‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 98 sur 444 · DSS OS DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

DSS OS DE LA JAMBE

qui ait pour but de s’opposer aux contractions musculaires , et de comprimer les fragmens l’un contre l’autre afin d’obtenir la consolidation à l’aide d’une substance intermédiaire aussi courte que possible. Pour atteindre ce but on fait d’abord la coaptation , puis on place , au-dessus et au-dessous de la rotule, des compresses graduées dont les extrémités se croisent dans le creux du jarret ; on les assujettit à l’aide d’une bande qui embrasse l’articulation du genou dans un co • A la partie antérieure de la jambe on place une bandelette large de quatre travers de doigt, un peu plus longue que le membre , et munie de deux ouvertures qui correspondent au niveau des fragmens. Cette compresse est fixée , de l’articulation du pied jusqu’à celle du genou, à l’aide d’un bandage roulé , et on donne le reste de la bande à tenir à un aide. Sur la partie antérieure de la cuisse on place une seconde compresse longuette , divisée en deux chefs jusqu’à sa partie moyenne, et, avec une seconde bande, on applique un nouveau bandage roulé, qui s’étend depuis l'aine jusqu’au niveau du fragment supérieur, en assujetissantlacompresse à deuxchefs; on donne encore le reste de la bande à tenir à un aide. On introduit alors les deux chefs de la compresse supérieure dans les ouvertures correspondantes de la compresse inférieure ; on exerce ensuite des tractions en sens inverse sur ces compresses, et on les fixe en continuant le bandage roulé , et en ayant soin de réfléchir les extrémités N des compresses. — Le membre doit être placé dans la position indiquée plus haut , et une attelle fixée sur sa partie postérieure empêche ses mouvemens dans l’articulation du genou.

B. Bell (1), Boyer (2), A. Cooper (3). Baillif ( 4) et Fest (5).

645. Lorsqu’il se déclare de l’inflammation et de la tuméfaction, ce qui arrive dans le plus grand nombre des cas , on doit placer le membre dans la position indiquée § 642 , faire un traitement antiphlogistique convenable , et ne procéder à la réduction et à l’application de l’appareil que lorsque ces accidens se sont dissipés. L’appareil doit être resserré toutes les fois qu’il se relâche; au bout de sept ou huit semaines il peut être levé définitivement ; mais le malade ne doit exercer de mouvemens qu’avec une grande prudence. Il se forme d’autant plus sûrement un cal que le malade a gardé plus longtemps le repos. Souvent il persiste de la raideur dans l’articulation du genou, mais elle disparaît peu à peu. Quelquefois il survient une ankylosé incurable; cette dernière terminaison a surtout lieu dans les cas où l’on n’a pas préalablement combattu l’inflammation de l’articulation. Lorsque la substance intermédiaire est très-étendue, on protège le membre à l’aide d’une genouillère élastique ; dans ce cas encore on peut améliorer les mouvemens du membre en faisant exécuter à la jambe des mouvemens successivement plus fréquens et plus étendus. Cette précaution a pour but d’alonger le muscle droit antérieur qui s’est rétracté.

646. La fracture longitudinale réclame seulement un appareil contentif qui comprime latéralement les fragmens; il convient encore de placer le membre dans la position où on le met pour les fractures obliques; seulement cette position n’a pas besoin d’être aussi forcée. Les fractures par écrasement doivent être traitées comme les fractures transversales, ou comme les longitudinales lorsque le déplacement est latéral. Il faut avoir grand soin de combattre l’inflammation avant de poser le premier appareil.

Si la fracture de la rotule est unie à une plaie do l’articulation , il faut la traiter d’après les règles établies pour le traitement des fractures compliquées.

647. Lorsque le ligament rotulicn a été déchiré, la rotule est fortement attirée en haut. Il faut soumettre celte déchirure au même traitement que les fractures transversales.

Pour obtenir la position la plus avantageuse du membre oa renverse sur le lit une chaise de manière â ce que le barreau supérieur de son dos se trouve près de l'ischion du malade . et que le reste de la chaise fasse un plan incliné sur lequel on place un coussin, puis la jambe malade. Ce plan a l’avantage de pouvoir être élevé autant qu’on le veut en baussaut les pieds de la chaise, et de ne pas s’affaiser sous le poids du membre. C’est celui que j’ai toujours vu employer par Dnpujtren. (Note du traducteur.)

Lanyenbeck place le membre dans une position horizontale, laisse le malade constamment assis , applique un bandage en doloire ascendante autour de la jambe, et un autre en doloire descendante autour de la cuisse, jusqu’au niveau des fragmens de ia rotule.

644. Outre le bandage que nous venons d’indiquer, et qui remplit convenablement les indications, on a proposé une foule d’appareils et de machines qui presque tous ont le désavantage de ne pouvoir s’opposer à l’action des muscles qui attirent le fragment supérieur en haut , ou d’exercer, sur les fragmens intérieur et supérieur, une égale compression, qui est insupportable pour le malade. Parmi ces appareils et machines nous ne ferons qu’indiquer ceux de Bücking (1), Evers (2), Mohrenheim (3) ,

(1) Ouvrage déjà cité.

(2) Richler, Chirurgische Bibliothek, vol. XX, page 153.

(3) Beobachtungen versebiedener chirurgischen Vorfaelle, vol. I. Vienne, 1780.

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