DE LA CUISSE
quez le tranchant de votre couteau sur le bord interne du muscle vaste interne, et, d’un seul coup, coupez les muscles dans une direction oblique de bas eu haut de manière à ce que l’os se trouve découvert environ deux ou trois travers de doigts plus haut qu’on n'a coutume de le l'aire par l’incision circulaire et perpendiculaire. Alors tirez votre couteau vers vous de manière que sa pointe reste sur l’os, ayant attention de le tenir toujours dans la même direction oblique afin que les muscles soient coupés tout autour du membre dans cette direction en un tour de couteau, pendant lequel sa pointe doit être en contact avec l’os et tourner autour. — Placez le rélracteur; incisez circulairement le périoste sans le détacher, et sciez l’os.]
[2429. Ddpevtken (I). — Un aide embrasse de ses deux mains le membre au-dessus du point où il doit être amputé; c’est lui aussi qui devra relever les chairs et la peau. D’un seul coup le chirurgien incise simultanément la peau et les muscles jusqu’aux os, le plus souvent perpendiculairement à leur épaisseur, quelquefois obliquement comme le pratiquait Alanson. La rétraction opérée par l’aide sur les muscles superficiels donne instantanément à la plaie la forme d’un cône saillant ; une nouvelle incision portée Girculairement à la base de ce cône le divise jusqu’à l’os; l’opération est terminée d'après le procédé ordinaire. Pour qu'elle soit bien faite jl faut que la plaie forme un cône creux de deux pouces au moins de profondeur, au sommet duquel se trouve l’os. ]
Dupuylren (2) fait observer que les procédés en plusieurs temps multiplient les douleurs sans aucune utilité. En divisant d’abord la peau , et en la disséquant, puis en cuupant successivement les muscles superficiels, tes muscles profonds et enfin les fibres musculaires adhérentes â l’os, il est évident que l'instrument est reporté, à trois ou quatre reprises sur les parties, et que l’on fait en quelque sorte trois ou quatre amputations sur le même membre. C’est pour éviter ce grave inconvénient , et surtout celui de la dissection de la peau , toujours extrêmement douloureuse, que Dupuylren a proposé son procédé par lequel on coupe en un seul temps et du même trait les légumens et tous les muscles jusqu’à i’os. Ce procédé est incontestablement un des plus simples etdqs plus avantageux dans leurs résultats de tous ceux qui ont été successivement proposés. .
(Note du traducteur .)
[2430. Celse (o). — On coupe circulairement jusqu’à l’os ; on relève les chairs ; avec un bistouri, que l’on conduit circulairement on rasant l’os, ou détache, en les conservant, les parties musculeuses qui lui •«ont adhérentes afin qu’il se trouve à découvert jusqu'au niveau des muscles retirés. L’os doit être scié le plus prés possible des chairs qui lui sont adhérentes.]
* Incidenda caro usque ad os est : ubi ad os ventum est,,re~
(1) t.eçons orales, T. IV, pag. 297.
(2) Méd.opér. de Sabatier, T. IV , pag. 683.
(3) fieremedicâ. Lugd.-Batav,, 1691, lib. vil. c. xxxill. Pag, 686.
ducenda ab eo sana caro', et circa os SUBsecânda est, ut eâ quoqueparte aliquid assis nudelur, etc. L’interprétation que nous donnons du texte de Celse est celle donnée par Valentin( 1), et nous la croyons seule bonne. D’après l’explication que l'on en donne ordinairement, le procédé de Celse serait le même que celui de Dupuylren ; cependant il en diffère essentiellement : Dupuylren coupe et retranche les parties charnues adhérentes à l’os; Celse ( SUBsecal ) les coupe en dessous , les conserve pour en recouvrir l’extrémité de l’os, etlemetlreà l’abri de l’impression de l’air et du contact du pus, et en rendre l’exfoliation moins sensible. — Il est curieux de voir que le plus éloquent des médecins latins soit précisément celui qu’on a le plus travesti dans la plupart de ses passages importans. (Note du traducteur.)
[2431. IL Bell (2). — Le chirurgien fait une incision à la peau, la dissèque dans une étendue convenable, puis fait, à travers les muscles, jusqu'à Los, une incision verticale comme dans le procédé ordinaire; cela fait, il insinue entre les muscles et l’os la poinie du couteau, qu’il fait passer tout autour du membre ; il les détache ainsi dans une hauteur d’un pouce ; — il fait, pour la masse commune des muscles, ce que CelSe faisait seulement pour les muscles restés adhérens à l’os après la rétraction de ceux qui avaient été coupés par la première incision circulaire.]
[2432. Sanson. — Si on veut pratiquer l’amputation à la partie inférieure du fémur, il faut reconnaître d’abord l’articulation du genou ; un aide, embrassant à deux mains le genou, attire la peau en haut; le chirurgien fait, à travers la peau, et toutes les parties molles au-dessous de la rotule, une incision circulaire perpendiculaire à l’axe du membre, comme s’il voulait pénétrer à plein tranchant dans l’arliculalion. La peau, qui est un peu adhérente sur les côtés des condyles, et détachée et relevée, et toute la partie inférieure du fémur se trouve dépouillée à la hauteur que l’on désire sans qu’on ait coupé autre chose que la peau et des tendons, c’est-à-dire dès parties peu susceptibles d’une violente inflammation. Toute la face antérieure du lambeau circulaire est tapissée par la synoviale, qui a une grande tendance à l’intlammation adhésive'. La rotule peut êire enlevée si on le veut; mais nous croyons, avec Sanson, qu’il vaudrait mieux la conserver, parce que, sa face postérieure étant appliquée sur le moignon de l’os, et sa face antérieure étant déjà adhérente, elle peut servir de point d'appui à l’os, qui n’est plus exposé à intéresser la peau. ]
2433. Lorsque la ligature des vaisseaux est iaile, la plaie nettoyée et la peau esstnée, un bandage roulé -est appliqué sur toute l’étendue du moignon, depuis la partie supérieure du membre jusqu’au niveau de la section de l’os, afin de refouler légèrement en bas les muscles et la peau. Les lèvres de la plaie sont réunies dans une direction verticale à
(1) Recherches critiq. sur la chirurgie moderne. AmsterJ., 1772, p. 116.
(2) Cours de chirurgie , traduit par Bosquitlon. Paris, 1796, T. VI, pag. 201.
DES AMPUTATIONS
l’aide de bandeletles de diachylon assez longues, dont une des extrémités est placée au côté interne du membre, et l’autre au côté externe. On recouvre ces bandelettes d’un plumasseau enduit d’un onguent doux, et par dessus on place de la charpie, que l’on maintient à l’aide d’une compresse dont la 'partie moyenne se trouve au niveau de la plaie, et les deux extrémités qui se trouvent sur les parties latérales du moignon sont fixées par une bande, dont quelques tours viennent passer au-devant du moignon.
MÉTHODE A LAMBEAUX
2434. Procédé ordinaire. Vermale. — Le malade étant placé comme pour la méthode circulaire, la compression exercée et les aides convenablement disposés , le chirurgien placé au côté externe du membre saisit , avec les doigts de la main gauche, les chairs du côté externe de la cuisse, et les attire en dehors. De la main droite il plonge un Couteau long, étroit, à deux tranchans, à la partie antérieure de la cuisse jusqu à ce que sa pointe ait rencontré le fémur. Il dirige alors la point en dehors en côtoyant le fémur, et, dès qu’il l’a débordé, il enfonce l'instrument à travers les chairs de la partie’ postérieure de manière à le faire sortir exactement en face de son point d’entrée. Il dirige alors le couteau le long du côté externe du fémur en le rasant de haut en bas dans une cerlaine étendue. Dans ce temps de l’opération le tranchant, dirigé obliquement de dedans en dehors, divise simultanément les muscles et la peau. — La pointe est alors plongée dans l'angle supérieur et antérieur de la plaie ; on la dirige sur le fémur, puis sur son côté interne, et on la fait sortir par l’angle supérieur et postérieur de la plaie, et, éloignant le tranchant de l’os, on taille un lambeau interne semblable, quant à la forme et la longueur, à celui du côté externe. La longueur des lambeaux doit avoir, suivant l’épaisseur du membre, de trois à quatre pouces. Les lambeaux sont relevés par l’aide, recouverts du rétracteur, et, par une incision circulaire portée au fond de la plaie, l’opérateur achève la section des muscles qui adhère à l’os , divise le périoste, et scie l’os. — Le pansement est le même qu’après 1 amputation circulaire.
2435. Langenbeck. — L’opérateur se place toujours à droite de la cuisse à amputer ; il fait d’abord une incision semi-lunaire, qui , commençant au côté du membre, parcourt sa face antérieure, et vient se terminer à la partie inférieure. Cette incision divise obliquement de bas en haut la peau et les muscles jusqu’à l’os. Le chirurgien, contournant alors le membre par sa face postérieure, porto le tranchant du couteau dans l’angle supérieur de la plaie, et, le dirigeant obliquement de bas en haut, arrive à l’angle inférieur en ayant soin de dîviser tous les muscles jusqu’aux os. Les deux lambeaux sont relevés, et l’opérateur divise circulairement dans l’angle qu’ils forment le reste des muscles encore adhérens à l’os.