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JAMBE ARTIFICIELLE

ne laisse aucune difformité; il faul ensuite qu’elle soit aussi légère que possible tout en étant trèssolide; elle doit permettre les mouvemens naturels, et présenter un appui fixe et solide au moignon sans exposera une pression douloureuse du membre et surtout de la cicatrice. Simplicité et modicité du prix sont deux points de la plus haute importance pour la majeure partie des amputés. De toutes les jambes artificielles qui ont été proposées celles qui remplissent le plus convenablement leur but sont ia jambe de Rüul pour les amputés de la jambe, et celle de Stark pour les amputés de la cuisse.

2300. La jambe de Rühl offre cela de particulier qu’elle est fixée au moignon par une lanière de cuir bouilli large de deux travers de doigts, et munie de deux crochets en cuivre ; le moignon se trouve suspendu dans la cavité de la jambe sans être soumis a aucune pression de la surface amputée. La partie inférieure de la jambe est unie au pied par une articulation, et les orleils sont mobiles sur ce dernier. A la partie supérieure de la jambe sont deux ailes , une de chaque côté , mobiles à l’aide de charnières , et fixées à la partie inférieure de la cuisse à l’aide d’une courroie. La jambe entière est formée de bois de chêne; elle est creusée dans toute sa longueur : pour la creucer on l’a fendue longitudinalement , puis collée, et entourée, de bas en haut, d’une lanière trempée dans la colle.

2301. La jambe deSTARKest composée 1° d’une portion fémorale formée de cuivre ou de fer blanc, et creusée pour recevoir le moignon; 2° d’une portion qui représente le genou ; 3° d’une portion qui constitue la jambe, formée d’un bois léger mais résistant : ces portions sont uuies entre elles par des charnières ; 4° d'une portion qui simule le pied et les orteils. Les mouvemens de ce membre artificiel se font à l’aide d’une tige en 1er qui monte le long de la portion fémorale jusqu à la crête de l’os des îles, et sert de point fixe à une forte lanière qui embrasse le bassin. Au-dessus de chaque épaule passe une forte bretelle qui vient s’unir, en avant et en arrière , à des boulons fixés à la jambe. Les extrémités de ces bretelles sont élastiques. Tout lo poids du corps repose, à proprement parler , sur le Lord matelassé de la portion fémorale, tandis que le mcignou repose doucement sur un coussin élastique placé dans l’excavation de celte portion fémorale.

2302. Lorsque, après l'amputation de la jambe, le moignon est fléchi d’une manière permanente , ou se trouve ankylosé à angle droit avec le fémur, on ne peut se servir que de la jambe de bois ordinaire ( note du § 2298 ). — Dans beaucoup de cas je me suis borné à faire aller le montant externe ( qui ordinairement remonte au bassin ) jusqu’à la partie moyenne de la cuisse seulement; mais, dans ces cas, je l’avais fait faire élastique de manière à ce qu’il put s’adapter exactement à la cuisse à l’aide de courroies. — Cette jambe de bois a l’avantage d’être simple, légère, peu coûleuse,

d’une application sûre et facile. A la suite de l’amputation de la jambe le moignon se laisse aisément porter ea arrière, et, lorsqu’il n’est pas trop long, il est masqué par un pantalon large. Pour les pauvres, et surtout pour les ouvriers , elle est toujours plus commode et plus convenable. J’ai vu souvent des personnes riches, après avoir fait confectionner des jambes artificielles de divers modèles et de divers mécanismes, les abandonner successivement pour s’arrêter deûuilivement à la jambe de bois commune.

23Ü3. Après l’amputation du pied par la méthode de CnoPART, il est très-facile d’adapter un pied artificiel. La plupart de ceux qui ont été proposés sont composés de deux portions dont la postérieure est excavée pour ne pas comprimer la cicatrice. Lorsqu’on les a ajustées, ou passe une botte ou uu bas en cuir, que l’on fixe au genou.

( Graefe , l. c., pag. 155.) — Lorsque, à la suite de cette opération , le mollet est remonté , il est indispensable de fixer le pied artificiel au talon de manière à ce que ce dernier puisse être abaissé pour reprendre son niveau naturel.

[2304. Lorsque l’ampulaliou de la jambe a été pratiquée à sa partie inférieure, au-dessus des malléoles, le pied artificiel est composé d’un appareil dont on a , dans ces derniers temps, varié le mécanisme. Nous n’insisterons pas sur les machines de Whit , Bromfilld , Petit-Radel , Ra- YATon , Bell, Yacca-Berlinghieui (qui n’est qu’une modification de celle de Whit) : les unes sont trop défectueuses, les autres trop lourdes ; et, dans presque toutes, le moignon, supportant tout le poids du corps, devient en peu de temps le siège d’ulcérations qui , dans quelques cas , ont nécessité une seconde amputation (1). — Parmi les appareils conseillés dans ces cas d’amputations nous remarquons :

1° Celui de Salemi (1) , composé de deux parties : l’une est une espèce de bas eu cuir solidement fixé autour de la jambe jusqu’au-dessus du mollet , et recouvrant la cicatrice par une largo lanière qui passe d’un côlé à l’autre ; à sa partie supérieure ce bas présente, en dedans et en dehors, deux plaques à concavité tournée en bas. Ces plaques sont destinées à fournir deux points d’arrêt à la deuxième portion de l’appareil, dont le fond est composé de six tiges en fer disposées de manière à correspondre , l'une à la partie antérieure de la jambe, une autre à la partie postérieure ( elle est courbe pour embrasser ie mollet , et deux autres au colé inlerne) , et autant au côlé externe. Ces six tiges sont unies en bas à un pied artificiel , et en haut à un cercle en 1er ouvert en avant, et qui s’agralïe comme une jarretière. Ce cercle de fer , arc-boutant contre les plaques fixées en bas, forme le principal appui du corps. Dans l’écartement des tiges de fer se trouve en bas, au-dessus du pied, un coussin assez résistant

(1) Mémoire sur l’amputation de la jambe, Taris, 1829, pag. 7.

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