C. Inflammation des extrémités articulaires des Os
198. Dans ces parties l’inflammation commence toujours dans la portion spongieuse , et très-riche en vaisseaux, qu’on rencontre à l’extrémité des os. Dans le principe il y a peu de douleur, et ce n’est qu’insensiblement qu’elle devient plus vive. Après un temps qu’on ne saurait limiter, il se forme, dans les parties molles de l’articulation, une tumeur élastique irrégulière et peu circonscrite : celle tumeur correspond aux saillies que forment les os, et elle devient plus volumineuse lorsque l’articulation est enjeu , diminue lorsqu’elle est en repos. Les mouvcmens de l’articulation ne sont que trèsmédiocrement gênés. Après un temps plus ou moins long, les douleurs augmentent, la peau prend une couleur rouge foncé, et finit par s’amincir et s’ouvrir; un pus de mauvaise nature s’écoule, et, à l’aide d’une sonde, on reconnaît aisément une carie ; souvent ces ouvertures se ferment, mais il s’en ouvre bientôt de nouvelles, et la fièvre hectique qui survient met en danger la vie du malade.
199. Selon le degré de l’affection on rencontre à l’autopsie des états variés des extrémités articulaires des os. Elles sont ramollies et rougeâtres, leurs cellules distendues , pleines d’une lymphe rougeâtre, et leurs vaisseaux sanguins très-développés. Souvent les cartilages n’ont encore , à leur face externe, subi aucune altération; mais leur face interne est çà et là détachée de la surface osseuse. Lorsque l’altération est plus profonde , les os et les cartilages sont ulcérés , la synoviale et les ligamens désorganisés, la cavité articulaire remplie d’un pus ichoreux.
200. Cette affection se rencontre plus rarement dans les articulations coxo-fémorale et scapulohumérale que dans les autres. On la remarque plus souvent dans les os spongieux du carpe et du tarse.
DES ARTICULATIONS
Elle est plus fréquente chez les enfans et les jeunes sujets que chez les adultes. Elle peut reconnaître pour cause déterminante une violence extérieure; mais elle est constamment jointe à une affection générale, qui le plus souvent est de nature scrofuleuses.
201. Le pronostic et le traitement sont les mêmes que ceux que nousavons exposés pour l’inflammation et l’ulcération des cartilages.
202. Quoique cette affection se rencontre dans toutes les articulations, et qu’elle soit connue sous le diverses dénominations que nous avons fait connaître au § ] 84, on peut cependant, d’après sa marche et les différentes altérations auxquelles elle donne lieu, déterminer quel a été le siège primitif de la maladie. Quelques cas particuliers pourraient peut-être appuyer plusieurs opinions qui ont été émises sur son développement; mais en thèse générale ces opinions sont inadmissibles.