C. CANCER DE LA PAROTIDE
Kaltschmied, De tumore gtandutæ parotidis féliciter exsiirpa'o. Jena, 1752.
C. Siebotd , Paroi idis seirrbosae féliciter exstirpatai Hisloria. Erfortl, 1781.
C. Siebotd , (P.esp. Ortli) , Dis», de scirrlio parolid s. Wtirtz.. 1793.
B . Siebold , Bistoria systeinatis salivalis. Jena, 1797, pag. 151.
O /Je, Zeitschrift liber die Natur-und HeilUuuJe. Dresde, 1819, vol . ï, cah. 1.
Klein, Journal de Graefe et I Yallher, vol. I. cah, T.
K/H. , Dus. de indurat. et exsMrpat. gtandutæ parotidls. Bonn, 1822.
B a.irnberij , De exstirpat. gtandutæ parotidis et submaxillaris. Uroning., 1829.
2190. La parotide est exposée à diverses dégénérescences, dans lesquelles son volume est augmenté, et alors elle forme une tumeur plus ou moins considérable. Cette glande peut être le siège d’une induration , d’une dégénérescence sarcomateuse, ri’un squirrhe, d’un cancer et d’un fongus
CANCER DE LA PAROTIDE
médullaire. — Les tumeurs enkystées qui se développent dans le parenchyme de cet organe ou dans son voisinage, de même que l'engorgement des glandes voisines, peuvent être facilement pris et même ont été pris pour un engorgement de la parotide.
2191. L’engorgement de la parotide est caractérisé par une tumeur toujours circonscrite, développée entre l’apophyse mastoïde et la branche ascendante de la mâchoire inférieure. Sa forme est plus ou moins irrégulière, tantôt ovale et tantôt pyramidale; elle soulève l’oreille et la refoule en haut. — L’axe de cette tumeur correspond toujouis à une ligne droite que l’on tirerait de l’apophyse mastoïde à l’angle de la mâchoire inférieure; ou du moins il s’éc irle peu de celte direction. C’est dans les cas où lu tumeur est peu volumineuse qu’elle offie une forme pyramidale dont la hase est assise sur la branche de la mâchoire, et sa pointe dirigée directement en dehors.
2192. Le diagnostic différentiel de l’engorgement de la parotide so base d’après les circonstances suivantes : le squirthe forme une tumeur peu Volumineuse, dure comme une pierre, inégale à sa surface, présentant des sillons assez profonds , et des saillies globuleuses plus ou moins prononcées; il est peu mobile, forme peu de saillie au dehors, se développe plus particulièrement en profondeur, comprime les vaisseaux, et les nerfs , devient le siège de douleurs lancinantes qui décèlent assez la dégénérescence cancéreuse. — L'induration de la parolide succède à une inflammation [ § 129 ); elle est moins dure, moins inégale que le squirrhe, et De présente poinl les caractères du cancer occulle. Bans la dégénérescence sarcomateuse la tumeur est plus rnoile que dans le squirrhe et l'induration. Son développement est assez rapide; elle est mobile, et peut également faire une saillie plus ou moins prononcée. — Le fongus médullaire de la parotide forme une tumeur qui atteint rapidement un volume considérable, qui, lorsqu’elle s’entr’ouvre, livre passage à des fongosités abondantes, et devient le siège d'hémorrhagies fréquentes.
2193. Les tumeurs enkystées de la parotide qui se développent dans son parenchyme ou dans le voisinage de la glande se distinguent des tumeurs dont nous venons de parler en ce que le plus souvent elles affectent une forme ronde, régulière à leur surface; quelquefois leur face antérieure est aplatie. Leur développement n’est point uniforme; elles sont molles, et offrent une sensation obscure de fluctuation. Dans l’engorgement des ganglions lymphatiques plusieurs de ces organes son! simultanément affeclés; les tumeurs sont plus molles, et l’on rencontre avec lui les caractères généraux propres à l’affection scrofuleuse. Le siège des engorgemens des glandes sous-maxillaires suffit pour les faire distinguer des tumeurs de la parotide.
2194. Dans le squirrhe de la parotide, comme dans son fongus, l'extirpation est le seul traitement convenable, bien qu’il soit encore douteux; dans l’induration de la parotide on a proposé une
foule de moyens pour en opérer la résolution : ca sont la ciguë, l’antimoine, le mercure, le baryte, l’iode; à 1 extérieur, les frictions mercurielles iodées, les cataplasmes, les applications aromatiques sèches, la ciguë, la jcSquiame, la belladone, le stramonium, les vapeurs émollientes, les emplâtres résolutifs, etc. Les tumeurs sarcomateuses de la parolide peuvent peut dire diminuer un peu sous l’influence des applications fréquentes de sangsues, d'un exutoire sur la tumeur tf u dans son voisinage, ou d’un séton passé au travers de la tumeur. Ces moyens devraient diminuer la force nutrilive de la tumeur, et le séton amènerait l’oblitération de ces vaisseaux par l’inflammation qu'il détermine, et sa fonie par la suppuration qui s’en empare. Mais ces divers traitemens np peuvent cependant être appliqués que dans les ras où l’altération de la parotide est peu ancienne, et n’a pas a t lei u l un haut degré. Néanmoins noos ferons remarquer que les tentatives faites pour obtenir la résolution ont souvent déterminé une accélération du mal. Lorsque, dans la dégénérescence sarcomateuse, les vaisseaux sont très-nombreux, le séton peut déterminer de graves hémorrhagies.
2195. L extirpation de la parotide appartient aux opérations les plus difficiles et les plus graves delà chirurgie; quelques praticiens même l'ont regardée comme impraticable. Les relations intimes de celle giaruie avec de- organes importans, la lésion d artères considérables et de troncs nerveux volumineux , expliquent suffisamment le danger des hémorrhagies, et les accidens mortels qu elle peut amener. Du reste les tumeurs de la parotide ne déterminent ordinairement aucun danger par leur présence , et deviennent rarement cancéreuses ( 1 ). L’expérience a démonlré plus d une fois que l'extirpation de la parotide pouvait être pratiquée sans être suivie d'aucun des accidens que nous venons de signaler. Cet organe est enveloppé d’une capsule fibreuse; et, si cette dernière n’est point adhérente, et si on peut la ménager pendant l’opération, l’extirpation est beaucoup moins longue, et beaucoup moins dangereuse que lorsqu'elle est adhérente. Les vaisseaux qui, pendant l'opération, peuvent être divisés sont : les artères temporale, auriculaire, antérieure, transverse de la face, maxillaire interne ou ses divisions, qui souvent sont très-dëveloppées , enfin la carotide elle-même, qui assez souvent est complètement enveloppée par la parotide. Lorsque l’opérateur procède avec précaution, et avec une connaissance exacte de la situation de ces vaisseaux, on peut les éviter presque tous. Si, pendant l'opération, un ou plusieurs d’entre eux a été divisé, nous sommes toujours à même, par l’un des procédés que nous indiquerons plus tard, de prévenir une hémorrhagie mortelle. — Les nombreuses ramifications de la troisième branche de la cinquième paire de nerfs, le nerf communiquant de la face, et la troisième paire des nerfs cervicaux, doivent être divisés ; la
(1) R chter , Anfangsgrümie, part . IV, § 401, 402.
CANCER DE LA PAROTIDE
section du tronc du nerf facial n’esl pas absolument nécessaire. {Kyll.) Les tumeurs squirrheuses de la parotide sont toujours les plus difficiles et les plus dangereuses à extirper, parce qu’elles sont toujours très-adhérentes aux parties voisines, et, pour peu qu’il reste une portion malade, la guérison est impossible. Dans l'induration et le sarcome de la parotide la tumeur est plus mobile, la capsule qui l’environne est intacte, et il n’est pas rigoureusement indispensable d’enlever tout le mal.
Bums (1) pense que , dans tous les cas cités par tes auteurs d'extirpation de la parotide, ce n'est pas cette glande qui a été enlevée, niais bien l’une des glandes congtobées, qui , ordinairement au nombre de deux , Sont unies â la parotide. L’une se trouve au-dessous du tube inférieur de la parotide, et l’autre à la partie de cette glande qui se trouve en face de la division de la carotide externe en artère maxillaire et artère temporale, ta première de ces glandes u'est pas située très-profondément , puisqu’elle n'est séparée de la peau que par le fascia cervicalis et le lobe infér ieur de la parotide. Bums a plusieursfois essayé sur le cadavre défaire l’extirpation de tumeurs de la parotide , mais jamais il n’a pu enlever toutes les parties malades (pag. 247).
2196. Pour qu’on puisse pratiquer l’extirpalion de la parotide le malade doit être étendu sur une table étroite couverte d'un matelas; il doit être couché sur le côté sain, la tète un peu élevée, de manière à ce que la lumière tombe en plein sur la tumeur. Lorsque la tumeur est peu volumineuse, que la peau qui la recouvre n’est ni adhérente, ni altérée, un aide place ses doigts de chaque côté de la tumeur, tend la peau, et tâche de faire saillir la tumeur. L’opérateur fait une incision longitudinale qui, partant de l'apophyse mastoïde, descend dans la direction de l'angle de la mâchoire. Lorsque la tumeur est volumineuse, on fait une incision cruciale , et si la peau est adhérente ou malade , on la circonscrit par deux incisions semi-elliptiques , qui se réunissent en haut et en bas. C’est dans cette direction que le muscle peaucier est divisé : les vaisseaux sont liés aussitôt qu’ils sont divisés; la peau est détachée de la partie antérieure de la tumeur jusqu’à sa base ; la capsule fibreuse est alors incisée dans une étendue convenable, et la tumeur énucléée. Pendant l’opération un aide doit constamment faire tomber sur ta plaie un filet d’eau afin de la nettoyer du sang qui s’écoule, afin aussi de faire découvrir les vaisseaux qui fournissent du sang, et de pouvoir les lier. Les tumeurs sarcomateuses ont quelquefois assez de résistance pour pouvoir être énucléées d’une seule pièce avec les doigts. Lorsqu’elles se déchirent, ce qui arrive souvent, les différentes parties qui restent doivent être soigneusement enlevées les unes après les autres. — Lorsque la capsule fibreuse est adhérente à la glande , et qu’il est impossible de la laisser intacte si on veut enlever l’organe malade, l’opération est alors extrêmement difficile, elexige de très grands soins.
(1) Anatomie chirurgicale du cou. Londres, pag. 251.
2197. Dans les cas où, pendant la séparation de la tumeur, on rencontre, à sa partie postérieure, une adhérence très-grande avec l’artère carotide située immédiatement en arrière, ou même dans un sillon creusé dans son épaisseur, il faut isoler autant que possible la tumeur, placer autour d’elle, et aussi loin que possible , une ligature , ou même lier le tronc de la carotide, et achever l’extirpation (1). La ligature de la carotide peut encore être pratiquée dans les cas où la tumeur s’enfonce profondément derrière ce vaisseau, et où l’on soup- Cou ne de fortes adhérences avec lui. On a conseillé, dans ces cas, de pratiquer la ligature quelques semaines avant de procédera l’extirpation. L’opéralion alors peut être laite avec beaucoup plus de sûreté. Quelques tumeurs de la parotide peuvent, après la ligature de la carotide, diminuer de volume au point de rendre tout à fait inutile l’extirpation que 1 ou voulait pratiquer auparavant. (Kyll, p. 18.)
2198. Si, pendant l’extirpation de la parotide, 1 artère carotide était ouverte, oti chercherait à la saisir avec une pince ou une airigne afin d’en faire la ligature; si on ne peut y parvenir, la compression avec les doigts ou un tampon peut arrêter l’hémorrhagie (c’est du moins ce qui est arrivé une fois (2) pour la lésion de la carotide faciale). Ou bien encore on fait comprimer le point où l’artère est ouverte, et on procède immédiatement à la ligature de la carotide primitive.
2199. L’extirpation achevée, la plaie nettoyée, et les fils des ligatures ramenés au dehors par le plus court chemin, on rapproche les bords de la plaie aussi exactement que possible à l’aide de bandelettes de diachylon. On place l’opéré dans son lit, et on le fait coucher sur le côté malade. Les accidens qui peuvent survenir sont une inflammation violente, des accidens nerveux, une hémorrhagie consécutive, etc. Chacun de ces accidens réclame un traitement spécial, ainsi que nous l’avons établi plusieurs fois.
Des cas d’extirpations de ta parotide sont mentionnés par
Prieger, Journal de Graefe et tPaHher, vol. II, cah.III, Pag. 454.
Piieger, Rust’s Magazin, vol. XIX, cah. u, pag. 303.
Be rendis, Même journal, vol. X1LI, cah. I, p. 159.
Schm'dt, Même journal, pag. 312.
Weinhold , Salzburg. med. Zeitung , 1823, vol. IV, pag. 63.
B e dard, Archives générales de médecine, janvier 1824.
Che/ius, Heidelberg, kliniscbe Annaie , vol. II, cah. II.
Kirby, Addit.obs, on the treatenienlof liœmorrboïdal excrescenze , etc. Dublin, 1825.
Cletlan , American medical Review, 1826.
Ciellan, Uamb. Jlagazin, janvier, février 1828, p. 141.
(1 ) Zang, Operationen, vol. II, pag. 618.
(2) Larrey, Mémoires de chirurgie militaire, vol. I, pag. 309.
CANCER. DE LA MAMELLE
D. CANCER DE LA MAMELLE
Heisler , De optimà cancrum mammarum extirpant ratione. Altf., 1720.
Tabor, De cancro mammarum , etc. Francf., 172t. Vacher , Diss. sur le cancer du sein. Besanç tri, 1740.
De Haupeville. De la guérison du cancer du sein. Rouen,
Adams, Observations on cancerous breast. Lond., 1803. Ru il tarifer, Abliandl. ütier die Operationsmethoden, v.I, p. 122; — voi. h, p. 334.