C. Désarticulation des phalanges entre elles
2561. Lisfranc. — Un aide, tenant la main en supination, fléchit en même temps les aulresdoigts; l’opérateur saisit la phalange qu’il veut enlever; le bislouri, tenu en quatrième position, l’extrémité de la lame reposant à plat sur la pulpe de l’indicateur, est enfoncé dans les tissus, qu’il traverse par une ponction. Relevant le manche de l’instrumeut à mesure que la pointe avance, afin de sortir
(1) Sabatier t T. IV, pag. 5'34.
(2) Journal universel des sciences médicales, août 1829, pag. St 1.
par le côté opposé à son entrée, l’opérateur fait alors marcher la lame du scalpel en rasant l’os; et termine le lambeau quand il juge sa longueur convenable; l’aide le saisit, le relève , et le fixe derrière la plaie ; le chirurgien reporte aussitôt le scalpel sur le côté de la phalange, et à la hase du lambeau, coupc perpendiculairement le ligament et les tissus, et, par un mouvement demi-circulaire, achève de diviser le ligament antérieur et le ligament latéral oppo-é. De cetlc manière la phalange est désarticulée, et ne lient plus que par fes lissus de la face dorsa'e : c’est alors que, taillant uü petit lambeau pour ne pas dénuder la lèle osseuse, il achève de rompre tous les liens qui retiennent encore l'os.
2562. Lisfranc. 3e procédé. — Un aide s’empare de tous lès doigts voisins, et lient Je membre immobile ; l’opérateur saisi! la phalange malade avec le pouce et l’indicateur dé la main gauche; qu’il place dans une direction parallèle à la phalange ; sans quoi il sera exposé à se couper ledoigt indicateur quand il voudra diviser le ligament latéral gauche. 11 examine d’abord la situation du pii palmaire, et place ensuile le lalon du scalpel tenu en quatrième position sur le point où il doit commencer son incision ; si elle est laite hardiment d’un point à l'autre de l'articulation, celle-ci sera Ouverte. An lieu de chercher à la traverser, il ramène le scalpel sur les faces lalérales, coupe la peau et les ligamens latéraux ; les surfaces articulaires s'écàrlent ; il y glisse la partie ia plus étroit» de la lame de 1 instrument traversant l'arliculalion, et rasant la phalange , qu’il saisit latéralement avec le pouce et l’indicateur de la main gauche, et termine l'opération par un lambeau palmaire, qu’ri coupe carrément. L'écoulement du sang étant arrêté, on ramène le lambeau sur la (été osseuse afin delà couvrir, et on le retient dans celte position par des bandelettes agglnlinalives assez longues pour prendre leur point d'appui sur la face dorsalo du métacarpe et sur la face palmaire de la même région. Il faut bien se garder de faire des circulaires avec ces bandelettes sur le doigt opéré; en s opposant par leur compression au gonflement inévitable après toute opération, elles peuvcnldé* terminer l’étranglement des lissus, et par suil» desaccidens fort graves. Une petite compresse fine, enduile de cérat. enveloppe le doigt , et l’on placé la main recouverte de coton cardé dans un mouchoir plié en triangle. Ce mouchoir maintient parfaitement l’appareil , et permet un pansement facile.
IL RÉSECTION DES EXTRÉMITÉS ARTJCDt ArRBÿ DES OS.
While, Case» of in surqery, part. I;
Sabatier, séances publiques de f Académie 3* chlmrglèj Paris, 1779.