RÉSECTION
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2563. Bien que Paul (iI’Egise) eut parlé de l'extirpation des extrémités articulaires malades, VifiAîtoTJX, David (I) et YVhyte (2) sont cependant les premiers qui pratiquèrent, et presque à la même époque , la résection delà tôle de l'omoplate. Les heureux réstillals qu’obtiurent Wiivte d’abord, puis Bext (3) et Orked (4),. par la résection de celte môme partie, engagèrent les praticiens à l’appliquer à d’autres extrémités osseuses. Bark pratiqua celle opération au genou, et la proposa pour le coude. Les deqx Moreau ( père et fils) l'exécutèrent au coude, au pied et à la main. Mulder (5) la proposa pour la tète du fémur. Graefe(6) extirpa une portion de la mâchoire inférieure, et Dayie (7) une partie de la clavicule. Sabatier, Percy (3). Roux. Mou eau fils , Larrey (9) et Guturie (lu) firent des recherches et des découvertes importantes sur ce point de la thérapeutique chirurgicale. Mais ce sont surtout lès cxpéiiences nombreuses et la pratique des chirurgiens anglais et allemands et principalement deSYME, Textor et Jauger, qui ont augmenté le domaine de cette partie de la médecine opératoire, et les faits heureux qu'ils ont publiés ont répondu d’une manière victorieuse aux objections que faisaient quelques praticiens.
2564. On a prétendu que cette opération ne pouvait être préférée à l'amputation, parce qu'elle est difficile à exécuter surtout dans les grandes articula'.ions gin'gljmoïdates, parce quelle est dangereuse à cause de l'inflammation violente et de la suppuration abondante qu’elle détermine, parce que la guérison s’obtient trop lentement, enfin parce que, pour les membres inférieurs, elle dorme lieu à un raccourcissement et à une aukj lose qui
(1) IVhyte (1769), Philosophies! Transactions, vol. LIX.
(2j David (fils), Uiss. sur l’inutilité de l’amputation, etc. Taris, an XI. ‘
(3) puilosophical Transactions, vol. LXIV.
(4) .Uémc journal, vol. LXIX.
(5) tPachter, Coco eitato.
(6) Ucrichl iiber das klinische Institut, 1815.
(7) Leçons de chirurgie de A. Cooper , vol. III.
(8) Eloge historique de Sabatier.
(9) 5b moires de chirurgie militaire, vol. Il, pag. 171.
(10) Loco eitato , p.'g. 327.
sont beaucoup plus incommodes pour les malades que la jambe de bois dont ils se servent après l’amputation, qui leur a fait courir moins de dangers. — Quelques-unes de ces ob jections ont perdu beaucoup de leur valeur depuis les faits nombreux qui ont été publiés. Si, d'une part , on est obligé de convenir que la résection est plus difficile que l’amputatidn et que la désarticulation , d’un autre côté on est forcé d'accorder que les dangers immédiats ou consécutifs de cette opération sont beaucoup moindres que ceux de l'amputation; en général même ils sont peu intenses.. Il est vrai que la guérison est plus lente, mais elle n’est entravée par aucun accident (Sysie, Jaeger), et en définitive, elle conserve un membre qui en général peut être d’tin grÿiid secours aux opérés. Ces considérations, appliquéesaux résections des membres supérieurs, ont surtout une très-grande importance, et doivent suffire, dans certains cas, pour les faire préférer aux amputations; car on ne saurait nullement comparer l’utilité d’un bras ainsi conservé , bien que ne jouissant que de mouverriens bornés, avec celle que pourrait procurer un bras artificiel; et d’ailleurs l'expérience a prouvé que les résultats ob enus par la résection des articulations îles extrémités supérieures sont des plus favorables. — Ces résections appliquées aux extrémités inférieures ne jouissent pas do la même faveur: là en effet ces opérations sont plus graves que les amputations ; le traitement ultérieur est plus long, entravé par de plus grands accidens, et, sous le rapport de futilité, le membre conservé offre moins d’avantages. Aussi ne les conseilleronsnous pour ces parties que dans certains cas extrêmement favorables.
Ces assertions sont basées sur les faits qut ont été publiés jusqu’à ce jour ; Jaeger ( 1 ) a rassemblé tous les cas de résections qu’il a pu trouver, et, d'après son travail, ou peut dresser le tableau suivant :
■Résections
succès
insuccès ,
de l’épaule,
du coude,
du poignet.
du pied ,
du genou,
Nous ferons remarquer que Synie (/ oco citalo, pag, 7fi), qui est un chaud partisan des résections, se prononce d’uno manière très-défavorable sur celles du poignet, parce que, dit-il, elles sont d ffieiles, et doivent entraîner des accidens graves; et, si le malade guérit, il n’a plus qu’un membre dont il ne peut pas se servir : cependant il convient que ces craintes ne sont que théoriques, et que les faits viendront peut-être les détruire. — Parmi les cas d’insuccès que nous signalons pour les résections du genou, Irois seulement se sont terminées par la mon ; dans les Irois aulrt-s les malades ont survécu, mais n'ont pu se servir de leur membre. — ce résultat est évidemment au-dessous de celui que l’on obtient par l’amputation ; mais il n’est pas tel cependant que l’on doive rejeter sans retour celte opération dans ect article. Syme (pag. 84) ajoute que, sans aucun doute, cette opération au genou est plus grave que l’amputation si le malade
(1) Rust’s Bandbueh der chirurgie, vol. V, pag. 650.
RÉSECTiOÎVS.
est faible et épuisé pat; une maladie antérieure •, mais que, s’il est fort, le raisonnement et les faits ne prouvent pas qu’il coure par elle plus ûe chances que par l’amputation, — Il est à désirer cependant que l'expérience vienne jeter quelque jour sur la valeur relative de la résection du genou et de l’amputation de la cuisse. Enfin, d’après les relevés de Jaeyer, vingt-quatre résections ont été faites dans des cas de luxations compliquées du pied, et aucun malade n’a succombé. Néanmoins Srn:e (pag. 00 ) dit que, si la résection dans l’articülation du pied n'a pas contre elle les mêmes préventions que celles pratiquées au poignet, elle ne peut être d'une grande utilité pour le malade : s’il s’agit en effet de conserve;' au corps un appui solide, il se demande si ce but est aussi bien atteint à la suite de celle opération qn’après l’application d’un membre artificiel. Moreau admet que, à la suije île CPtte opération, il s’élablit une- ankylosé ; mais il fait remarquer que les autres articulations du pied acquièrent une plûs grande mobilité, de manière à. compenser la roideur de l’articulation tibio-larsicnne. Cependant il est hors de doute que le pied perd beaucoup de son élasticité,
2565. Les cas où la résection des extrémités articulaires doit être préféréefà l’amputalion du membre peuvent ëlre : 1° la carie et la nécrosé des os. longs lorsqu’elle ne s'étend pas au-delà de l'extrémité articulaire ; — 2° l'écrasement d une ou de plusieurs lèles articulaires lorsque le désordre nes’élend pas au corps oes os, que les troncs artériels et nerveux ne sont pas intéressés; enfin lorsque les esquilles ne peuvent pas être extraites par un agrandissement convenable delà plaie;
— 3° une balle enclavée dans l'extrémité spongieuse d’un os et qu’on ne peut extraire ; — 4" une luxation , compliquée de l'issue à travers la peau déchirée de la tête d'un os lorsque la réduction est impossible; — 5” le spina venlosa ou l’ostéostéatome parfaitement limité aux parties articulaires ;
— 6° l’ankylose vraie, lorsqu’elle rend un membre important, ou qu elle gène à un très-haut degré.
Dans rappréeialion de ces indications, i’état généra! du malade - 1 o i t. être pris eh grande considération. Un affaiblissement général des forces doit, toujours être regardé comme une contre-indication formelle. Dans ce cas en effet l’amputation a, sur cette opération, l’avantage d'enlever la source de celte suppuration, qui amaigrit le malade; d'augmenter lu quantité relative du sang que possède le corps , et par conséquent de bâter le moment où l’état général du malade doit subir une heureuse modification ; tandis que la résection, et surtout celle du genou, doit, avant, que la guérison soit complète, consumer une grande quantité de forces. — L'él-at des parties molles peut aussi présenter des contre-indications : c’est ce qui arrive lorsqu’elles sont profondément altérées, ou qu’elles orit'subi quelque dégénérescence organique. D’après Moreau , l’altération des parties molles qui est uniquement le résultat de l’affection des os ne s'oppose nullement a l’opération : les trajets fistuleux qui sc sont établis sous l'influence de la maladie des os guérissent ordinairement dès que ceux-ci sont enlevés; il faut avoir soin cependant, toutes les fois qu'on le peut, de. comprendre les parties de la peau qui sont malades dans les Iih isions que l'on est obligé de pratiquer ; néanmoins une large destruction des parties molles devra toujours être considérée comme une contreindication.
2566. La résection comprend les temps suivans : 1° incision de la peau et des muscles pour mettre suffisamment à nu les tètes articulaires; — 2" la section des os ; — 3° la réunion de laplaia à l’aide d’un pansement approprié.
2567. Le malade est convenablement placé et
fixé par des aides ; la compression de l’artère principale du membre confiée à un aide (cela vaut mieux que d’appliquer le tourniquet , parce que l'hémorrhagie est ordinairement peu abondante, et que cet instrument met un obstacle trop grand à la circulation veineuse) ; la direction et l’étenduo de l'incision dépendent de la nature de l'articulation et de l’état des parties molles. En général elle doit être grande , mais cependant ne pas dépasser certaines limites. Jægeu(I) a dressé un tableau des incisions que l’on peut pratiquer dans ces cas en les classant d'apiès l’ordre de leur simplicité. Ces incisions ont l.es formes suivantes : 1° l'incision simple ; 2° — | — , ou ] [ , ou — j ! — , par
lesquelles on circonscrit soit quatre lambeaux, soit
seulement deux ; 3° 4” oti j , on — | ; 5°) ;
6° j l; 7° ] l ; ou ~[; 8° ]— [ ; 9° C- Pour
faire ces incisions on se sert d'un fort bistouri ; les lambeaux formés sont disséqués, sépales des os sousjacens, et tenus relevés par les doigts d'aule» ou par des crochets mousses r les ligamens articulaires incisés et divisés, la tête articulaire luxée; toute sa partie malade découverte des parties molles adhérentes, et le périoste divisé circulairemcnt au point où on veut faire la section. Toutes les fois qu’on le pourra, on pénétrera dans l'articulation a l’aide de 1 incision qui divise la peau, et les ligamens articulaires seront laissés adhérons à la peau et aux muscles, 'et relevés avec les lambeaux : do celte manière l’opération sera rendue plus courte, les douleurs inoiudtes, et la plaie plus régulière. Les vaisseaux étant liés, on porte, entre les os et les parties molles, une spatule, une attelle de bois, ou de carton, de cuir, de plomb, etc., afin d’écarter les parties molles, et de les préserver de l’action de la scie ; des aides veillent à ce que ces parties conservent celte position.
2568. A l’endroit où le périoste aura été divisé, on appliquera une scie convenable, ou, si l’os est faible ef peu résistant, une tenaille incisive, afin d'emporter toute la partie malade. Les esquilles qui (pourraient rester aptes cette seciion seront enlevée? avec une petite scie, la tenaille incisive ou une lime. — Les artères qui pourraient c-p.cora fournir du1 sang seront lices; les ligamens indurés, et la capsule articulaire et même un lambeau cutané, s’il y a trop de peau, seront enlevés, et la plaie bien nettoyée. Les doigts el l'œil examineront avec soin s'il existe encore quelque partie malade afin de remporter.
l a limite <îè l’os malade sera déterminée non-seulement par celle de la carie , mais encore par le dücollernenf. du périoste; car, si on laissait dans la plaie une partie d’os dé lui-
(1) Ry&C s Eandbuch drr Chirurg cf ’oqo rituto f pag. 638»
XÉSECTIOUS.
ii'ej la èartc oti la nécrose s’en èmi.aferatt bientôt : aussi est-il important de prolonger les incisions jusqu’à cette limite, et c'est là aussi que l’os doit être réséqué. Si la carie ('étend, dans les parties spongieuses de l’os, au delà de la section, on doit en enlever une rdndelleplus ou moins épaisse suivant les cas; la cautérisation par le fer cliaud conseillée par Moreau détermine lé plus souvent une nécrose, et entrave toujours la guérison. [ Jaeger.) — Lorsque l'os est malade dans une pins grande étendue qu’on ne l’espérait, il faut on général pratiquer l'amputation ; cependant la conduite que l’on doit tenir dans ces cas dépend des circonstances suivantes , savoir : si l’on est Obligé d'emporter un seul os ou tous les os qui constituent l’articulation ; et cela dépend aussi de la nature de l’articulation. Dans l'articulation scapulo-humérale, par exemple, on a enlevé ayecsuccèsô pouces et mêijie 6 pouces lj2 de l'humérus.
Parmi les nonihreux inslrqmcns qui ont été préconisés pour la résection des extrémités articulaires ( Jaeger , psg. 584), ceux qtii sont les plus convenables et qu’on peut appliquer à tous les cas sont la grande et la petite scie ordinaires, |a scie plate, la scie de Iley de diverses grandeurs, ta scie à chaînons de Jeffray (Ailken) et de II crue ; les tenailles incisives, les gouges de diverses formes, bien qu’elles ébranlent l'os jusque dans l’arlicnlation voisine, sont quelquefois indispensables. Dans quelques cas il est convenable de réséquer l'os en partie avec la scie, et en partio âvec les tenailles.
I.’écoulément de sang fourni par la plaie s'arrête ordinairement sous l’influence de l'air extérieur ou de l'eau froide : s’il provient de tissus indurés ou spongieux, il Tant enlever ces derniers, faire des applications d’eau froide on de tout autre styptique. — I.’hémorrhagie que pourraient fournir les artères des os s’arrête ordinairement. par l’application d’eau froide; mais, si çe'la n’avait pas lieu, il faudrait avoir fccours ù l'agaric, à la charpie trempée dans l'alcool , ou à deshouleltcs de cire. Les hémorrhagies, si elles sont abondantes, et si elles continuent après qu’on a enlevé le tourniquet, et malgré les fortes Inspirations que l’on fuit faire âu malade , réclament les applications d’eau froide ou de tout auire styptique. Si un tronc artériel ou veineux a été ouvert, ce qui ne peut arriver que par la maladresse ou {'imprévoyance de l’opérateur, on peut tenter la ligature; niais çu générai il faut eu venir à l'amputation,
2569. Pour le pansement, que l’on ne doit fairo que lorsque le malade a été reporté dans son lit (Jaeger), on place le membre sur un coussin de balle d’avoine recouvert d une toile cirée ; les extrémités réséquées sont placées dans uho position convenable, en contact ou non, suivant qu’on le juge à propos, et on réunit les lèvres de la plaie a l’aide de points de suture. Dans les cas seulement où ces légumens sont tellement ramollis qu’ils seraient coupés par les fils de suture, on doit ®e borner à les soutenir par de la charpie et des compresses. (Syme.) — La partie la plus déclive de la plaie sera laissée béante pour l'écoulement dubpus. La plaie est recouverte de plumasseaux de chaque ; on soulève le membre avec précaution, et on fait glisser sous lui un bandage de Scültet, des compresses et de la charpie. Le niera- ^ire éfant placé dans la position la moins défavorable aux fonctions qu'il doit exécuter dans le cas pù il surviendrait une ankylosé, on applique l'appareil » et, si cela est nécessaire, on place une at- |élie convenable. — Jaegeh pensç qu’il vaut mieux.
jusqu’à l’époque où la suppuration doit se déclare* (quaire à cinq jours), placer tout simplement le membre sur un coussin de balle d’avoine, cl l'entourer de compresses trempées sans cesse dans l’eau froide, parce que, pendant toute cette période, l’appareil de Scultet ne doit jamais être a|scz fortement serré pour pouvoir maintenir les os dans les rapports qu ils doivent avoir.
t.econseil que donne Syme de substituer un bandage roula aux attelles ne saurait évidemment être adopté.
2570. Le traitement ultérieur sera conforme à ce ^ue nous avons exposé aux articles Plaies et imputations. Ap dire des praticiens les plus expériraentés dans' ce genre d’opérations, la réaction traumatique est en général peu considérable, et réclamé simplement, dans les premiers jours, un repos absolu, une diète sévère, des boissons nucilagineuses. et l’emploi prolongé des applications froides. — Si la réaction est faible, si le membre opère est froid et œdématié, on doit avoir recours aux fomentations chaudes aromatiques et à une alimentation plus nourrissante, plus stimulante. — Dès que la suppuration se déclare, on doit renoncer aux applications froides, et panser la plaie avec de la charpie, des bandelettes agglutinalives et l'appareil de Sceltet; tous les mouvemens inutiles du membre doivent être soigneusement évités. Yers le cinquième jour les bandelettes qui pourraient'ctre trop tendues sont enlevées ; les autres le sont, suivant les circonstances, vers le sixième ou le neuvième jour. — Dès que la fièv re est passée, on permet quelques alimens, et, vers le huitième jour ordinairement, les malades peuvent déjà reprendre leur régime ordinaire. Le plus souvent la cicatrisation marche rapidement, quelques points seulement restent un certain temps lïstuleux.
( Jaeger, pag. 364. )
2571. Les accidens qui peuvent se manifester pendant le cours du traitement consécutif sont surtout : une hémorrhagie consécutive, des abcès, des trajefs ftsluleux, 1’ulcéraiion de la cicatrice. — Qu’une hémorrhagie se manifeste peu de temps aptes l’opération, on doit lever l’appareil, aller à la recherche des vaisseaux, et les lier; majs, s’il se fait un suintement sur toute la suéfaçe de la plaie, les applications froides et les glyptiques devront être mis eu usage. L'hémorrhagie «jui surviendrait pendant la période de suppuration réclame l’amputation dit membre ; car la ligature du principal tronc artériel laisse peu, d'espoir. — Des cataplasmes et l’ouverture avec le bistouri seront indiqués contre l'inflammation et contre les abcès qui s’établiraient dans le voisinage de la plaie. — Les ouvertures fistuleuses peu vent dépendre de la sécrétion de la synovie qui persiste à la surface d’une pat lie articulaire laissée dans la plaie, de granulations do mauvaise pâture qui se sont développées dans tps tissus épaissis et calleux , de parties cariées qui n’ont pas été enlevées, ou cnfiq d’une portion d’os nécrosée à la surface de la 6Cf-,
RESECTIOJTS.
tion, Ces trajels flsluleux guérissent sous l'influence des applications aromatiques prolongées; et, s'ils sont dus à une nécrose, iis ne se ferment qu'après 1 élimination de la partie osseuse frappée de mort. D’après Jaegeii, la nécrose de la cavité médullaire de l'os ne survient jamais ou que très-rarement à la suite des résections. — S’il restait encore dans la plaie quelques parties cariées, il faudrait en pratiquer de nouveau la résection, ou, si elles étaient étendues, il faudrait avoir recours à l’amputation.
2572. Le inode de cicatrisation des parties osseuses réséquées doit attirer toute l’attention du chirurgien. Aux extrémités supérieures on ne doit jamais solliciter la réunion par formation d’un cal, taudis que, aux extrémités inférieures, et notamment à l’articulation du geuou, oa doit mettre tout en pratique pour tâcher de l'obtenir, et, dans ces cas, il faut placer le membre dans la position la plus convenable aux usages ultérieurs du membre. — Dans les cas où il ne se forme aucun cal il se développe ordinairement entre les fragmens osseux un tissu libreux résistant qui donne encore au membre une certaine solidité. — Mais, s’il ne s'opérait aucune réunion, et si le membre ne pouvait remplir aucune de ses fonctions, même à l’aide d’un traitement convenablement dirigé (§ 665 ), l’amputation deviendrait la seule ressource du malade.
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2573. Le procédé le plus oonvenable pQur pratiquer la résection de l’extrémité supérieure de l’humérus est celui qui consiste à former un lambeau supérieur comme dans la désarticulation par le procédé de Lafaye; à diviser les moyens d’union de l’articulation ; à soulever la tête de l’os avec uue attelle afin de la séparer des parties molles, et à en pratiquer la résection. — Lorsque les vaisseaux qui fournissent du sang ont été liés, la surface réséquée de l’os est rapprochée de la cavité articulaire ; le lambeau abaissé, tenu en position par quelques points de suture et des bandelettes agglulinalives, est recouvert de charpie et de compresses ; le bras est placé dans l’appareil de Desault (§, 589). Le traitement ultérieur esL le même qu’à la suite de l’amputation; il faut veiller avec le plus grand soin à ce qu’il ne fasse aucune fusée purulente. — Forme de l’incision : ] [.
Ce procédé, qui est celui de Manne, a été modifié par Morel (l), qui fait un lambeau semi-lunaire à convexité inférieure.
(Noie du traducteur.)
[2574. Wdite (2). — On fait une incision commençant au-dessous de l’acromion, et on la termine au milieu du bras. Par là l’os est complètement à découvert. Alors, saisissant le coude, on fait sortir la tête de l’humérus hors de sa cavité et à travers la plaie; on la saisit de la main gaoche, et on la scie, ayant eu la précaution d’appliquer un carton entre l'os, et les chairs.] — Ferme de l’incision : “.
[2575. Beist (3). — On fait une incision qui, commençant auprès de la clavicule, est continuée jusqu’à l'attache du grand pectoral. Une porlion du muscle deltoïde est séparée à l'endroit de ses attaches à la clavicule; une autre porlion de ce muscle est également séparée à l’endroit où il se fixe à l’hiiinérus. Le coude étant fortement porté en arrière, la capsule est réséquée tout autour du col de l’humérus qui vient sortir par la plaie, et réséqué dans une étendue convenable]. — Forme de 1 incision : |~ .
[2576. Moreau père (4). — On fait, à la partie postérieure de l’article, une incision longitudinale qui, commençant à quelques. Lignes au^d^ssus de l’acromioii, descend à trois pouces au-dessous. A quatre pouces de celte incision, et parallèlement à elle, on en pratique une seconde, qui va aussi jusqu’à l’os. Ces deux incisions, sont réunies en baul par une incision transversale qui coupe les
(1) Jlédiço-clii'rurg. Transactions, 1810, vol ytU.
(2) JlédceinC opératoire de Lassus, T. If, p 501.
<3) Sabatier,. Mémoires de l’tnstitui. T. v, pag 876.
(4) P. -F. Moreau, Thèse, Paris, an XI, p. 79.
chairs à six Signes au-dessous de l'attache supérieure du deltoïde, ce qui produit un lambeau large de quatre pouces et long de trois, qu’on renverse sur le bras après l’avoir détaché de l'os. — De chaque extrémité de l’incision transversale on en pratique nne nouvelle : l’antérieure se dirige vers l’extrémité humérale de la clavicule, et la postérieure vers l’épine de l’omoplate; ce qui forme un nouveau lambeau, qu’on relève. — L’os étant scié, on arrondit avec la gouge le bord de la partie laissée.] — Forme de l’incision : ]~f.
[2577. Sïme (1). — Le malade étant assis sur une chaise, le chirurgien fait une incision perpendiculaire, qui, parlant du sommet de l’acromion, divise le deltoïde dans sa partie moyenne jusqu’auprès de son attache inférieure, l’instrument étant enfoncé jusqu'à l’os, et maintenu à cette profondeur pendant tout le temps de son action. Une seconde incision, partant de l’extrémité inférieure de la première, et la coupant à angle droit, est dirigée en arrière et légèrement en haut. Le lambeau circonscrit par ces deux incisions ayant été disséqué, les attaches des muscles scapulaires sont divisées. La tète de l’os est facilement amenée au dehors, saisie de la main gauche, et sciée sans toucher aux parties molles.] Forme de l’incision : /.
[2578. SabatIer (2). — Le malade étant assis sur une chaise et fixé convenablement, faites, à la partie antérieure et supérieure du bràs, deux incisions de cinq à six travers de doigt, chacune réunie en bas eii forme de V, et séparée supérieurement par un intervalle d’un pouce ou un pouce et demi. Extirpez le iàruheau et la portion du muscle deltoïde que circonscrivent les incisions, puis faites porter le coude en arrière; coupçz les tendons qui entourent l’articulation de l’humérus et les trois quarts supérieurs de la capsule de cette articulation. Achevez la section de la capsule; faites sortir une portion pins ou moins grande de l’os par la plaie en coupant aussi le tendon du , grand pectoral en devant, et ceux du grand rond et du grand dorsal en arrière. Enfin réséquez l'os en préservant les chairs voisines.] Forme de l’incision : \j '
[ Sanson et Bégin regardent comme inutile l’extirpation du lambeau ; ils propose .t de le faire plus large à sa hase et de se borner à le relever pour te réappliqiier ensuite,]
[2579. Buzairües (3). — On commence, comme dans le procédé de Beat (§ 25:5), par faire uhe incision longitudinale qui s'étend de l’acroinion à l'attache inférieure du deltoïde; quelquefois cette simple ouverture suffit pour opérer la résection. Sïais, si l’état des parties exige une ouverture plus grande, on fait une seconde incision parlant de l’extrémité supérieure de la première, vers l’acro-
(1 ; rrcat. on Ihn exeis. ot diseased Joints, tond., 1331 .
(S) Médecine opératoire , 1824, T. iv, pas;. 447.
(3; .loui'iial des connaissances médicales, t. Il, p»g. 109.
mion, et se prolongeant en arrière, le long du bord inférieur de l’épine de l’omoplate. On forme ainsi un lambeau angulaire, qu’on détache, et qu’on replie en arrière et en bas. — Enfin, si l’ouverture que fournit ce lambeau ne suffit pas pour pratiquer la résection, on fait nne troisième incision semblable à la précédente du côté opposé, et qui, parlant de la rencontre des deux premières, se dirige vers le bord inférieur de la clavicule.] Forme de l’incision : | .
[2580. Textor (1). — Après avoir pratiqué, le long du côlé interne du biceps, une incision qui s'étend du bord acromial de la clavicule jusqu'à l’incision deltoïdienne, le chirurgien en pratique une seconde transversale à travers la partie inférieure du deltoïde, et qui s'unit à la première : de cette manière on forme un lambeau angulaire, que l’on renverse en haut et en dehors.] Forme de l’incision : ] .
[2581. Bromf:eld. — Après avoir incisé trans-versalement la partie inférieure du deltoïde, le chirurgien pratique une seconde incision qui , partant de l’apophyse acromion, tombe perpendiculairement sur la, partie moyenne de la première, de manière à avoir deux lambeaux, l’un interne, et l’autre externe, que l’on relève.] Forme de l’jnçisipa : J.
Le procédé de TFA te paraît devoir être préféré toutes le» fois qu’il s’agira seulement d’opérer l’exlraction de fragmens osseux. — [ Celui de 2'ext'»' procure un espace plus grand pour la soriiedc la lèle humérale et la manœuvre des instrutnens. — celui de Moreau conviendra surtout dans les cas de spina venlosa , d'ostéosarcome, lorsque la tête de l’humérus aura acquis un volume considérable. — Celui de Manne (§ 2573) offre les plus grands a va mages : son exécution est extrêmement facile; il met largement à découvert toute l’articulation, et constitue le premier temps d’une dësarliculalion régulière (§ 2520) dans le cas où on se verrait obligé de la pratiquer. — Quant à celui, de Bentt on dit qu’il favorise trop le croupissement du pus au fond de la plaie.]
2582. A la suite de cette opération les mouveiïiens du bras peuvent éire modifiés de diverses manières : 1° l’extrémité de ce qui reste de l’humérus peut se trouver appliquée contré la cavité glénoïde ; — 2U elle peut se trouver dirigée contre le thorax, — ou 3° éloignée du corps, enfoncée dans les parties musculeuses. — Dans le premier cas il s’établit une nouvelle articulation qui remplace parfaitement l’ancienne; dans le second cas il se l'orme, il est vrai, une fausse articulation, mais qui n'offre pas de grands bénéfices; et, dans le troisième, le levier brachial est sans point d’appui; mais cela ne met aucun obstacle à la rectitude et à la liberté de ceux des mouvemens qui sont conservé#-
(I) Keuci ebiron, vol. lit, pag. 380.
B. Articulation humêro-cubitale.
Sloreau, Thèse de,Paris, an XI. pas. 21, guésison.
X<I., ici . , pas. 33, id.
Id., id., pag. 37, W»