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Le traitement du panaris varie suivant ses degrés

Dans le premier degré on obtient le plus souvent la résolution en faisant , dès le début , des applications froides. S’il se forme du pus , il faut lui procurer une issue le plus tôt possible de peur qu’il ne s’étende au pourtour de l’ongle. Lorsque ce dernier se détache, il faut l’enlever en partie avec les ciseaux, et on applique , entre le bord de l’ongle et les parties molles , un linge enduit de cérat afin de prévenir l’irritation à laquelle ces dernières seraient soumises. S’il s’amasse du pus au-dessous de l’ongle , il convient d’amincir celui-ci avec une lime afin qu'avec le bistouri on puisse pratiquer sur lui une incision , destinée à l'évacuation du pus; ou bien encore on peut arracher l'ongle lorsque

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déjà il est décollé. — A mesure qu’il se détache, il s’en forme un nouveau , sur lequel on doit appliquer de la cire afin de lui donner une conformation régulière.

174. Le deuxième degré réclame, suivant l’intensité de l’inflammation, une saignée ou une application de sangsues sur la partie malade , des applications froides et des frictions avec l’onguent gris. Lorsque le panaris reconnaît pour cause une piqûre , il faut chercher , aûn de l’enlever, si dans la plaie il ne reste pas un corps étranger; il faut également , à l’aide de bains locaux tièdes , solliciter la sortie des substances délétères qui , dans quelques cas, pourraient s’être introduites dans la plaie. — Si la résolution ne s’est point opérée dans les trois premiers jours, il faut faire une incision surla partie douloureuse. Par là le malade se trouve grandement soulagé par l’issue du pus, ou, lorsqu’il ne s’est point encore formé par l’écoulement du sang , par la levée de la constriction que déterminaient le gonflement des parties molles et la tension du corion. L’incision doit toujours être très-large. On doit ensuite faire des applications émollientes jusqu’à ce que la douleur et la tuméfaction aient disparu. — Lorsque la peau est amincie dans une grande étendue , et qu’elle est soulevée en forme de vésicule, il faut, lorsque le pus est évacué, exciser la partie de peau amincie.

175. Le traitement du troisième degré est le même que celui du deuxième; seulement il est imprudent de différer l’incision au-delà du troisième jour , caries tendons pourraient profondéments’altérer. Les incisions doivent pénétrer jusque dans les gaines affectées. Les douleurs cèdent rapidement aux applications émollientes continues. — Comme l’inflammation s’étend souvent à toute la main, il faut, dès qu’en un point quelconque on rencontre de la douleur, du gonflement et de la fluctuation, pratiquer une ouverture. Lorsque les tendons sont tellement altérés que les doigts ont perdu leurs mouvemens , il faut les maintenir toujours dans une position demi-fléchie.

176. Dans le quatrième degré il faut, dans le principe, observer les mêmes règles que dans les autres degrés ; et, si la douleur et la tension ne diminuent pas , une incision , même prématurée , est le seul moyen de prévenir l’altération des os. Cette incision doit être faite à l’endroit le plus douloureux, et doit pénétrer jusqu’à l’os. On prescrit des cataplasmes émolliens et des bains locaux dans une infusion de camomille, et, lorsque la suppuration ne s’est pas encore établie, dans de l’eau de savon. Souvent ladernière phalange tombe, ou bien se détache, et son extraction est indiquée et facile: dans ces cas le doigt conserve sa forme; seulement il est un peu plus court ; mais , si la seconde ou la première phalange est profondément altérée, l’amputation du doigt est nécessaire. Néanmoins les cas les plus compliqués de panaris guérissent souvent par l’emploi continu des cataplasmes émolliens et des bains de camomille.

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