‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 74 sur 444 · DU TESTICULE · texte numérisé non relu

DU TESTICULE

plaie dans la vessie doit aussi fixer l’attention , parce que, si on les y laisse, ils deviennent des noyaux de calculs vésicaux.

F. Plaies de l’utérus.

504. Ces plaies ne peuvent point se faire facilement, hors le temps delà gestation, sans que d’autres parties soient lésées. Cette considération est de la plus grande importance pour le traitement. Mais, si la femme est enceinte, celle blessure détermine toujours une hémorrhagie abondante, et expose la malade à une fausse couche. Ordinairement l'hémorrhagie ne s’arrête pas avant que l’accouchement ait lieu ; aussi doit- on le solliciter parla rupture prématurée de la poche des eaux. Si la plaie de l’utérus est assez considérable pour que le fœtus puisse passer, en partie ou en totalité, dans la cavité de l’abdomen, il faut agrandir la plaie , et le retirer.

YI. Plaies de la verge.

505. Les plaies affectent ou seulement l’un des corps caverneux , ou le canal de l’urèthre ; le pénis peutétre , en partie ou en totalité, enlevé. L’hémorrhagie est toujours considérable à la suite de ces plaies; elle provient des cellules du corps caverneux , ou des différens vaisseaux de la verge.

506. Lorsque la plaie n’alïecte qu’une partie du corps caverneux , le rapprochement exact des lèvres de la plaie suffit pour arrêter l’hémorrhagie. On introduit une sonde , et on réunit la plaie avec du diachylon ; une compression circulaire favorisera encore la réunion. Le meme traitement peut s’appliquer aux plaies du canal de l’urèthre. Lorsqu’une partie du pénis a été complètement enlevée, on fait la ligature des différens vaisseaux qui fournissent du sang; le resledu traileinentcst le même que celui que nous indiquerons en parlant de l’amputation de la verge (§ 2234).

507. Lorsque le pénis se trouve dans une forte érection, une violente flexion peut déterminer la déchirure d’un corps caverneux, ou plutôt de son enveloppe fibreuse. Le sang traverse cette ouverture , se répand dans le tissu cellulaire ambiant, qu’il distend en forme de sac. Cette cavité nouvelle se remplit constamment de sang à chaque érection ; peu à peu le sang se coagule dans ce sac; plus tard l’inflammation s’en empare', et donne lieu à une ulcération et à des hémorrhagies. Lorsque cette tumeur est considérable, les fonctions du pénis ne peuvent plus s’exécuter à cause de lacourbure considérable que cet organe a subie. Lorsque le mal en est à ce point , il ne faut rien espérer de

la compression ni d’aucun autre moyen : l’amputation de la verge est la seule chose qu’on doive faire.

508. Une lésion que l’on a assez souvent observée dans une chute sur le périnée, ou à la suite d’une forte contusion de celle région, c’est une déchirure du canal de l’urèthre , dans laquelle on trouve également une déchirure de la peau et du tissu cellulaire ; quelquefois aussi on ne rencontre à l’extérieur que les signes d’une forte contusion. Dans ces cas de contusion, dès qu’il sort du sang par le canal de l’urhèlre, on doit regarder sa déchirure comme certaine; mais il se manifeste bientôt de nouveaux signes : c’est une violente envie d’uriner , que le malade ne peut qu’incomplèleraent satisfaire au milieu de violentes douleurs. Celte douleur a son siège primitif à l’endroit contus, mais elle s’étend bientôt à toute la verge , au scrotum et à l’aine ; ces parties deviennent aussi le siège d’une tuméfaction qui augmente rapidement; et, quoique très-tendues, elles paraissent cependant infiltrées ; elles présentent un aspect brun ou violet , et la gangrène s’en empare bientôt. — Lorsque la déchirure du canal est compliquée de déchirure de la peau, et que cette dernière se trouve parallèle aux lèvres de la plaie du canal , l’urine peut se répandre immédiatement au dehors. Dans ces plaies le canal de l’urèthre peut être altéré dans une grande étendue, et il peut s’établir là une fistule urinaire incurable.

509. La première indication que fournissent ces plaies, c’est d’empêcher l’infiltration de l’urine. Dès qu’on est sûr que le canal est intéressé , il faut introduire une sonde, mais il faut le faire avec la plus grande circonspection , et chercher à prévenir l’inflammalion par un traitement antiphlogistique convenable. Si déjà il y a infiltration d’urine , il faut, à l’endroit de la contusion, faire une incision qui pénètre jusqu’à la déchirure du canal , et introduire une sonde afin d’éloigner l’urine du tissu cellulaire. La plaie doit être traitée d’après les règles générales. La sonde doit rester en place jusqu’à cicatrisation complète. — Si l’introduction de la sonde a été , dès le principe , négligée ou impossible , il faut eu introduire une dès que les accidens inflammatoires ont diminué.

VIT. Plaies du testicule et dit cordon spermatique.

510. L’inflammation qui accompagne les lésions du testicule est toujours très-considérable : outre le traitement de la plaie, il faut soumettre le malade au traitement antiphlogistique que nous avons indiqué § 162. Lorsque le testicule a été désorganisé soit par la nature de la lésion, soit par suite de la suppuration qui s’en empare, son ablation devient nécessaire.

Les plaies du cordon spermatiquedans lesquelles les nerfs et les vaisseaux qui se rendent aux tesli-

DES PLAIES

cules ont été divises déterminent lagangrène ou l’atrophie de cet organe.

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