‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 71 sur 444 · DU FOIE · texte numérisé non relu

DU FOIE

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issue libre. Si cct'épanchcincnl survient seulement lorsque la plaie est déjà fermée , il faut la rouvrir , et appliquer un large bandage de corps afin de refouler le sang vers l’ouverture. — Si l’hémorrhagie continue , nous n’avons aucun moyen direct pour l’arrêter ; il faut se contenter de faire des émissions sanguines répétées , des fomentations froides sur l’abdomen, et de passer un large bandage de corps suffisamment serré. Si l’épanchement se trouve près de la plaie, il faut introduire avec prudence le doigt ou une sonde mousse, et chercher à refouler un peu les intestins. S’il se forme , en un point quelconque , une tumeur avec fluctuation, on doit procurer au liquide épanché une issue, soit avec le trocart lorsque la tumeur est volumineuse et la fluctuation très-apparente, soit avec le bistouri si la fluctuation est un peu obscure. — Lorsque le sang s’épanche dans toute la cavité de l’abdomen, et descend dans le bassin par suite de la rupture des adhérences qui le circonscrivaient, la gangrène et la mort surviennent rapidement.

A. Plaies (le l’estomac.

493. La direction et la profondeur de la plaie peuvent faire présumer une lésion de l’estomac.

Les symptômes qui l’annoncent ordinairement sont: des vomissemens, une hématémèse , l’écoulement par la plaie de matières alimentaires, une douleur fixe dans la région épigastrique; à ces symptômes se joignent bientôtde l’anxiété , des angoisses , et tous les autres accidens qui accompagnent les plaies pénétrantes de l’abdomen: ces phénomènes cependant ne sont point toujours surs. — Si la plaie extérieure est large , une partie de l’estomac peut faire hernie à travers.

494. Les plaies de l’estomac sont toujours trèsdangereuses. On doit toujours craindre qu’il ne survienne, comme dans toutes les plaies du tube digestif, un épanchement dans le péritoine et une violente inflammation. Le danger cstencore plus grand lorsque cet organe est rempli de matières alimentaires. Les plaies de la partie moyenne sont moins dangereuses que celles qui affectent l’une ou l’autre de ses courbures.

495. Le traitement des plaies de l’estomac est en général le même que celui que nous avons signalé pour les blessures des intestins. — Lorsqu’il n’y a eu aucun vomissement depuis le moment de la blessure , et que l’estomac est rempli d’alimcns, quelques praticiens recommandent de donner un vomitif; quelques autres au contraire rejettent l’emploi de ce moyen, comme pouvant agrandir la plaie, et déterminer un épanchement dans la cavité péritonéale. Le malade doit être soumis à un traitement antiphlogistique énergique. Il ne doit rien prendre par la bouche; sa soif doit être apaisée par des tranches sucrées de citrons ou d’o-

ranges; on sollicite des selles par des lavemens émolliens ; on fait des fomentations chaudes sur l’abdomen si la sensibilité est très-grande. Lorsque des accidens spasmodiques surviennent , il faut ajouter de l’opium aux lavemens. Si des matières alimentaires s’écoulent par la plaie, cette dernière doit être maintenue ouverte, et le malade couché sur le côté blessé. — Lorsque la plaie extérieure est large, et correspond exactement à la plaie de l’estomac, ou que la partie de ce viscère qui a été blessée fait hernie, on peut passer un fil à travers les deux lèvres de la solution de continuité de l’estomac, et retenir le fil en dehors afin de rapprocher un peu les lèvres de la plaie, et la maintenir toujours en rapport avec l’ouverture des parois de l’abdomen; ou enfin faire une des sutures que nous avons indiquées en traitant des plaies de l’intestin. Au bout de quarante-huit heures on peut retirer le fil, parce que les adhérences se sont déjà formées entre l’estomac et le péritoine , et que les épanchemens sont devenus impossibles. S’il reste une fistule, on doit appliquer un bandage compressif afin d’en fermer l’ouverture.

Consultez :

Travers Edinlmrgh Journal of medical sciences, janv.

Hamburg Magazin der aiislaend. litteratur , mai, juin 1826, pag. 524.

B. Plaies du foie.

496. La profondeur et la direction de la plaie peuvent fournir quelques données sur les blessures du foie. Il s’écoule par la plaie beaucoup de sang noir, quelquefois mêlé à de la bile; le malade éprouve une douleur profonde dans l’hypocondre droit ; cette douleur s’étend à l’épaule droite ; il survient un ictère. Ces signes n’existent pourtant pas toujours , et alors le diagnostic est très-difficile. — Le foie peut aussi être déchiré à la suite d’une violente commotion , et ce genre de lésion peut déterminer aussi des épanchemens dans l’abdomen.

497. Les blessures du foie sont toujours trèsdangereuses. Lorsqu’elles pénètrent profondément dans la substance de cet organe , scs gros vaisseaux peuvent être lésés , et il survh ni un épanchement de sang et de bile dans le péritoine. Ces blessures peuvent être regardées comme absolument mortelles. Si la plaie est superficielle , ou s’il se forme des adhérences entre le foie et le péritoine, la guérison est possible; cependant l’épanchement, l’inflammation et la suppuration peuvent encore déterminer la mort.

498. Outre le traitement antiphlogistique, il faut donner au malade une position telle que toutes les matières qui s’écoulent de la plaie puissent facilement sortir au dehors. Si l’hémorrhagie continue , on emploie les applications froides , cl un

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