XIV. Du sarcome
2045. Le sarcome (sarcoma , tumor sarcomatosus ) consiste en une tumeur indolente, régulière à sa surface , légèrement dure, offrant, dans son intérieur, une substance charnue, homogène, se développant de toutes pièces dans uue partie quelconque du corps, et d’autres fois consistant dans la dégénérescence d’un organe, de la glande mammaire, de la parotide, du testicule, etc.
2046. La forme de ces tumeurs varie beaucoup : quelquefois elles sont pédiculées ; elles se développent ordinairement avec rapidité, et peuvent acquérir’un volume considérable; elles possèdent à peine un faible degré de sensibilité, et supportent une pression même assez forte sans faire éprouver aucune douleur. Tant que la tumeur est petite, la peau qui la recouvre conserve ses caractères naturels ; mais, lorsqu’elle a pris un grand développement, les veines superficielles se tuméfient notablement, la peau devient tendue, s’enflamme, et il se forme des ulcérations. Ordinairement ces ulcérations déterminent une destruction partielle et quelquefois totale de la tumeur. Dans le plus grand nombre des cas cependant elles ont une in-
fluence fâcheuse 6ur le reste de l'économie. À mesure que le sarcome se développe, la substance qui le constitue peut êlre prise de diverses altérations organiques.
2047. La cause de ces tumeurs est toujours une inflammation , ou du moins une irritation qui se manifeste sous l’influence d’une cause extérieure, ou d’une diathèse, et particulièrement des affections scrofuleuse ou syphilitique. Par suite de cet état morbide il se forme, dans les tissus, une exsudation de lymphe plastique dans laquelle s’étendent les vaisseaux des parties environnantes. I)ans d’autres cas c’est la nutrition d'un- organe qui est augmentée, et la production graduelle d’une substance homogène, morbide, amène la formation et le développement d’un système vasculaire nouveau qui préside à l’augmentation de la tumeur.
2048. Au début de l’affection on peut en enrayer la marche, et quelquefois la faire rétrograder en diminuant l’activité anormale du système sanguin local. Des sangsues souvent appliquées, des fomentations froides continues, des dérivatifs, la compression, etc., peuvent quelquefois amener ce résultat ; mais, iorsque la tumeur est volumineuse, l’extirpation seule, la ligature des principaux vaisseaux ou un séton qui traverse la tumeur, peuvent seuls la faire diminuer. Ce dernier moyen amène l’oblitération des vaisseaux nutritifs, soit par l’inflammation qu’il détermiue , soit par la suppuration qu’il entretient. L’extirpation se pratique d’après les règles établies pour les tumeurs enkystées.