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III. Plaies du cou

418. Dans les plaies du cou les tégumens, les muscles superficiels , les vaisseaux et les nerfs profonds, la trachée-artère , l’œsophage, et même la moelle épinière, peuvent être intéressés. Les plaies par instrumens tranchans sont celles qu’on rencontre le plus souvent dans celte région , et elles y ont une direction verticale ou transversale. Lorsque la peau et les muscles superficiels sont seuls intéressés, les agglutinatifs suffisent pour amener la guérison. Dans les plaies transversales situées en avant la tête doit être fléchie en avant, et en arrière dans les plaies de la partie postérieure. L’hémorrhagie fournie par la veine jugulaire externe s’arrête ou spontanément , ou par une légère compression. Dans les plaies avec perte de substance, ou qui suppurent beaucoup , la tête doit, vers la fin du traitement, être placée dans sa position normale ; il faut surtout prendre garde

DES PLAIES

que le pus ne fuse en arrière de la clavicule.

419. Les plaies profondesqui intéressent les gros vaisseaux donnent lieu ordinairement à une hémorrhagie rapidement mortelle. Cependant les accidens résultant des blessures de Y artère carotide peuvent encore être prévenus lorsqu’un aide comprime ce vaisseau, entre la lésion elle cœur, immédiatement après l’accident , et qu’il maintient celte compression jusqu’au moment de la ligature (1). Une petite ouverture faite à la veine jugulaire mfôrne donne égalementlieu aune hémorrhagie qu’on peut arrêter par la compression. Lorsque ce vaisseau est entièrement divisé , un aide doit comprimer, audessus de la lésion , jusqu'au moment où le chirurgien aura posé une ligature, après avoir agrandi la plaie des parties molles. Quand on applique cette ligature , il faut avoir grand soin d’isoler les nerfs , et surtout le pneumo gastrique, qui sont fortement adhérens à la veine. — Lorsqu’une branche de la carotide a été lésée , il faut en faire la ligature dans la plaie même, après l’avoir agrandie si cela est nécessaire , ou , si cela est impossible , il faut faire la ligature de la carotide elle-même.

420. La lésion du nerf pneumo-gastrique détermine la perte de la voix, des accidens spasmodiques et la mort. Celle du récurrent détermine également la perte de la voix ; mais celte faculté peut plus tard être recouvrée. Les lésions du rameau laryngien amènent une suspension dans la respiration, et par suite la mort (2). La section de cette branche est peut-être aussi la cause de la mort si prompte qui survient après la division du tronc pneumo-gastrique. D’après les expériences de Dupoy (3), les animaux vivent encore longtemps après la section des deux nerfs pneumo gastriques, pourvu toutefois que la trachée-artère ait été ouverte audessous du larynx; mais, lorsque cette ouverture n’a pas été faite, les animaux meurent promptement par suite de la paralysie des nerfs qui se distribuent

(1) Hcbenstreit , Notes à l’ouvrage de B. Bell, part. V, pag. 332.

Abernethy, Surgical works, vol. II, pag. 115.

Larrey, Mémoires de chirurgie militaire, T. I, pag. 309. Hennen, Bemerkungen, pag. 170.

Collier, Médico-chirurgicales Transactions, vol. VU, pag. 107.

Cole, London medical Repository, mai 1820.

— Magasin de Bust, vol. VI 11 . pag 337.

Thomson, Remarques sur les hôpitaux militaires, 1820, pag. 62.

Breschet , Traduction de Ilogdson, vol. 11, sect. V, pag. 37, note.

Texlor, Nouveau Chiron. vol. 11, cahier lt.

(2) Pt /l, Aufsaetze nud Beobachtungen ans der gericht. Arzneiwissenchaft, cah. VII, pag. 185.

(3) Journal de Leroux, vol. XXXVII, pag. 351. Mechel , Manuel de médecine légale. Halle, 1821,

pag. 172.

Legallois , Mémoire sur la section des nerfs de la huitième paire. Bulletin de la société philomat. , vol. II, 1810, pag. 101.

aux muscles dilatateurs de la glotte. — Lorsque le sympathique , le phrénique ou la moelle épinière ont été divisés, il survient des convulsions et la mort.

421. Les plaies de la trachée-artère sont ou longitudinales ou transverses. Ce caual peut être, en partie ou en totalité, divisé; dans certains cas il peut avoir subi une perte de substance, dans les plaies par armes à feu par exemple. Dans les plaies longitudinales b réunion se fait avec des bandelettes agglutinatives, en ayant soin cependant de faire porter constamment la tête en arrière. Les plaies trausverses intéressent seulement une partie ou la totalité du canal , et sont le plus souvent le résultat d’une tentative de suicide. On les rencontre ordinairement à la partie supérieuredu cou, entre le larynx et l’os hyoïde; elles déterminent une grande ouverture de l’arrière-bouche, et laissent un libre passage à l’air, aux boissons et aux alimens; ou bien elles intéressent seulement le larynx; rarement elles affectent la partie inférieure de la trachée.

Dans ces plaies la perte de la voix est toujours instantanée et complète. L’air pénètre à travers, donne lieu quelquefois à des tumeurs aériennes , et le sang qui se verse dans la trachée peut être la cause d’accidens très-graves. — Ces plaies peuvent avoir lieu sans que la carotide , la veiue jugulaire ou le pneumo-gastrique aient été intéressés ; l’hémorrhagie est le plus souvent le résultat de l’ouverture de l’artère thyroïdienne supérieure ou de la linguale.

422. Lorsque, dans les plaies transversales, l’hémorrhagie est arrêtée, on remet les lèvres de la plaie en contact ; on a soin de faire fléchir la tête fortement en avant , et on la maintient dans cette position, à l’aide de bandes, mieux encore avec l’appareil de Koehlee. Le malade doit se tenir un peu sur le côté afin que les produits de la plaie ne s’épanchent pas dans la trachée-artère. Lorsque ce canal n’est pas entièrement divisé , les lèvres de le plaie ne s’écartent pas fortement l’une de l’autre , et la position suffit seule pour amener la cicatrice. La suture cause ordinairement une vive irritation et une toux fréquente, ce qui est peu favorable à la réunion. Dans les cas seulement où la trachée-artère a été complètement divisée, et où les lèvres delà plaie sont fortement écartées, on doit faire un point de suture avec un fil très-large , mais qui ne comprenne que les tégumens.

D’après FrieliC (1), les plaies larges du cou ne doivent point êlre réunies dès que l hémorrhagie est arrêtée; il préfère n’appliquer un point de suture que lorsque la plaie est en pleine suppuration, et que déjà les excroissances charnues se sont formées.

423. Les plaies sont toujours la cause d’une violente inflammation de la trachée, d’accidens spasmodiques ( d’une taux très-vive ). Ces accidens se rencontrent avec plus d’intensité dans les lésions

(1) Fünfter Bericht über die Verwaltung des allgentcinen Kraukenhauscs, 1832, pag. 232.

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