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DES FRACTURES EN GENERAL

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527. On désigne sous le nom de fracture une solution subite de la conlinuilé d’un os déterminée par une force exlérieure ou une violente contraction musculaire.

528. Les points imporlans à constater chez un individu affecté de fractures sont : 1° si un os est brisé en un ou plusieurs points à la fois ; 2° s’il n’y a qu’un ou deux os du même membre brisés; 3° la direction de la fracture : on distingue des fractures transverses, longitudinales, obliques, suivant que les bouts de l’os fracturé se correspondent dans une direction horizontale , verticale ou oblique ; les fractures longitudinales ne peuvent avoir lieu que lorsqu’il y a écrasement d’un os; 4° si la fracture est accompagnée d’écrasement de l’os ( fracture comminutive) ; 5 » si la fracture de l’os est la seule lésion que l’on rencontre ( fracture simple ), ou enfin s’il y a en même temps lésion des parties molles déterminée par la violence qui a produit la fracture ou parles extrémités de l’os lésé ( fracture compliquée).

On divise aussi les fractures en complètes et incomplètes.

Boyer rejette cette division comme étant sans fondement. Il est évident que Boyer va trop loin.

Meding (I) a, plusieurs fois, dans des expériences faites sur des tibia de chiens, trouvé l’os brisé dans la moitié seulement de son épaisseur, quoique cependant la force employée ait été fort grande, et quoique l’on ait reconnu de la crépitation et une mobilité contre nature dans le sens longitudinal de l’os. Il n’est pas rare non plus de rencontrer chez de jeunes enfans, et c’est ce que j’ai moi-même constaté plusieurs fois, que, à la suite d’une violence extérieure, une fracture soit manifeste, qu’il y ait de la douleur, du gonflement, de la mobilité contre nature, et cependant aucune saillie anormale et aucune crépitation. Les courbures assez fréquentes qu’on rencontre chez de jeunes sujets à la suite d’une violence extérieure prouvent suflisamment la flexibilité de leurs os.

(1) Zeitschrift fiir Natur-und Heilkunde. Dresde, 1824, vol. III, cah. 111, pag. 305.

DES FRACTURES

Dans ces cas les fibres osseuses qui sont soumises à une forte extension se brisent, tandis que les autres ne font que ployer , et imitent en cela les ruptures incomplètes d’un roseau frais. L’opinion de Boyer ne doit donc s’appliquer qu’aux os des adultes.

529. Les fractures des os peuvent , comme toutes )cs solutions de continuité, se produire dans tous les cas où ces organes sont soumis à une force assez considérable. Cependant la facilité avec laquelle elles se produisent dépend de la position et des fonctions des os, de l’âge du sujet, et des altérations que les os ont pu subir dans leur structure. Les os superficiels se brisent plus souvent que les os profondément situés. La même chose a lieu pour ceux qui , à cause de leurs fonctions , sont plus soumis à l’action des corps extérieurs. Dans un âge avancé la nutrition des os est modifiée, la déposition du phosphate calcaire est plus considérable. Aussi , à celle époque , les os deviennent-ils moins élastiques, plus poreux , et se brisent-ils plus facilement. La friabilité plus grande des os chez les vieillards, et dans certains étals maladifs, vient de ce que la cohésion des parties constituantes de l’os a été affaiblie par une résorption plus active que la reproduction; aussi la résistance du tissu osseux est-elle moins considérable. La même modification dans la structure des os peut être apportée par certaines maladies qui se fixent particulièrement sur le système osseux , telles que la syphilis , l’arthrite, le rachitisme, les scrophules, le scorbut et le cancer.

Une force extérieure ne fracture pas toujours un os à l’endroit même où elle agit, mais plus souvent c’est à un point qui est plus ou moins éloigné. Dans le premier cas il y a toujours une contusion très-grande des parties molles. Souvent la violence extérieure détermine une violente contraction musculaire, laquelle occasione une fracture : c'est ce qui a lieu quelquefois dans la continuité d’un os long. Des crampes violentes et des convulsions peuvent aussi déterminer une fracture. Lorsque la fragilité des os est portée à un haut degré il suffit , pour déterminer la fracture , d’une action fort peu énergique.

Nicod, Diss. sur la fragilité des os, etc. Paris.

Itoslan, Nouveau Journal de médecine, etc., vol. 1, pag. 138.

Relativement aux cbangemens qui s’opèrent dans la texture des os des vieillards il existe des divergences d’opinions qui méritent d’être signalées. Bichat (1) dit que, dans ces os , la substance calcaire va toujours en augmentant; d’autres au contraire prétendent qu’ils sont remarquables par leur porosité : d’où résulterait, suivant ces auteurs, leur aptitude à se rompre. Voici comment J fiercier (2), mon ami et mon collègue , concilie ces deux opinions, qui, au premier abord, semblent s’exclure.

De nombreuses recherches sur les os des vieillards lui ont fait voir que le tissu compacte du milieu des os longs est plus épais que chez l’adulte ; qu’il est dense , sonore

(1) Anatomie générale, T. III, pag. 80, 1801.

(2) Gaxelte médicale, T. III, pag. 561, 1835.

à la percussion, dur et difficile A rompre. Le canal médullaire a, il est vrai , augmenté de diamètre ; mais c’est aux dépens des couches spongieuses internes, qui ont presque totalement disparu. Si au contraire on porte son examen près des extrémités, on verra qu’il s’y fait un travail d’absorption qui en a raréfié la substance. Là le tissu, déjà spongieux par lui-même, présente des aréoles d’autant plus larges qu’elles sont plus proches du canal médullaire, qui semble ainsi s’étendre jusque près des extrémités; on l’a vu se prolonger dans le col du fémur.

Cette distinction importante en a amené une autre qui me semble assez d’accord avec les faits, c’est que la porosité des extrémités des os des vieillards contribue plus à leur fragilité que le défaut d’élasticité de leur corps , qui se trouve d’ailleurs assez compensé par sa dureté ; et en effet, tandis que les fractures ont très-souvent lieu aux extrémités, et entre autres à l’extrémité supérieure du fémur, le corps en est aussi rarement, peut-être même plus rarement, le siège chez les adultes.

(Note du traducteur.)

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