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Lorsqu’une arlère est tellement enfoncés

dans les chairs qu’il est impossible de la saisir, il vaut mieux la mettre à découvert à l’aide de quelques incisions , l’isoler et la lier que défaire ce que quelques praticiens ont conseillé, c’est-à-dire de traverser circulairement , avec une aiguille courbe armée d’un fil, les parties molles situées tout autour de l'artère , en ensuite serrer le fil de manière à saisir, dans l’anse de la ligature, le bout du vaisseau et les parties molles circonvoisines. Ce procédé opératoire ne doit être mis en usage que dans les cas où l’artère a contracté de si fortes adhérences qu’il est impossible de la soulever. — Lorsqu’une artère considérable a été lésée , et qu’il est impossible de la mettre à nu au niveau même de la plaie, il faut la chercher en un autre endroit, entre la plaie et le cœur , et en faire la ligature.

Pour les grosses artères, dont les ramifications forment un grand nombre d’anastomoses, qu’elles soient divisées en partie ou en totalité, il est nécessaire d’appliquer deux ligatures, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la solution de continuité, sans quoi le sang conduit par les collatérales serait refoulé par l’extrémité inférieure, et donnerait encore lieu à une hémorrhagie.

258. On coupe une des extrémités du fil de la ligature tout près du nœud , et on ramène l’autre extrémité à l’angle de la plaie qui est le plus rapproché du point où la ligature est appliquée. En suivant les préceptes que nous venons de donner il est très-rare qu’il survienne aucun des accidens que l’on attribue aux ligatures. Le fil à ligature tombe , pour les grosses artères , entre le quatorzième et le quinzième jour, et, pour les petites, en un temps plus court. S’il demeure plus longtemps , c’est qu’il est retenu par les granulations qui l'entourent : dans ce cas on le détache à l’aide de tractions et de torsions répétées.

Beaucoup de praticiens, parmi lesquels nous trouvons Lawrence {}), HennenÇÏ), Delpech( 3), WaUher(4), etc.,

recommandent de couper les deux bouts du fil tout près du nœud afin d’obtenir plus aisément la réunion par première intention. Le nœud qui reste au fond delà plaie devrait s’envelopper d’une capsule celluleuse ou être résorbé. Je suis loin de recommander une semblable pratique, car un : grand nombre de faits (5) prouvent que le nœud qui reste nécessite, pour sa sortie, la réouverture de la plaie, détermine de la suppuration, donne lieu à des trajets fistuleux, etc. Du reste , en suivant les principes que nous avons établis plus haut, jamais le fil qui reste dans la plaie n’a

(1) Medico-chirurg. Transactions , vol. TI , pag. 156.

(2) Bemerkungen über einige gegenstaende , etc. Halle. 1820, pag. 180.

(3) Observ. et réflex. sur la ligature des principales artères. Montpellier, 1823, pag. 85.

(4) Fraenlcel, Diss.de laqueis arteriarum deligationi inservientibus. Bonne, 1824. — Diefjfenbach, Ueber das Abschneiden der Unterbindunsfaedeu , etc. — Rusfs Mali gazin , vol. XXIT, cali. 1, pag. 17.

(5) Guthrie, Blessures par armes à feu, 1819, pag.

Groos i London medical Repository, vol. VII , pag.

déterminé d’accident. — Afin d’obtenir plus aisément la résorption du nœud de fil, quelques praticiens ont conseillé l’emploi de la corde à boyaux ramollie, ou d’un morceau très-délié de cuir (1). — On a également fait des expériences sur l’emploi du fil métallique (2) dans la ligature des artères.

259. La torsion des artères, connue déjà de Galien (3), a été préconisée, dans ces derniers temps, par Amussat (4) et Thierry (5) comme le plus sûr moyen d’arrêter une hémorrhagie artérielle ; des expériences faites sur les animaux les ont encore confirmés dans cette opinion. — Liber (6) n’a fait que répéter leurs expériences en Allemagne.— Velpeau (7) est le premier qui ait fait la torsion sur l’homme. — Amussat, Friche, Dieffenbach, etc., ont fait à ce sujet de nombreuses expériences (8).

260. Les effets de la torsion sur les artères sont les suivans : 1° les membranes interne et moyenne sont coupées ou déchirées à quelques lignes audessus de l’ouverture de l’artère; leurs parois se rapprochent, elles se séparent de la membrane celluleuse , et se retirent dans le canal du vaisseau, y forment un cul-de-sac ou une espèce de valvule que l’on a désignée sous le nom d’interne; 2° la membrane celluleuse donne lieu à la valvule externe, qui a la forme d’un fond de bonnet , et qui ferme exactement l’ouverture de l’artère ; 3° il se forme constamment un caillot de sang qui remplit le calibre de l’artère ; 4° les membranes interne et moyenne sont prises d’inflammation ; il se forme une exsudation de lymphe plastique qui achève de remplir le calibre du vaisseau , ou établit les adhérences entre les parois de ses membranes; 5° la suppuration et l’ulcéralion peuvent s’emparer de l’extrémité de l’artère, mais elles n’ont point encore été observées sur l’homme ; 6° le canal de l’artère s’oblitère jusqu’au niveau de la première branche collatérale, et ne forme plus qu’un cordon fibrocelluleux. Les résultats anatomiques auxquels donne lieu la torsion sont parfaitement les mêmes que ceux déterminés par la ligature. — Si la torsion n’est pas assez complète, les membranes de l’artère peuvent se détordre, et donner lieu à une hémorrhagie consécutive ; l’espèce de nœud que forme la torsion se retire par la contraction propre à l’ar-

(I ) Jameson, Remarques sur l’hémorrhagie traumatique. Medical Recorder, etc., vol. XI, janv. 1827.

(2) Levret, American Journal of medical sciences,

1829, mai.

Lau , Rust's Magazin , vol. XXXIV, cahier I.

(3) Galien (Meth. med., lib. V, cap. III, pag. 318, edit. Kühn,) dit : « Prœtereà vena ne sit aut arteria, posl hœcinjectounco altollat, et modic'e intorqueat. »

(4) Archives générales de médecine, T. XX, août 1829, pag. 606.

(5) De la torsion des artères. Paris, 1829.

(6) Hecker’s Annalen, février 1830, vol. XV , pag. 185. — 196.

(7) Gazette médicale , tom. I , n° 48 , nov. 1830.

(8 ) Schrader , Diss. de torsione arteriarum. Berl. ,

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tère , et par le raccourcissement que détermine la torsion au fond des parties molles, qui opposent encore un obstacle à la sortie du sang , quoique , à chaque pulsation ,1e choc du sang le fasse un peu saillir.

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