masse.

4° Travail d’élimination. — La collection de matière tuberculeuse se comporte alors comme un véritable abcès qui, arrivé sous la peau, l’enflamme, la perfore, et laisse s’écouler un liquide grumeleux, composé de flocons blancs, caséeux, suspendus dans une sérosité louche. Lorsque toute la matière est évacuée, il reste une fistule fournissant chaque jour une quantité variable de pus séreux.

5° Travail réparateur. — Au bout d’un temps très-variable, lorsque le malade peut résister à l’abondance de la suppuration, il se manifeste une tendance à la guérison : le kyste prend un accroissement considérable , il s’épaissit, s’hypertrophie au point de combler entièrement la cavité qu’il tapisait ,et il finit par présenter complètement l’aspect du tissu fibreux médullaire. — La terminaison de celte affection n’est pas toujours aussi heureuse ; on peut dire cependant, d’une manière générale, que la maladie tend d’autaut plus ver» la guérison que le foyer primitif du mal est plus rapproché de la peau.

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