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IV. AMPUTATION DE L’AVANT-BRAS

2445. L’avant-bras peut être amputé par la méthode circulaire ou par la méthode à un ou deux lambeaux. Le malade est assis sur une chaise, ou couché sur le bord de son lit; l’artère brachiale est comprimée ; à la partie moyenne du bras , par un aide ou un tourniquet. L’avant bras est maintenu horizontalement, dans une moyenne entre la pronation, et la supination, par deux aides dout l’un saisit Ja partie supérieure, et l’autre la partie inférieure du membre. — Un autre aide tend régulièrement la peau. Pour l’amputation de l'avantbras du côté droit l'opérateur se place au côté externe du membre, et au côté interne pour celle du côté gauche. — Les deux os doivent être sciés en même temps.

MÉTHODE CIRCULAIRE

[ 2446. Le chirurgien (2) est placé en dedans, c’est à-dire entre le corps du malade et le membre à amputer ; et , pendant qu’un aide relève les tégument, ü fait une incision circulaire à la peau , coupe les brides du tissu cellulaire qui la relien-

(1) Mémoires de l’Académie de chirurgie, T. V, in-12, pag. 438.

(3) Sabatier , édition de Sanson et j Bégin f 1832, T, iv pag. 615.

DES AMPUTATIONS

nent , et la fait relever autant que possible afin de suppléer, parla longueur qu’il conserve au manque de chairs qui ne peuvent être ramenées vers le centre du moignon. Celles-ci sont coupées à leur tour au niveau de la peau relevée , et de bas en haut. Comme il y en a beaucoup qui se trouvent placées profondément entre les deux os de l’avant-bras , on ne peut être trop attentif à les inciser toutes en portant le couteau à diverses reprises en dedans et en dehors, et même en le faisant passer entre les deux os. Dupuytren conseille, dans ce cas , de glisser le couleau à plat le long de la face antérieure du cubitus, et ensuite sur celle du radius, de manière à comprendre au-devant de lui toutes les chairs profondes de la face antérieure de l'avant-brus , que l’on divise en relevant le tranchant de l'instrument. La même manœuvre , répétée en arrière , termine l'isolement complet des deux os. Enfin on divise leur périoste comme dans toutes les autres amputations. Après avoir placé une compresse fendue à trois chefs, on porte la scie sur le radius, comme le plus épais, excepte à sa partie supérieure , et comme celui qui présente le plus de résistance; ensuite elle agit en même temps sur le radius et sur le cubitus , ce que l'on obtient en levant Je poignet. Pour pouvoir les scier en même temps il faut que 1 avant-bras soit mis dans la plus grande pronation. Si on lui donnait une autre position, le cubitus se trouverait presque immédiatement au-dessous du radius. B ailleurs ces deux os vacilleraient l'un sur l’autre, ce qui nuirait à l’action de la scie, et pourrait occasionner des ébranlemens fort nuisibles à leur articulation supérieure. On pratique la ligature des artères, et on réunit d’avaut en arrière les lèvres de la plaie. ]

MÉTHODE A LAMBEAUX

2447. Bans l’amputation à un lambeau ce dernier doit être formé aux dépens de la face antérieure de l’avant-bras. On applique perpendiculairement , sur le radius, à l’endroit où les os doivent être réséqués, un couteau étroit à deux tranohans ; et, pendant que les doigts de la main gauche ramènent en dedans la peau et les muscles , l’instrument est enfoncé de manière à ce que sa pointe vienne sortir au côté cubital de l'avant-bras , à la même hauteur que son point d'entrée : le tranchant étant alors dirigé en bas, le long des deux os, on forme un lambeau dont la longueur est proportionnée au volume du membre. — Lorsque la peau qui recouvre ia partie postérieure de l’avant-bras aura été coupée circulairement par une incision qui poriera à un travers de doigt au-dessous des angles du lambeau, elle sera disséquée et renversée. Quant au reste de l’opération, elie se pratique comme dans l’amputation de la jambe.

Si on veut pratiquer deux lambeaux, on agit de la manière suivante :

2443. Le lambeau intérieur se forme comme nous venons de l'indiquer (§ 2447), et, pour

tailler le postérieur, on enfonce le couleau dans l’angle supérieurde la première incision , el , contournant les os en arrière, on le lait ressortir par l’angle interne ; portant le couleau en bas , on taille un lambeau analogue au précèdent. Ces deux lambeaux sont relevés; les muscles interosseux et le reste des parties molles sont divisés de la même manière que dans l'amputation de la jambe pratiquée à lambeaux. Le rélracleur élaut placé , on fait la seclion des os.

Dans l'amputation de I avant-bras la peau suffit pour couvrir complètement la plaie , ainsi que nous l’avons indique pour l'amputation de la jambe. Dans l'amputaiion circulaire il suffit, pour arrêter I biimorrbagie , d’appliquer trois ou quatre ligatures , que l'on peut toutes placer, à l’exception de celles de l'artère interosseuse , sans lever la compression exercée sur l'artère brachiale.

Dans l’amputation â un lambeau les ligatures sont ordinairement plus nombreuses , et, dans l’amputation à deux lambeaux , on a été quelquefois obligé d’en faire onze (1).

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