‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 38 sur 444 · VII. INFLAMMATION DES DOIGTS · texte numérisé non relu

VII. INFLAMMATION DES DOIGTS

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171. L’inflammation des doigts et des orteils (panaris , panaritium, onychia, paronycliia,) offre, par rapport à son siège et à son intensité, des variétés que l’on a divisées en quatre degrés.

Premier degré. L’inflammation peut être tout-àfait superficielle , et être limitée à la racine ou au pourtour de l’ongle; dans ces cas les douleurs sont peu intenses; la tuméfaction s’étend rarement audelà de la dernière phalange, et l’inflammation se termine bientôt par sécrétion d’une matière puriforme qui s’amasse immédiatement au-dessous de l’épiderme , lequel prend une couleur bleu verdâtre. Dans le cas seulement où le pus se glisse et s’amasse au-dessous de l’ongle les douleurs sont très-vives; alors, presque toujours, l’ongle tombe; mais il s’en forme bientôt un nouveau.

Deuxième degré. L’inflammation a son siège dans le tissu cellulaire sous-cutané , ce qui arrive le plus souventà l’extrémité pulpeusedes doigts: la douleur est très-vive à cause de la tension à laquelle le corion est soumis. Si l’inflammation se termine par suppuration, il est difficile de bien sentir la fluctuation , et le pus ne peut que très-difficilement se frayer une route.

Troisième degré. L’inflammation se développe quelquefois dans les gaines tendineuses ; la douleur, qui a surtout son siège à la face palmaire des doigls, est très-intense , et s’étend souvent à l’avant-bras, et même jusqu’à l’épaule. Le doigt malade offre seulement une légère tuméfaction; mais elle se pro-

page assez rapidement à la majeure partie de la main, et quelquefois jusqu’à l’avant-bras. Ordinairement celte inflammation est accompagnée d’une fièvre très-intense. Lorsque le pouce, l’indicateur et le doigt médian sontattaqués, la douleur s’élend le long du côté palmaire de la main et de l’avantbras; lorsque ce sont l’annulaire et l’auriculaire, la douleur côtoie le bord cubital de l’avaut-bras jusque dans la région axillaire. S’il se forme du pus, il est très-difficile , à cause de sa profondeur , de bien reconnaître la fluctuation. L’inflammation s’étend facilement au périoste, et les phalanges peuvent être plus ou moins altérées.

Quatrième degré. L’inflammation qui se déclare dans le périoste détermine des douleurs extraordinairement vives ; mais rarement elles s étendent au-delà de la main ou de l’avant-bras ; le doigt malade n’offre aucune tuméfaction; bientôt la suppuration se déclare, et l’os ne tarde pas à être attaqué.

Ces différentes espèces de panaris peuvent se rencontrer réunis chez le même individu, car il n’est pas rare de voir un panaris simple s’étendre aux tissus sous-jacents. L’inflammation s’étendant à la main peut rendre çà et là plusieurs points tuméfiés et très-douloureux.

On a vu, sans cause connue, le pourtour de l’ongle du petit doigt devenir extrêmement douloureux ; c’est cet état que Ricuter appelle panaris sec : la douleur persiste depuis quelques minutes jusqu’à des heures entières, et disparaît pendant plusieurs jours ou même plusieurs semaines. L’amputation du doigt ayant été faite, les parties molles ne présentèrent aucune altération : seulement la phalange était réduite en une masse graisseuse.

Acreïl, Chirurg. Yorfaelle. Goett., 1777, vol. 11, page. 210.

172. La cause des panaris est , dans beaucoup de cas , inconnue; souvent cetle maladie atlaque un assez grand nombre d’individus à certaines époques; quelquefois elle reconnaît une cause générale, telle que la goutte ou le rhumatisme; mais le plus souvent ces causes sont locales : ce sont des contusions, un réchauffement subit des doigts après un froid très-vif, une lésion avec des instruments fins et piquans , des échardes, etc.

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