VII. Fractures des côtes
575. La fracture des côtes se rencontre le plus sôuvent aux -vraies côtes inférieures , parce que les fausses côtes sont très-mobiles , et cèdent plus facilement à une force extérieure , et que les vraies côtes supérieures sont protégées par la clavicule. Les côtes se fracturent ordinairement à l’endroit de leur plus forte courbure. La cause qui détermine cet accident agit ordinairement en rapprochant les deux extrémités de la côte , et augmentant ainsi sa courbure; ou bien celle cause agit sur la partie moyenne de la côte et la fracture en diminuant à l’excès sa convexité. Dans le premier cas les fragmens sont portés en dehors, et, dans le second, ils le sont en dedans. C’est dans ce dernier cas que la plèvre et le poumon peuvent être intéressés, qu’il peut se faire un épanchement dans la cavité thoracique, et se manifester de l’emphysème et de l’inflammation. Les extrémités des fragmens sont ordinairement obliques , et plus ou moins irrégulières.
576. Le diagnostic de celte fracture est quelquefois très-difficile , car les l'raginens ne peuvent se porter qu’en dehors ou en dedans (dans beaucoup de cas même ils gardent leur position normale) , et ce déplacement, surtout chez les sujets gras, ne peut pas être reconnu; la difficulté augmente encore lorsque déjà de la tuméfaction s’est déclarée. — Le malade sent, en un point fixe, une douleur plus ou moins vive, qui augmente pendant les mouvemens de la respiration. On perçoit de la crépitation lorsque l’on fait respirer le malade après avoir posé la main à plat au niveau du point douloureux. Quelquefois on sent de la mobilité et une saillie lorsque l’on promène le doigt sur toute la longueur de la côte en lui faisant exercer une légère près*sion. L’apparition d’une tumeur aérienne au niveau du point douloureux est un signe certain de fracture.
577. Le traitement local des fractures de côtes consiste uniquement dans l’application d’un bandage de corps suffisamment serré autour de la poitrine afin d’empêcher les mouvemens des côtes. Si les fragmens sont déplacés, et qu’ils aient de la tendance à chevaucher l’un sur l’autre, on applique quelques compresses sur la partie antérieure etsur la partie postérieure des côtes, et, par-dessus, le bandage de corps. Le traitement général doit être basé sur les accidens inflammatoires déterminés soit par la cause qui a agi , soit par les fragmens. Le malade doit rester en repos ; les saignées doivent être fréquentes, etc. La toux très-vive, qui souvent se déclare, détermine des douleurs intenses, et peut amener un déplacement; elle doit être combattue par des antiphlogistiques et des antispasmodiques, tels qu’émulsions nilrées, opium, extrait de jusquiame, etc. Lorsqu’il existe un épanclyjment ou
un emphysème , il doit être traité d’après les règles générales établies plus haut.
578. Les cartilages qui unissent les côtes au sternum peuvent être fracturés alors même qu’ils ne sont pas ossifiés. Si la fracture est près du sternum, le fragment interne est porté en avant, et l’externe chevauche en arrière; le contraire a lieu lorsque cette fracture est éloignée du sternum, ce qui tient au mode d’insertion du muscle triangulaire du sternum. Le diagnostic est aisé parce que les fragmens sont toujours déplacés. La réduction est aussi facile: elle s’opère sous l’influence d'une légère pression , qu’on exerce, au moment de l’inspiration , sur le fragment qui fait saillie. On applique ensuite un bandage de corps très-serré, qui , à la vérité, n’est pas capable d’empêcher un déplacement , mais qui peutmainlenir jusqu’à uncerlain pointles fragmens en place quand ils ont été réduits; il diminue les douleurs que détermine la mobilité de ces fragmens , et favorise la réunion , qui s’opère toujours à l’aide d’un anneau osseux plus ou moins complet.