VI. Fractures du sternum
Tluverney, Traité des maladies des os, T. I, pag. 237. Vêtit , Traité des maladies des os, T. II, pag. 98, 1736. Ueister, Chirurgie, T. I, pag. 308.
ri - Paré, l ivre des fractures, pag. 44.
Journal de médecine militaire, T. V, pag. 396.
A. Paré, Journal de médecine de P.OUX , etc., T. II pag. 521, 1771.
Jtavaton , Chirurgien d’armée, pag. 215.
572. La fracture du sternum est rare à cause de la mobilité de ses moyens articulaires avec les côtes, soit aussi à cause de sa nature spongieuse. Elle est la suite d’une violence externe qui a agi immédiatement sur cet os, ou d’une flexion forcée du corps en arrière (1); sa direction est ordinairement transversale, et plus ou moins oblique. Cet os peut encore être fracturé en plusieurs endroits à la fois. Les fragmens peuvent être poussés en dedans par la force qui a déterminé la fracture; le fragment inférieur, qui , dans les mouvemens du thorax, se soulève plus que le supérieur, peut passer au devant de ce dernier. Ce déplacement et la force qui a agi peuvent intéresser les organes renfermés dans la cavité thoracique, et déterminer l'inflammation du poumon et de la plèvre, des crachemens de sang , un épanchement dans le médiasliu , et , plus tard de la suppuration , soit en arrière du sternum , soit dans son épaisseur.
573. Le diagnostic de ces fractures n’est jamais difficile à cause de la position superficielle du sternum. Lorsqu’il y a un déplacement, le moindre examen suffit pour le faire reconnaître. Dans les fractures sans déplacement les mouvemens de la respiration font reconnaître une mobilité contre nature, et une crépitation que le malade perçoit aisément. II existe en même temps une douleur fixe au niveau du sternum, et elle augmente à chaque 'mouvement du thorax. Souvent aussi ces fractures sont compliquées d’une toux très-vive, de crachemens de sang et de palpilalions , etc.
574. Lorsqu’il n’y a point de déplacement, on applique des résolutifs, et on cherche, par un bandage de corps très-serré, à limiter les mouvemens du thorax. Le malade doit garder le repos le plus absolu, et avoir la poitrine constamment élevée. S'il y a déplacement, on doit en faire la réduction le plus tôt possible en faisant fléchir le Ironc fortement en arrière , et en plaçant un coussin derrière le dos. Lorsque ce moyen est insuffisant , on doit faire une incision à la peau, et, à l’aide d’un élcvaloire, on lâchera de remettre les fragmens en place ; et, si enfin on ne réussit pas , on devra faire l'excision de ia partie qui chevauche. Lorsque la réduction est opérée , et que les fragmens ont une grande tendance à se déplacer de nouveau, on doit chercher à s’y opposer à l’aide de compresses graduées et d’un bandage de corps. Si cette fracture guérissait, les fragmens étant déplacés, on verrait se déclarer une toux qu’on ne pourrait arrêter , des serremens de cœur et des palpitations. Le traitement général doit .du reste être subordonné aux complications et aux accidens inflammatoires. Les collections de satig ou de pus , en arrière du sternum, peuvent rendre nécessaire l’emploi du trépan.
(1) Chaussier, Revue médicale, nov. 1827.
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