V. Fractures des os du bassin
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566. La fracture des os du bassin est rare à cause de leur force considérable, de leur position profonde , et de l’épaisseur des parties molles qui les recouvrent. Aussi, pour qu’elles se produisent, faut-il que la force qui les détermine soit très-considérable. Dans la plupart des cas la lésion des parties molles est très-grande ,'et souvent aussi on rencontre les mêmes accidens que dans les fractures de la colonne vertébrale et que dans les lésions de la moelle épinière. Ces fractures peuvent avoir lieu au sacrum , au coccyx , à l’os des îles , au pubis et aux ischions.
567. Dans la fracture du sacrum, à sa partie supérieure, on ne rencontre aucun déplacement des fragmens; aussi le diagnostic est-il en général fort difficile. Mais , si elle affecte la partie inférieure de cet os , le fragment inférieur se déplace en dedans, et on doit le remettre en place à l’aide d’un doigt porté dans le rectum; une compresse épaisse, et trempée dans un liquide résolutif, doit être appliquée sur le sacrum , et maintenue à l’aide d’un large bandage de corps qui embrasse tout le bassin. Le reste du traitement est exactement le même que celui des fractures de la colonne vertébrale. On doit chercher, à l’aide des antiphlogistiques, à prévenir ou à modérer l’inflammation des viscères contenus dans le bassin , et chercher aussi , par les moyens indiqués plus haut, à diminuer la paralysie de la moelle épinière ou des nerfs sacrés.
568. Le coccyx est rarement affecté de fracture à cause de sa grande mobilité et de la profondeur de sa situation. On la rencontre surtout sur les personnes avancées en âge, chez lesquelles les ligamens qui forment ses articulations sont ossifiés. La cause qui la détermine est ordinairement une chute sur le derrière; après cet accident une douleur trèsvive se déclare dans la région du coccyx; elle augmente surtout pendant la marche ; on sent manifestement la mobilité des fragmens. Lorsque le fragment inférieur est fortement porté en dedans, il faut en faire la réduction à l’aide d’un doigt introduit dans le rectum, appliquer des compresses humides sur le foyer de la fracture, les assujettir avec un bandage en T, et faire un traitement général qui soit en rapport avec les complications.
569. L’os des îles est plus exposé aux fractures que tous les autres os du bassin. La direction de ces fractures est très-variable : quelquefois un seul de ces os est affecté, quelquefois ils le sont tous les deux à la fois ; assez souvent aussi celte fracture est compliquée de celle des pubis ou de celle des ischions. Cette lésion nécessite toujours une force considérable, telle qu’une chute d’un point élevé,
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le passage sur le bassin d'une voilure pesamment chargée, clc. Aussi renconlre-t-on toujours une contusion très-vive, ou une large déchirure des parties molles, et la commotion s’étend-elle aux nerfs sacrés et à la moelle épinière.
570. Le diagnostic de ces fractures est souvent très-difficile, parce qu’elles sont rarement compliquées de déplacement. Le moindre mouvement du corps et des extrémités inférieures oecasione des douleurs très-vives au niveau de la fracture ; la pression qu’on exerce sur l’os des îles ou sur tout autre os du bassin , et les mouvemens que l’on fait exercer à la jambe, peuvent faire découvrir une mobilité contre nature , et meme de la crépitation. Lorsque celte fracture s’étend jusqu’à la cavité cotvloïde, et qu’un des fragmens se déplace, la jambe peut être raccourcie, le pied et le genou portés en dedans, et l’affection confondue avec une luxation de la tête du fémur. Lorsque l’os iliaque s’est éloigné du sacrum, que le pubis et l'ischion sont fracturés, la jambe est également raccourcie, mais elle conserve sa direction normale. Le diagnostic différentiel de celle fracture avec la luxation du fémur est basé sur la crépitation que l’on détermine en faisant mouvoir le membre, et parla libre mobilité de la cuisse. Si les fragmens sont déplacés, on sent quelque part une saillie et un enfoncement anormaux. Cette fracture peut encore être reconnue par l’examen que l’on peut faire des dimensions du bassin, soit parle vagin, soit par le rectum. L’enfoncement des fragmens peut, surtout si les os ont été écrasés, donner lieu à la lésion de quelques-uns des viscères renfermés dans le bassin , à un épanchement d’urine , de matières stcrcorales, etc.
57 1 .Lorsque la fracture existe sans déplacement, tout le traitement consiste à placer le malade dans une position telle que tous les muscles qui s’insèrent au bassin soientre!âchés;à passer aulourdu bassin un bandage de corps suffisamment serré , et à recommander le repos le plus absolu. Les complications telles que l’inflammation et la lésion de la moelle épinière doivent être trailées comme dans les fractures de la colonne vertébrale. — Lorsque les fragmens sont déplacés , on cherche à en faire la réduction à l’aide du doigt introduit dans le rectum ou dans le vagin pour les fractures des pubis ou de ! ischion. Lorsqu’une esquille a intéressé la vessie, et qu’il y a épanchement d’urine, on doit chercher à empêcher qu’il ne devienne plus considérable à 1 aide d incisions et d’une sonde placée à demeure.