‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 347 sur 444 · C. Ben, Médico-chirurgical Transactions, vol, xU , part.I · texte numérisé non relu

C. Ben, Médico-chirurgical Transactions, vol, xU , part.I

* A. Cooper , \ traduit par Chassaignac et Rwhelot , pag. 503.

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2200. La glande mammaire est, de tous les organes, celui qui est le plus souvent affecté de squirrhe. Cependant cela est très-rare chez l’homme. Tout ce que nous avons dit du cancer en général sous le rapport de son mode de formation trouve ici son application. Cependant la marche de la maladie présente quelques particularités propres à cet organe.

2201. Le plus ordinairement sans aucune cause connue, souvent aussi à la suite d’un coup ou d'une pression, la mamelle devient le siège d’un noyau dur, rond, mobile. A mesure que ce noyau se développe. il devient inégal et bosselé à sa surface. Un second, un troisième turbercule se développent, et ils sont unis les uns aux autres par’ des traînées indurées de tissu cellulaire. A mesure que ces différens noyaux d’engorgement s’étendent, ils se rapprochent les uns des autres, se confondent entre eux et avec la glande ; ils se développent principalement dans la direction de l’aisselle. Un peu plus lard il se développe des douleurs lancinantes qui n’augmentent point à la pression, et qui assez souvent s’étendent à l’épaule et au bras. A mesure que la tumeur augmente, et que les douleurs deviennent plus intenses, l’affection se rapproche de la peau, qui alors se fronce, et parait comme couverte de stries de tissu médullaire ; les glandes sébacées sont souvent remplies d'une masse noirâtre. Peu à peu la tumeur contracte des adhérences avec la peau, qui s'élève notablement dans certains points ; elle devient rouge, eile s’amincit, ses veines se tuméfient, le mamelon se relire et s’efface, et, au lieu d’une élévation, forme assez souvent un enfoncement. La peau enfin s’enlr’ouvre, et il s’établit un ulcère qui s étend dans

toutes les directions, et dont les bords sont durs, rouges et brillans, et dont le fond est comme gan • gréueux. L'écoulement purulent est moins copieux cl moins infect que dans les autres cancers. L’ulcère représente assez un sillon profond, sans excroissances fongueuses. Les glandes de l’aisselle, les glandes sous-claviculaires, etc., s’engorgent si déjà elles n'ont depuis longtemps subi aucune altération. Dans celte période de l’affection, et quelquefois avant que la tumeur soit ulcérée, les malades accusent, dans plusieurs parties uu corps, suilout aux lombes et aux cuisses, des douleurs rhumatismales. Les fonctions digestives s’altèrent, la face prend un aspect e! une coloration terreuse pai lieuliére ; le bras du côté malade s’infiltre, et ne peut plus ètie éloigné du corps, et enfin la mort survient au milieu des accidens de consomption que nous avons indiqués plus haut. Quelquefois celte espèce de cancer de la mamelle se développé à la suile d’une inflammation squirrheuse, et alors la mamelle, dans sa total i lé, est tuméfiée. Dans d’autres cas l’induration existe depuis longtemps sans qu'il se manifeste aucune dégénérescence squirrheuse.

2202. Souvent le squirrhe de la mamelle commence, en un point quelconque de la glande, sous la forme d’un noyau qui envoie un prolongement en forme de cordon vers I aisselle ; à mesure que l’affection fait des progrès toute la giande mammaire est convertie en une masse dure et saillante ; sa surface est bosselée, la peau qui la recouvre est bleuâtre et noirâtre. La tumeur contracle rapidement des adhérences avec la peau et avec les parties voisines, s’étend promptement à l'aisselle; il n'est pas rare cependant de rencontrer cetle dernière région iniacle. A l’ouverlnre de la tumeur il s’établit une ulcération qui tantôt est superficielle et tantôt profonde: l’ulcère a un fond sale, des bords rouges, durs, renversés, et, audessous de la peau ou dans son épaisseur, on rencontre en plusieurs points des tubercules indurés. La sécrétion du pus est très-abondante , et possède une odeur infecte. Souvent il survient des hémorrhagies abondantes , et la mort arrive au milieu des accidens déjà signalés.

Le cancer du sein s’étend ordinairement de la glande vers l'aisselle ; mai . celle marche est loin d’èlre constante. J’ai vu, à La Salpétrière , une femme affectée de cancer au sein droit : l’ulcération s’étendit graduellement vers le sternum, envahit le sein du côté gauche , et la poitrme de la malade ne présentait plus qu’une vaste plaie en suppuration , et hérissée de nodosités très-dures. Les glandes des aisselles étaient encore intactes. — Chez une autre femme, dans le même hospice, j’ai vu l’ulcération envahir successivement ies parties profondes, détruire ies muscles et deux cotes, perforer le poumon , et donner lieu à une large flstule aérienne.

Les tumeurs squirrheusesdu sein sont quelquefois prises de sphacÈle , et aors elles tombent , et font place à une plaie simple, qui guérit assez rapidement. Dupuytrcn a cité plusieurs cas de ces guérisons spontanées : j'ai pu en Observer un cas , à la Salpétrière (dans le service de Cruvci kier)t

CAHCER DE LA MAMELLE

cjtii a pu , lui aussi , en constater plusieurs. Les faits observés par Dupuytren sont authentiques, bien qu’un soi-disant praticien (l) ait contesté leur existence.

{Note du traducteur.)

2203. Le cancer delà mamelle se développe quelquefois à la suite d'un cancer cutané. D abord c est un tubercule, une verrue ou une petite tache dure qui se sont développés en un point quelconque de la peau , qui peu à peu s'est enflammée tout autour, s’est ulcérée , et est devenue le siégé de douleurs lancinantes. L’ulcère présente des bords et un fond durs; il s’étend de la même manière que les ulcères cutanés, c’esl-à dire plutôt en surface qu’en profondeur. Cependant il n est pas rare de le voir gagner et envahir la glande mammaire : dans ces cas les glandes axillaires s’engorgent beaucoup plus tard que dans le cancer primilit de la glande.

2204. Le cancer de l’auréole du mamelon se manifeste par une tuméfaction granuleuse des glandes sébacées qu’on rencontre dans celle partie : la peau s’ulcère ; le mamelon ne tarde pas à être attaqué et même détruit par l’ulcération. Une ceinture foncée située dans la peau entoure la partie ulcérée; la mamelle affectée se tuméfie, devient ronde et élastique; les parties voisines nesubissent aucune modification. À la surface de 1 ulcération on voit s’élever une excroissance fongueuse , qui est immédiatement remplacée par une autre dès qu’on l’a détruite. Abandonnées à elles-mêmes, ces excroissances forment une l'ongosilé molle trèsvasculaire ; la mamelle, qui est le siégede douleurs lancinantes, devient plus saillante à leur niveau. Si on détruit ces fongosités , l'état d’irritation où se trouve la mamelle disparaît. — Tôt ou tard surviennent ies accidens qui annoncent l’infection générale; les malades maigrissent; la peau prend une couleur jaune terreux , jaune paille , et bientôt le dos et les lombes deviennent douloureux; ils succombent assez souvent avant que l’affection de la mamelle se soit considérablement étendue.

2205. Le cancer du mamelon commence par une tumeur arrondie qui se développe à la base de cet organe, etn’est point douloureuse, mais très-dure, et inégale à sa surface. A mesure que la tumeur augmente , elle devient le siège de douleurs lancinantes qui la traversent en tous les sens, et qui s’étendent jusqu’à l’épaule. Le mamelon s’ulcère, se recouvre d’une croûte jaunâtre , qui tombe, se reproduit de nouveau, et , pendant ce temps, l’ulcération augmente de jour en jour, et le mamelon est tout entier détiuit, ou converti en une masse squirrheuse. La dégénérescence s'étend dans une grande éiendue autour du mamelon , les douleurs deviennent puis vives, mais la partie malade est insensible au toucher; il ne se forme plus de croûtes, l’ulcère sécrète un pus ichoreux, et défi) Vidal (de Cassis), Médecine opératoire, T. I, p. 100,

vient quelquefois le siège d’hémorrhagies; les glandes axillaires se tûméûent, et les phénomèr nés ordinaires de la consomption se terminent par la mort.

D’après A. Conper la dégénérescence fongueuse du mamelon commence de la même manière : en arrière de cet organe, et presque intimement unie à lui, une tumeur ronde , mollasse , se développe comme dans le squirrhe; elle est douloureuse quand on la touche, et , hors de celte circonstance, elle est complètement indolore. Au bout de quelque temps la tumeur acquiert un. volume considérable.

A. Cooper a appelé l’atlention sur une tuméfaction qui se développe en arrière du mamelon , dont elle occupe la parlie postérieure dans une étendue d’un pouce de circonférence, Celle tuméfaction survient ordinairement entre la septième et la douzième année [ en France entre la quatorzième et la dix-septième année]. Elle affecte plus particulièrement les garçons que les filles, survient le plus souvent d’un seul cèté , rarement des deux. Elle est Irès-sensible , quelquefois très-douloureuse au loucher; elle est mobile, et la peau qui la recouvre n’est point modifiée Cette tuméfaction est de bonne nature , se ramollit, et disparait sou3 l’influence des applications résolutives, et par l’emploi interne du calomel uni à la rhubarbe.

2206. Les phénomènes qui accompagnent le développement et la marche du cancer de la mamelle offrent , avons-nous dit plus haut , quelque; particularités. Souveut le, squirrhe existe depuis long temps dans la mamelle sans causer aucun accident; souvent il s’y développe rapidement, et aussitôt se manifestent des symptômes généraux qui, dans le squirrhe des autres parties, ne se développent que plus tard. Souvent l’ulcération qui s’en empare survient à la suite d’une violence externe , et souvent aussi à la suiie de la suppression des règles. Quelquefois le cancer déclaré de la mamelle est peu douloureux; quelquefois au contraire il l’est d’une manière extraordinaire. En général , plus les douleurs du squirrhe ou du cancer sont intenses , plus aussi sa marche est rapide. Sous ce rapport aussi nous devons distinguer un cancer aigu et un cancer chronique de la mamelle.

Le cancer aigu commence par un ganglion dur situé profondément dans la mamelle: dans le principe il est mobile. Un ou deux mois après il devient adhérent à la peau , dont la couleur s’altère. La dureté envahit bientôt toute la mamelle. En un point quelconque elle devient plus saillante ; elle est d’un rouge pourpre et élastique : on dirait qu’elle contient du liquide. Les douleurs sont trèsvives, lérébrantes comme dans le panaris; la glande mammaire ne se développe point d’une manière régulière, mais bien en formant diverses tumeurs. Les gtandes cutanées paraissent hypertrophiées ; la surface de la peau est parsemée de petits points blancs, qui deviennent de jour en jour plus évidens à mesure que la tumeur se montre d'un rouge plus foncé. Sur le point culminant il se forme un ramollissement qui semble annoncer unesuppuralion imminente, uiaisqui ne se déclare pas. Le squirrhe se développe rapidement , de même que la rougeur et les douleurs. La face prend

CANCER BE LA MAMELLE

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une expression de douleur el d’anxiété, la peau une coloration jaune paille, et les malades sont pris de faiblesse el d’abattement. Les ganglions cutanés qui ont grossi deviennent noirs, s'ouvrent, ellaissent échapper d’abord un peu de sang , et pius tard de la sérosité. La surface de l'ulcère s’étend, la mamelle paraît creusée profondément par une ulcération irrégulière , à fond noirâtre, couvert d’escharres. Ses bords sont saillans, et entourés de nodosités qui finissent par s’ouvrir, se vider, tomber en gangrène ; el former autant d’ulcères profonds. L’ulcère primitif s’étend par la mortification de ses tubercules, et s’étend toujours davantage sans jamais rester stationnaire.

On peut regarder comme cancer chronique de la mamelle celte espèce de squirrhes qui sont secs et durs comme du cartilage, et qui , après avoir atteint un certain degré, se retirent sur eux-mêmes: la peau qui les recouvre se fronce de manière à former des sillons plus ou moins profonds dans lesquels se cache le mamelon. Cette variété se rencontre surtout chez les vieilles personnes à fibres lâches el sèches ; quelquefois ce squirrhe s’ouvre par une ulcération superficielle, qui se referme bientôt à l’aide d'un tissu inoduiaire ( 1 ). Les douleurs ne sont pas Irès-intenses , elle mal peut rester pendant nombre d’années sans faire aucun progrès.

De nombreux faits ont démontré à Dupuyt'ren qu'uns foule d’engorgemens simples de la mamelle disparaissent complètement pendant le travail de sécrétion auquel les mamctlesvsont soumises dans la grossesse , tandis que le squirrbe et le cancer restent st ationnaires pendant cette période, mais prennent un accroissement extraordinairement rapide dès que l’accoucbement a eu lieu.

(Abîc du traducteur .)

2207. La structure du squirrhe de la mamelle est la même que celle du squiirhe en général : à la section il présente une massecxlrêmement dure, dont le point central offre des stries blanches, rayon.iées , entre lesquelles s’en montrent de semblables qui croisent les premières; en sorte que la surface coupée présente un tissu réliculé dans les mailles duquel est déposée une masse blanche , lardacée ; dans quelques cas la tumeur forme une masse complètement lardacée, dans laquelle on distingue peu de stries blanches, lesquelles ne s’étendent point, comme duns le cas précédent, audelà des limites de la tumeur. Les rapports de ces stries blanches avec la tumeur sont en général trèsimportans; presque toujours ils s’étendent beaucoup plus loin que l’engorgement irrégulier que l’on sent à travers les tégumens. L'effacement du mamelon donne ici un caractère important ; il est déterminé par ces stries , qui partent du centre de l’engorgement, et s'étendent au mamelon en passant entre les vaisseaux galactopbores. Ces stries s'étendent au-delà des limites de la glande dans le tissu celluîaûe ambiant.

(1) Dict. des sciences médicales, vol. lit, pag. o5-5.

Voyez ; C. Bell, Loco ci kilo, p!. Il, III.

Froriep’s chirurg. Kupfertafeln.

2208. La glande mammaire peut être le siège de différentes tumeurs, qu’il est quelquefois trèsdifficile, même pour des praticiens exercés, de distinguer du squirrhe; et c’est probablement une méprise de diagnostic qui a fait croire à quelques personnes quelles ont guéri de véritables squirrhes de la mamelle par des médicamens locaux ou généraux. Ces tumeurs sont : 1° une affeclion inflammatoire et une tuméfaction douloureuse des vaisseaux lymphatiques qui s’étendent delà glande à l'aisselle, ou un engorgement de la glande ellemême, ou enfin une tumeur qui est resiée après une inflammation et une suppuration de cet organe; — 2° des ganglions lalleux ; — 3° des eugorgemens scrofuleux ; — 4° une affection herpétique ou psorique ayant surtout son siège autour du mamelon; — 5° des tumeurs enkystées; — 6° une dégénérescence stéatomateuse; — 7° un fongus médullaire ; — 8° une tumeur sanguine. — Un examen allenlif des circonstances qui ont précédé ou suivi la formation de ces tumeurs peut seul conduire le praticien au diagnostic.

2209. Les affections inflammatoires chroniques des vaisseaux lymphatiques ou de la glande mammaire sont caractérisées surtout par la douleur que détermine la pression, ce qui n’a pas lieu dans le squirrhe. Les abcès chroniques se développent souvent daDs le parenchyme de la glande, d’une manière extrêmement lente, sous la forme de tuméfactions dures, dans lesquelles se déclare plus tard de la fluctuation , qui souvent est très-obscure. Dans tous les cas le point ramolli est entouré , dans une certaine étendue, d’un engorgement dur. Ces abcès peuvent être d’autant plus pris pour des engorgemens de mauvaise nature que leur développement est souvent accompagné d’un trouble plus ou moins grand dans l’étal générai des malades. Des applications irritantes , des vésicatoires , î’ouvertuie des tumeurs , des cataplasmes joints à quelques moyens généraux capables d’améliorer la constitution , peuvent avancer la guérison. — Les indurations de bonne nature se rencontrent plusparticulièrementchez des sujets jeunes, bien portails, ordinairement entre l’époque de puberté et la trentièmeannée. La lumeurest en général superficielle; au toucher on la croirait formée par l’hypertrophie d’un des lobes de la glande , ou par le rapprochement de plusieurs tumeurs en une seule. Elle est mobile, sans prolongement vers Faisselle, sans douleurs à la mamelle , a l’épaule et au bras , sans trouble dans le reste de l’économie, sans affection des glandes axillaires ; enfin elle est moins dure que le squirrbe. Celle affection paraît avoir des relations sympathiques avec l’utérus : on la rencontre plus particulièrement chez les femmes non mariées, ou chez celles qui, étant mariées, sont restées stériles. Les causes occasionnelles sont assez souvent un coup , une chute, etc., mais il faut qu’il existe une certaine prédisposition. CeUe tu-

CANCER DE LA MAMELLE

meur augmente lentement, n'acquiert jamais un grand volume , reste pendant longtemps sans déterminer de douleurs. Quelquefois cependant, au bout de plusieurs années, elle devient le siège de douleurs analogues à celles du rhumatisme. Les résolutifs , les applications fréquentes de sangsues, le mercure , la ciguë . l’iode à l'intérieur et à l’extérieur, unis aux moyens qui peuvent régulariser les fonctions de l'utérus et améliorer la constitution, font souvent diminuer les douleurs, et même les font disparaître complètement. Si ce résultat ne pouvait être obtenu , si la tumeur augmente , il est indiqué d’en taire l’extirpation , qui alors est facile à cause de sa mobilité. Cette opération n'est suivie d’aucune récidive. Si on l’examine après l’ablation, on trouve qu’elle est formée par un certain nombre de lobules de la glande unis par du tissu cellulaire épaissi et induré. La suppression des menstiues peut faire dégénérer une semblable tumeur; il n’est pas rare de la voir diminuer et même disparaître pendant la grossesse et l'allaitement, alors même qu’elle a résisté à toute espèce de traitement.

2210. Les personnes très-sensibles qui se trouvent entre l’âge de quinze et trente ans, dont la menstruation est supprimée , irrégulière ou faible , ou qui ont des flueuers blanches, peuvent, à la suite d’un coup ou d une violence quelconque sur la mamelle, être prises dune sensibilité trèsgrande au moindre contact, et même de douleurs qui s’étendent de ia mamelle à l'épaule, jusqu'au coude , et assez souvent même jusqu’à la main et aux doigts. Dans ces cas tantôt il y a engorgement d'un lobe de la mamelle, et tantôt cet organe est sain. Avant l’époque do l’écoulement mensuel la tuméfaction augmente ; elle diminue lorsque l’écoulement cesse. La sensibilité est telle qu’elle détermine souvent de l’insommie et de l'agitation, même lorsque la malade est au lil ; le poids do la mamelle est intolérable; il survient aussi des vomissemens au milieu de douleurs très-vives. La peau de la mamelle n’est point altérée , et ne présente aucune trace d'inflammation. Quelquefois l'affection se borne à une pei i te portion de la mamelle ; que'quefois elle en envahit une grande partie ; il n’est même pas rare de la voir attaquer simultanément les deux glandes. Les causes de cet étal morbide sont toujours une constitution irritable, et un trouble dans les fonctions de l’utérus. — A l’extérieur on applique la belladone, l’opium, l’extrait de ciguë, un emplâtre savonneux , du taffetas gommé, etc. , et des sangsues si 1 irritation est très-vive. A l’intérieur on prescrit des médicamens capables de diminuer la sensibilité exagérée , et de régulariser les fonctions de l’utérus : le calomel uni à l'opium , les purgatifs doux , l’eau de laurier-cerise, la ciguë et la rhubarbe, plus tard des toniques, surtout les préparations de fer , et un régime approprié sont les moyens les plus convenables.

2211. Les ganglions laiteux présentent souvent Ja même dureté que le sqnirrhe ; mais ils se déve-

loppent toujours pendant la grossesse , on dan* la semaine des couches , sous l'influence de toutes les causes qui peuvent amener l’inflammation du sein : un refroidissement, des contrariétés , une frayeur, une irritation mécanique, mie excoriation du mamelon , etc. Dans le principe on voit les signes d’nne inflammation , mais qui ne tardent pas à disparaître ; quelquefois il n’existe aucun signe. Outre les circonslances que nous venons d'indiquer , les ganglions laiteux sont caractérisés par des tumeurs lisses, rondes, extrêmement mobiles ; on les rencontre ordinairement au centre de la glande , non loin du mamelon; ils sout très-limités; le tissu cellulaire qui les environne n’est point engorgé ; ils n’envoient aucun prolongement vers les parties voisines; ils diminuent toujours ou disparaissent même complètement si le lait reprend son cours ; ils disparaissent ordinairement pendant une seconde grossesse, et le rétablissement des règles les fait diminuer dans le plus grand nombre des cas. Ces glanglions prennent un mauvais caractère chez les femmes d’un certain âge qui ne deviennent plus enceintes lorsque l’époque critique est arrivée , ou lorsqu’elles sont entretenues par quelques causes externes, ou par une affection générale, comme la goutte, etc. La tumeur devient alors plus dure , irrégulière à sa surface; le tissu cellulaire qui l’environne s’indure, et il s’établit des cordons de communication entre elle et les parties environnantes. Dans ces cas on doit toujours craindre une dégénérescence squirrheuse.

Nous devons mentionner ici des rumeurs fluctuantes qui se développent a la suite de la suppression de l'excrétion du lait par suite de la déchirure des vaisseaux galactophores , et l’épanctiement du liquide dans le tissu [cellulaire; ces tumeurs contiennent une très-grande quantité de lait. Elles se développent ordinairement peu de temps après l'accouchement , sous ta forme d'un engorgement qui devient fluctuant sans qu'il soit survenu aucun accident inT flammatoirc j la m lade éprouve alors un sentiment douloureux de tension qui augmente par la succion de l'enfant ; la tumeur se développe d’un point quelconque du sein, non loin du mamelon , vers la périphérie ; les veines cutanées se distendent ; ruais la peau en elle-même ne subit aucune altération. Scarpa fl j a observé une tumeur de ce genre qui était survenue hors le temps de l’allaitement, et qui prit un volume si considérable qu’une ponction avec le trocart donna issue à dix livres de lait pur. Un séton fut passé à travers la cavité de la tumeur; elle diminua rapidement, et s'oblitéra en peu de temps. Une grossesse qui survint quelque temps après ne fit remarquer aucune modification dans la sécrétion laiteuse de cette mamelle.

2212. Les engorgemens scrofuleux du sein peuvent facilement être pris pour des squirrhes ; même lorsqu’ils s'ulcèrent, leur aspect devient analogue à celui du cancer. L’âge des malades , les signes généraux de l’affection scrofuleuse , et le nombre de ces engorgemeus dans la même mamelle , qui en général e>l assez considérable, peuvent mettre sur la voie du diagnostic. — Le trai-

(J) Opuscoli dl chirtirgia, vol. n.

CAUCER DE LA MAMELLE

temenl consiste dans l’usage des antiscrofnleux et dans l’emploi local des applications et frictions résolutives.

2213. Les affections herpétiques et psoriques qui ont leur siège sur l’auréole du sein peuvent déterminerun engorgement du mamelon , et même d’une partie de la mamelle ; l’ulcération qu’elles déterminent peut amener de larges destructions. Le mode de formation de ces ulcères et l’état général du sujet peuvent servira établir le diagnostic, et conduire à l’administration du traitement que nous avons indiqué (§ 143).

2214. Les tumeurs enkystées qui se forment dans le tissu cellulaire de la mamelle sont souvent difficiles à distinguer du squirrhe, surtout lorsque le kyste est dur et résistant. N-ous ferons remarquer que la tumeur enkystée n’envoie aucun prolongement comme le squirrhe ; qu’elle est plus limitée, ronde, élastique, ou évidemment Huet liante, suivant l’épaisseur du kyste. Lorsque ce dernier est mince , et que la tumeur est près de la peau , cette dernière prend une coloration bleuâtre ; dans la tumeur enkystée l’économie n’est nullement altérée , il n’y a aucune douleur locale , si ce n’est dans les cas où le kyste est prêt à passer à l’état de suppuration. Lorsque le liquide est évacué , on voit qu’il présente la transparence de l’eau pure , seulement il est légèrement coloré en jaune. — Ces tumeurs ne réclament l’extirpation que lorsqu’elles sont volumineuses; mais, lorsqu’elles sont petites et que leur kyste est mince, on peut se contenter d’y faire une ponction , d’y introduire une’ mèche , et l’inûammaliou adhésive qui s’en empare détermine l'adhérence des parois, ou la suppuration, si elle survient , détache le kyste par lambeaux.

2215. Je regarde comme dégénérescence stéatomaleuse de la mamelle cet état que l’on désigne ordinairement sous le nom de squirrhe vésiculeux , ou de carcinome hydatique de la mamelle : la glande mammaire forme, dans ces cas, une tumeur très-saillante , dont le plus grand diamètre n’est point à sa base , mais Lien à une certaine distance de la paroi thoracique ; la forme de la tumeur n’est point ronde, mais quadrangulaire , plus saillante dans des points que dans d’autres ; le mamelon, loin d’être effacé , est saillant, et présente son aspect normal. Sur plusieurs points on sent que la tumeur est plus dure ; sur d’autres, plus élastique et évidemment fluctuante; les veines qui sillonnent sa surface sont très-volumineuses ; du reste la tumeur est mobile dans tous les sens. — Elle peut acquérir un volume considérable, et persister pendant plusieurs années avant de s'ouvrir, et avant de déterminer un engorgement des glandes axillaires. Dans un cas que j’ai eu l'occasion d’observer chez une personne âgée de trente ans, la maladie resta pendant neuf ans sans s'ouvrir , et sans que les ganglions de l aisselle fussenl affectés. — La tumeur peut être facilement enlevée, et le résultat de celte opération e>t en général favorable, à moins toutefois que l’ancienneté du mal n’en ait amené la dégénéres-

cence squirrheuse. A l’autopsie de la tumeur on trouve qu elle est formée d’un certain nombre de cavités plus ou moins considérables , dont la forme, le volume et le nombre déterminaient la forme générale de la tumeur; ses cellules contiennent un liquide séreux , gélatineux , plus ou moins sanguinolent. D’autres fois elles contiennent des masses lardacées ; ses parois offrent une épaisseur variable , et peuvent même acquérir la consistance des cartilages.

Chelius , Hcidelb. klinische Annale, vol. IV, eah. IV.

A Cooper distingue plusieurs espèces de tumeurs hydatiques de la mamelle ; savoir 1" une tumeur formée de plusieurs cellules remplies d’un liquide séreux : dans le principe elle est dure, s’accroît lentement et sans douleur pendant des mois et des années; au bout d’un temps assez long elle présente des vaisseaux variqueux et des points ramollis, compressibles, fluoluans, qui finissent par s’enflammer et s’ulcérer , et donnent alors issue à une quantité de liquides séreux ou muqueux. Un long espace de temps s’écoule avant qu’un amas de liquides se forme. Tantôt les parois de ces cellules contractent des adhérences , et tantôt l'inflammation successive el la suppuration de plusieurs sacs forment un certain nombre de trajets purulens difficiles à guérir. L’état général est plus altéré : ce dont les malades souffrent surtout, c’est de l'anxiété qu’eiles éprouvent, parce qu’elles croient leur affection de nature cancéreuse. Un examen attentif de ces tumeurs fait reconnaître que les intervalles qui séparent les lobes de la glande et les adhérences celluio-teudineuses qui les unissent sont remplis, et convertis en une masse fibrineuse qui résulte de l'inflammation chronique dont ces parties ont été le siège. Dans quelques-uns de ces intervalles se trouve nue cellule dans laquelle est sécrété un liquide séreux, albumineux, souvent muqueux. Ce liquide peut ne pas s’épancher dans les tissus environnans , soit A cause de sa viscosité, soit à cause de l’induration qui l'entoure ou de la solidité du kyste qui la contient. Les kystes entretiennent une irritation permanente dans la mamelle : de là une exsudation constante de masses fibrineuses , qui donnent à la mamelle un volume considérable, et déterminent des masses plus ou moins nombreuses, solides et liquides. Dans ces cellules séreuses se trouvent suspendues par un pédicule étroit des hydatides , qui, dans leur intérieur , présentent un tissu celluleux rempli de sérosité ; à l’intérieur elles offrent l’aspect ordinaire des hydatides, et dans leur Intérieur elles présentent l’aspect d’une tumeur œdémateuse. Cet état mobide se distingue de l’inflammation chronique par l'absence de sensibilité et de douleur , et de réaction sur le reste de l’économie. Plus tard il s’en distingue par de nombreux points fluctuons , et par l’écoulement, de sérosité ; il est différent du squirrhe en ce qu’il n’est point le siège de douleurs lancinantes , qu’il n’est point dur, et qu’il n’exerce aucune influence sur le reste de l’individu. Un autre caractère de cette maladie hydatique est de ne se développer jamais dans aucune autre partie, de n'attaquer qu’une seule mamelle à la fois , et de ne point se propager par l’absorption. — Le traitement consiste à faire une ponction lorsqu’il n'existe qu’un seul kyste, et à pratiquer l’extirpation lorsque toute la mamelle est affectée. Dans ces cas il faut enlever avec soin tout ce qui est induré et loqtes les parties de chaque ^cellule ; sans quoi le mal récidivera,

2° La mamelle hydatique présente . dans son intérieur, une masse dure formée d'abuminc coagulée , répandue dans les interstices du tissu fibro-eelluleux de cet organe. Entre ces bourses celluleuses remplies de sérosité se trou-»

sso

CANCER DE LA MAMELLE

vent des kystes de different volume, dans cliacun desquels se trouve une tumeur analogue à un polype , et suspendue par un pédicule. Quelques-unes de ces tumeurs sont détachées et libres dans la masse albumineuse que contient la mamelle. Ces tumeurs sont ovales , et , quoique leurs formes soient variables , elles ressemblent assez â des grains d’orge, dont elles ont du reste le volume; incisées , elles paraissent formées de lamelles concentriques. A. Cooper se demande si leur nature n'est pas la même que celle des hydatides globulaires dont nous allons parler, mais qui auraient été comprimées par la masse solide qui les environne, ou si elles sont un produit île sécrétion des artères de la partie. Ces tumeurs sont rares, et l'extirpation est le seul moyen d’en débarrasser les malades.

3° Les hydatides globulaires sont renfermées dans un kyste formé sous f influence d'un travail d'inflammation adbésive. Ce kyste est très-vasculaire, et sécrèle un liquide séreux dans lequel nagent les hydatides, qui n'ont aucune adhérence avec les parois du kyste. A. Cooper ne les a jamais rencontrées que dans la mamelle. Elles consistent en un sac régulièrement lisse , diaphane, formé de deux feuillets, et sans ouverture ; leur nutrition se fait donc par résorption; leur feuillet externe est assez épais , brillant comme une perle, élastique, et se recoquillant quand on le déchire. 1. a seconde membrane présente, à sa face interne, une quantité de petiles hydatides qui , dans le principe , lui sont adhérentes , mais qui plus tard se détachent , et deviennent libres dans le liquide : aussi, lorsque l’on remue le liquide des hydatides, on aperçoit un grand nombre de petiles hydatides qui y sont suspendues. Ce sont de véritables éires organisés, qui n'ont avec les parties voisines aucune relation vasculaire , et qui par conséquent jouissent de la propriété de vivre par eux-mêmes. Dans la mamelle les hydatides sont entourées d'une masse exsudée : aussi ne présentent-elles aucune fluctuation tant qu’elles sont petiles. Lorsqu'elles sont Irès-volnmineuses , elles déterminent quelquefois de l'inflammation , de la suppuration , et, lorsque l'abcès s’ouvre , l’hydalide tombe au dehors. — '.e traitement, consiste dans l’incision et 1 extraction du kysle, ou dans l’application d’un séton auquel on fait traverser la tumeur.

Cette dernière affection seule paraît avoir être considérée comme un élat morbide particulier, car les deux autres résultent simplement de la formation accidentelle de kystes plus ou moins volumineux par suite de la distension d’une ou de plusieurs cellules du tissu cellulaire de la mamelle.

2216. Le fongus médullaire se développe tantôt dans la mamelle , tantôt entre cette glande et l’aisselle sous la forme d’une tumeur ronde dont la dureté est moins grande que celle du squirihe , et dont la surface est plus régulière. A mesure que la tumeur fàit des progrès, elle devient plus molle ; la peau qui la recouvre est normale dans le principe; plus tard elle devient livide, scs veines se tuméfient, sa surface s’enflamme, et la tumeur présente alors une fluctuation évidente. Les douleurs sont plus faibles que dans le squirrhe ; les ganglions axillaires .s’engorgent rarement; le mamelon n est point effacé , et la peau n’est poiut ridée. Lorsque la tumeur s'ouvre , il s’écoule un liquide sanguinolent, et bientôt à iravers l’on verture s'échappent des fongosités qui saignent trèsfacilement , et qui deviennent le siège d’une sécrétion abondante de pus ichoreux et fétide. La marche de celte maladie et sa réaction sur le reste de l’économie sont en général plus rapides que celles du cancer. Ce fongus médullaire se rencon-

tre à tous les âges ; mais il survient plus fréquemment après l’âge de trente ans.

2217. La tumeur sanguine de la mamelle de la femme commence par une tuméfaction modérée et croissante du sein ; elle ne ressemble ni à la distension ni à la plénitude dont les femmes délicates sont prises à l’époque de la menstruation. Cependant elle est plus considérable, et détermine une sensation plus désagréable el permanente. On observe peu à peu une résistance superficielle, mais qui persiste rarement au-delà de quelques jours en conservant les mêmes caractères ; car peu à peu la circonférence s'agrandit jusqu’à ce que toutes les parties voisines deviennent le siège d’un sentiment de mollesse. Au centre survient bientôt une tumeur isolée, petite, sans dureté, qui occupe exactement la place où au début une faible pression du doigt rendait la mamelle plus sensible. Cette première période peut persister pendant tin temps indéterminé (deux, trois, six, douze mois), pendant lequel les aceidens disparaissent pour se manifester de nouveau à la moindre occasion. — La tumeur représente un petit corps conique, ovoïde, qui n’est poiut distinct des parties environnantes; de sorte que le doigt ne peut pas facilement lui imprimer des mouveinens de rotation, bien que cependant le tissu cellulaire qui sert à le fixer lui permette des mouvemens de latéralité. La peau n'est ui rouge ni chaude ; les parties situées immédiatement autour de la tumeur soûl le siège d’une douleur sourde , et souvent aussi d un véritable sentiment de stupeur. La tumeur est un peu superficielle, et détermine néanmoins la même sensation que si un corps mou était interposé entre elle et la peau : celle dernière est mobile. La durée de cette période est également variable; la tumeur peut rester pendant plusieurs années sans augmenter d'une manière sensible. Quelquefois elle augmente, et, au bout d’un certain temps, l’état stationnaire dans lequel elle se trouvait reparaît. Pendant que cette tumeur prend du développement elle conserve toujours sa forme arrondie. — Celte affection reconnaît probablement pour cause un étal morbide des veines, à la suite duquel des congestions répétées ou l’action d’une violence externe déterminent un épanchement de sang dans le tissu cellulaire, .épanchement qui s'enveloppe d’un kyste assez résislant. Pour le traitement il faut tenir un compte exact de l’état général des malades. Dans la première période on emploiera les sangsues, les applications résolutives et les purgatifs. Dans la seconde période il est convenable d’avoir recours à une compression modérée , et même à l’évacuation du sang à l’aido d’une ponction , ou même à l’ablation du kyste. L’extirpation de la mamelle est en général inutile.

Monro , Edinb. medical Essays and observ., vol. V.

Richler , Obs. chirurgie., pi. I.

Rodmann, Edinb. mrd. and surg. Journal, vol. XXX, pag. 1.

CANCEK DE LA MAMELLE

Par sulle d’un afflux trop considérable de sang vers les mamelles on observe, chez les filles au-dessous de l’âge de vingt-deux ans, quelques jours avant l’écoulement périodique, un cordon large et analogue à du sang extravasé, déterminant une grande sensibilité et de la douleur. Ce cordon s’étend le long du côté interne du bras jusqu aux doigts ; quelquefois celte ecchymose disparait huit jours après la menstruation ; mais elle repérait d’une manière plus ou moins régulière à l’approche de cette fonction mensuelle. Dans quelques cas elle persiste jusqu’à l’écoulement suivant. Elle est sans danger, mais elle doit être considérée comme une indication urgente de régulariser les fonctions de i utérus; le meilleur résolutif à l’aide duquel on puisse la combattre consiste dans les applications de compresses trempées dans un mélange d’ammoniaque et. d’alcool. {A. Cooper.)

Nous mentionnerons encore ici un suintement par le mamelon d’un liquide blanc jaunâtre ou Sanguinolent qui survient tantôt à l’époque de la menstruation , mais qui quelquefois est permanent : il est uni à une turgescence de toute la mamelle, souvent aussi à des engorgemens partiels de la glande mammaire, et détermine quelquefois de vives douleurs. Je n’ai jusqu’à présent renoonlré ce phénomène que chez des personnes mariées ou n’ayant pas eu d'enfans, et étant arrivées à l’âge critique. J'ai vu céder complètement, mais peu à peu, cet écoulement, qui quelquefois persiste après la cessation complète des règles; en faisant suivre aux malades un genre de vie régulier , et en leur faisant éviter les rapports sexuels. Dans un cas seulement j’ai vu un engorgement squirrheux de la mamelle survenir à la suite de la suppression subite de cet écoulement sanguinolent.

[j’ai été à même d’observer un cas analogue chez un homme âgé de cinquante ans : depuis quatre ans le mamelon était le siège d'on écoulement séro-sanguinolent qui reparaissait régulièrement tous les mois, et était beaucoup plus abondant.au printems et en automne : ect écoulement cessa brusquement, et, à la base du mamelon, se développa une tumeur dure et uniforme, de la grosseur d’un œuf de pigeon, qui bientôt devint le siège de douleurs lancinantes. Mural en fit l’extirpation ; le malade fut guéri pendant six mois; mais, à cette époque, la cicatrice se rompit, devint 1e' siège d’un ulcère cancéreux ; les glandes de l’aisselle s'engorgèrent, et, quelques mois après, le malade succomba. A l’autopsie tous les os étaient ramollis, très-flexibles, et faciles à couper avec le bistouri, comme on le remarque dans un certain nombre de cas d'affection cancéreuse],

( Note du traducteur .)

2218. Ce que nous avons dit plus haut sur l’étiologie du squirrhe s’applique au squirrhe de la mamelle. Les causes peuvent être internes et externes. Dans beaucoup de cas le squirrhe de la mamelle survient sans causes appréciables. La cause de l'irritation de la mamelle peut souvent être cherchée dans 1rs rapports sympathiques qui existent entre elieet l’utérus : aussi rencoiilre-t-on cette affection le plus souvent à l’âge critique chez les femmes stériles chez lesquelles les fonctions de l’utérus ne s'étaient pas faites d'une manière convenable. C’est sans doute aussi dans la relation qui existe enlreces deux organes que l’on doit chercher l’explication de ce fait , à savoir que des indurations de la mamelle persistent pendant longtemps sans déterminer aucun accident , et s’ulcèrent rapidement dès qu’une irrégularité se manifeste dans la menstruation.

2219. Le pronostic du squirrhe de la mamelle

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