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La compression avec les doigts se fait avec

un pouce ou même les deux pouces appliqués sur l’artère à l’endroit où ils peuvent la comprimer contre un os. Par exemple, l’artère crurale sur la branche horizontale du pubis , l’artère brachiale sur l’humérus , l’artère sous-clavière sur la première côte , l’artère faciale sur l’os maxillaire inférieur, etc On peut assez commodément rem-

placer les doigts par un compresseur qu on applique aux endroits ci-dessus indiqués : celui ù’Ehrlich (5) est un des plus convenables; il peut aisément, dans le besoin , être remplacé par une clef qu’on enveloppe de linge.

248. Les tourniquets ( torcularia , tornacula,) sont divisés en deux espèces: ceux qui, tout en comprimant l’artère , compriment circulairement tout le membre , et ceux qui ne compriment que le tronc principal de l’artère. Aux premiers appartient le tourniquet-garrot inventé par Morell en 1674, et dont les tourniquets à vis ne sont que des modifications , ainsi que le tourniquet à boucle d’AssALiNi. Le tourniquet de Morell consiste en une pelotte de crin, en une forte bande d’une aune et demie à deux aunes , en un garrot de bois trèsdur, et en une plaque de gros cuir , percée , aux deux bouts de son diamètre , d’une ouverture capable de laisser passer la bande. — Les tourniquets à vis ont cela de commun que le lien qui passe au-dessus de la pelotte est serré à l’aide d une vis qui repose sur la partie du membre opposée à celle sur laquelle se trouve la pelotte. — Le tourniquet

(1) Journal des savans, 1691.

(2) Mémoires de l’acad. des sciences, 1735.

(3) Mémoires de l’acad. de chirurg., T. YI, pag. 251.

(4) Des anévrismes.

(5) Chirurg. Beobachtungen , vol. I , planche II , fig. 5.

ES GÉNÉRAL

qui comprime seulement l’artère sans étrangler circulairement le membre appartient à Petit . et , comme son tourniquet possède une vis, ce praticien peut être regardé comme l’inventeur des tourniquets à vis. De tous ces tourniquets les préférables sont sans contredit ceux dans lesquels la plaque en cuivre supérieure est unie à l’inférieure par deux ou quatre petits piliers métalliques , qui rendent, au moment de la pression, la plaque supérieure complètement immobile.

Pour l’histoire des tourniquets consultez :

Caprano, Diss. de tornaculo. Mogunt, 1794.

Wesphalen, Diss. sistens tornaculorum criticem , etc. Jenæ , 1800.

Krombholz i Abhandlnng ans dem Gebiete der Akologie, lre part. Prague, 1825, pag. 1.

249. Pour appliquer un tourniquet, la première chose à faire est de chercher la position de l’artère que l’on veut comprimer : au bras, sur le côté interne du biceps; à la cuisse, dans l’espace triangulaire compris entre les muscles adducteur et vaste interne ; en arrière du genou , un peu au-dessus de la fosse poplitée. On appose la pelolte exactement sur son trajet; on passe au-dessus, et circulairement autour dumembre , la bande dont les bouts, dans le tourniquet de Morell, doivent être passés dans les ouvertures de la plaque de cuir, et noués sur cette plaque; puis, entre la plaque et la bande , on glisse le garrot qui sert à tordre cette dernière, et on l’assujettit avec un lien. — Dans le tourniquet à vis c’est à l’aide de la boucle qu’on serre la bande. Le tourniquet, dont les deux plaques métalliques sont simultanément rapprochées au point de se toucher, doit être appliqué au côté du membre opposé à celui où se trouve la pelotte , et l’on doit, en cet endroit, placer une plaque en cuir ou en carton pour empêcher que la pression ne soit trop douloureuse. Pendant que l’on fait mouvoir la vis d’une main on doit de l’autre assujettir la plaque inférieure dans la crainte qu’elle ne se déplace. La pression doit être portée jusqu’à suspendre les mouvemens de l’artère au-dessous du point comprimé , où à arrêter l’hémorrhagie que l’on combat.

On doit préférer une pelotte assez forte à une bande roulée et à une compresse graduée.

250. Dans les cas où le tourniquet ne peut être employé , et où la compression ne saurait agir longtemps sans étrangler circulairement le membre, plusieurs compresseurs ont été proposés par Langenbeck (1) Yerdier (2) pour l’artère iliaque externe; par Mohrenheim (3) et Dahl (4) pour

(1) Biblioteck für Chirurgie, vol. I, cah. I, planche II. '

(2) Mém. sur un appareil compressif de l’art, iliaque ext Paris, 1823.

(3) Beobachtungen verschiedener chirurg. Yorfaelle. Vienne , 1780, vol. 1 , pl. 1 , fig. 6, 7.

(4) Platner’s Zuzaetze zu Beines Yaters Chirurgie, pl. 111, fig. 3.

l’artère sous-clavière; par Wegehausen fl) et Moore (2) pour les extrémités supérieures et inférieures; parGRAEFE (3) pour les hémorrhagies de la paume de la main.

C’est encore là que doivent être placés les différens compresseurs proposés pour l’art, brachiale dans le pli du coude par Scultet, Heistcr, Dionis, Platner, Brambilla, Desault , Leber, Ayrer et plusieurs autres; pour l’art, temporale, par Bell ; pour les veines du cou ; par Chaberl ; pour les hémorrhagies de la langue, pur Lampe; pour l’art, méningée, par Faulquier et Graefe ; pour l’artère épigastrique , par Schindler et Hesselbach ; pour les hémorrhagies de la verge , par Joachim.

251. L 'appareil compressif qui doit être appliqué immédiatement sur le point lésé consiste soit dans l’emploi de compresseurs particuliers, tels que ceux que nous avons indiqués dans le paragraphe précédent, soit d’un appareil qui embrasse circulairementle membre. — L’emploides compresseurs a des inconvéniens graves : ils ne peuvent être supportés pendant longtemps sans déterminer de la douleur et de l’inflammation ; ils suspendent complètement la circulation dans tout le membre, et ne sauraient atteindre le but qu’on se propose si l’artère n’est point superficielle, et ne repose pas immédiatement sur un os. — Lorsque l’on veut se servir d’un appareil compressif, surtout pour une lésion au pli du coude, il convient d'envelopperpréalablementtoutle membre. — Lorsque, avec un compresseur placé entre le cœur et le point lésé, on a arrêté l’hémorrhagie, on nettoie la plaie; à l’aide d’une douce pression on la débarrasse du sang qu’elle peut contenir ; on rapproche exactement ses lèvres, et on les maintient ainsi l’une contre l’autre avec une bandelette de diachylon; ou bien une petite compresse est appliquée sur la plaie , et une compresse longuette ou bande est appliquée en 8 autour de l’articulation ; une compresse graduée est ensuite placée sur le trajet de l’artère, et on enveloppe le membre avec des tours de bande ; l’appareil restera ainsi en place jusqu’à ce qu’il soit relâché, et alors on l’appliquera de nouveau et de la même manière. La plaie peut se cicatriser en très-peu de temps , en cinq ou six jours, et, à la levée de l’appareil, on trouve ordinairement une tumeur dure, produite par du tissu cellulaire et un amas plus ou moins considérable de sang; l’appareil compressif suffit pour la faire disparaître en un temps plus ou moins long. — Winter a démontré que les petites plaies longitudinales des artères faites par des inslrumens piquans étaient les seules qui se cicatrisaient en conservant intact le canal artériel.

Winter recommande , pouT faire cette compression , une

(1) Rust’s Magazin , vol. II, cahier III, planches IV, Y, YI.

(2) Bernstein , Systematische Darstellung des chirurg. Verbandes, pl X, fig. 104, 105, 106.

(3) Journal für Chirurg. und Augenheilkunde, vol. XY1I , pag. 306.

DES PLAIES

longuette assez longue ayant plusieurs chefs, et par-dessus cette longuette plusieurs tours de bande; il prétend que cet appareil est plus solide et se relâche moins facilement que l’appareil ordinaire; telle est aussi l’opinion d eTheden.

252. La compression immédiate se fait avec de petites boulettes de charpie et des morceaux d’agaric qu’on a préalablement enduits de substances styptiques. On les enfonce dans la plaie jusqu’à l’ouveriure de l’artère , et on place un appareil compressif suffisamment serré. Cette espèce de compression offre peu de sûreté, et contrarie beaucoup la cicatrisation de la plaie ; aussi son emploi doit-il être restreint aux cas où le sang suinte par toute la surface d’une plaie, où l’artère méningée a été lésée , aux hémorrhagies abondantes des fosses nasales , à celles qui surviennent après l’opération de la taille, aux opérations faites dans les tissus érectiles tels que les grandes lèvres , etc. Cette compression réussit surtout lorsque l’artère peut être comprimée sur un os.

253. La ligature de l'artère qui fournit le sang est de tous les moyens hémostatiques le plus simple , le plus sûr et celui qu’on peut mettre en usage dans le plus grand nombre de cas. Elle suspend immédiatement l’hémorrhagie, détermine de l’inflammation, l’exsudation d’une lymphe plastique et l’adhérence des membranes de l’artère. Cela a lieu non-seulement lorsque ces membranes sont appliquées l’une contre l’autre par le fait même de la ligature , mais encore, lorsque , par une constriction trop forte, les membranes interne et moyenne de l’artère ont été divisées , et que la membrane externe reste seule intacte.

Jones prétend que, d’après ses observations, il est portéj à admettre que la division des membranes interne e moyenne est nécessaire pour déterminer un degré d inflammation suffisant pour amener l’oblitération de l’artère, et que cette division suffit pour obtenir le même résultat , alors même qu’on retirerait immédiatement la ligature. — La preuve que cette division des membranes interne et moyenne n’est point indispensable, c’est que l’expérience démontré qu’une compression longtemps prolongée, ou l’application d’une large ligature , sans division de ces membranes, suffit pour amener l'oblitération d’une artère.

Crampton (1) et Scarpa (2) ont démontré , à l’aide de nombreuses expériences, que la membrane interne des artères, qui appartient aux séreuses, est, sans solution de continuité, très-facilement prise d’inflammation adhésive, et détermine aisément l’exsudation d’une lymphe plastique ; enfin qu’une compression continue suffit pour amener l’oblitération.

254. Ces différentes actions de la ligature font la base des différons procédés que les praticiens ont mis en usage pour son application. Ceux qui croient à la nécessité de la division des membranes de l’artère se servent de fil rond, fort et peu épais, et serrent le fil de manière à ne laisser intacte que la membrane externe. Ceux qui partagent une opi-

(1) Transact. médico-chirurgicales, vol. Y II, pag. 341.

(2) Trait,é de la ligature des gros troncs artériels, etp.,

nion contraire appliquent une large ligature, et même un petit cylindre de bois ou d’étoupe , sur le trajet de l’artère, et comprennent dans la ligature l’artère elle cylindre; par là l’artère est aplatie , ses parois sont en contact , et le fil n’est serré que juste comme il faut pour empêcher l’écoulement du sang. Ces derniers praticiens regardent la division des membranes comme une plaie contuse et déchirée, et par conséquent ayant une certaine tendance à la suppuration; ils pensent en outre que la ligature, au lieu de rapprocher les membranes interne et moyenne qui ont été divisées, ne fait que froncer et étrangler la membrane externe, et que , dans la suppuration qui s’établit, l’hémorrhagie survient d’autant plus aisémenlque la membrane externe, qui est très-faible, oppose moins de résistance à l’impulsion du sang.

255. Malgré ces objections que l’on fait à l’emploi du fil simple et rond qui coupe les membranes internes de l’artère, l’expérience a généralement fait adopter ce mode de ligature; car l’inflammation qu’il détermine amène l’oblitération avec d’autant plus d’exactitude, et arrête l’hémorrhagie avec d’autant plus de sûreté que le canal artériel est complètement fermé lorsque la ligature vient à tomber par suite de l’ulcération de la membrane externe. Nous reviendrons sur ce mode de ligature en traitant des anévrismes.

256. Dans la ligature d’une artère il faut avoir grand soin de n’embrasser dans le fil aucun des organes qui l’avoisinent , et cependant de ne pas trop isoler l’artère. On saisit avec une pince l’ouverture de l’artère lésée, et on exerce une légère traction. Un aide passe , autour du vaisseau saisi et soulevé, une ligature en soie, ronde, pas trop grosse, mais forte et cirée; il fait un nœud simple; et, saisissant avec les mains chacun des bouts de la ligature, il serre un peu le nœud en le dirigeant sur l’artère avec ses deux doigts indicateurs ; puis il serre assez fortement, et fait un second nœud.

Pour faire cette opération la pince ordinaire est, sans aucun doute, le meilleur instrument que l’on puisse employer pour saisir l’artère ; les crochets et les autres appareils plus ou moins ingénieux adaptés à cette pince sont tout-à-fait superflus. Mais , dans le cas où un chirurgien devrait faire seul la ligature d’une artère divisée, une pince à coulisse est préférable. — - Outre les anciennes pinces à ligatures, nous devons mentionner ici le crochet de Bromficld et les modifications qu’y ont faites Z ang et C. Bell, la pince à crochet A'Assalini; celles de Brunninghausen, de Rust ; la pince armée d’une branche accessoire et mobile destinée à pousser l’anse de fil, et qui a été proposée par Bloemer et Assalini; la pince à ténaculum de Weinhold ; le double ténaculum de Weir ; le porte-nœud de Jacobson destiné à placer et serrer la ligature.

Consultez :

Holtze , De arteriarum ligatura, pl. XI. Berlin. 1827.

Colombati Revue médicale, dccemb. 1829, pag. 407, avec planches.

Graefe, dans son journal, vol. XII, pag. 651 .

Angelstein , Journal de Graefe, vol. XVII , pag. 161.

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