V. DE LA VACCINATION
2378. La vaccination consiste dans l’introduction , au-des ous de l’épiderme, du virus vaccin, qui a la propriété de déterminer un étal morbide particulier, qui met l’individu qui subit celte opération à l'abri de la petite-vérole. On vaccine soit avec du vaccin frais , soit avec du vaccin que l’on transporte d’un individu à un autre, soit enfin avec du vaccin desséché, et soumis à une préparation convenable. Tous les autres procédés de vaccination doivent être abandonnés. Le premier de ceux que uous venons d’indiquer est le plus convenable.
Le vaccin provient ordinairement de pustules qui «c développent spontanément sur les mamelles des vaches dans certaines contrées. Le liquide dont on se sert doit être recueilli d une pustule complète et transparente : c'est entre le sixième et le neuvième jour de son apparition qu'il est le meilleur ; il est alors clairet transparent. Le vaccin sec dont
on se sert est cons itué par le liquide contenu dans les pustules, et recueilli dans les circonstances que nous venons d’indiquer. Il faut, pour le conserver, le mettre S l’abri de l’air et de la lumière. Pour sa conservation on a proposé divers piocédés : les uns veulent qu’on le place entre deux lames de verre , que l'on ferme hermétiquement ; les autres, qu’ou le fixe â des fils de lin ou de coton, qu’on le renferme dans des tubes de verre, etc., etc.
2379. La vaccination est une opération tout à fait exempte de dangers , qui peut être pratiquée dans tous les temps et à tout âge : cependant elle paraît mieux réussir à une époque où il « exista aucune épidémie de variole, et il est plus convenable de la faire dans la seconde moitié de la première période de la vie , au printemps, en été ou en automne. Néanmoins il faut choisir l’époque où l 'état général de l’enfant est parfaitement bon. — Si on se sert de vaccin frais, immédiatement recueilli d’une pustule, une personne assise lient l'enfant sur ses genoux; le chirurgien pique à sa base une des pustules ayant les caractères que nous avons indiqués plus haut avec la pointe d’une lancette ; dès que cet instrument est chargé d'un peu de sérosité transparente, mais sans mélange do sang, ii saisit, de la main gauche, le bras de l’enfant , tend la peau à l'endroit où doit se faire l'inoculation, enfonce la lancette dans une direction oblique, à la profondeur d’une ligne environ audessous de l’épiderme, soulève légèrement cette membrane, imprime à la pointe de la lancette un léger mouvement de va et vient, applique le pouce de là main gauche sur l’extrémité de l’instrument, et le relire. — C’est de cette manière que l’on lait à chaque bras trois piqûres d’inoculation. Toute espèce de pansement ultérieur est inutile. Si la piqûre saigne , il faut laisser sécher le sang , mais ne pas l’enlever. — Si au contraire on se sert de vaccin sec, ob l’humecte avec un peu d’eau propre afin que la pointe de la lancette puisse en recevoir une certaine quantité; du reste l’inoculation se fait comme dans le cas précédent.
2380. Pour que l’opéraiion réussisse il faut que les phénomènes sui vans se manifestent : le premier et le second jour on ne remarque que la trace de piqûres insignifiantes; au troisième jour le lieu qui a été piqué présente une rougeur qui, du quatrième au cinquième jour, devient plus foncée , et au centre de laquelle s’élève une espèce de petit tubercule dur qui grossit peu à peu, et s entoure d’un cercle rosé. Au sixième jour la couleur de ce tubercule devient d’un rose blanc ; il contient un peu de sérosité, et présente, à son centre, une dépression ombiliquée entourée d’un bourrelet saillant ; la dureté de ce bouton paraît, au toucher, s’étendre autant au-dessous qu’au -dessus de la peau. Le cercle rouge qui enloure sa base devient plus considérable. Au septième jour la vésicule contient évidemment un liquide transparent, et tous les Caractères que nous venons d’indiquer deviennent encore plus apparens. Au huitième jour la vésicule a atteint le volume d’une lentille : le plus souvent elle est encore remplie d’un liquide clair, et en-