II. AMPUTATION DE LA JAMBE
2436. Lorsque l’affection qui nécessite l’amputation de la jambe le permet celte opération peut être pratiquée au-dessous, au-dessus ou au niveau du mollet. Cependant, chez les personnes indigentes, il vaut mieux la pratiquer à trois travers de doigts au-dessous de l’épine du tibia; car alors la brièveté du moignon permet de la mettre dans la flexion, et le genou peut servir de point d’appui au corps pour l’usage d’une jambe de bois. L’amputation peut être faite d’après la méthode circulaire, et d’après la méthode à un ou deux lambeaux. — La position du malade est la même que pour l’amputation de la cuisse. Le tourniquet sera appliqué immédialement au-dessus de la rotule, de manière à ce que sa pelote repose exactement sur l’artère poplitée. Un aide est disposé de manière à surveiller cet instrument. Deux autres aides fixent la jamlje dans une position horizontale, et convenablement fléchie dans l’articulation du genou. L’un soutient le pied, l’autre saisitle membre immédiatement au-dessous du jarret : c’est ce dernier qui est chargé de maintenir la peau suffisamment tendue. Pour celte opération le chirurgien doit toujours se trouver au côté. interne du membre.
[Le lieu où ou a coutume de pratiquer l’amputation de la jambe, quelle que soit la maladie pour laquelle on est obligé de la faire , est à quatre travers de doigts au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia afin de conserver au moignon la mobilité que doivent lui donner les tendons des muscles fléchisseurs, qui descendent jusque là. C’est ce point qui a été désigné sous le nom de lieu d’élection. Cependant, depuis Ravaton, on a cherché à diminuer les chances de mortalité en la pratiquant au-dessus des malléoles ; mais on a été constamment forcé d’abandonner ce point à cause de l’imperfection des jambes artificielles. Dans ces derniers temps on est parvenu à donner à ces machines toute la solidité et toute la commodité désirables : aussi revient-ou peu à peu à l’amputation sus-malléolaire. ]
A. Amputation au lieu d’élection.
MÉTHODE circulaire.
2437. — Procédé ordinaire. — Pour l’amputation circulaire l’opérateur fait l’incision de la peau à deux ou trois travers de doigts ( suivant l’épaisseur du membre ) au-dessous du point où l’os doit être scié : celte section se fait avec un bistouri droit de la même manière que dans l’amputation de la cuisse. L’opérateur saisit, entre le pouce et l’indicateur delà main gauche, le bord de la peau, le soulève légèrement, et le sépare en l’isolant du fascia et en enlevant toute la graisse et le tissu cellulaire. Il détache ainsi la peau jusqu’au niveau