X. DÉSARTICULATION DES DOIGTS
2557. Tout ce que nous avons dit de la désarticulation des premières phalanges des orteils d’avec les métatarsiens s’applique, exactement à la désarticulation des doigts d’avec les métacarpiens.
À. Désarticulation do tous les doigts.
2553. Lisfranc. — S’il s’agit de la, main gauche , un aide la tient en pronr\!0n . ] operateur piace le pouce de la- main gauche sur le côté externe de i arlicnla'.ion du métacarpe avec la première ph",sngft ,je l'indicateur , et son doigt indisur le côté interne de l'articulation du (métacarpe avec la première phalange du petit doigt ; i! pratique, de la main droite armée d'un couteau très-étroit , une incision demi circulaire à convexité antérieure , partant du côté externe de l’articulation du second métacarpien, passant sur la ligne où les doigts abandonnent les métacarpiens, et venant se rendre au côté interne de l’articulation du cinquième métacarpien avec le petit doigt; t’aide relève, autant que possible, en tirant la peau en arrière , le petit lambeau dorsal , pendant que l’opérateur promène légèrement la pointe de son couteau sur les articulations métacarpo-phalangiennes afin de les ouvrir et de les traverser. — Le couteau est poussé , de la pointe au talon , sous la face palmaire des extrémités métacarpiennes des premières phalanges des quatre doigts qu’on enlève , le membre est aussitôt placé dans une légère pronalion tandis que l’opérateur relève les doigts malades avec sa main gauche ; le talon du couteau reste alors immobile dans un angle de la plaie , tandis que la pointe décrit une lé-
gère courbe en coupant du deuxième au cinquième métacarpien ; il termine ainsi par un lambeau arrondi assez grand pour recouvrir les télés métacarpiennes.
De cette manière on a taillé un lambeau à convexité inférieure , que l'on ramène sur les têtes osseuses des métacarpiens , et que l’on retient par de longues bandelettes agglulinatives , une large compresse feneslrée , enduite de cérat, enveloppe la région métacarpienne ; et, entourant le moignon de colon cardé , on termine le pansement en plaçant le poing dans un mouchoir triangulaire!
B. Désarticulation des doigts isolés
2559. Lisfranc. — Uu aide, tenant en pronation la main du malade , est chargé d'écarter les doigts voisins. L opérateur cherche le siège de ! articulation en faisant mouvoir, avec son pouce et l’indicateur, le doigt qu’il veut enlever. Pendant ces mouveraens le pouce et l’indicateur de la main gauche sont placés sur le lieu présumé de l'articulation afin (je sentir et de fixer la contiguïté de la phalange avec le mélacarpien. Il place alors le scalpel tenu à pleine main dans la direction d’une ligne partant du point, déterminé par le pouce de ia main gauche quand il a trouvé l’articulation, et passant sur I Extrémité inférieure de la commissure correspoiidante au doigt qu’on veut emporter; Il illci/se donc dans cette direction oblique sur la lace dorsale, et, arrivé à la face latérale du doigt, au lieu défaire immédiatement passer le bistouri à la face palmaire, ce qui indubitablement formerait une pointe à lambeau, il fait exécuter au scalpel un mouvement de rotation qui change sa situation, et le place sur une ligne perpendiculaire à l'horizon et au doigt malade; i! divise dans celte position les tissus jusqu’à l’os, puis, relevant la main, il fait, sur la l'ace palmaire et dans la même direction , une incision qu'il termine au niveau du point de départ. Il reporte aussitôt le scalpel dans l’angle inférieur de la plaie , et le fait glisser en sciant sur l’os jusqu’à ce qu’il rencontre le ligament latéral , qu'il divise. On est bientôt averti, par le défaut de résistance que l'on éprouve, que l’articulation est ouverte ; l’opérateur écarte la peau eç haut et en bas avec le pouce et l’indicateur de ta main gauche, et engage entre les surfaces osseuses la partie la plus étroite de la lame du scalpel. De cette manière il traverse d’autant plus facilement l’articulation eu contournant la lèle de la phalange qu’il lire plus fortement le doigt en avant afin d’élargir I espace par où doit passer l’instrument. Il le ramène ensuite sur l’autre côté du doigt , qui est relevé à la position normale afin de couper parallèlement à l'os un lambeau qu'il termine carrément. Pendant ce temps de l’opération un aide écarte fortement le doigt voisin, qui pourrait être blessé en achevant la section du lambeau. — La commissure digitale doit servir de
RjÈSÊCTîOïtS,
gnide pour mesurer la longueur des lambeaux : de leur irrégularité résultent des obstacles qui s’opposent à la réunion parfaite de ecs parties.
2560; Scoutetten. — Membre gauche. — L’opérateur saisit, avec le pouce et le doigt indicateur dé la main droite , le doigt qu'il veut enlever; il lui fait exécuter, si c’est possible, quelques mou- ■Vetneris de flexion cl d’extension afin de reconnaître exactement le lieu de l’articulation ; remplaçant alors par la main gauche les doigts de la main droite, il prend un bistouri dont la pointe est portée au-dessus de l’articulation; il pique la peau, et, abaissant aussitôt la lame de I instrument, il fait une incision oblique qui. du milieu de l’articulation , se porte sur le côlé interne du doigt, à trois lignes au-dessus delà commissure. L’incision arrivée sur la face palmaire de la phalange, et le plus près possible du pli articulaire , est abandonnée momentanément pour être reprise par le côté externe; l’opérateur, reportant son bistouri dans l’angle inférieur, remonte sur le côté du doigt en faisant une incision qui s’élève à la hauteur de la précédente, dont il rejoint bientôt le sommet pour compléter le triangle. On dix ise le tissu cellulaire qui unit la peau à la phalange; oncoupe le tendon extenseur; un aide prepd le doigt, qu il porte en arrière, pendant que l’opérateur dissèque les lissus apyjiqués sur la face antérieure do l'articulation; lelendon du fléchisseur et sa gaine sont mis à nu, et coupés transversalement; i'aide abandonne alors le doigt, que l’opérateur reprend de la main gauche; on divise les ligamens latéraux , la phalange est complètement détachée.-!-— Membre droit.
• — La seule modification àapporleresl de commencer la première incision sur le côlé externe dudoigt.
Pour pratiquer la désarticulation des doigts médius et annulaire Dup'iytren ( 1 j pratique avec la scie une section oblique des tètes articulaires dos métacarpiens. Chez les enfans Lis.'ranc en fait la section avec le bistouri. — Barthélemy (2) pense que l'inflammation, la gangrène et la suppuration qui surviennent aptes la désarticulation des doigts tiennent à l'étranglement du tissu cellulaire par l’aponévrose palmaire : aussi propose-t-il «Je diviser les prolongemens aptmevrotiques qui se trouvent au niveau de l'articulation qu’on vient d’ouvrir.