II. Inflammation de l'articulation SCAPULO- HUMËRALE
214. Cette affection {omalgia , omartlirocace ,) suit les mêmes périodes que la coxalgie. La douleur, dèsle début , est un symptôme plus constant que dans la coxalgie; elle est lancinante et déchirante; elle s’étend d’un point quelconque de l’articulation jusque vers le coude ; elle est surtout trèsvive lorsqu’on place le doigt dans l’aisselle, et qu’on le porte en haut et en avant contre l’articulation. Le bras est fatigué des moindres mouvemens; du reste l’épaule n’offre aucun signe de maladie. Au bout de quelque temps les douleurs augmentent, et la nuit elles deviennent plus intenses ; la sensibilité et l’affaiblissement du bras deviennent considérables.
215. Peu à peu le bras se fléchit dans l’articulation huméro-cubilale, et s’éloigne du tronc ; il maigrit, et devient flasque; l’épaule perd de sa forme arrondie, et se creuse; au fondée l’aisselle on sent la tête de l’humérus , et celfe cavité devient plus pleine; le bras malade, comparé à celui du côté opposé, paraît alongé ; si la maladie prend plus d’intensité , il y a de fréquens accès de fièvre.
(1) Ueber die Verwaltnng des allgera. Krankenhauses zu ILimburg, 1832, pag. 235,
DE L’INFLAMMATION
216. Si la tète de l’humérus abandonne la cavité articulaire, la forme arrondie de l’épaule disparaît complètement ; l’acromion devient saillant; on sent dans l’aisselle la tète articulaire; mai! elle se déplace peu à peu, et se porte en haut contre la clavicule; alors le bras se raccourcit; le coude se porte en arrière, et les mouvemens sont trèsgênés. — Comme dans la coxalgie, il se forme des foyers purulens , qui s’ouvrent, et donnent lieu à des trajets fistuleux. La tête de l’humérus , la surface articulaire de l’omoplate , les côtes , etc. , sont prises de carie. Une suppuration abondante ruine les forces du malade. Dans quelques cas heureux il se forme une nouvelle articulation pour la tête de l’humérus, ou bien encore la maladie se termine par l’ankylose.
217. A l’autopsie on trouve les cartilages articulaires détruits en partie ou en totalité , les os cariés, les ligamens et la synoviale dégénérés, des amas purulens dans l’articulation et les interstices musculaires.
218. L’étiologie, le pronostic et le traitement sont les mêmes que pour la coxalgie.
IIL Inflammation de V articulation TIBIO-FÉMORALE.
219. Dans l’inflammation de celte articulation (tumor albus genu , gonalgia, gonarthrocace ,) la douleur est le plus souvent très-faible; le malade éprouve de la roideur dans le genou. La douleur ne se réveille guère que dans des mouvemens assez grands de l’articulation. Souvent elle occupe un point fixe; souvent aussi elle envahit toute l’articulation. Cet état peut durer longtemps avec des alternatives de mieux et de pire. Enfin les douleurs augmentent , et l’articulation commence à se tuméfier. Quelquefois, dès le début de la maladie, la douleur est excessive , et la tuméfaction ne tarde pas à se manifester. Dans beaucoup de cas cette tumeur est élastique, fluctuante, et n’affecte point la forme de 1 articulation ; dans d’autres cas elle cède très-peu à la pression; il n’est même pas iare de la trouver si dure qu’on pourrait la confondre avec un gonflement de l’os. La jambe se fléchit à mesure et dans la même proportion que le genou se tuméfie ; la marche devient de plus en plus pénible , et finit par être impossible ; la peau qui recouvre la tumeur devient blanche et luisante, extrêmement tendue, et, vers la fin, les veines qui se dilatent lui donnent un aspect bleuâtre. Les
douleurs augmentent considérablement ; la tumeur
offre ça et là une fluctuation très-manifeste; la peau se colore en rose, s’amincit, s’ouvre, et donne issue à un pus très-liquide dans lequel nagent des flocons caséeux. Souvent ces ouvertures se ferment spontanément pour s’ouvrir de nouveau; ordinairement les forces diminuent très-rapidement; à l’aide de la sonde introduite dans le foyer
de l’abcès on reconnaît aisément de la carie; bientôt la fièvre hectique et des selles colliquatives s’emparent du malade ; les douleurs augmentent dans l’articulation , et la mort vient frapper le malade si on ne fait pas à temps l'ablation du membre. La durée de la maladie est très variable.
220. L’étiologie est encore celle que nous avons donnée pour la coxalgie. La marche de la maladie est différente suivant que l’inflammation attaque d’abord les ligamens et la membrane synoviale , les cartilages ou les os. C’est encore sur ce siège primitif qu’est basé le diagnostic de la tumeur blanche rhumatismale et de la tumeur blanche scrofuleuse. Dans la première la douleur du genou est plus générale, et le développement de la tumeur suit de près l’invasion de la douleur ; la synoviale et les parties molles sont en général le siège primitif de l’inflammation. — Dans la seconde la douleur se fait surtout sentir en un point fixe, etla tumeur, qui affecte la forme de l’articulation, se développe plus tard , et elle est aussi plus solide.
Cette différence des tumeurs blanches du genou est confirmée par l’autopsie. Souvent les parties molles et les parties dures de l’articulation sont toutes profondément altérées, tellement unies entre elles par une lymphe épaisse et visqueuse qu’elles ne forment plus qu’une masse fongueuse. Souvent la synoviale est enflammée et ulcérée ; les cartilages sont changés en une masse rouge et spongieuse ; toutes les parties molles de l’articulation sont considérablement épaissies ainsi que le tissu cellulaire qui se trouve à la face externe de la capsule articulaire. La cavité de l’articulation est remplie d’un liquide brunâtre et floconneux; les cartilages articulaires sont souvent détruits en partie ou en totalité , et les os cariés. Ordinairement la carie attaque plus profondément la tête articulaire du tibia que l’extrémité du fémur. Les parties molles peuvent être complètement désorganisées , et les parties osseuses cariées se détacher et se frayer un passage.
221. Le pronostic et le traitement sont fondés sur le siège de l’affection , et d’après les règles établies plus haut.