III. Les bandes
1° Le discrimen ; 2° l’accipil er ; 3° le bandage en T (celui de Schreger est préférable) ; 4° l’appareil frontal de Dîonis ; 5° le bonnet d’HiPPOCRAXE; 6° le bandage à nœud d’emballeur, dont on se sert aussi pour la compression de l’artère temporale.
De tous ces appareils ceux qu’on doit préférer , selon moi, sont: celui en T de Schreger pour toutes les plaies en lambeaux, et pour maintenir sur la tête toutes les pièces d’un appareil; — le couvre-chef triangulaire pour recouvrir un appareil quelconque ; — et le bonnet d’HirpocRAXE pour exercer une compression régulière. — Tous les autres appareils peuvent être regardés comme superflus.
407. Un faitassez commun à la suite d’une lésion de tête, c’est la formation d'abcès au foie ou dans différens organes renfermés dans l’abdomen. Ils se manifestent souvent sans que ces viscères aient éprouvé aucune commotion; et souvent aussi ils ne se déclarent pas alors même que ces viscères ont éprouvé une violente commotion. Ils surviennent plus souvent après une solution de continuité qui affecte la télé , et qui suppure , qu’à la suite d’une commotion sans plaie. On les rencontre souvent aussi à la suite d'affections cérébrales dépendantes de causes internes , à la suite de méningites chroniques , de tumeurs fongueuses de la dure-mère ulcérées , etc.
403. D’après cela, il faut se garder d’attribuer toujours à une seule et meme cause tous les abcès du foie qui se déclarent à la suite d’une lésion do tête : ils peuvent être le résultat d’une sympathie inexplicable, mais très-grande, qui existe entre le foie et le cerveau , par suite de laquelle, lorsqu’un
DES PLAIES
île ces organes est affecté , l’autre l’est également; ou bien ils sont le résultat d’une commotion du corps entier , dans une chute sur la tête , par exemple , pendant laquelle le foie , à cause de son grand volume et de son peu de fixité , apu, plus qu’aucun autre organe, être intéressé, subir plusieurs déchirures, et déterminer un épanchement mortel dans la cavité abdominale.
409. Les abcès du foie se développent souvent d’une manière insensible ; souvent aussi ils donnent lieu à des symptômes inflammatoires plus ou moins marqués. Quelquefois le pus a son siège à la superficie de ce viscère ; mais le plus souvent on le rencontre dans la profondeur de sa substance; dans quelques cas il est répandu dans tout son parenchyme. Il n’est pas très-rare de voir ces sortes d’abcès former, dans la région hépatique, une tumeur, offrir de la fluctuation , et s’ouvrir au dehors; on les a vus quelquefois aussi s’ouvrir dans la cavité abdominale, dans l’estomac, dans l’intestin, et même dans la cavité thoracique.
410. II faut, autant qu’on peut, prévenir le développement de ces abcès; mais souvent cela est impossible à cause de leur développement latent. Lorsqu’il se déclare des signes d’irritation inflammatoire du côté du foie , il faut avoir recours aux saignées , et, pendant un certain temps , aux purgatifs légers. Si l’abcès se montre au dehors , il faut l’ouvrir suivant les règles de l’art. Le pronostic est beaucoup plus favorable lorsque le pus est de bonne nature, blanc et assez consistant , que lorsqu’il est brunâtre. 11 importe beaucoup de soutenir les forces du malade à l’aide des toniques , et de procurer au pus un écoulement facile.
Pour les abcès du foie à la suite des lésions de tête consultez:
Ambroise Paré, OEuvres chirurgicales, liv. X, chap.
Bertrand?', Mémoires del’académie de chirurgie, vol. III, pag. 486.
Pouteau, OEuvres posthumes, vol. II, pag. 129.
Desault, OEuvres posthumes, vol. II, part. 111.
Richerand, Sur les abcès du foie , etc. Journal de Corvisard, frimaire an XIII.
Ansiaux , Clinique chirurgicale. Liège, 1816, pag. 35.
Textor, Nouveau Chirou, vol. 1, cah. lit , pag. 409.
Dance, Archives générales de médecine , janvier 1829.