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La suture enchevillée, qui est surtout réser

vée aux plaies des tégumens de l’abdomen, mais qui est peu employée, se distingue de la suture entrecoupée en ce qu’elle se fait à l’aide de deux fils que l’on sépare sur chacun des bords de la plaie, et entre lesquels on place un cylindre de bois de la longueur de la plaie; puis on noue les fils sur les cylindres de manière à ce que ces derniers compriment les bords de la plaie dans toute sou étendue.

278. Lorsque la suture estappliquée, on seconde son action à l’aide de bandelettes de diachylon que l’on applique sur l’espace compris entre les points de suture. On place sur la plaie de la charpie molle, que l’on recouvre d’une compresse ; on assujettit le tout à l'aide de quelques tours de bande.

279. Lorsque le rapprochement des lèvres de la plaie est fait, le malade doit se lenir tranquille et être misa un régime antiphlogistique. Lorsque la réaction traumatique est forte, il faut avoir recours à un traitement antiphlogistique énergique. Si la douleur est vive, et la tuméfaction de la plaie considérable, il faut relâcher l’appareil, faire des applications d’eau blanche, et, lorsque les fils menacent de couper la partie qu’ils étreignent, il faut les couper, et y substituer des bandelettes de diachylon. Lorsqu’aucun accident n’indique la levée de l’appareil, il faut le laisser en place jusqu’à ce qu’il soit traversé par le pus. Le liquide sécrété par la plaie, et qui, dans les premiers jours, traverse l’appareil, se dessèche plus tard ; ensorte que l’on peut, dans desplaies très-considérables, même danslesampulations,ne lever le premierappareil que lorsquela guérison estcomplète. C’est àce genre de réunion que l’ondoit, à proprementparler, donnerlenomderéunion par première intention. Lorsque l’appareil est traversé de pus, qu’il a une odeur infecte, et surtout si la température est élevée, on enlève l’appareil superficiel, mais on laisse le diachylon en place poui vu qu’il tienne bien en rapport et en contact les bords de la plaie. Lorsqu’il convient de renouveler les ban deletles de diachylon, il faut d’abord détacher leurs deux extrémités, et, en dernier lieu, la partie qui recouvre immédiatement la plaie, afin de ne point déchirer les adhérences qui pourraient déjà s’être formées. Il faut, dès qu’on a enlevé une bandelette, en substituer une autre après avoir nettoyé la plaie ; mais il faut se garder de les enlever toutes à la fois, parce que la contractilité des tissus détruirait les adhérences qui existent. L’appareil sera ainsi renou • vêlé tous les jours , tous les deux jours , ou moins souvent, suivant l’abondance du pus : on doit chaque fois avoir bien soin, avant d'enlever les bandelettes, de les ramollir avec de l’eau tiède, et de n’exercer aucune traction sur les fils de la suture. Quant à ces fils, on peut les enlever, suivant les cas, du troisième au cinquième jour. Pour cela on coupe le nœud, et on les relire avec une pince.

280. Lorsqu’une plaie ne guérit point par première intention, ou que, à cause de sa nature (§ 239) , elle ne peut point se réunir immédiatement, elle ne pourra se cicatriser par suppuration et granulations : une plaie de ce genre, après avoir été lavée et délergée , doit être couverte de

DES PLAIES

charpie molle enduite d’un liniment doux, que l’on assujettit avec du diachylon ou un bandage circulaire. Le troisième ou quatrième jour on enlève cet appareil après l’avoir ramolli avec de l’eau tiède, et on le remplace par de la charpie sèche si toutefois la suppuration s’est établie. — La charpie ainsi appliquée adhère quelquefois intimement au fond de la plaie, et y demeure fixe alors même que la suppuration est bien établie. C’est ce qui a lieu surtout dans les plaies d’une grande profondeur, dans celles qui sont le résultat de l’extirpation d’une tumeur par exemple. Dans ces cas il convient d’étendre au fond de la plaie un petit morceau de linge , que l’on remplit de plumasseaux de charpie. Lorsque les granulations se sont formées au fond de la plaie , on favorise l’adhérence par un rapprochement modéré des bords de la solution de continuité , à l’aide de diachylon. — Si la suppuration est modérée, on renouvelle l’appareil toutes les vingt-quatre heures ; si elle est abondante, on le fait deux fois par jour. Une inflammation bonne et régulière donne toujours lieu à la sécrétion d’un pus de bonne nature. Lorsqu’elle est faible, que la plaie a un aspect pâle, que ses bords sont affaissés, qu’ils saignent au moindre contact, on doit avoir recours aux irrilans afin d’augmenter l’inflammation : l’onguent digestif, le basilicum, une décoction de quinquina ou d’écorce de chêne, etc., remplissent ordinairement celteindication; cependant les applications chaudes humides, telles que nous les avons prescrites dans le traitement des abcès, doivent en général être préférées. — Lorsque l’inflammation est trop vive, que le fond de la plaie est sec , et ses lèvres tuméfiées, il faut éloignertout ce qui pourrait augmenter l’irritation, et recouvrir la plaie d’onguens adoucissans et de cataplasmes émolliens. S’il se forme des excroissances trop considérables, on les touche avec du nitrate d'argent, on applique un bandage légèrement compressif afin de favoriserla réunion. Si la sécrétion et la résorption du pus déterminent les accidens attachés à la fièvre hectique, il faut s’appliquer à relever les forces du malade par l’emploi des toniques, tels que le quinquina, les aromatiques, le vin, une bonne nourriture, et veiller à ce que l'air soit pur, et souvent renouvelé.

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